FAITS DIVERS À BAYONNE EN 1918.
Dans ma rubrique "faits divers à Bayonne", après les années 1900, 1901, 1902, 1903, 1904, 1905, 1906, 1907, 1908,
1909, 1910, 1911, 1912, 1913, 1914, 1915, 1916, et 1917, voici l'année 1918.
Que se passe-t-il en 1918 ?
Voici mois par mois ce que rapporte la presse locale :
- Janvier :
- "Une jeune femme espagnole se rend à pied, avec son mari et ses deux enfants, de St-
Esprit à l'hôpital pour accoucher. L'enfant naît sur un banc de la place d'Armes. Un
chiffonnier emmène maman et bébé à l'hôpital sur sa carriole."
- Février :
- "En pleine nuit, l'évêché est cambriolé par des "apaches". Mgr Gieure se précipite sur
les hommes armés et les met en fuite. Six jeunes de 18 à 21 ans sont arrêtés."
CLOÎTRE ET CATHEDRALE BAYONNE 1918 PAYS BASQUE D'ANTAN |
Voici ce que rapporta la Gazette de Biarritz-Bayonne et Saint-Jean-de-Luz, dans son édition du
31 janvier 1918 :
"Un drame à l’Evêché.
Tentative de cambriolage. — Tentative de meurtre. — La lutte entre l’évêque et le malandrin. — Un beau coup de filet de la police bayonnaise.
Au milieu de la nuit dernière, Mgr Gieure, évêque de Bayonne, reposait dans sa chambre, quand il fut réveillé par des bruits suspects.
Assez longtemps, il écouta ces bruits suspects qui persistaient et semblaient venir partie de la rue, partie de l’appartement lui-même.
Très courageusement le prélat se leva, s’habilla sommairement et, tout seul et sans armes, traversa l’appartement se dirigeant vers son cabinet de travail. Quand il en ouvrit la porte il se trouva en présence de deux individus ; l’un était debout devant le bureau, dont un tiroir contenait des valeurs et des monnaies anciennes pour une valeur très importante ; l’autre individu était accroupi contre le même bureau. Ce dernier malandrin fut le premier à voir arriver l'évêque ; en quelques secondes il fut sur ses jambes et sauta par la fenêtre dans la rue. L’autre, se voyait surpris, se dressa menaçant sur l’évêque et bondit sur lui. Celui ci, afin d’attirer autant que possible l’attention du voisinage et des passants sur les malfaiteurs, cria le plus fort qu’il put : "Canailles ! Voleurs !". Le cambrioleur alors, prenant le revolver au poing, essaya d’intimider le prélat :
— Si tu cries, je te brûle,
— Tirez ! fut la seule réponse de l’évêque qui continua ses appels.
Le coup partit. La balle, heureusement, n’atteignit pas le but et alla faire ricochet contre le panneau inférieur d’une porte de la bibliothèque.
Une lutte corps à corps s’engagea alors entre l’évêque et son agresseur. Malgré toute sa bravoure, le prélat, à cause de son grand âge, allait succomber contre la force d’un individu de 18 à 19 ans, bien râblé et bien musclé, quand, au cours de cette lutte, il entendit tomber le revolver dont on le menaçait encore ; dans un sursaut d’énergie, il se ressaisit et l’agresseur, pris de peur cette fois, sauta par la fenêtre et disparut.
L’alarme avait été donnée. Un peu après deux heures du matin, M. Cochet, notre distingué commissaire central était déjà sur les lieux avec ses meilleurs limiers pour commencer l’enquête. Celle-ci fut conduite avec une telle habileté, qu’avant le jour, cinq arrestations étaient opérées. Il y aurait encore trois complices, car outre les deux malandrins trouvés dans le cabinet du prélat, un groupe d’individus faisait le guet. Le principal coupable, l’auteur de la tentative de meurtre est un nommé Intçaby ; les autres détenus sont les deux frères Estebeteguy, Vinson Anselme et Errecart.
L’enquête a établi des traces de fracture et des pesées aux tiroirs du bureau épiscopal. Il s’agit donc bien d’une tentative de cambriolage concertée, mais qui a failli se terminer par un drame."
- Mars :
- "Les équipes de pêcheurs Alcide Novion, Paul Marchand, Honoré Poisson attrapent dans
l'Adour 40 saumons, dont un de 20 kg."
PONT ST ESPRIT BAYONNE 1918 PAYS BASQUE D'ANTAN |
- Avril :
- "Procès-verbal à Adrien C..., dit "Saucisse", pour vol d'un paquet de tabac à un fumeur
assis sur un banc, place St-Esprit. Un agent d'interpose, le voleur est appréhendé après
outrages et menaces."
