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vendredi 12 juin 2026

JULIO RAUL MENDILAHARSU POÈTE URUGUAYEN D'ORIGINE BASQUE

JULIO RAUL MENDILAHARSU.


Julio Raul Mendilaharsu Netto, né le 4 décembre 1887 à Montevideo (Uruguay) et mort le 30 décembre 1923 à Montevideo (Uruguay) était un poète Uruguayen, d'origine Basque du côté paternel.



pays basque musée labourd émigration uruguay
POETE JULIO RAUL MENDILAHARSU
BMB 1925 N° 2/3

Voici ce que rapporta à son sujet le Bulletin du Musée Basque N° 2-3, en 1925, sous la plume du 

Cdt M. C. Gaillard :



"Julio Raul Mendilaharsu 1887 - 1923.


Son nom doit rester attaché à celui du Musée Basque.



Au premier appel que nous lui adressâmes, en 1922, Raul Mendilaharsu répondit avec enthousiasme. Il se mit aussitôt à l'œuvre et fonda, à Montevideo, le Comite del Recuerdo Vasco, Cooperador del Museo Vasco de Bayona. Avec des subventions en argent, ce Comité devait envoyer, suivant le programme tracé par Mendilaharsu lui-même, dans une lettre du 31 Octobre 1922, "des œuvres artistiques de descendants de Basques, des travaux biographiques et historiques, des éludes sur la vie des Basques en Uruguay..."



Les résultats ne se firent pas attendre : ils donnaient les plus beaux espoirs, que vint faucher la mort. Mais, tant que durera le Musée Basque, le souvenir de Raul Mendilaharsu, fixé par une main amie dans les pages qui suivent, ne périra pas.



pays basque autrefois musée justice labourd
MUSEE BASQUE ET DE LA TRADITION BAYONNAISE
PAYS BASQUE D'ANTAN


S'il est un doux devoir à remplir, triste et douloureux à la fois, c'est d'évoquer le souvenir de ceux qui ne sont plus, pour rendre à leur mémoire l'hommage de notre affection et de notre reconnaissance.



Semblables à l'étoile éphémère, brillante et fugitive, qui sillonne, un court instant, la nuit sombre et tranquille pour s'évanouir dans l'insondable infini, ils n'ont fait que passer, nobles et généreux, idéalisés dans la poursuite de la plus grande beauté du verbe, jetant au monde ébloui l'exquise sensibilité de leurs pensées et disparaître prématurément de la terre, dans un souffle encore prometteur de belles et sublimes actions.



Telle fut la courte vie du poète Julio Raul Mendilaharsu, l'un des premiers fondateurs du Musée Basque.



Né à Montevideo, le 4 Décembre 1887, fils et petit-fils de Basques français, il s'imposa très tôt, par sa haute intelligence, son goût raffiné des Lettres à l'admiration des hommes de sa génération.



Avide de connaître, d'apprendre, de savoir, il parcourait une grande partie de l'Europe Centrale, l'Angleterre, puis l'Espagne, la France ; il étudia à l'Université d'Aix-en-Provence, à celle de Genève ; il fut enfin reçu bachelier à l'Université de Montevideo, avec l'intention de suivre les cours de Droit, en souvenir de son illustre père, éminent jurisconsulte.



Mais, les Muses l'appelaient, sollicitaient son tempérament lyrique et dès lors, c'est vers elles qu'il marcha.



Revenu en Europe, c'est à Madrid, en 1909, qu'il publia ses premières poésies, Como los nubes, puis, deux ans après, à Paris, Deshojando el silencio qui, déjà, le classèrent l'un des meilleurs poètes de l'Uruguay.



De retour au pays natal, sa réputation d'orateur et d'écrivain grandit rapidement. Par les actes, par la parole, son âme de poète se donna entièrement à toutes les manifestations qui avaient pour but la proclamation de tout ce qui était grand et beau, de tout ce qui était amour, amitié, bonté, justice. C'est ainsi qu'au milieu de ses luttes politiques et de ses travaux littéraires, son inlassable activité s'employa, avec succès, à la constitution d'un Comité local pour coopérer au développement du Musée Basque.



Il réussit pleinement dans son entreprise et c'est à lui que l'on doit de voir figurer au Livre d'Or du Musée, l'élite des descendants de Basques fixés en Uruguay, autour de laquelle vinrent se grouper de nombreux souscripteurs de la même origine.



Il ne faut donc pas s'étonner qu'en patriote ardent, il aima la France comme sa seconde Patrie.



Pendant les heures sombres de la guerre, quand le succès de nos armes était indécis, il sut réanimer d'un souffle vivifiant les énergies inquiètes, célébrant avec une foi ardente la patrie du Droit et de la Justice, prophétisant la victoire de la latinité et l'heure inéluctable des justes réparations.



Durant ces longues années angoissantes, il a souffert comme on souffre quand un être très aimé court un grand péril. Il sentit que non seulement il admirait le pays de ses ancêtres, mais qu'il l'aimait. Et alors, il mit à son service toutes les ressources de sa vive intelligence, toute l'efficacité d'une parole hautement éloquente, toute l'ardeur d'une âme vibrante d'enthousiasme.



Ecoutons ses hymnes à la France :


Te canto nuevamente ! oh diosa mia ! i oh Francia !

Con todo el entusiasmo de un corazon latino ;

Y tu nombre pronuncio, que es divina fragancia,

Y repito tu nombre, que es embriaguez de trino.

----------------------------------------------------------------------------------

! Francia ! Francia ! Te quieren mi sangre y mis entrañas,

Mi boca délirante tus tricolores besa,

Y mi espiritu arde en frente a tus hazañas

Y, en extasis, escucho tu immortal Marsellesa.


De nouveau je te chante, ô ma déesse ! ô France !

Avec tout l'enthousiasme d'un cœur latin ;

Et je prononce ton nom, qui est fragance divine

Et je répète ton nom, qui est triplement enivrant.

--------------------------------------------------------------------------------

France ! France ! mon sang et mes entrailles te chérissent,

Ma bouche délirante baise tes trois couleurs,

Mon esprit s'enflamme en face de tes prouesses

Et j'écoute, en extase, ton immortelle Marseillaise,



Mais il faudrait citer tous les poèmes de Franjas tricolores, Ante la Victoria et Altar de bronce écrits pendant la guerre.



C'est dans les termes suivants qu'il dédia Altar de bronce à Ossès, berceau de ses ancêtres :


Con Franjas tricolores y Ante la Victoria

Yo crei terminar

De mis versos de guerra, la roja trayectora

Mas entusiastamente voy de nuevo a cantar.

Mi condor joven tiene aun fuerza en el pico,

No ha sufrido revés

Y los versos que trae, a ti te los dedico,

Solar de mis abuelos de Francia, noble Ossès ! 


Avec Franjes tricolores et Avant la Victoire

J'avais cru terminer

De mes vers de guerre, la rouge trajectoire.

Mais avec enthousiasme je vais de nouveau chanter.

Mon jeune condor a encore de la force dans le bec,

Il n'a souffert aucun revers !

Et les vers qu'il apporte, à toi je les dédie

Terre de mes aïeux de France, noble Ossès !



On sent dans tous ses chants d'amour à la France, toutes les émotions, toutes les douleurs, tous les espoirs de son patriotisme ardent que vint auréoler la Croix de la Légion d'Honneur, attribuée non seulement au valeureux champion de la cause française, mais aussi au plus représentatif poète uruguayen de son temps.



Ses admirateurs, ses amis, ont dit de lui :

"... Comme les plantes qui livrent, en une seule fois, à la caresse du soleil, la totalité de leur sève en un splendide épanouissement de fleurs et de fruits, Mendilaharsu s'est livré à la vie, avec une totale magnificence, dans une brève et ardente flamme...


Il a vécu... Il a aimé... Il a chanté !


Telle est la synthèse de la fière existence de Raul Mendilaharsu, le noble et jeune barde, le chevalier romantique.


Ce qu'il a rêvé comme poète, il l'a réalisé comme homme. Il a pu ainsi versifier sa vie et vivre ses poèmes...


Il a aimé la Justice, la Liberté, la Beauté.


Il a chanté avec enthousiasme tout ce qu'il aima ; il a chanté, dans une exaltation combative, toutes les misères humaines.


Il a vécu comme un enfant ; il a aimé comme un homme ; il a chanté comme un oiseau : avec allégresse, avec ferveur, harmonieusement...."



Le grand écrivain Juan Zorilla de San-Martin a dit de lui, en termes magnifiques :


"Lumineuse ! sa vie fut comme une série d'éclairs. La rafale qui l'a éteinte est arrivée jusqu'à mon âme ; je la sens passer encore sur ma pensée assombrie...


Une lumière bonne s'est éteinte brusquement dans ce grand cœur vibrant.


Il me semble voir dans les nuits étoilées, la place obscure qu'à laissée son immersion dans l'infini.


Et je pense à ce jeune ami de mon âme quand je regarde le ciel. Et le poète me regarde du fond de son étoile invisible.


Que la volonté de Dieu soit faite !... Qu'elle s'accomplisse, parce qu'elle apporte la paix, l'harmonie, la gloire aux poètes comme aux étoiles qui brillent et disparaissent : dans le fond des abîmes et dans celui des cœurs humains."


Nice, le 4 Juillet 1925.

Cdt M. C. Gaillard."




(Source : gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France) 










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dimanche 3 mai 2026

LE NAUFRAGE D'UN NAVIRE DE L'ÉMIGRATION BASQUE LA "LÉOPOLDINA-ROSA" EN SEPTEMBRE 1842 (deuxième et dernière partie)

LE NAUFRAGE DE LA "LÉOPOLDINA-ROSA" EN SEPTEMBRE 1842.


Lors de ce naufrage, plus de 230 personnes, la plupart originaires des Basses-Pyrénées périssent.




émigration basque naufrage uruguay

CARTE DU LIEU DU NAUFRAGE DE LA "LEOPOLDINA-ROSA"
4 OCTOBRE 1842




Voici ce que rapporta à ce sujet l'hebdomadaire L'Echo des Vallées, le 29 septembre 1842 :



"Naufrage de la Léopoldina-Rosa.

Demande de mise en jugement de l'équipage.


... Permettez-moi, Monsieur le Ministre, de vous signaler particulièrement le passage suivant de cette lettre : 


Montévidéo, le 8 juillet 1842.


"Je vous épargnerai les détails de notre catastrophe, les journaux que je joins à la présente vous en diront assez. Le capitaine fut jeté sur la plage vivant ; il expira peu de temps après du froid et des contusions qu'il avait reçues à bord pendant seize ou dix-huit heures que nous y sommes restés. L'équipage s'est très mal, horriblement mal conduit ; à part trois ou quatre, ils nous avaient abandonnés avant dix heures du matin, et par là tout moyen de sauvetage devenait impossible ; le lieutenant Montalivet, le maître d'hôtel Théodore et un novice sont restés jusqu'à quatre ou cinq heures de l'après-midi. Le second capitaine avait jugé à propos de suivre son équipage, après avoir promis au capitaine de le sauver ; en vain le capitaine l'appelait-il, il nageait vers la plage comme un poisson, et de là chemina vers des maisons éloignées de plus d'une lieue de la côte. Le capitaine et moi restâmes jusqu'à dix heures de la nuit, ainsi que plusieurs passagers, hommes et femmes réfugiés sur la dunette qui s'était séparée du navire, flottant et continuellement submergés par les vagues, et nous heurtés par les débris ; je dois la vie aux soins d'un homme du pays, qui me lança son lazo pour m'aider à arriver à terre, car j'étais complètement nu, et il me déposa près du feu ; j'avais le corps tout meurtri et j'étais presque sans connaissance." 



emigracion vasca uruguay
MONTEVIDEO URUGUAY 1889

L'accord qui règne entre cette relation et celle qui a été déjà publiée dans les journaux de la capitale ne laisse aucun doute sur la réalité des faits qui s'y trouvent. Il en résulte évidemment, en ce qui touche le navire proprement dit, que sa perte n'a été causée que par la violence des éléments, car il a fait assez preuve de solidité en résistant sur un rocher pendant dix-huit heures, à la fureur des vagues ; d'ailleurs, que pouvaient l'expérience et l'habileté reconnues du capitaine contre l'une de ces terribles tempêtes du Sud-Est, qui, à cette époque de l'année, convulsent ces parages et surtout contre les courants perfides qui, dans ces circonstances, y trompent les navigateurs les plus expérimentés ? Le capitaine Frappaz a fait assez en prolongeant pendant trois jours cette lutte opiniâtre durant laquelle il n'a pu déterminer la vraie position de son navire par aucune observation astronomique ! Ce drossage sur les rochers de Castillos était donc un malheur contre lequel l'homme ne pouvait rien ! 



