UNE ÉTUDE GÉOLOGIQUE AU PAYS BASQUE EN 1840.
En 1840, un ingénieur civil fait une étude géologique, en Pays Basque Nord.
Voici ce que rapporta Jules Gindre, Ingénieur civil des Mines, en 1840, dans son Mémoire
géologique sur les environs de Bayonne et sur la non-possibilité d'y trouver de la houille :
"Tout en me proposant dans ce mémoire un examen général des terrains des environs de Bayonne, j'ai surtout en vue de résoudre les questions de géologie appliquée qui sont d'un intérêt tout local. La croyance généralement admise que les chaînes de montagnes sont riches en mines, a donné lieu à bien des tentatives infructueuses ; mais c'est la recherche de la houille qui préoccupe le plus, et quelques bons esprits, frappés de l'aptitude industrielle de la ville de Bayonne, de sa position au confluent de deux rivières, et surtout de la rareté du bois, qui tous les jours se fait sentir davantage, ont souvent désiré que ce combustible minéral pût se trouver sur les bords de l'Adour ou dans les nombreuses collines qui forment le pied de la grande chaîne des Pyrénées.
![]() |
| BAYONNE 1850 ILLUST BLANCHE FEILLET-HENNEBUTTE |
La recherche de la houille est l'idée dominante de toutes les personnes qui ont de vrais projets industriels ; mais la non-possibilité d'une pareille découverte ne me paraît que trop bien prouvée. La nature des terrains qui composent le sol des environs de Bayonne, leurs superpositions bien nettes et apparentes sur un grand nombre de points, ne doivent pas laisser le moindre doute à cet égard. Les vrais terrains carbonifères manquent partout, et tous les travaux entrepris jusqu'à ce jour ont été provoqués par de fausses apparences.
Terrains supra-crétacés.
Les terrains tertiaires ou supra-crétacés, qui forment le sol sur lequel Bayonne est bâtie, qui à l'ouest ne s'étendent guère au delà de Biarritz, et qui enfin sur la rive droite de l'Adour couvrent la presque totalité des Landes jusqu'à Bordeaux, sont représentés par les formations du grès marin supérieur et du calcaire grossier. Des bancs de grès fin coquillier et de nombreuses couches de marnes argileuses, d'argile sableuse, en alternant ensemble, constituent quelquefois sur un grand nombre de points une épaisseur considérable, et c'est dans le haut de ce terrain marin supérieur que se trouvent, par petites couches, nids ou amas qui n'affectent aucune régularité, les minerais de fer hydroxydé des Landes, exploités à ciel ouvert pour les usines du pays.
... Ce calcaire grossier est le prolongement, probablement non interrompu, de celui des bords de la Dordogne et de la Gironde, et on peut en constater fréquemment la présence dans l'étendue des Landes. Ici, dans les environs de Bayonne proprement dits, les terrains tertiaires paraissent n'être représentés que par le groupe marin supérieur, et par le calcaire grossier qui repose toujours directement sur la craie. Les terrains d'eau douce, soit supérieur, soit inférieur au calcaire grossier, manquent complètement, à moins qu'on ne se décide à voir la formation de l'argile plastique dans une couche à peu près insignifiante d'argile noirâtre, qui quelquefois se trouve à la jonction du terrain tertiaire et de la craie. Les deux formations marines supra-crétacées paraissent s'être suivies sans interruption, car les deux terrains passent réellement de l'un à l'autre ; le point de séparation serait chose fort difficile, sinon impossible à indiquer, et l'on ne peut y apercevoir des traces de formations lacustres.
C'est dans les environs de Dax que se trouve le plus grand nombre de coquilles fossiles caractéristiques de ces formations marines, telles que Cérites, Turritelles, Nérites, Olives, Cancellaires, Pleurotomes, Huîtres, Arches, Vénéricardes, etc. Plus près de Bayonne, ces fossiles, qui à Dax sont dans un état de conservation parfaite, ne sont plus guère représentés que par des moules de la coquille. Les grès calcarifères de Biarritz, les analogues du grès et des sables des Landes, renferment surtout une prodigieuse quantité de petits Nummulites, la Nummulites lœvigata, indiquée par M. Alex. Brongniart comme caractéristique de cet étage.
![]() |
| PORTRAIT D'ALEXANDRE BRONGNIART PAR CHARLES-EMILE WATTIER |
... D'autres gisements plus rapprochés de Bayonne, sur la rive droite de l'Adour, sont d'une importance nulle, soit pour la qualité du combustible soit pour la puissance des couches ; on ne peut les regarder que comme des amas aplatis, sans "continuité dans le sens de la direction et de l'inclinaison. Dans la commune de Saint-Barthélémy, à la hauteur de l'ile de Bérens, il existe un affleurement de lignite terreux brun de tabac, feuilleté et formé de la réunion de végétaux aplatis, parmi lesquels on distingue clairement des tiges et des feuilles de plantes dicotylédones. La couche a près de deux mètres de puissance, mais le combustible en est tellement impur, qu'après l'incinération qui ne s'opère qu'avec beaucoup de difficulté, et presque sans produire de chaleur, il reste des résidus rougeâtres d'un volume à peu près égal à celui du charbon employé. Tout en étant impropre à la cuisson de la chaux, je le crois apte à fournir par sa combustion spontanée à l'air, d'excellentes cendres végétatives dont l'agriculture pourrait tirer un parti avantageux. Alors même que ces couches de lignite ou d'argile bitumineuse seraient exploitables sous le rapport de la qualité du combustible, l'extraction serait excessivement difficile et coûteuse, sinon impossible, parce que le toit et le mur qui sont des couches d'argile et de sable d'une faible consistance et imprégnées d'eau, rendraient le boisage des galeries de mine presque impraticable.
![]() |
| ÎLE DE BERENX 40 ST BARTHELEMY LANDES D'ANTAN |




Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire