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vendredi 12 juin 2026

JULIO RAUL MENDILAHARSU POÈTE URUGUAYEN D'ORIGINE BASQUE

JULIO RAUL MENDILAHARSU.


Julio Raul Mendilaharsu Netto, né le 4 décembre 1887 à Montevideo (Uruguay) et mort le 30 décembre 1923 à Montevideo (Uruguay) était un poète Uruguayen, d'origine Basque du côté paternel.



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POETE JULIO RAUL MENDILAHARSU
BMB 1925 N° 2/3

Voici ce que rapporta à son sujet le Bulletin du Musée Basque N° 2-3, en 1925, sous la plume du 

Cdt M. C. Gaillard :



"Julio Raul Mendilaharsu 1887 - 1923.


Son nom doit rester attaché à celui du Musée Basque.



Au premier appel que nous lui adressâmes, en 1922, Raul Mendilaharsu répondit avec enthousiasme. Il se mit aussitôt à l'œuvre et fonda, à Montevideo, le Comite del Recuerdo Vasco, Cooperador del Museo Vasco de Bayona. Avec des subventions en argent, ce Comité devait envoyer, suivant le programme tracé par Mendilaharsu lui-même, dans une lettre du 31 Octobre 1922, "des œuvres artistiques de descendants de Basques, des travaux biographiques et historiques, des éludes sur la vie des Basques en Uruguay..."



Les résultats ne se firent pas attendre : ils donnaient les plus beaux espoirs, que vint faucher la mort. Mais, tant que durera le Musée Basque, le souvenir de Raul Mendilaharsu, fixé par une main amie dans les pages qui suivent, ne périra pas.



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MUSEE BASQUE ET DE LA TRADITION BAYONNAISE
PAYS BASQUE D'ANTAN


S'il est un doux devoir à remplir, triste et douloureux à la fois, c'est d'évoquer le souvenir de ceux qui ne sont plus, pour rendre à leur mémoire l'hommage de notre affection et de notre reconnaissance.



Semblables à l'étoile éphémère, brillante et fugitive, qui sillonne, un court instant, la nuit sombre et tranquille pour s'évanouir dans l'insondable infini, ils n'ont fait que passer, nobles et généreux, idéalisés dans la poursuite de la plus grande beauté du verbe, jetant au monde ébloui l'exquise sensibilité de leurs pensées et disparaître prématurément de la terre, dans un souffle encore prometteur de belles et sublimes actions.



Telle fut la courte vie du poète Julio Raul Mendilaharsu, l'un des premiers fondateurs du Musée Basque.



Né à Montevideo, le 4 Décembre 1887, fils et petit-fils de Basques français, il s'imposa très tôt, par sa haute intelligence, son goût raffiné des Lettres à l'admiration des hommes de sa génération.



Avide de connaître, d'apprendre, de savoir, il parcourait une grande partie de l'Europe Centrale, l'Angleterre, puis l'Espagne, la France ; il étudia à l'Université d'Aix-en-Provence, à celle de Genève ; il fut enfin reçu bachelier à l'Université de Montevideo, avec l'intention de suivre les cours de Droit, en souvenir de son illustre père, éminent jurisconsulte.



Mais, les Muses l'appelaient, sollicitaient son tempérament lyrique et dès lors, c'est vers elles qu'il marcha.



Revenu en Europe, c'est à Madrid, en 1909, qu'il publia ses premières poésies, Como los nubes, puis, deux ans après, à Paris, Deshojando el silencio qui, déjà, le classèrent l'un des meilleurs poètes de l'Uruguay.



De retour au pays natal, sa réputation d'orateur et d'écrivain grandit rapidement. Par les actes, par la parole, son âme de poète se donna entièrement à toutes les manifestations qui avaient pour but la proclamation de tout ce qui était grand et beau, de tout ce qui était amour, amitié, bonté, justice. C'est ainsi qu'au milieu de ses luttes politiques et de ses travaux littéraires, son inlassable activité s'employa, avec succès, à la constitution d'un Comité local pour coopérer au développement du Musée Basque.



Il réussit pleinement dans son entreprise et c'est à lui que l'on doit de voir figurer au Livre d'Or du Musée, l'élite des descendants de Basques fixés en Uruguay, autour de laquelle vinrent se grouper de nombreux souscripteurs de la même origine.



Il ne faut donc pas s'étonner qu'en patriote ardent, il aima la France comme sa seconde Patrie.



Pendant les heures sombres de la guerre, quand le succès de nos armes était indécis, il sut réanimer d'un souffle vivifiant les énergies inquiètes, célébrant avec une foi ardente la patrie du Droit et de la Justice, prophétisant la victoire de la latinité et l'heure inéluctable des justes réparations.



Durant ces longues années angoissantes, il a souffert comme on souffre quand un être très aimé court un grand péril. Il sentit que non seulement il admirait le pays de ses ancêtres, mais qu'il l'aimait. Et alors, il mit à son service toutes les ressources de sa vive intelligence, toute l'efficacité d'une parole hautement éloquente, toute l'ardeur d'une âme vibrante d'enthousiasme.



Ecoutons ses hymnes à la France :


Te canto nuevamente ! oh diosa mia ! i oh Francia !

Con todo el entusiasmo de un corazon latino ;

Y tu nombre pronuncio, que es divina fragancia,

Y repito tu nombre, que es embriaguez de trino.

----------------------------------------------------------------------------------

! Francia ! Francia ! Te quieren mi sangre y mis entrañas,

Mi boca délirante tus tricolores besa,

Y mi espiritu arde en frente a tus hazañas

Y, en extasis, escucho tu immortal Marsellesa.


De nouveau je te chante, ô ma déesse ! ô France !