emigracion vasca barco
BATEAU DE L'EMIGRATION
PAYS BASQUE D'ANTAN

Mais il est loin d'en être ainsi à l'égard de la perte des passagers, puisqu'il est avéré qu'il n'a tenu qu'à l'équipage de les sauver tous. En effet, il est certain que les dix-huit heures qui se sont écoulées depuis le moment où le navire a touché sur les rochers, jusqu'à celui où il s'est entièrement brisé, étaient, surtout à la petite distance qui le séparait de terre, plus que suffisantes pour sauver au moins tous les passagers, si les ordres du capitaine, si ses prières même, relativement à l'établissement d'un va-et-vient eussent été écoutés. Ce moyen de sauvetage, aussi simple qu'efficace, était indubitablement praticable en temps opportun ; et la facilité avec laquelle l'équipage et notamment le second capitaine se sont sauvés à la nage, douze heures avant la destruction complète du navire, donne à leur conduite un caractère si odieux que j'hésite à le qualifier. En présence de ces faits je supplie de nouveau Votre Excellence d'accueillir favorablement ma demande. Ce n'est pas à moi qu'il appartient de démontrer combien la marine du commerce est intéressée à ce qu'un grand et salutaire exemple soit fait en cette occasion ; je dirai seulement qu'il semble que l'honneur de cette marine s'y trouve engagé, jusqu'à un certain point, surtout aux yeux des étrangers, car le navire la Léopoldina-Rosa était étranger, et il avait été confié, avec l'autorisation de Votre Excellence, à l'équipage français qui l'a abandonné ! 




émigration basque naufrage uruguay
LISTE DE PASSAGERES ET DE PASSAGERS SURVIVANT.E.S
DU NAUFRAGE DU LEOPOLDINA-ROSA



Je ne sais pas, Monsieur le Ministre, si la loi écrite me permet de vous demander comme je le fais au nom des armateurs du navire et des familles des nombreuses victimes de ce naufrage, la mise en jugement de ces hommes. Le sentiment qui me guide trouvera, j'en suis sûr, écho dans le cœur de Votre Excellence. J'ai pensé aussi que si le gouvernement français honore et récompense les marins étrangers qui se sont distingués en disputant à la fureur des flots, les personnes et les propriétés de quelques-uns de nos compatriotes, il doit y avoir un châtiment au moins moral, pour les marins français qui, au mépris de leurs devoirs les plus sacrés, compromettent, par une conduite toute opposée, l'honneur du corps auquel ils appartiennent. 



La démarche que je fais auprès de Votre Excellence est autorisée d'abord par un sentiment d'humanité et ensuite par l'intervention que j'ai eue à Bayonne dans l'armement de la Léopoldina-Rosa en vertu d'une mission de surveillance et de sollicitude dégagée de tout intérêt matériel pour moi. J'ai accepté cette mission de la part de ses armateurs en m'associant à leur idée bienfaisante, et je continue de l'accomplir en ce moment. Il existe au bureau de la marine à Bayonne des preuves authentiques du soin que j'ai apporté dans cette affaire, car je me suis empressé de me mettre en rapport avec l'autorité maritime.  



Je prie Votre Excellence d'agréer l'assurance de mon profond respect, 

Alfred-Gustave Bellemare.



(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)



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vendredi 3 avril 2026

LE NAUFRAGE D'UN NAVIRE DE L'ÉMIGRATION BASQUE "LA LÉOPOLDINA-ROSA" EN SEPTEMBRE 1842 (première partie)

LE NAUFRAGE DE LA "LÉOPOLDINA-ROSA" EN SEPTEMBRE 1842.


Lors de ce naufrage, plus de 230 personnes, la plupart originaires des Basses-Pyrénées périssent.



émigration basque naufrage uruguay
CARTE DU LIEU DU NAUFRAGE DE LA "LEOPOLDINA-ROSA"
4 OCTOBRE 1842



Voici ce que rapporta à ce sujet l'hebdomadaire L'Echo des Vallées, le 29 septembre 1842 :



"Naufrage de la Léopoldina-Rosa.

