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vendredi 12 juin 2026

JULIO RAUL MENDILAHARSU POÈTE URUGUAYEN D'ORIGINE BASQUE

JULIO RAUL MENDILAHARSU.


Julio Raul Mendilaharsu Netto, né le 4 décembre 1887 à Montevideo (Uruguay) et mort le 30 décembre 1923 à Montevideo (Uruguay) était un poète Uruguayen, d'origine Basque du côté paternel.



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POETE JULIO RAUL MENDILAHARSU
BMB 1925 N° 2/3

Voici ce que rapporta à son sujet le Bulletin du Musée Basque N° 2-3, en 1925, sous la plume du 

Cdt M. C. Gaillard :



"Julio Raul Mendilaharsu 1887 - 1923.


Son nom doit rester attaché à celui du Musée Basque.



Au premier appel que nous lui adressâmes, en 1922, Raul Mendilaharsu répondit avec enthousiasme. Il se mit aussitôt à l'œuvre et fonda, à Montevideo, le Comite del Recuerdo Vasco, Cooperador del Museo Vasco de Bayona. Avec des subventions en argent, ce Comité devait envoyer, suivant le programme tracé par Mendilaharsu lui-même, dans une lettre du 31 Octobre 1922, "des œuvres artistiques de descendants de Basques, des travaux biographiques et historiques, des éludes sur la vie des Basques en Uruguay..."



Les résultats ne se firent pas attendre : ils donnaient les plus beaux espoirs, que vint faucher la mort. Mais, tant que durera le Musée Basque, le souvenir de Raul Mendilaharsu, fixé par une main amie dans les pages qui suivent, ne périra pas.



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MUSEE BASQUE ET DE LA TRADITION BAYONNAISE
PAYS BASQUE D'ANTAN


S'il est un doux devoir à remplir, triste et douloureux à la fois, c'est d'évoquer le souvenir de ceux qui ne sont plus, pour rendre à leur mémoire l'hommage de notre affection et de notre reconnaissance.



Semblables à l'étoile éphémère, brillante et fugitive, qui sillonne, un court instant, la nuit sombre et tranquille pour s'évanouir dans l'insondable infini, ils n'ont fait que passer, nobles et généreux, idéalisés dans la poursuite de la plus grande beauté du verbe, jetant au monde ébloui l'exquise sensibilité de leurs pensées et disparaître prématurément de la terre, dans un souffle encore prometteur de belles et sublimes actions.



Telle fut la courte vie du poète Julio Raul Mendilaharsu, l'un des premiers fondateurs du Musée Basque.



Né à Montevideo, le 4 Décembre 1887, fils et petit-fils de Basques français, il s'imposa très tôt, par sa haute intelligence, son goût raffiné des Lettres à l'admiration des hommes de sa génération.



Avide de connaître, d'apprendre, de savoir, il parcourait une grande partie de l'Europe Centrale, l'Angleterre, puis l'Espagne, la France ; il étudia à l'Université d'Aix-en-Provence, à celle de Genève ; il fut enfin reçu bachelier à l'Université de Montevideo, avec l'intention de suivre les cours de Droit, en souvenir de son illustre père, éminent jurisconsulte.



Mais, les Muses l'appelaient, sollicitaient son tempérament lyrique et dès lors, c'est vers elles qu'il marcha.



Revenu en Europe, c'est à Madrid, en 1909, qu'il publia ses premières poésies, Como los nubes, puis, deux ans après, à Paris, Deshojando el silencio qui, déjà, le classèrent l'un des meilleurs poètes de l'Uruguay.



De retour au pays natal, sa réputation d'orateur et d'écrivain grandit rapidement. Par les actes, par la parole, son âme de poète se donna entièrement à toutes les manifestations qui avaient pour but la proclamation de tout ce qui était grand et beau, de tout ce qui était amour, amitié, bonté, justice. C'est ainsi qu'au milieu de ses luttes politiques et de ses travaux littéraires, son inlassable activité s'employa, avec succès, à la constitution d'un Comité local pour coopérer au développement du Musée Basque.



Il réussit pleinement dans son entreprise et c'est à lui que l'on doit de voir figurer au Livre d'Or du Musée, l'élite des descendants de Basques fixés en Uruguay, autour de laquelle vinrent se grouper de nombreux souscripteurs de la même origine.



Il ne faut donc pas s'étonner qu'en patriote ardent, il aima la France comme sa seconde Patrie.



Pendant les heures sombres de la guerre, quand le succès de nos armes était indécis, il sut réanimer d'un souffle vivifiant les énergies inquiètes, célébrant avec une foi ardente la patrie du Droit et de la Justice, prophétisant la victoire de la latinité et l'heure inéluctable des justes réparations.