Avec tout l'enthousiasme d'un cœur latin ;

Et je prononce ton nom, qui est fragance divine

Et je répète ton nom, qui est triplement enivrant.

--------------------------------------------------------------------------------

France ! France ! mon sang et mes entrailles te chérissent,

Ma bouche délirante baise tes trois couleurs,

Mon esprit s'enflamme en face de tes prouesses

Et j'écoute, en extase, ton immortelle Marseillaise,



Mais il faudrait citer tous les poèmes de Franjas tricolores, Ante la Victoria et Altar de bronce écrits pendant la guerre.



C'est dans les termes suivants qu'il dédia Altar de bronce à Ossès, berceau de ses ancêtres :


Con Franjas tricolores y Ante la Victoria

Yo crei terminar

De mis versos de guerra, la roja trayectora

Mas entusiastamente voy de nuevo a cantar.

Mi condor joven tiene aun fuerza en el pico,

No ha sufrido revés

Y los versos que trae, a ti te los dedico,

Solar de mis abuelos de Francia, noble Ossès ! 


Avec Franjes tricolores et Avant la Victoire

J'avais cru terminer

De mes vers de guerre, la rouge trajectoire.

Mais avec enthousiasme je vais de nouveau chanter.

Mon jeune condor a encore de la force dans le bec,

Il n'a souffert aucun revers !

Et les vers qu'il apporte, à toi je les dédie

Terre de mes aïeux de France, noble Ossès !



On sent dans tous ses chants d'amour à la France, toutes les émotions, toutes les douleurs, tous les espoirs de son patriotisme ardent que vint auréoler la Croix de la Légion d'Honneur, attribuée non seulement au valeureux champion de la cause française, mais aussi au plus représentatif poète uruguayen de son temps.



Ses admirateurs, ses amis, ont dit de lui :

"... Comme les plantes qui livrent, en une seule fois, à la caresse du soleil, la totalité de leur sève en un splendide épanouissement de fleurs et de fruits, Mendilaharsu s'est livré à la vie, avec une totale magnificence, dans une brève et ardente flamme...


Il a vécu... Il a aimé... Il a chanté !


Telle est la synthèse de la fière existence de Raul Mendilaharsu, le noble et jeune barde, le chevalier romantique.


Ce qu'il a rêvé comme poète, il l'a réalisé comme homme. Il a pu ainsi versifier sa vie et vivre ses poèmes...


Il a aimé la Justice, la Liberté, la Beauté.


Il a chanté avec enthousiasme tout ce qu'il aima ; il a chanté, dans une exaltation combative, toutes les misères humaines.


Il a vécu comme un enfant ; il a aimé comme un homme ; il a chanté comme un oiseau : avec allégresse, avec ferveur, harmonieusement...."



Le grand écrivain Juan Zorilla de San-Martin a dit de lui, en termes magnifiques :


"Lumineuse ! sa vie fut comme une série d'éclairs. La rafale qui l'a éteinte est arrivée jusqu'à mon âme ; je la sens passer encore sur ma pensée assombrie...


Une lumière bonne s'est éteinte brusquement dans ce grand cœur vibrant.


Il me semble voir dans les nuits étoilées, la place obscure qu'à laissée son immersion dans l'infini.


Et je pense à ce jeune ami de mon âme quand je regarde le ciel. Et le poète me regarde du fond de son étoile invisible.


Que la volonté de Dieu soit faite !... Qu'elle s'accomplisse, parce qu'elle apporte la paix, l'harmonie, la gloire aux poètes comme aux étoiles qui brillent et disparaissent : dans le fond des abîmes et dans celui des cœurs humains."


Nice, le 4 Juillet 1925.

Cdt M. C. Gaillard."




(Source : gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France) 










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mercredi 26 février 2025

L'ABBÉ D'OSSÈS AU TRIBUNAL À BAYONNE EN LABOURD AU PAYS BASQUE EN JUIN 1896

AU TRIBUNAL DE BAYONNE EN 1896.


En juin 1896, l'abbé Etchegaray, desservant d'Ossès, en Basse-Navarre, comparaît au tribunal de Bayonne.



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OSSES BASSE-NAVARRE
PAYSS BASQUE D'ANTAN




Voici ce que rapporta le quotidien La Loi, le 5 juin 1896 :


"Tribunal de Bayonne.

Présidence de M. Villeneuve, président.

Audience du 21 janvier 1896.



Domicile. — Fonction Publique et Révocable. — Art. 106 du Code Civil. — Preuve de l'intention de changer. — Article 104 C. Civ. — Action personnelle. — Compétence.



Le vicaire, desservant une commune, y demeurant habituellement et y payant sa contribution mobilière, a son domicile dans cette commune, si le contraire n'est pas établi par d'autres faits. 


L'action contre l'antichrésiste, en restitution de l'immeuble grevé est personnelle et justiciable du Tribunal du domicile du défendeur.


Si, aux termes de l'art. 106 du Code civil, le citoyen, appelé à une fonction publique et révocable, conserve le domicile qu'il avait avant, à moins de manifestation contraire, l'article 105 fait résulter des circonstances la preuve de l'intention de changer de domicile.


Et lorsque le défendeur a résidé plus de 30 ans en dehors du domicile qu'il avait avant d'être appelé à sa fonction, et qu'il se déclare, dans des actes publics, domicilié au siège de sa dite fonction, il convient de décider que c'est là son domicile, seul attribution de juridiction dans une instance de la nature de celle dont il vient d'être parlé.

(Etchegaray c. dame Mirambeau.)