Demande de mise en jugement de l'équipage.



Nous ne reproduisons pas ici les détails que tous les journaux ont déjà publiés sur cette déplorable catastrophe. Nous nous contenterons de faire connaître à nos lecteurs une pétition qui vient d'être adressée à M. le Ministre de la Marine pour obtenir que l'équipage de ce malheureux navire soit mis en jugement. On y trouvera d'ailleurs l'extrait d'une lettre qui vient d'être reçue de Montévidéo du médecin de l'expédition. Elle revêt un certain caractère d'authenticité et mérite le plus vif intérêt. Ces nouveaux détails nous confirment entièrement dans l'opinion que nous avions déjà formée en lisant la première relation, à l'égard de la véritable cause de la perte des passagers ; et il nous en coûte de le dire, elle est en tout conforme à celle qui se trouve exprimée dans la pétition. Nous souhaiterions beaucoup pour la satisfaction des équipages de la marine marchande que celui de la Léopoldina-Rosa pût alléger la terrible accusation qui pèse sur lui. Nous le désirerions aussi pour la localité d'où il a été tiré, et qui, voisine de Bayonne, fournit ordinairement des marins si bons et si vaillants ! Les Basques se sont toujours montrés jaloux de la réputation maritime qu'ils ont si justement acquise, et ils s'en montreront encore plus dignes en s'associant à nous pour flétrir, comme on doit le faire, une conduite que rien ne semble pouvoir justifier. 

emigracion vasca uruguay
MONTEVIDEO URUGUAY 1889


Nous louons beaucoup la pensée nationale et humanitaire qui a présidé à la rédaction de cette pétition. Il serait en effet déplorable que l'insubordination et la lâcheté restassent impunies, surtout après avoir eu des résultats si funestes et si douloureux pour le pays. Outre que cette impunité serait du plus pernicieux exemple, elle augmenterait le douloureux sentiment qu'on éprouve en lisant les détails de ce naufrage ; car chacun s'y trouve profondément blessé dans ses sentiments d'humanité ; c'est en vain que l'on y cherche cette consolation qu'offrent souvent les grandes catastrophes, et qui consiste dans l'impuissance où l'homme se voit de leur résister ; impuissance dont le sentiment nous révèle la supériorité des décrets de la Providence et la nécessité de nous y soumettre sans murmurer. Mais ici la Providence avait laissé à l'homme une chance et des moyens de salut ! Anathème sur ceux qui, en cette occasion, ont outragé toutes les lois divines et humaines !... 


emigracion vasca barco
BATEAU DE L'EMIGRATION
PAYS BASQUE D'ANTAN

Nous faisons donc des vœux pour que M. le Ministre de la Marine puisse accéder à la demande qui lui est adressée. Cette réparation semble être due aux mânes des victimes de ce naufrage. Et nous, qui sommes entourés ici de familles qu'il plonge dans le deuil, nous pouvons assurer que cette marque de sollicitude sera reçue avec reconnaissance et enthousiasme. — Nous invitons tous nos collègues de la presse à se joindre à nous pour appuyer cette demande, puisqu'il s'y agit d'un intérêt général. 