Durant ces longues années angoissantes, il a souffert comme on souffre quand un être très aimé court un grand péril. Il sentit que non seulement il admirait le pays de ses ancêtres, mais qu'il l'aimait. Et alors, il mit à son service toutes les ressources de sa vive intelligence, toute l'efficacité d'une parole hautement éloquente, toute l'ardeur d'une âme vibrante d'enthousiasme.



Ecoutons ses hymnes à la France :


Te canto nuevamente ! oh diosa mia ! i oh Francia !

Con todo el entusiasmo de un corazon latino ;

Y tu nombre pronuncio, que es divina fragancia,

Y repito tu nombre, que es embriaguez de trino.

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! Francia ! Francia ! Te quieren mi sangre y mis entrañas,

Mi boca délirante tus tricolores besa,

Y mi espiritu arde en frente a tus hazañas

Y, en extasis, escucho tu immortal Marsellesa.


De nouveau je te chante, ô ma déesse ! ô France !

Avec tout l'enthousiasme d'un cœur latin ;

Et je prononce ton nom, qui est fragance divine

Et je répète ton nom, qui est triplement enivrant.

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France ! France ! mon sang et mes entrailles te chérissent,

Ma bouche délirante baise tes trois couleurs,

Mon esprit s'enflamme en face de tes prouesses

Et j'écoute, en extase, ton immortelle Marseillaise,



Mais il faudrait citer tous les poèmes de Franjas tricolores, Ante la Victoria et Altar de bronce écrits pendant la guerre.



C'est dans les termes suivants qu'il dédia Altar de bronce à Ossès, berceau de ses ancêtres :


Con Franjas tricolores y Ante la Victoria

Yo crei terminar

De mis versos de guerra, la roja trayectora

Mas entusiastamente voy de nuevo a cantar.

Mi condor joven tiene aun fuerza en el pico,

No ha sufrido revés

Y los versos que trae, a ti te los dedico,

Solar de mis abuelos de Francia, noble Ossès ! 


Avec Franjes tricolores et Avant la Victoire

J'avais cru terminer

De mes vers de guerre, la rouge trajectoire.

Mais avec enthousiasme je vais de nouveau chanter.

Mon jeune condor a encore de la force dans le bec,

Il n'a souffert aucun revers !

Et les vers qu'il apporte, à toi je les dédie

Terre de mes aïeux de France, noble Ossès !



On sent dans tous ses chants d'amour à la France, toutes les émotions, toutes les douleurs, tous les espoirs de son patriotisme ardent que vint auréoler la Croix de la Légion d'Honneur, attribuée non seulement au valeureux champion de la cause française, mais aussi au plus représentatif poète uruguayen de son temps.



Ses admirateurs, ses amis, ont dit de lui :

"... Comme les plantes qui livrent, en une seule fois, à la caresse du soleil, la totalité de leur sève en un splendide épanouissement de fleurs et de fruits, Mendilaharsu s'est livré à la vie, avec une totale magnificence, dans une brève et ardente flamme...


Il a vécu... Il a aimé... Il a chanté !


Telle est la synthèse de la fière existence de Raul Mendilaharsu, le noble et jeune barde, le chevalier romantique.


Ce qu'il a rêvé comme poète, il l'a réalisé comme homme. Il a pu ainsi versifier sa vie et vivre ses poèmes...


Il a aimé la Justice, la Liberté, la Beauté.


Il a chanté avec enthousiasme tout ce qu'il aima ; il a chanté, dans une exaltation combative, toutes les misères humaines.


Il a vécu comme un enfant ; il a aimé comme un homme ; il a chanté comme un oiseau : avec allégresse, avec ferveur, harmonieusement...."



Le grand écrivain Juan Zorilla de San-Martin a dit de lui, en termes magnifiques :


"Lumineuse ! sa vie fut comme une série d'éclairs. La rafale qui l'a éteinte est arrivée jusqu'à mon âme ; je la sens passer encore sur ma pensée assombrie...


Une lumière bonne s'est éteinte brusquement dans ce grand cœur vibrant.


Il me semble voir dans les nuits étoilées, la place obscure qu'à laissée son immersion dans l'infini.


Et je pense à ce jeune ami de mon âme quand je regarde le ciel. Et le poète me regarde du fond de son étoile invisible.


Que la volonté de Dieu soit faite !... Qu'elle s'accomplisse, parce qu'elle apporte la paix, l'harmonie, la gloire aux poètes comme aux étoiles qui brillent et disparaissent : dans le fond des abîmes et dans celui des cœurs humains."


Nice, le 4 Juillet 1925.

Cdt M. C. Gaillard."




(Source : gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France) 










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