Ainsi jugé par la décision suivante, suffisamment explicative des faits de sa cause :


Le Tribunal,

Attendu que, selon acte reçu par Me Londaits, notaire à Ayherre, le 26 avril 1818, une parelle de terre en nature de terre labourable et de prairie, d'une contenance de 114 ares, située en la commune d'Isturitz, avait été grevé d'un droit d'antichrèse pour assurer le remboursement d'une somme de 1 200 francs, par la dame Jeanne D'harre, veuve Lagrenade, au profit d'Arnaud Etchegaray Bergeret.



Attendu que la dame Mirambeau, agissant en qualité d'héritière légitime de Martin Lagrenade, fils de ladite veuve Lagrenade, prétend que les intérêts et le capital de 1 200 francs prêtés en 1818 sont payés depuis un grand nombre d'années ; qu'elle demande que Jean-Baptiste, prêtre, desservant du hameau d'Arrosa, commune d'Ossès, pris comme seul et unique représentant dudit sieur Arnaud Etchegaray, son grand-père, soit condamné à lui restituer la parcelle ci-dessus décrite, appelée Ayhaberro, et, à défaut de restitution, à lui payer la somme de 4 500 francs, outre 2 000 francs, montant approximatif de l'excédent des fruits perçus en sus des intérêts et du capital prêté ;



Attendu que le défendeur soutient qu'il s'agit d'une action personnelle et mobilière et que le Tribunal de Bayonne n'est pas compétent parce que son domicile réel est à Ossès, dans le ressort du Tribunal de Saint-Palais, et non à Isturitz dans le ressort du Tribunal de Bayonne



En ce qui concerne la nature de l'action engagée ;



Attendu que l'abbé Etchegaray a vendu, par acte reçu par Me Barrau, notaire à Iholdy, le 5 août 1882, transcrit le 1er septembre suivant, à son frère, Aranaud Etchegaray, demeurant à Isturitz, deux parcelles, dont l'une serait la parcelle engagée en 1818 ; qu'il a été énoncé dans cet acte que les immeubles vendus lui avaient été attribués dans un acte de partage passé devant Me Saint-Germain, notaire à Mouguerre, le 15 janvier 1880, quoique la parcelle engagée paraisse lui avoir été vendue en réalité avant le partage, par son père, par acte dudit Me Saint-Germain, en date du 11 novembre 1878, transcrit le 22 septembre 1879 ; que, par 2 nouveaux actes au rapport de Me Ritou, notaire à Hasparren, le 28 janvier 1883, transcrits le 2 février suivant, aux sieurs François Gasson et François Gaillardic ;



Attendu que Jeanne D'harre, veuve Lagrenade, débitrice antichrésiste et ses héritiers n'ont jamais cessé d'être propriétaires de la parcelle engagée, au regard d'Arnaud Etchegaray, et les héritiers de celui-ci, détenteurs précaires, ont, par conséquent, vendu la chose d'autrui.



Attendu que ces aliénation, par la transcription des contrats de vente, étaient présumées connues e la veuve Mirambeau, demanderesse ; que l'action en revendication n'a pas été exercée par elle contre le possesseur ; que l'action qu'elle a formée est donc uniquement une action en paiement de la valeur, outre la restitution des fruits perçus depuis l'extinction de la dette de 1 200 fr., c'est-à-dire une action personnelle et mobilière ; 



Attendu, au surplus, que l'action en restitution de l'immeuble dirigée contre l'antichrésiste, est considérée comme étant personnelle et que la demanderesse l'a reconnu expressément à l'audience ; 



En ce qui concerne le point de savoir si l'abbé Jean-Baptiste Etchegaray a son domicile à Ossès (juridiction du Tribunal de Saint-Palais) ou à Isturitz (juridiction du Tribunal de Bayonne) :



Attendu que ce dernier, demandeur dans l'exception, justifie qu'il a été vicaire et desservant dans les communes de Bardos et de Lahona plusieurs années et qu'il est desservant dans la commune d'Ossès depuis 16 ans ; que ses fonctions l'obligent à demeurer habituellement dans cette commune et qu'il y paye sa contribution personnelle ; qu'à cette habitation effective, sans interruption depuis de nombreuses années, se joint l'intention d'y avoir son domicile et que cette intention a été manifestée notamment dans l'acte de vente du 1er septembre 1882 précité, où il figure avec la qualité de "prêtre desservant Saint-Martin d'Arrosa, commune d'Ossès y demeurant et domicilié" ; que ces circonstances sont suffisantes pour faire décider que le domicile de l'abbé Etchegaray est fixé à Ossès si le contraire n'est pas établi par d'autres faits ;



Attendu que, dans la sommation du 25 mai 1895, du ministère d'Inda, huissier à Saint-Palais, la demanderesse elle-même, qualifie l'abbé Etchegaray de prêtre desservant à Saint-Martin d'Arrosa, commune d'Ossès, demeurant et domicilié audit lieu ; que, dans l'exploit d'assignation du 31 juillet, du même huissier, cet officier ministériel a énoncé, lui-même qu'il avait remis la copie à la gouvernante du défendeur, "dans son domicile à Ossès" ; que la dame Mirambeau, demanderesse, appréciait donc elle-même, au moment où elle notifiait ces divers actes, que le domicile de l'abbé Etchegaray était à Ossès ;



Attendu que la dame Mirambeau, pour repousser le déclamatoire invoque l'article 106 du Code civil, qui dispose que le citoyen appelé à une fonction publique et révocable conserve le domicile qu'il avait auparavant, s'il n'a pas manifesté d'intention contraire, et soutient que l'abbé Etchegaray, simple desservant, dont les fonctions sont révocables, n'a pas manifesté d'intention contraire, puisqu'il a conservé la maison paternelle située à Isturitz et dans le ressort du tribunal de Bayonne