Nous ne pouvons terminer sans payer ici un tribut bien mérité à la mémoire du brave et infortuné capitaine Frappaz ; marin habile et expérimenté, homme distingué sous beaucoup de rapports très précieux dans la société, il est mort à son poste victime de son dévouement ! il lègue à ses frères de la marine un noble souvenir ! mais sa famille reste plongée dans la douleur et dans le dénuement le plus absolu. MM. les armateurs et surtout MM. les capitaines au long cours ne resteront pas indifférents à une si grande infortune, puisqu'elle est principalement le résultat d'une conduite dont le corps auquel ils appartiennent s'énorgueillira toujours. Ils allégeront cette infortune, nous en sommes certains, car le doute ici serait une injure ; il semble même qu'un noble esprit de corps leur en fait un devoir. C'est dans cette certitude que nous prenons des mesures pour que ces lignes arrivent à la connaissance de chacun d'eux. Leur offrande, quelle qu'elle soit, sera considérée autant comme une preuve de leur sympathie pour la noble conduite du capitaine que comme une marque de bienfaisance. Il nous paraît qu'une souscription, qui serait ouverte dans chacun de nos ports de mer les plus étroitement liés avec la rivière de la Plata, serait une œuvre belle et bonne à entreprendre. Nous savons déjà qu'on en ouvre une à Bayonne, chez M. le Consul de l'Uruguay ; à Bordeaux, chez MM. Bechet père et fils, banquiers ; Delmetre, Tournay, courtiers maritimes ; Merilhou et C°. Au Havre, chez M. Moulinié et chez MM. Delaroche, Delessert et Cie A Saint-Malo, chez M. Fontan. A Cette, chez MM. Bencker et Comp. A Marseille, chez MM. Fournier frères. A Nantes, chez MM. J. et V. Lauriol. A Paris chez M. J. Linard, négociant, place des Victoires, n° 12, et chez MM. Guérin-Seris et Compie, rue Basse-Porte St-Denis, n° 8.— Les produits de cette souscription devront être remis à M. Rougemont de Lowemberg, banquier, à Paris.



Nous espérons que ce généreux exemple sera suivi dans tous les autres ports de France ; et nous supplions encore nos collègues de la presse de se joindre à nous pour recommander cette œuvre de justice et de bienfaisance.

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Bagnères-de-Bigorre, le 25 septembre 1842.


Monsieur le Ministre, 

J'ai l'honneur de m'adresser à Votre Excellence pour appeler instamment son attention sur les détails que je viens de recevoir de Montevideo relativement au naufrage de la Léopoldina-Rosa ; d'après ce rapport, il n'est plus permis de douter que la perte des deux cent trente-une personnes qui ont succombé dans ce désastre ne doive être attribuée principalement à l'insubordination de l'équipage de ce navire et au criminel abandon où il l'a laissé au moment du danger. Je viens demander aussi à Votre Excellence, en vertu des motifs ci-après exposés, qu'il soit fait une justice prompte et surtout exemplaire de la conduite de cet équipage qui, par un tel mépris de ses devoirs, a seul consommé cette perte si déplorable.



Dans une affaire aussi grave et aussi délicate que celle-ci, puisqu'il s'agit de mettre au ban du monde maritime (en attendant un autre châtiment, s'il y a lieu dans cette circonstance), ces hommes si indignes du titre de marins français, l'autorité des faits doit seule être invoquée ; je demande donc à Votre Excellence la permission de lui présenter la lettre que je reçois à l'instant de Montévidéo de M. le docteur Duchesnois, médecin de l'expédition. Cette lettre a un caractère solennel, car cet homme généreux et dévoué est resté à son poste auprès du capitaine pendant les dix-huit heures qu'a duré la cruelle agonie du navire et des nombreux passagers qu'il abritait encore..."



A suivre...




(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)



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jeudi 13 mars 2025

L'ÉMIGRATION BASQUE EN AMÉRIQUE DU SUD EN 1867 (deuxième et dernière partie)

 

L'ÉMIGRATION BASQUE EN 1867.


En 1867, les autorités Françaises s'inquiètent du nombre de Basques cherchant à émigrer, en particulier en Amérique du Sud.

jeudi 13 février 2025

L'ÉMIGRATION BASQUE EN AMÉRIQUE DU SUD EN 1867 (première partie)


L'ÉMIGRATION BASQUE EN 1867.


En 1867, les autorités Françaises s'inquiètent du nombre de Basques cherchant à émigrer, en particulier en Amérique du Sud.

jeudi 21 avril 2022

LE PRÉSIDENT URUGUAYEN JEAN CAMPISTEGUY OXCOBY AVAIT SES ORIGINES À ISPOURE EN BASSE-NAVARRE AU PAYS BASQUE

JEAN CAMPISTEGUY OXCOBY PRÉSIDENT DE L'URUGUAY AUX ORIGINES BASQUES.


Juan Campisteguy Oxcoby, né le 7 septembre 1859 et mort le 4 septembre 1937, d'origine Bas-Navarraise, est le 25ème Président de l'Uruguay, de mars 1927 à mars 1931.




emigration basque uruguay
JUAN CAMPISTEGUY OXCOBY 1917
PRESIDENT DE L'URUGUAY 1927-1931



Voici ce que rapporta à ce sujet la presse locale et régionale dans plusieurs éditions :



  • La Dépêche, le 28 août 1930 :

"M. Campisteguy Président de l'Uruguay.



