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lundi 18 mai 2026

LA VOIE ROMAINE DE BORDEAUX À ASTORGA DANS LA TRAVERSÉE DE LA BASSE-NAVARRE AU PAYS BASQUE (quatrième et dernière partie)


LA TRAVERSÉE DE LA BASSE-NAVARRE PAR LES ROMAINS.


La voie romaine Bordeaux-Astorga est une voie romaine qui reliait Burdigala (Bordeaux) à Asturica Augusta (Astorga en Espagne dans l'actuelle province de Léon).



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VOIE ROMAINE BORDEAUX-ASTORGA


Elle passait par le pays de Born, Dax, Ostabat, Saint-Jean-Pied-de-Port, Roncevaux et Pampelune. Cet axe de communication est l'Iter XXXIV de l'Itinéraire d'Antonin.



Voici ce que rapporta à ce sujet le général H. Richter dans le Bulletin de la Société des sciences, 

lettres & arts de Bayonne, en janvier 1945 :



"... Au demeurant est-il concevable qu'un document officiel, destiné aux relations générales de l’Impérium, ait changé d’étalon de longueur à une simple mutatio ou statio comme le Summus Pyreneus, en pleine montagne, en pleine sauvagie, en un point qui ne présentait même pas l’intérêt géopolitique de l’épine dorsale pyrénéenne, et n'est-il pas plus rationnel de penser que le même étalon a été maintenu entre les deux métropoles de Pampelune et de Dax et que le mille romain ne céda le pas à une mesure indigène qu’au chef lieu de la Cité des Tarbelli ? 



Mais si le mille aquitain ou la lieue gauloise sont à rejeter parce que leur application au trajet de Summus Pyreneus à Aquæ Tarbellicœ conduit à une invraisemblance manifeste, le recours à ces mesures de longueur permet-il au moins de défendre heureusement par la distance des identifications conjecturées pour Imus Pyrenus et Carasa ? 



Les tenants de la lieue gauloise comme C. Desjardins et P. Raymond ne semblent pas s’être mis en peine de justifier leurs hypothèses. C. Desjardins qui a placé Summus Pyreneus à Roncevaux et Imus Pyreneus à St Jean-Pied-de-Port, n'a pas expliqué comment 5. MP. X 2 222 = 11 k. 110 pouvaient s’accorder avec les 24 kilomètres de distance réelle de Roncevaux à St-Jean-Pied-de-Port, P. Raymond qui mettait Summus Pyreneus à Bentarté, Imus Pyreneus à St-Jean-Pied-de- Port, Carasa à Garris n’a pas expliqué davantage comment ces 11 k. 110 se conciliaient avec les 17 k. de Bentarté à St-Jean-Pied-de-Port et les 12 MP. X 2 222 = 26 k. 664 d’Imus Pyreneus à Carasa avec les 31 kilomètres de St-Jean-Pied-de-Port à Garris. 



Remarquons en passant que dans son dictionnaire Topographique des Basses-Pyrénées P. Raymond n’en mentionne pas moins péremptoirement : 


— Bentarté (le col de) Summus Pyreneus (itinéraire d'Antonin) voie d'Astorga à Bordeaux. 

— St-Jean-Pied-de-Port, Imus Pyreneus (itinéraire d'Antonin). 

— Garris, Carasa (Itinéraire d'Antonin), sans même un point d’interrogation, ce qui est au moins... téméraire, pour un document qui ne devrait avancer que des certitudes contrôlées.



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LIVRE LES ITINERAIRES D'ANTONIN
DE PARTHEY ET PINDER 1848



L. Colas, partisan du mille aquitain, a placé, nous l’avons vu, Summus Pyreneus à Château-Pignon, Imus Pyreneus à St-Jean-le-Vieux, Carasa à Garris. De Château-Pignon à St-Jean-le-Vieux il y a 15 à 16 kilomètres ; les 5 MP. de l’Itinéraire d’Antonin donnent en milles aquitains 14 k. 750. Si le site de St-Jean-le-Vieux ne répond pas au qualificatif d’Imus, l'identification du lieu avec l'imus Pyreneus peut se défendre au point de vue de la distance et il semble bien que ce soit pour cette justification de St-Jean-le-Vieux, Imus Pyreneus par rapport à Château-Pignon Summus que le mille aquitain ait été adopté, mais dès le tronçon suivant l’étalon est en défaut. Garris est à 27 k. de St-Jean-le-Vieux par le chemin que L. Colas donne pour celui des pèlerins Ostabat — Orsanco — Beyrie — or les 12. MP. de l’Itinéraire entre Imus Pyreneus et Carasa font en milles aquitains 35 k. 400, et c’est bien pire au delà, les 39 MP. de Carasa à Aquœ Tarbellicœ donnant en milles aquitains 115 kilomètres pour une distance réelle par Viellenave, Bergouy, Arancou, Ordios, Sordes.... de 50 kilomètres. 



Dans sa dernière brochure L. Colas a inséré un croquis de la voie romaine qui s’arrête malheureusement au parallèle de Garris. On eût été curieux de savoir sur quel détour et avec quels méandres il déroulait au delà un ruban de voie qui eut excédé de 65 kilomètres l’itinéraire des pèlerins de Garris à Dax ! 



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VOIE ROMAINE DE BORDEAUX A ASTORGA
PAR LOUIS COLAS


Il s'est gardé de le préciser et ayant conclu avec une sorte de découragement qu’il ne faut pas s'hypnotiser sur l’argument "kilométrique" il écrit : 


"On est tout d’abord dérouté, mais il ne faut pas perdre de vue que la route actuelle n’est en certains secteurs qu'un raccourci des anciens chemins"



On est encore plus dérouté par cette allégation lorsque l'on croit avec l’opinion commune et la caution de la géographie historique que les voies romaines coulaient au plus droit. 



On lit dans l’Imitation de Jésus Christ Livre IV. ch. 1 : "Souvent c’est la curiosité, le désir de voir des choses nouvelles qui font entreprendre les pèlerinages"



Il ne faut donc pas confondre des pèlerins nonchalants curieux, attirés de droite et de gauche par les réclames d’hôpitaux, de prieurés, de commanderies, de cultes de reliques, avec les courriers impériaux les renforts des légions et les grands commerçants pressés par des affaires internationales, et les zigzags des chemins pérégrins avec le jet rectiligne des voies romaines !



M. Albert Grenier qui a adopté les identifications de L. Colas n’en a pas accepté les justifications. En dépit de de Jaurgain et de l'accord que celui-ci assurait établi sur l’emploi du mille aquitain nous avons vu qu'il n’admet pas cet étalon de mesure et opine pour la lieue gauloise. 



Voulant à son tour défendre les identifications avancées il a recours au troisième procédé ; il déclare probablement falsifiées par les recensions successives les chiffres de distance indiqués par l’Itinéraire d’Antonin et leur substitue des nombres de son invention. Citons textuellement son argumentation : 


"Jusqu’ici (Château-Pignon, Summus Pyreneus) comme partout ailleurs en Espagne, l’Itinéraire compte bien les distances en milles romains.

Mais de Château-Pignon (Summo Pyreneo) à St-Jean-le-Vieux (Imo Pyreneo) la distance est d’environ 15 kilomètres. Le chiffre de V milles est donc nettement insuffisant. C’est pourquoi M. L. Colas a pensé que la distance devait être comptée en mille ibérique de 2 924 à 2 980 mètres, ce qui donnerait le chiffre satisfaisant de 14 à 15 kilomètres. Nous proposerons plus simplement de corriger, dans l'Itinéraire d'Antonin, le chiffre V en X. Les erreurs de chiffres y sont en effet fréquentes, comme suffiraient à l'indiquer les nombreuses variantes des manuscrits. La confusion de V et de X n’a rien d'exceptionnel."



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RUINES DE CHÂTEAU-PIGNON
BASSE-NAVARRE D'ANTAN

Pour la distance de St-Jean-le-Vieux à Garris, le chiffre XII et à plus forte raison VII (dont l'origine semble être la même confusion que nous supposons à la ligne précédente) sont également beaucoup trop faibles. On compte environ 33 kilomètres. (Ce n'est pas 33, c’est 27 !). M. Colas, en conséquence, a songé de nouveau à la milia qui donnerait de 35 à 36 kilomètres. Une simple correction X XII nous donnerait à peu près exactement les 33 kilomètres requis. 


De Garris à Dax la distance est de plus de 40 kilomètres. Mais le chiffre de XXXVIII milles qui donne 58 kilomètres est trop fort ; le chiffre XVIII par contre, que portent d’autres manuscrits (28 kms) est trop faible. Un chiffre de XXVIII, qui précisément restituerait à la ligne précédente le X que nous avons cru devoir y rétablir, donnerait une distance parfaitement convenable de 43 kilomètres. (Mais cette distance n'est pas de 43, elle est de 50 kilomètres !) 


Contentons-nous donc de corriger l'itinéraire sans y faire intervenir l'hypothèse superflue d’une nouvelle mesure itinéraire locale." 

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PLAN SOMMAIRE DES RUINES DE CHÂTEAU-PIGNON
BASSE-NAVARRE D'ANTAN


C’est ingénieux, mais d'une fantaisie peu convaincante, d’une fantaisie au-demeurant qui se complique d’une confusion. Car de tout le contexte de ce chapitre du Manuel d'Archéologie, il ressort que M. Albert Grenier estime que c’est en lieues gauloises que les M.P.M. de l'itinéraire d’Antonin doivent être interprétés à partir du Château-Pignon et c’est nonobstant en milles romains qu'il traduit les nombres qu’il a substituées à ceux du document :


X x 2 222 donneraient en effet 22 km. 22 et non 15 

XII x 2 222 donnent 48 km. 884 et non 39 km.;

Et XXVIII x 2.222, 62km. et non 43 km. 