Attendu que l'art. 105 dispose que la preuve de l'intention de changer de domicile, à défaut de la déclaration formulée expressément comme il est dit dans l'art. 104, résulte des circonstances ;



Attendu que la présomption, fondée sur l'existence du domicile d'origine à Isturitz et sur la conservation, par l'abbé Etchegaray de la maison où il serait né dans cette commune, est combattue par l'ensemble des circonstances, à savoir : sa résidence à Bardos, à Lahon et à Ossès, pendant 30 ans au moins : l'énonciation dans l'acte du 5 août 1882, précité et signé de lui "qu'il était domicilié à Ossès" et énonciation figurant dans les exploits des 25 mai et 31 juillet, signifiés à la requête de la demanderesse ;



Par ces motifs,

Se déclare incompétent sur l'action formée par la dame Mirambeau contre l'abbé Etchegaray par l'exploit du 31 juillet 1895, et renvoie la cause et les parties devant les juges qui doivent en connaître ; condamne la dame Mirambeau aux dépens."



(Source : gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France) 










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samedi 13 août 2022

LES MINES D'OSSÈS ET DE BANCA EN BASSE-NAVARRE AU PAYS BASQUE À PARTIR DE 1906

LES MINES D'OSSÈS ET DE BANCA.


La Société des Mines d'Ossès et de Banca a été fondée en 1906.



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UN SOUVENIR DE OSSES BASSE-NAVARRE
PAYS BASQUE D'ANTAN



Voici ce que rapporta à ce sujet la presse, dans diverses éditions :



  • La Cote de la Bourse et de la Banque et le Messager de la Bourse Réunis, le 1er décembre 
1906 :


"Sté des Mines d'Ossès et Banca (Basses-Pyrénées). 

— Constitution.— Suivant acte reçu par Me Lavoignat, notaire à Paris, le 22 octobre 1906, il a formé une société anonyme sous la dénomination de : Sté des Mines d'Ossès et Banca (Basses-Pyrénées)



Elle a pour objet principal l’étude, l’acquisition et l’exploitation de gisements houillers ou métallurgiques, et spécialement l’exploitation de la concession des mines de Banca de Baigorry dont il lui a été fait apport. D’autres objets accessoires sont énumérés à l’article 2 des statuts. 



Le siège social est à Paris, 67, rue Caumartin. La durée de la société a été fixée à 50 années. Le fonds social est de 1 000 000 de francs, et divisé en 2 000 actions de 500 fr. chacune, sur lesquelles 1 000 entièrement libérées, ont été attribuées à la Société des Aciéries de France, en représentation de ses apports, consistant notamment dans la concession des mines d'argent, cuivre, fer et plomb, situées dans la vallée de Baigorry (Basses-Pyrénées), ainsi qu'en divers immeubles, études, plans, etc. Les 1 000 actions de surplus ont été toutes souscrites et libérées du quart. 



Sur les bénéfices nets annuels, il sera prélevé : 5 % pour la réserve légale, et la somme nécessaire pour servir 5 % d’intérêt aux actions. Le solde sera réparti comme suit : 10 % au Conseil d’administration, 30 % à un fonds de prévoyance, et 60 % aux actionnaires. 



Ont été nommés administrateurs : MM. Louis Mercier, ingénieur à Mozingarbe (Pas-de-Calais), le Baron Léon de Dorlodot, propriétaire à Acoz (Belgique) ; le Baron Jacques Le Couteulx du Molay, demeurant à Gamaches par Etrépagny (Eure) ; Désiré Demeure, propriétaire à Airé-sur-la-Lys (Pas-de-Calais), et Edmond Taragonet, demeurant à Paris, 38, rue Michel-Ange. — Echo des Mines et de la Métallurgie, 22 novembre 1906."



  • L'Information financière, économique et politique, le 29 octobre 1907 :

"... Banca

La Société anonyme des mines d’Ossès-Banca (Basses-Pvrénées) a été constituée le 22 octobre 1906 sur les bases que nous vous avions indiquées l’année dernière.



La Société des Aciéries de France a reçu, comme actions d’apport, 1 000 actions libérées de 500 fr., que nous avons affectées au compte Fonds de prévoyance pour les accidents du travail ainsi que nous l’avons indiqué au chapitre III. — Les travaux sont poussés activement, et l’on espère que les expéditions pourront commencer dans le cours du prochain semestre.



L’exploration des filons de cuivre a été reprise activement et les premières recherches donnent bon espoir..."



  • Le Mouvement socialiste, le 15 décembre 1908 :

"— Société Anonyme des Mines d’Ossés et Banca (Basses-Pyrénées), au capital de 1 000 000 de francs.


Président : Louis Mercier. Mines de fer à Ossés et Banca (Basses-Pyrénées).



— Mines de fer à Ossés et Banca, d'une superficie de 116 kilomètres carrés, situées dans la vallée de Baigorry (Basses-Pyrénées).


Directeurs : MM. Clavelly, à Aubin (Aveyron) ; Sages, à Ossés ( Basses-Pyrénées)."




  • Le Matin, le 29 mars 1913 :

"Catastrophe dans une mine : quatre morts.


Bordeaux, 28 mars. Du correspondant particulier du "Matin" (par téléphone). 



Une épouvantable catastrophe s'est produite dans une des galeries des mines d'Osses (Basses-Pyrénées).



Une équipe de mineurs se présentant pour relever l'équipe de la matinée, les ouvriers, de celle-ci commirent l'imprudence de ne pas prévenir leurs camarades qu'une cartouche de dynamite, placée dans une mine, n'avait pas éclaté. Les ouvriers avaient à peine repris le travail qu'une formidable explosion se produisait. Sous les éclats de rocher projetés en tous sens, trois hommes s'abattirent, le corps complètement déchiqueté. Un quatrième respirait encore quand il fut retiré, mais il ne tarda pas à rendre le dernier soupir.