- Mai :
- "Deux morts le même jour sur la ligne du B.L.B. Le premier Villa Pia où un homme et sa
charrette sont heurtés et traînés par le tram ; le second allées Paulmy, une dame âgée ne
sortant pas assez rapidement des rails alors que le tram prend de la vitesse en descendant la
côte."
- Juin :
- "Auguste Dubarbier taille des pierres, cimetière St-Léon. Il sort faire une course, veut
rentrer en sautant le mur. Il tombe et meurt, le crâne fracassé."
Voici ce que rapporta la Gazette de Biarritz-Bayonne et Saint-Jean-de-Luz, dans son édition
du 30 juin 1918 :
"Convoi Funèbre.
Ouverture de la frontière.
— Ce matin dimanche, la frontière d’Espagne a été ouverte, pour très peu de temps d’ailleurs, car elle sera refermée ce soir à minuit.
Madame Veuve Dubarbier ; Mademoiselle Jane Dubarbier ; Madame Veuve Dubarbier, de Saint-Palais, et ses enfants ; Les familles Petrissans et Milhet ; prient leurs amis et connaissances de bien vouloir leur faire l’honneur d’assister aux obsèques de Monsieur Auguste Dubarbier qui auront lieu le lundi 1er juillet 1918 à 7 heures 30, à l’église Saint-Martin. On se réunira à la maison mortuaire, rue du Manège, Maison "Souvenir", à 7 h. 15."
REDUIT CATHEDRALE PLACE LIBERTE BAYONNE 1918 PAYS BASQUE D'ANTAN |
- Juillet :
demande qu'une rue soit dédiée à son professeur, Delphin Allard, décédé en 1908."
- Août :
- "Boxe et variétés au théâtre, plusieurs combats dont celui opposant deux poids moyens
(98 kg !) Sharkey qui a tenu dix rounds devant Carpentier, à Cowley, "l'homme de fer".
Combat très violent déclaré match nul."
- Septembre :
- "Louise Paule débouche du chemin Lasseguette, heurte le tram du lycée. Sa charrette
verse, la passagère est indemne mais son cheval est éventré. Un officier américain l'abat de
deux coups de revolver."
- Octobre :
- "Une jeune réfugiée du Nord, Lucie Charles, est brûlée vive. Se chauffant devant l'âtre,
le feu a pris à sa robe de chambre. Elle était orpheline de père, tué au champ d'honneur."
- Novembre :
- "Le Courrier retarde sa parution à 18 heures, libéré des contraintes du bulletin des
Armées de 15 heures.
- L'épidémie de grippe espagnole fait de nombreuses victimes.
Voici ce que rapporta La Gazette de Biarritz-Bayonne et Saint-Jean-de-Luz, dans son édition
du 4 novembre 1918 :
"Traitement préventif de la grippe.
— L’épidémie de grippe qui sévit dans le monde entier avec une intensité considérable a incité les recherches de plusieurs médecins et bien de méthodes prophylactiques ont été proposées afin de prévenir la diffusion du mal.
A Bordeaux, le service d'hygiène a publié une méthode thérapeutique destinée à éviter la propagation de l’épidémie.
Voici qu’un médecin de Bilbao, ancien élève de notre Faculté, le docteur Belaustegigoitia, préconise une méthode qui lui a donné, dit-il, les meilleurs résultats, à tel point que tous ceux qui en ont fait usage ont été épargnés par la maladie.
Cette méthode fort simple, déjà préconisée à Bordeaux par quelques médecins, consiste à prendre, matin et soir, au moment des repas, dans un peu de lait ou de vin, cinq gouttes de teinture d’iode pure, soit dix par jour.
Le praticien espagnol dit que certaines préparations spéciales à base d’iode sont aussi efficaces.
On peut ajouter à cette médication, d’un emploi facile, l’application dans les fosses nasales, matin et soir, d’une pommade contenant 1 gramme d’acide borique pour 20 grammes de vaseline stérile aromatisée au goût de chacun avec 5 centigrammes de goménol de camphre ou de menthol. Il faut en effet tenir compte de la sensibilité particulière de chaque sujet, dont les muqueuses tolèrent les unes le goméno ou le camphre, alors que le menthol les irrite, et inversement.
Pour la facilité de son emploi, il est préférable de mettre cette pommade dans un tube métallique.
Les personnes que la teinture d’iode absorbée par l’estomac pourrait fatiguer pourront se borner à se gargariser matin et soir avec cinq ou six gouttes de teinture d’iode mises dans un peu d’eau bouillie tiède.
Antiseptique de premier ordre, ce médicament est admirablement bien toléré par les muqueuses de l’arrière-gorge et de la bouche. ("Petite Gironde")."
PONT MARENGO BAYONNE 1918 PAYS BASQUE D'ANTAN |
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire