HISTORIQUE DES MINES DE BAÏGORRY EN 1880.
La vallée de Baïgorry possède des mines de fer sphatique, et une mine de cuivre dont l'exploitation remonte à une haute antiquité.
Voici ce que rapporta M. Reboul, ingénieur aux mines de Baïgorry, en 1880 :
§ 2. — Description du 1er groupe des filons de cuivre, situés à proximité de l'usine de Banca et des travaux faits sur ces filons par les anciens (suite).
... Filons de Sainte-Elisabeth.
Au nombre de deux, les filons de Sainte-Elisabeth sont situés à environ 280 mètres de ceux de Philipsbourg. Ils sont dirigés sur 10 heures 6/8 et 8 heures 4/8 et inclinent d'environ 50 degrés à l'ouest. Leur puissance varie de 1 mètre à 1 m 30 ; le minerai, contenu dans une gangue quartzeuse, est un mélange de cuivre pyriteux et gris.
Travaux faits. — Les travaux faits sur les filons de Sainte-Elisabeth ont consisté en un dépouillement presque complet des filons sur une profondeur de 30 mètres au-dessous de la Nive et sur 80 à 90 mètres dans le sens de la direction. Du côté du sud, les travaux s'arrêtèrent contre une faille composée de schistes pourris, dont l'inclinaison est aussi au sud. Du côté du nord, ces travaux ont dû être interrompus par le filon Sainte-Marie.
L'épuisement se faisait à l'aide de pompes mises en mouvement par une roue hydraulique.
Filons de Saint-Louis.
Dirigés sur 10 heures 4/8 et 10 heures 6/8, les deux filons de Saint-Louis inclinent vers l'est ; leur puissance varie de 75 centimètres à 1 m 30 ; ils sont très-rapprochés et se réunissent en un seul, presque au niveau de la rivière, et jusqu'à 10 mètres au-dessous ; plus bas, ils se divisent de nouveau.
Travaux faits. — Les travaux entrepris sur ces filons de Saint-Louis sont resserrés entre la rivière et le filon de Sainte-Marie ; ils se composent d'une galerie à travers-bancs et de 4 étages de galeries reliées entre elles par des cheminées, suivant la pente de filons.
Dans la galerie à travers-bancs, qui servait de galerie de sortage, étaient posés les tirants de la machine d'épuisement.
Ces travaux furent poussés jusqu'à 36 mètres au-dessous de la rivière ; ils fournirent beaucoup de minerai.
Du côté du nord, les filons furent coupés par le croiseur Sainte-Marie, tandis que du côté sud l'on cessa de les poursuivre à cause des infiltrations d'eau.
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Filon d'Aoust.
Dirigé sur 4 heures 6/8 et incliné au sud, il fut découvert, sur la rive gauche de la Nive, par un puits, que l'on fonça de quelques toises et que l'on abandonna à cause de la proximité de la rivière. Le minerai extrait était un mélange de cuivre pyriteux et gris.
Filon de Sainte-Marie.
Reconnu sur une longueur de 500 mètres, ce filon est dirigé O.-E. et incliné de 65° au sud. Il a une épaisseur à peu près constante de 65 centimètres. Généralement, il est stérile et il jouit de la propriété de couper tous les filons qu'il rencontre dans son parcours.
Travaux faits. — Les travaux entrepris sur ce filon n'ont pas été poussés à plus de 7 mètres au-dessous de la rivière.
Les trois puits, x-x-x, très-rapprochés et faits sur ce filon, prouvent qu'en certains points, au moins, celui-ci contient du minerai. Le minerai extrait par ces puits x était du cuivre gris antimonial très-riche en argent.
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Filon des Trois-Rois.
Le filon des 3 Rois est sur la rive gauche de la Nive. Sa direction et son inclinaison varient, sa direction principale est N.-O.- S.-E., et l'inclinaison de 70 à 80 degrés N.-E.
Sa puissance varie de 0,60 à 1,30 ; la roche encaissante est un schiste plus ou moins siliceux et la gangue un mélange de quartz, des débris de la roche encaissante et de fer carbonate. Le minerai, qui tantôt constitue des veinules massives, tantôt est disséminé dans la gangue, est un mélange de cuivre pyriteux et gris.
Travaux faits. — La reprise des travaux sur ce filon des 3 Rois date de 1745, époque de la découverte par M. de la Tour des anciennes galeries des Romains, principalement de celle sinueuse n° 3, dite galerie d'écoulement. Comme les Romains avaient presque tout enlevé sur le filon au-dessus du niveau de la rivière (quelques travaux seulement atteignaient 10 mètres au-dessous de la Nive), et aussi pour faciliter le sortage des déblais et minerais, l'on ouvrit une galerie à travers-bancs n° 2, au niveau de la Nive, qui rencontra le filon à 72 mètres du jour. Du point de rencontre l'on poussa 2 galeries, en direction, sur le filon ; celle n° 2 dirigée vers l'intérieur de la montagne, c'est-à-dire au N.-O., fut poussée jusqu'à 250 mètres au-delà du point où le filon des Rois fut coupé par celui de Sainte-Marie. C'est par elle que l'on exploitait le premier plan des travaux.
Dans le principe, l'on avait des pompes à bras, mais à mesure que les travaux avancèrent vers la rivière les eaux augmentèrent. L'on fonça alors des puits, entre autres ceux B et A, et l'on installa dans ce dernier des pompes mises en mouvement par une roue hydraulique.
Le deuxième plan des travaux, sis à 60 mètres au-dessous du niveau de la rivière, fut exploité par la galerie 19, qui suivit le filon sur la direction, qu'il affectait au puits A, et que l'on poussa jusqu'à la rencontre de celui de Sainte-Marie par lequel il fut coupé. A quelques mètres en arrière de ce point de rencontre, l'on ouvrit une galerie sur une veine partante des 3 Rois et que l'on supposait être le filon de Saint-Antoine, et qui à son tour butta contre un dérangement. L'on fit alors diverger la galerie vers le filon de Sainte-Marie, que l'on recoupa et que l'on suivit par la galerie 20 pour aller au-dessous des puits x x x, dont nous avons déjà parlé en décrivant Sainte-Marie. En 1785, il restait encore 70 mètres à percer pour atteindre le but.
La galerie 19 communique, en passant sous la rivière, et à 60 mètres au-dessous de son lit, à celle qui a servi à exploiter les travaux de Sainte-Marthe dont nous parlerons ci-après.
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Le puits A fut approfondi jusqu'à 160 mètres, point le plus bas des travaux. A ce niveau inférieur, ceux-ci furent arrêtés au N.-O. contre le filon Sainte-Marie, et au S.-E. à environ 40 mètres du puits A.
Du niveau de 60 mètres jusqu'à celui de 120, et sur une longueur de 100 mètres, le filon présenta une richesse extraordinaire, c'est-à-dire une épaisseur de 1 mètre de minerai massif, composé en très-grande partie de cuivre gris très argentifère.
Au-dessous de 120 mètres et jusqu'à 160, point le plus bas des travaux, le minerai devint moins massif ; mais le filon était toujours puissant. Enfin, au niveau inférieur, son épaisseur minimum était encore de 65 centimètres et le minerai abondant, mais non massif comme dans la partie comprise entre 60 et 120 mètres.
Il est bon d'observer qu'à ces profondeurs de 120 et 160 mètres, l'extraction des matériaux se faisait, à bras d'hommes, par sept puits, et qu'il fallait du bien beau minerai pour se dédommager des frais que cette main-d'oeuvre occasionnait.
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