Voici les noms des victimes :

Gabriel Delas, veuf, deux enfants, originaire de Cambo ; Benito Iturstaga, vingt-six ans, célibataire ; Constantin Pardo, trente-cinq ans, célibataire ; Baptiste Ithurrin, quarante-cinq ans, célibataire, chef mineur."



  • La Cote de la Bourse et de la Banque et le Messager de la Bourse Réunis, le 18 février

1916 :



"Acieries de France : ... Elle possède, en outre, une participation dans la mine d’Ossès-Banca, située dans les Pyrénées : celle dernière a dû réduire son extraction de minerai de fer à cause de l’appauvrissement des gisements ; c’est un minerai très pur, destiné à la fabrication de fontes spéciales."




  • La France de Bordeaux et du Sud-Ouest, le 4 avril 1923 :

"Utilisons toutes nos richesses.


Le fer des Pyrénées Occidentales.



Si la France n’était le pays du paradoxe, il y a belle lunette qu’on y aurait mis en œuvre certaines de nos richesses naturelles. Mais nous gaspillons à plaisir nos ressources... en ne les employant pas. Il me souvient d’avoir, il y a quelques années, au cours d’un voyage à Bayonne, entendu une personnalité de la région affirmer avec enthousiasme que l'industrie du fer allait prendre un essor inattendu sur le bas Adour. N’avait-on pas découvert de riches dépôts dans la vallée de la Nive !



Hélas ! il y a loin de la coupe aux lèvres, de l’espoir à la réalité ! Les statistiques du contrôle des mines nous enseignent que les Basses-Pyrénées n’ont produit aucune tonne de minerai de fer depuis l'armistice, et les hauts-fourneaux du Boucau, continuent de s’alimenter avec des produits espagnols !



Sans doute le précédent des mines d’Ossès n’est pas pour encourager les exploitants audacieux. L'exagération progressive de la silice a contraint 1a Société métallurgique qui travaillait tons les filons de Baïgorry à abandonner la partie. Mais aussi n’y avait-il pas de sa part quelque imprévoyance à prétendre approvisionner des fourneaux de l’Aveyron avec du minerai basque ? De trop lourds frais de transport grevaient les expéditions et, aujourd'hui, la dépense serait, à ce point de vue, prohibitive.



Et, cependant, les Pyrénées occidentales recèlent une formation de toute évidence considérable. Nos lointains ancêtres l’ont mise à profit pendant des siècles, comme les populations de l’Ariège et des Pyrénées-Orientales ont utilisé les minerais inclus dans leur sous-sol. Les recherches qui, d’ailleurs, ont manqué de méthode, ont révélé l'épaisseur des couches. On ne peut pas dire que le fer constitue de simples poches superficielles, comme dans l’Hérault ou l’Aude, puisqu'à Ossès on a recueilli le carbonate de fer, qui témoigne de dépôts profonds, non remaniés par les convulsions géologiques. Tout concourt à prouver qu'il y a, dans le pays basque, un gisement étendu, comme celui des Pyrénées-Orientales, un véritable bassin, dont les limites et le caractère n’ont pas été fixés, faute d’études.



économie mines aveyron
LES MINES DU POUGET PRES CRUEJOULS
12 AVEYRON D'ANTAN


Ce bassin ne parait pus plus s’arrêter à la vallée de la Nive, que celui du Rancré et de Miglos, dans l’Ariège, à la vallée du Viodessos. En effet, le fer a été rencontré, d'autre côté, dans la vallée du Saison à Etchebar, et sur divers points de l'arrondissement de Mauléon (Burkéguy, Bégossé), à Urrugne (la Bayonnette), au voisinage de l’océan, et, à l’autre extrémité du département, dans les montagnes qui séparent Laruns d'Argelès.



Il y a donc comme une vaste traînée minéralisée de la mer à Argelès, et vraisemblablement au delà, rappelant tout à fait le gîte ferrifère qui se prolonge de la Méditerranée jusqu'au cœur du Saint-Gironnais, en passant par Puymorens et Tarascon d’Ariège.




Que valent toutefois, les richesses enfouies ? Evidemment, le dépôt est accidenté, comme tous ceux des montagnes, mais cette considération n’a pas empêché le développement de l’extraction dans les Pyrénées-Orientales. Le minerai, par ailleurs, est de qualité. Les hématites de Baburet sont, à coup sûr, apparentées aux bons produits de l’Ariège et de la Cerdagne, et la présence du carbonate de fer atteste que le gisement se poursuit en profondeur. Le teneur en métal est supérieure. A Ossès on enregistrait autour de 55 % de fer. Il n’est pas mauvais de se rappeler que nos fameux minerais de l’Est ne contiennent que 38 à 40 % de métal, et ceux de l’Ouest de 45 à 48 %. A Baburet on a même signalé des minerais à 58 %. Voilà de la matière riche à tous égards. Les grincheux vous diront que la silice, l’ennemie du haut-fourneau, est assez abondante, environ 12 % ; mais dans l'Ouest on en trouve couramment de 14 à 16 %, et 1a sidérurgie allemande ne s’en plaignait pas.



De plus, le phosphore et le soufre, éléments nocifs, qu'il faut éliminer, font presque défaut, comme en Cerdagne. Le minerai est donc désigné pour la fabrication des aciers de choix, dont nous avons de plus en plus l’emploi.



Cependant, direz-vous, quels débouchés l’exploitation pourrait-elle envisager, car on ne saurait effectuer de longs transports par rail ? Sont-ils si malaisés à découvrir ? Ne siérait-il pas de substituer nos propres minerais à ceux de Bilbao, dans les appareils du Boucau ? Les minerais basques ne peuvent-ils atteindre par mer, via Bayonne, les usines de Pauillac et de Saint-Nazaire ? Voulez-vous parier que les métallurgistes de la Ruhr les accepteraient avec plaisir, en raison de leur valeur intrinsèque ?



D'ailleurs, s'entêtera-t-on indéfiniment à rejeter en France le haut-fourneau électrique, qui a fait ses preuves au Canada et en Suède ? La France a besoin de ferro-manganèse, produit du four électrique. La belle occasion de traiter sur place des minerais manganésés naturellement, à proximité des installations de silico-manganèse de Pierrefitte, et des rares dépôts de manganèse que nous puissions exploiter sur notre sol !




economie mines hautes-pyrénées
MINES ARGENTIFERES 65 PIERREFITTE
HAUTES-PYRENEES D'ANTAN



Vraiment, il faut être aveugle pour ne pas voir toutes les promesses d'une telle politique de réalisations. Des capitaux régionaux s'occupent de rénover l'extraction à Baburet ; mais ce n’est pas une mine seulement qu’il faudrait utiliser, c’est l’ensemble d'une formation d’un intérêt certain, et il faudrait, une fois pour toutes, aborder résolument les formules de progrès et d’évolution, qui s'imposent à l'industrie mondiale."



(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)



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dimanche 8 août 2021

LE CHEMIN DE FER ENTRE BAYONNE ET SAINT-JEAN-PIED-DE-PORT AU PAYS BASQUE EN 1881 (deuxième et dernière partie)

LE CHEMIN DE FER ENTRE BAYONNE ET LA BASSE-NAVARRE EN 1881.


Vers la fin du 19ème siècle, de nombreux travaux structurants, en particulier ferroviaires, sont effectués en Pays Basque Nord.





pays basque autrefois gare
GARE D'OSSES BASSE-NAVARRE
PAYS BASQUE D'ANTAN



Voici ce que rapporta à ce sujet le Journal officiel de la République française, le 1er janvier 1881 :


"Annexe n° 3731.



(Séance du 11 juin 1881.) 



Projet de Loi ayant pour objet la déclaration d'utilité publique d’un chemin de fer de Bayonne à Saint-Jean-Pied de-Port et à Saint-Etienne de Baïgorry présenté au nom de M. Jules Grévy, Président de la République française, par M. Sadi Carnot, ministre des travaux publics, et par M. J. Magnin, ministre des finances.— (Renvoyé à la commission de classement des chemins de fer.)



Exposé des motifs.



Messieurs, nous venons vous demander de prononcer l’utilité publique du chemin de fer de Bayonne à Saint-Jean-Pied-de-Port et à Saint-Etienne de Baïgorry, qui a été classé dans le réseau d’intérêt général par la loi du 17 juillet 1879, et au sujet duquel toutes les formalités voulues par les lois et règlements ont été remplies.



Le tracé de la ligne principale se détache du chemin de fer de Bayonne à Irun, à environ 5 kilomètres de la gare de Bayonne, franchit la Nive, afin de s’établir sur la rive droite de cette rivière. Il passe près de Villefranque, dessert Ustarits, Cambo, Itsatsou et Bidarray. A partir de cette localité, il franchit trois fois la Nive et arrive à Ossès, d’où se détache l’embranchement sur Saint-Etienne-de-Baïgorry. Le tracé continue à remonter la vallée de la Nive tantôt sur une rive et tantôt sur l’autre, et vient aboutir à Saint-Jean-Pied-de-Port.



pays basque autrefois gare
GARE DE ST JEAN-PIED-DE-PORT BASSE-NAVARRE
PAYS BASQUE D'ANTAN


Quant à l’embranchement sur Saint-Etienne, il suit sur tout son parcours la vallée de la Nive de Baïgorry.



La longueur à construire sera, entre Bayonne et Saint-Jean-Pied-de-Port, de 48 kilomètres, et d’Ossès à Saint-Etienne-de-Baïgorry, de 8 kilomètres ; soit, en totalité, 56 kilomètres.



pays basque autrefois gare
GARE DE BAÏGORRY BASSE-NAVARRE
PAYS BASQUE D'ANTAN



Sur la ligne principale, les terrains seront achetés pour deux voies entre Bayonne et Ossès, et pour une voie seulement à partir de ce point.



Sur l’embranchement, les terrains seront acquis pour deux voies, afin de réserver la possibilité de prolonger la ligne jusqu’à la frontière espagnole, si la nécessité en était reconnue ultérieurement.



Mais, sur la ligne principale comme sur l’embranchement, les travaux ne seront, quant à présent, exécutés que pour une voie.



La dépense totale est évaluée à 17 millions, dont 12 200 000 francs pour l’infrastructure, 3 650 000 francs pour la superstructure et 1 150 000 francs pour le matériel roulant.



Les résultats de l’enquête qui a eu lieu dans le département des Basses-Pyrénées ont été favorables à l’établissement de la ligne et au tracé proposé. La seule réclamation ayant trait à la direction générale du tracé est relative à la fixation du point de départ de la ligne. Les pétitionnaires ont demandé que le raccordement avec le réseau du midi ait lieu sur le chemin de fer de Bayonne à Tarbes, au point de raccordement avec la ligne de Bayonne à Irun. Cette combinaison offrirait des facilités pour l’exploitation, et elle diminuerait de 1 300 mètres environ le parcours entre Bayonne et Ossès ; mais elle augmenterait de 1 700 mètres la longueur à construire.