Un Basque d'origine et un grand ami de la France.



Paris, 27 août — Une dépêche de Montevideo, que nous avons publiée, annonçait la remise de la grand croix de la Légion d'honneur au président de la République, M. Campisteguy, et ce fut M. Velten, ministre de France, qui avait été chargé par le gouvernement français et par le président de la République de cette mission.



Aucune distinction honorifique ne pouvait être plus agréable au chef d'Etat de l'Uruguay, car M. Campisteguy a du sang français dans les les veines, de par ses ancêtres : il est Basque d'origine. Il y a quelques lointaines années, un Campisteguv quittait son village natal qui s'abritait à l'ombre pyrénéenne, franchissait la mare aux harengs et allait s'installer aux environs de Montevideo, où il faisait souche. Et c'est un de ses descendants qui, aujourd'hui, préside aux destinées de cet état sud-américain.



M. Campisteguv, qui, bien qu'ayant largement dépassé la soixantaine, espère bien — sa présidence achevée — venir, respirer l'air natal : il veut revoir la terre où ont grandi les siens et où ils ont joué, eux aussi, à la pelote basque, car il est demeuré un pratiquant fervent du noble jeu. Le président a deux fils qui partagent son amour pour la "doulce France" et qui, virtuoses de la pelote, sont aussi des champions du rugby.



M. Campisteguv entretient avec nos compatriotes qui vivent en Uruguay les plus cordiaux rapports et il est heureux de parler avec eux en français ; et quand, il v a quelques semaines, nos joueurs se rendirent à Monteviedo, il tint à les recevoir et à se faire même auprès de leur capitaine le plus obligeant des cicérone.



Le gouvernement français a été particulièrement inspiré en appelant à la plus haute dignité de la Légion d'honneur ce Basque d'origine qui s'emploie avec tant de coeur à resserrer encore si possible les liens d'affectueuse amitié qui unit son pays d'hier à son pays d'aujourd'hui.



Mais la terre basque peut se vanter d'avoir donné le jour à une famille dont l'hériter est actuellement, lui aussi, le président d'une République Sud-américaine : M. Irigoven, pour la deuxième fois, dirige les destinées de l'Argentine. Malgré son grand âge — il approche de 80 ans — il est demeuré étonnamment jeune d'allures et de caractère et il se plaît à déclarer que cette étonnante verdeur de corps et d'esprit il la doit à ce sang basque qui coule dans ses veines.



Et ainsi cette petite province française, qui s'enorgueillit d'avoir déjà donné au monde tant d'illustrations, peut revendiquer, à juste titre, comme ses fils et le président lrigoyen et le président Campisteguy."




emigration basque president uruguay
JUAN CAMPISTEGUY OXCOBY
PRESIDENT URUGUAY



  • la Gazette de Bayonne, de Biarritz et du Pays basque, le 13 octobre 1930 :


"Hommage des Basques de l’Uruguay à leur président. 



Nous lisons dans la Petite Gironde :

La Petite Gironde a signalé que le président Campistéguy avait l’intention de se rendre au Pays Basque l’été prochain et principalement à Saint-Jean-Pied-de-Port, pour inaugurer un fronton construit par souscription publique. 



Effectivement, peu de temps auparavant, M. Oyenart, de Suhescun, de retour de Montevideo, avait remis au maire d’Ispoure une somme de 15 000 francs destinée à l'érection de ce fronton. C’est, en effet, de la commune d'Ispoure qu’était parti le père du président actuel de l’Uruguay.



M. Oyhenart annonça que le président Campisteguy comptait entreprendre un voyage en Europe dans le cours de l’été 1931, et qu'il avait bien voulu accepter, en principe, d'inaugurer ce fronton. 



L’initiative de cette souscription faite au sein de la Société Euskal-Herria de Montevideo revient à M. et Mme Francisco Donagaray, originaires d’Ahaxe et Larceveau, à qui nous sommes heureux d’adresser nos plus chaleureuses félicitations. La Société Euskal-Herria a manifesté le désir de voir le président retenu à Saint-Jean-Pied-de-Port pendant quelques jours, où des fêtes traditionnelles pourraient être organisées en son honneur. 



