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mercredi 18 mars 2026

LA VOIE ROMAINE DE BORDEAUX À ASTORGA DANS LA TRAVERSÉE DE LA BASSE-NAVARRE AU PAYS BASQUE (deuxième partie)

LA TRAVERSÉE DE LA BASSE-NAVARRE PAR LES ROMAINS.


La voie romaine Bordeaux-Astorga est une voie romaine qui reliait Burdigala (Bordeaux) à Asturica Augusta (Astorga en Espagne dans l'actuelle province de Léon).



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VOIE ROMAINE BORDEAUX-ASTORGA


Elle passait par le pays de Born, Dax, Ostabat, Saint-Jean-Pied-de-Port, Roncevaux et Pampelune. Cet axe de communication est l'Iter XXXIV de l'Itinéraire d'Antonin.



Voici ce que rapporta à ce sujet le général H. Richter dans le Bulletin de la Société des sciences, 

lettres & arts de Bayonne, en janvier 1945 :



"La voie romaine de Bordeaux à Astorga dans la traversée de la Basse-Navarre.

Hypothèse nouvelle.



... On a vu dans le lieu dit Galcetaburu, au sommet de la côte d'Utxiat le souvenir d'une chaussée — calccata — ce toponyme latin éveillant l'idée de route serait unique de Sordes à Roncevaux. Mais on peut voir aussi dans Galcetaburu au lieu d'une étymologie romaine le radical basque — Gal — qui a le sens de "perdu" faisant suite au radical basque — Uts — d'Utxiat, qui signifie "vide-nu". Gal et Uts évoquent les "Tout-y-faut" qui caractérisent les contrées désertes, car c'est bien un désert que cette région frontière de Mixe et de Cize qu'évitait l'itinéraire d'Hosta et où s'implanta le prieuré d'Utxiat pour canaliser sur St-Jean et Orisson en lui offrant un refuge dans ce désert, le courant des pèlerins.



Et l'on peut trouver encore dans Galcetaburu un souvenir des Galls-Galli-Gallos de l'inscription d'Hasparren, en un point qui est une frontière, frontière de pays, frontière de diocèses, frontière de races, où est venu mourir le courant gascon de Mixe. Tant est complexe la sédimentation humaine du Pays Basque français et délicate l'interprétation des toponymes qui peuvent conduire à déceler ses couches !



Cependant tout invraisemblable qu'apparaît, lorsqu'on la scrute, l'hypothèse du trajet de la voie jacopine, avec celui de la voie romaine, les identifications proposées pour les points de Carasa-Immus-Summus Pyrénées, offrant-elles quelque élément de crédibilité qui puisse faire revenir sur ce sentiment d'invraisemblance et susciter le doute ?



C. Desjardin suivi par Longnon et par Dubarat a vu Carasa à St-Palais, mais le radical celtique, Car, postule une éminence rocheuse (A' Dauzat) et St-Palais est dans un "fond-montes in circuitu ejus."



L. Colas après Marca-Raymond-Haristoy-Jullian a placé Carasa à Garris dont le radical - Gar — s'apparente à — Car — mais se retrouve plus à l'ouest, tout le long des prémonts de Baïgoura et d'Ursonia dans Garreta-Garro-Garralda... Outre l'attrait de son radical, Garris, qui ne se manifeste particulièrement qu'en hauteur que pour qui vient de la cuvette de St-Palais et se fond sur le plan général d'un plateau pour qui le regarde du Nord, du Nord Est ou du Nord-Ouest, Garris a un passé fascinateur. Siège d'une foire renommée — capitale du Pays de Mixe — il dut son importance à ce qu'il était un carrefour, au croisement de la transversale de Lapurdun à Illuro par Hasparren. Bonloc-Luxe-Domezain et du vieux chemin de Sordes aux ports de Cize et qu'il fut vraisemblablement le débouché mercantile de la région d'élevage de Beyrie Armendaritz.