La commission d’enquête et la chambre de commerce de Bayonne l’ont repoussée comme devant empêcher l’établissement ultérieur d’un raccordement de la nouvelle ligne avec la gare maritime de Bayonne. Elles se sont d’ailleurs prononcées, ainsi que la chambre consultative des arts et manufactures de Pau, en faveur de l’utilité publique du chemin. M. le ministre de la guerre a adhéré à son établissement, et le conseil général des ponts et chaussées s'est prononcé dans le même sens.



Enfin, le conseil général des Basses-Pyrénées s’est engagé à concourir à l'établissement de la ligne en prenant à sa charge la moitié de la dépense d’acquisition des terrains nécessaires à cet établissement.



Nous vous proposons, en conséquence, de prononcer la déclaration d’utilité publique du chemin de fer de Bayonne à Saint-Jean-Pied-de Port, par ou près Villefranque, Ustarits, Cambo, Itsatsou, Bidarray et Ossès, avec embranchement d’Ossès à Saint-Etienne de Baïgorry.




pays basque autrefois gare
GARE DE CAMBO LABOURD
PAYS BASQUE D'ANTAN



Nous vous demandons également l’autorisation d’entreprendre les travaux d'infrastructure et de superstructure de ladite ligne et dudit embranchement, l’achat du matériel roulant excepté.



Par l’article 3 du projet de loi que nous avons l’honneur de vous soumettre, il est pris acte de l’offre de subvention faite par le conseil général des Basses-Pyrénées dans sa séance du 18 mai 1881.



Les dépenses à la charge de l’Etat seront d’ailleurs imputées sur les fonds mis chaque année à notre disposition pour l’exécution des chemins de fer construits par l’Etat, et notamment pour l’exercice 1881, sur le chapitre 11 (3e section) du budget du ministère des travaux publics, ainsi qu’il a été prévu à ce budget pour les lignes du réseau complémentaire.



Tel est l’objet du projet de loi ; nous espérons que vous voudrez bien l’adopter.



Projet de Loi, 



Art. 1er. — Est déclaré d’utilité publique, à titre d'intérêt général, l’établissement du chemin de fer de Bayonne à Saint-Jean-Pied-de-Port, par ou près Villefranque, Ustarits, Cambo, Itsatsou, Bidarray et Ossès, avec embranchement d’Ossès à Saint-Etienne-de-Baïgorry.


Art. 2. — Le ministre des travaux publics est autorisé à entreprendre les travaux d’infrastructure et de superstructure de ladite ligne et dudit embranchement, l'achat du matériel roulant excepté.



Art. 3. —- Il est pris acte de l’offre faite par le conseil général des Basses-Pyrénées, dans sa délibération du 16 mai 1881, de payer à l’Etat une subvention égale à la moitié de la dépense d’acquisition des terrains nécessaires à l’établissement de la ligne et de l’embranchement désignés à l’article 1er.


Art. 4. — Il sera pourvu à la dépense des travaux autorisés par la présente loi au moyen des ressources extraordinaires inscrites au budget de chaque exercice, pour les études et travaux des chemins de fer construits par l’Etat et non concédés, et notamment pour l’exercice 1881, sur le chapitre XI du budget du ministère des travaux publics, 3e section.

Viendra en déduction desdites dépenses te montant des subventions, soit en terrains, soit en argent, qui ont été ou seraient offertes par le département, les communes et les propriétaires intéressés. 


Art 5. — Il sera statué par une loi spéciale sur les clauses qui seraient ultérieurement stipulées pour la concession ou l’exploitation, s’il y a lieu, de la ligne et de l’embranchement ci-dessus désignés.


Art. 6. — Un compte spécial de la dépense des travaux faisant l’objet de la présente foi et des ressources qui y auront été attribuées sera annexé à la loi portant règlement de chaque exercice."




(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)




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jeudi 8 juillet 2021

LE CHEMIN DE FER ENTRE BAYONNE ET SAINT-JEAN-PIED-DE-PORT AU PAYS BASQUE EN 1881 (première partie)

LE CHEMIN DE FER ENTRE BAYONNE ET LA BASSE-NAVARRE EN 1881.


Vers la fin du 19ème siècle, de nombreux équipements structurants, en particulier ferroviaires, sont effectués en Pays Basque Nord.




GARE D'OSSES BASSE-NAVARRE
PAYS BASQUE D'ANTAN



Voici ce que rapporta à ce propos le Journal officiel de la République française, le 1er janvier 1881 :



"Annexe n° 3731.



(Séance du 11 juin 1881.) 



Projet de Loi ayant pour objet la déclaration d'utilité publique d’un chemin de fer de Bayonne à Saint-Jean-Pied de-Port et à Saint-Etienne de Baïgorry présenté au nom de M. Jules Grévy, Président de la République française, par M. Sadi Carnot, ministre des travaux publics, et par M. J. Magnin, ministre des finances.— (Renvoyé à la commission de classement des chemins de fer.)



Exposé des motifs.



Messieurs, nous venons vous demander de prononcer l’utilité publique du chemin de fer de Bayonne à Saint-Jean-Pied-de-Port et à Saint-Etienne de Baïgorry, qui a été classé dans le réseau d’intérêt général par la loi du 17 juillet 1879, et au sujet duquel toutes les formalités voulues par les lois et règlements ont été remplies.



Le tracé de la ligne principale se détache du chemin de fer de Bayonne à Irun, à environ 5 kilomètres de la gare de Bayonne, franchit la Nive, afin de s’établir sur la rive droite de cette rivière. Il passe près de Villefranque, dessert Ustarits, Cambo, Itsatsou et Bidarray. A partir de cette localité, il franchit trois fois la Nive et arrive à Ossès, d’où se détache l’embranchement sur Saint-Etienne-de-Baïgorry. Le tracé continue à remonter la vallée de la Nive tantôt sur une rive et tantôt sur l’autre, et vient aboutir à Saint-Jean-Pied-de-Port.