Il est hors de doute que tout d’abord la jolie commune d'Ispoure voudra organiser une de ces mascarades basques dont elle a le secret lorsque jeunes et vieux (zahar gazteak, comme on le dit) se groupent pour organiser des fêtes comme certaines "karossa" qui sont restées légendaires.



Avec les excellents danseurs et les musiciens dont Ispoure peut être fière ce sera suffisant pour une bonne journée, mais certainement tous les Basques voudront se joindre à cette manifestation de sympathie, et il faut espérer que plusieurs journées de fêtes basques pourront être organisées. 



La Navarre espagnole demande déjà à y participer et il est probable que le président Campistéguy sera l’une des premières personnalités reçues par le comité Basque Amérique qui vient d’être fondé sur l’initiative de M. Hirigoyen, maire de Biarritz. 



Nous ne pouvons que nous réjouir à la pensée de ces manifestations et saluer à notre tour le président qui, fidèle à ses origines, fut pendant la tourmente un grand francophile ; nous nous inclinons devant ses qualités de travail, sa droiture. Son intelligence qui lui ont permis d’arriver au poste suprême de son pays d’adoption. 



Nous remercions la Société Euskal-Herria, de Montevideo, d’avoir su provoquer un aussi beau mouvement et nous adressons nos félicitations toutes particulières à Mme et M. Donagaray, qui ont bien voulu recueillir les souscriptions. 



Voici la liste des souscriptions : 

Ont donné 20 pesos : MM. Francisco Donagaray, Oyhenart, Bildosteguy, Catalina, Oxalde, Grus et Supervielle. 



Ont donné 10 pesos : MM. Léonis Marizcurrena, Sarrabère, Bernardo Donagaray, Juan Donagaray, Bartaburu, Aphasorho, Harambure, Bidegaray, Bidegain, Catalina, Larralde, Algazat, Toyos, Irigoin, Darrieumerlou, Garra, commandant d’Hestraux, Haramburu, Tissier, Tafernaberry, Moles-Noblia, Antonio Harambure, Ormaechea, Aiscar, Aguerre, Tristan, Jean Aguerre, Etchebarne, Gelos. 



Ont donné 5 pesos : MM. Yosserme Urrutia, Vasconcellos, Soler, San Martin, Aramburu, Bidart, Julio Aguerre, Debrocque, Bicain, Suquilde, Pedro Harambure, Harriet, Sarasola, Argul, Enrico Bartaburu, Tiarburu, Santos, Salaverry, Carriquiry, Campos, Eguiluz, La Torre, Frantchez, Curutchague, Bidart, Visconti, Clariget, Tafernaberry, Marizcurena, Bidart, Lamarque, Guillaume Inciarte, Haltv, Iraizos, Otamendi, Deroteo, Barnetchegaray. 



A donné 3 pesos : M. Rethen. 



Ont donné 2 pesos : MM. Vilar, Poncile, Pealy, Arambel, Iharour, Urruty, Apezarena, Sabaleta.



Soit au total 657 pesos 50. Francs : 14 832.90. 



MM. Donagaray, Oyhenart et Bidegain ont versé 7 pesos 60 pour arrondir la somme à 15 000 francs."



(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)




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mardi 28 mai 2019

L'ÉMIGRATION BASQUE EN URUGUAY EN 1842


L'ÉMIGRATION BASQUE EN URUGUAY EN 1842.


Dès 1825, les premiers immigrants Basques arrivèrent en Uruguay et montrèrent la voie, par la suite, à des dizaines de milliers d'autres compatriotes.

jeudi 16 août 2018

L'ÉMIGRATION BASQUE EN 1914 (première partie)

L'ÉMIGRATION BASQUE EN 1914.


Des centaines de milliers de Basques, du Nord et du Sud, ont émigré, partout dans le monde, et en particulier de l'autre côté de l'Atlantique, pendant des décennies, depuis 1830 environ.

vendredi 20 octobre 2017

L'ÉMIGRATION DES BASQUES EN 1857


L'ÉMIGRATION BASQUE EN 1857.


En 1857, les autorités Françaises s'inquiètent du nombre de Basques cherchant à émigrer.