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VOIE ROMAINE DE BORDEAUX A ASTORGA
PAR LOUIS COLAS


Il est donc probable qu'il fut à l'époque romaine une localité d'une certaine importance, mais rien ne milite en dehors de son radical pour qu'il soit Carasa qui au demeurant ne fut probablement pas plus une localité que Summus Pyreneus, comme nous le verrons tout à l'heure.



Imus Pyreneus a été placé par C. Raymond à St-Jean-Pied-de-Port dont le site convient au sens du vocable, mais dont l'identification devra être contrôlée par sa distance à Summus Pyreneus et à Carasa.



L. Colas a repoussé l'Imus Pyreneus à St-Jean-le-Vieux parce que s'y trouvent les vestiges d'un système de fortifications légères sur lequel on a controversé, mais qui, quelle qu'en soit l'origine, comprend vraisemblablement des travaux romains.



St-Jean-le-Vieux doit peut-être d'autre part son nom de Vieux, non, point à son âge, mais à ce qu'il fut un vicus ou un viculus, hypothèse qu'autorise sa situation face aux montagnes, derrière le glacis de la plaine de Cabalce, au confluent des vallons de Lacarre et de Lecumberry, au débouché d'une voie secondaire venant d'Hasparren par Hélette, Irissarry, Jaxu, Bustince, Iriberry... mais St-Jean-le-Vieux à 4 kilomètres de St-Jean-Pied-de-Port n'est plus au pied des monts et le qualificatif d'Imus ne lui convient pas.



C'est à Roncevaux après Marca et avec Longnon que C. Desjardins a situé le Summus Pyreneus que P. Raymond a placé au col de Bentarté et que L. Colas après Gaston Paris a identifié péremptoirement avec château Pignon.



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RUINES DE CHÂTEAU-PIGNON
BASSE-NAVARRE D'ANTAN






Mais Roncevaux même en entendant par ce vocable non point le monastère actuel mais le col d'Ibagneta ne serait un Summus que pour une voie descendant dans le Val Carlos, or comme tout le monde fait passer la voie par Altobiscar Bentarté et Orisson et que Ibagneta, est à 250 mètres plus bas que Bentarté, Roncevaux ne peut être le Summus Pyreneus.



Château Pignon ne peut pas l'être davantage. Ce qui lui a valu cette identification c'est un amas de pierres de construction avec des vestiges de fortification bastionnée, restes d'un fortin élevé en ce point pendant la guerre de la Castille contre la Navarre et qui succédait peut-être au Capeyron Roge du Seigneur de Caumont. (Roge = rempart en français ancien).



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PLAN SOMMAIRE DES RUINES DE CHÂTEAU-PIGNON
BASSE-NAVARRE D'ANTAN



Mais Château-Pignon n'est pas plus Summus qu'Ibagneta. Gaston Paris se trompe lorsque dans son article sur Roncevaux de la Revue de Paris 1921, reproduit dans ses Légendes du Moyen-âge, il parle de "la série ascendante Roncevaux-Ibagneta-Altobiscar-Château-Pignon". Il n'y a série ascendante que de Roncevaux au groupe faitier Altobiscar-Bentarté-Leicar-Atheca ; la longue croupe d'Orisson s'incline ensuite vers St-Jean-Pied-de-Port, et sur cette longue croupe Château-Pignon, qui n'émerge que jusqu'au plan des cimes voisines, ne peut être appelé Summus, ni pour l'altitude, puisqu'il est à 50 mètres plus bas que Bentarté et à 343 mètres plus bas que Leicar-Atheca, ni parce qu'il serait le dernier sommet avant la descente, puisque Hostatéguy qui le suit est à la même altitude que lui."



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LA VOIE ROMAINE AU PASSAGE DE LEICAR ATHECA
BASSE-NAVARRE D'ANTAN




A suivre...




(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France et Leizaratheka, 1410m, Redoute de Château-Pignon, 1181m, depuis le Rocher de Zerkupe.)




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