Cette cacophonie, ces contradictions, ces procédés de Procuste démontrent péremptoirement qu’en partant du postulat adopté sans critique de l’identité de la voie romaine et du chemin jacopiste, en s’engage sur une fausse piste et que toute tentative est vaine si l’on accorde le moindre crédit à l’Itinéraire d’Antonin de placer sur la route jacopiste les stations qu’il mentionne. ! 



Non ! la voie romaine de Bordeaux à Astorga ne pouvait pas faire le détour d’Ostabat, elle devait passer à l'Ouest de ce carrefour jacopiste. 



Par où ? 




Peut-on lui assigner dans sa traversée de la Basse-Navarre un tracé plus plausible ? Un tracé dont l’hypothèse se fonde sur des éléments de créance probables ? qui se rapproche davantage de la ligne droite Dax-Pampelune ? Que jalonnent des toponymies qui fleurent la latinité ? Au long duquel se retrouvent des traces romaines ? Sur lequel enfin on puisse placer les stations mentionnées par l'Itinéraire d’Antonin en justifiant leur identification par la convenance des sites et les distances indiquées en milles romains ?"



(Source : Wikipédia et gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)




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samedi 18 avril 2026

LA VOIE ROMAINE DE BORDEAUX À ASTORGA DANS LA TRAVERSÉE DE LA BASSE-NAVARRE AU PAYS BASQUE (troisième partie)

 

LA TRAVERSÉE DE LA BASSE-NAVARRE PAR LES ROMAINS.


La voie romaine Bordeaux-Astorga est une voie romaine qui reliait Burdigala (Bordeaux) à Asturica Augusta (Astorga en Espagne dans l'actuelle province de Léon).



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VOIE ROMAINE BORDEAUX-ASTORGA


Elle passait par le pays de Born, Dax, Ostabat, Saint-Jean-Pied-de-Port, Roncevaux et Pampelune. Cet axe de communication est l'Iter XXXIV de l'Itinéraire d'Antonin.



Voici ce que rapporta à ce sujet le général H. Richter dans le Bulletin de la Société des sciences, 

lettres & arts de Bayonne, en janvier 1945 :



"... Roncevaux Bentarté ou Château-Pignon Summus Pyreneus... Saint-Jean-Pied-de-Port ou St-Jean-le-Vieux Imus Pyreneus... Garris-Carasa... toutes ces identifications contradictoires n'ont pas d'autre base que l'imagination.



L'Itinéraire d'Antonin donne cependant des indications qui délimitent le champ des hypothèses, ce sont les distances entre elles et aux points certains de Pampelune et de Dax des stations intermédiaires.



De Pampelune à Summus Pyreneus, l'Itinéraire indique 44 milles pas, soit en milles romains 65 kilomètres. Or le Guide Michelin ne donne pour la distance de Pampelune à Ibagneta par la route internationale, dont la voie romaine devrait suivre le tracé général, que 48 à 49 kilomètres. Une conclusion incontestable, c'est que c'est au bord d'Ibagneta, au delà de la crête des eaux pendantes pyrénéennes qu'il faut chercher le Summus Pyreneus, donc aux environs du parallèle d'Arnéguy que le Guide Michelin indique à 68 kilomètres de Pampelune. Bentarté qui est sur l'arête faîtière à 7 kilomètres d'Ibagneta est beaucoup trop au sud. Château-Pignon qui est à 4 kilomètres du parallèle d'Arnéguy peut se défendre au point de vue de la distance. Admettons-le provisoirement pour le Summus Pyreneus et examinons par rapport à ce Summus les identifications proposées pour l'Imus et pour Carasa.



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RUINES DE CHÂTEAU-PIGNON
BASSE-NAVARRE D'ANTAN


De Summus Pyreneus à Imus Pyreneus il y avait V M.P. soit 7 k. 500 environ. Or de Château-Pignon à St-Jean-Pied-de-Port il y a 12 kilomètres et 16 de Château-Pignon à St-Jean-le-Vieux. D'Imus Pyreneus à Carasa il y avait XII M.P. ou environ 18 kilomètres. Or de St-Jean-Pied-de-Port à Garris par le chemin des pèlerins indiqué par L. Colas Ostabat — Orsanco — Beyrie il y a 31 kilomètres et 27 de St-Jean-le-Vieux à Garris.



Ni St-Jean-Pied-de-Port, ni St-Jean-le-Vieux, ni Garris ne conviennent donc pour Imus Pyreneus et pour Carasa par rapport à Château-Pignon Summus Pyreneus.