Quant à l’embranchement sur Saint-Etienne, il suit sur tout son parcours la vallée de la Nive de Baïgorry.



La longueur à construire sera, entre Bayonne et Saint-Jean-Pied-de-Port, de 48 kilomètres, et d’Ossès à Saint-Etienne-de-Baïgorry, de 8 kilomètres ; soit, en totalité, 56 kilomètres.



Sur la ligne principale, les terrains seront achetés pour deux voies entre Bayonne et Ossès, et pour une voie seulement à partir de ce point.



Sur l’embranchement, les terrains seront acquis pour deux voies, afin de réserver la possibilité de prolonger la ligne jusqu’à la frontière espagnole, si la nécessité en était reconnue ultérieurement.



Mais, sur la ligne principale comme sur l’embranchement, les travaux ne seront, quant à présent, exécutés que pour une voie.



La dépense totale est évaluée à 17 millions, dont 12 200 000 francs pour l’infrastructure, 3 650 000 francs pour la superstructure et 1 150 000 francs pour le matériel roulant.



Les résultats de l’enquête qui a eu lieu dans le département des Basses-Pyrénées ont été favorables à l’établissement de la ligne et au tracé proposé. La seule réclamation ayant trait à la direction générale du tracé est relative à la fixation du point de départ de la ligne. Les pétitionnaires ont demandé que le raccordement avec le réseau du midi ait lieu sur le chemin de fer de Bayonne à Tarbes, au point de raccordement avec la ligne de Bayonne à Irun. Cette combinaison offrirait des facilités pour l’exploitation, et elle diminuerait de 1 300 mètres environ le parcours entre Bayonne et Ossès ; mais elle augmenterait de 1 700 mètres la longueur à construire.



La commission d’enquête et la chambre de commerce de Bayonne l’ont repoussée comme devant empêcher l’établissement ultérieur d’un raccordement de la nouvelle ligne avec la gare maritime de Bayonne. Elles se sont d’ailleurs prononcées, ainsi que la chambre consultative des arts et manufactures de Pau, en faveur de l’utilité publique du chemin. M. le ministre de la guerre a adhéré à son établissement, et le conseil général des ponts et chaussées s'est prononcé dans le même sens.



Enfin, le conseil général des Basses-Pyrénées s’est engagé à concourir à l'établissement de la ligne en prenant à sa charge la moitié de la dépense d’acquisition des terrains nécessaires à cet établissement.



Nous vous proposons, en conséquence, de prononcer la déclaration d’utilité publique du chemin de fer de Bayonne à Saint-Jean-Pied-de Port, par ou près Villefranque, Ustarits, Cambo, Itsatsou, Bidarray et Ossès, avec embranchement d’Ossès à Saint-Etienne de Baïgorry.



Nous vous demandons également l’autorisation d’entreprendre les travaux d'infrastructure et de superstructure de ladite ligne et dudit embranchement, l’achat du matériel roulant excepté.



Par l’article 3 du projet de loi que nous avons l’honneur de vous soumettre, il est pris acte de l’offre de subvention faite par le conseil général des Basses-Pyrénées dans sa séance du 18 mai 1881.



Les dépenses à la charge de l’Etat seront d’ailleurs imputées sur les fonds mis chaque année à notre disposition pour l’exécution des chemins de fer construits par l’Etat, et notamment pour l’exercice 1881, sur le chapitre 11 (3e section) du budget du ministère des travaux publics, ainsi qu’il a été prévu à ce budget pour les lignes du réseau complémentaire.



Tel est l’objet du projet de loi ; nous espérons que vous voudrez bien l’adopter.



Projet de Loi, 


Art. 1er. — Est déclaré d’utilité publique, à titre d'intérêt général, l’établissement du chemin de fer de Bayonne à Saint-Jean-Pied-de-Port, par ou près Villefranque, Ustarits, Cambo, Itsatsou, Bidarray et Ossès, avec embranchement d’Ossès à Saint-Etienne-de-Baïgorry.


Art. 2. — Le ministre des travaux publics est autorisé à entreprendre les travaux d’infrastructure et de superstructure de ladite ligne et dudit embranchement, l'achat du matériel roulant excepté.


Art. 3. —- Il est pris acte de l’offre faite par le conseil général des Basses-Pyrénées, dans sa délibération du 16 mai 1881, de payer à l’Etat une subvention égale à la moitié de la dépense d’acquisition des terrains nécessaires à l’établissement de la ligne et de l’embranchement désignés à l’article 1er.


Art. 4. — Il sera pourvu à la dépense des travaux autorisés par la présente loi au moyen des ressources extraordinaires inscrites au budget de chaque exercice, pour les études et travaux des chemins de fer construits par l’Etat et non concédés, et notamment pour l’exercice 1881, sur le chapitre XI du budget du ministère des travaux publics, 3e section.

Viendra en déduction desdites dépenses le montant des subventions, soit en terrains, soit en argent, qui ont été ou seraient offertes par le département, les communes et les propriétaires intéressés. 


Art 5. — Il sera statué par une loi spéciale sur les clauses qui seraient ultérieurement stipulées pour la concession ou l’exploitation, s’il y a lieu, de la ligne et de l’embranchement ci-dessus désignés.


Art. 6. — Un compte spécial de la dépense des travaux faisant l’objet de la présente loi et des ressources qui y auront été attribuées sera annexé à la loi portant règlement de chaque exercice."




(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)



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