Pour se défendre contre ces évidences il faut :


— rejeter la mesure du mille romain et recourir à un autre étalon de distance.


— ou chercher dans certaines recensions des variantes qui se rapprochent davantage des distances réelles.


— ou enfin rejeter les chiffres de l'itinéraire, variantes comprises, imputer des erreurs aux copistes et substituer à ceux du document des chiffres fantaisistes.



Les trois procédés ont été mis en oeuvre.



On a unanimement admis parce que c'est l'évidence, que la distance de Pampelune au Summus Pyreneus était exprimée en milles romains, mais pour les distances au delà, le mille romain a été unanimement aussi abandonné pour d'autres étalons de longueur.



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LIVRE GEOGRAPHIE DE LA GAULE ROMAINE
D'ERNEST DESJARDINS 1876



Dans la Colonne — Observations — du tableau où il reproduit au tome IV de sa Géographie, l'itinéraire d'Antonin, C. Desjardins mentionne :


"Les distances sont exprimées en lieues gauloises à partir de Summus Pyreneus" ce qu'il confirme dans le texte de l'ouvrage.



L. Colas est d'avis qu'il ne s'agit pas plus de lieue gauloise que de mille romain et opine pour le mille aquitain ; il avance que la lieue gauloise n'était pas employée pour mesurer les chemins d'Aquitaine.



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VOIE ROMAINE DE BORDEAUX A ASTORGA
PAR LOUIS COLAS


C'est aussi l'opinion de de Jaurgain qui tout en contestant, non sans ironie, les identifications de L. Colas pour Summus et Imus Pyreneus, écrivait dans la Revue internationale des Etudes basques de Janvier mars 1914 : "Il s'agit de milles aquitains comme on en demeure d'accord aujourd'hui."



Cependant M. Albert Grenier qui a adopté les identifications de L. Colas et leur a donné droit de cité dans le Manuel d'Archéologie de Déchelette comme avait fait Bédier dans les Légendes épiques n'en demeure pas d'accord du tout, il repousse le mille aquitain qu'il appelle ibérique et à l'encontre de Colas et de de Jaurgain soutient avec C. Desjardins que pour les trois Gaules et pour la Germanie les distances, quoique indiquée en milles, étaient calculées en lieues gauloises.



Hippocrate dit oui et Gallien non ! S'il ne s'agit pas de milles romains de 1 481 mètres, s'agit-il en fin de compte de mille aquitain ou ibérique de 2 950 mètres en moyenne ou de lieue gauloise de 2 222 mètres ? La différence est d'importance ! Qui a raison d'Hippocrate ou de Gallien ?



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BUSTE EN MARBRE DE GALLIEN
MUSEE DU PALATIN



Eh ! bien ni l'un ni l'autre car c'est de mille romain qu’il s’agit, non pas seulement de Pampelune à Summus Pyreneus, mais encore de Summus Pyreneus jusqu'à Dax, comme c'est l’évidence même ! 



La distance en ligne droite jusqu’à Dax d’un point quelconque du parallèle d’Arnéguy pris dans la région de ce village, où nous avons vu que doit se trouver le Summus Pyreneus, et dont Château-Pignon est distant de 4 kilomètres, est de 69 à 70 kilomètres. Or la distance donnée par l’Itinéraire d’Antonin de Summus Pyreneus à Aquæ Tarbellicæ est de 56 M.P. soit en milles romains de 82 k. 900. 82 k. 900 de route pour 69 à 70 kilomètres à vol d’oiseau c’est parfaitement normal, tandis que 66 M.P. traduits en lieues gauloises donneraient 124 k. 432 ce qui est déjà inadmissible, et en milles aquitains 105 k. 150 ce qui serait effarant. 



Une voie romaine pour franchir 69 à 70 kilomètres à vol d’oiseau se serait déroulée sur 124 k. 432 et pire, sur 165k. 150 en pays très moyennement accidenté aurait été unique en son genre. 



Il est donc évident que c’est en milles romains que l’Itinéraire d’Antonin a indiqué les distances, non pas seulement de Pampelune à Summus Pyreneus, mais encore de Summus Pyreneus à Dax, comme il est évident qu'il a cessé d’user de cet étalon de mesure au au delà de Dax."



L’Itinéraire donne en effet pour la distance d'Aquæ Tarbellicæ à Bordigala 63 M.P. qui ne donneraient en milles romains que 93 k. 240 pour une distance à vol d’oiseau de Dax à Bordeaux de 130 kilomètres. C’est donc à partir et au delà de Dax en lieues gauloises qui donneraient exactement les 140 kilomètres de la route actuelle, ou en milles aquitains ou ibériques — grammatici certent  qu'il faut traduire les chiffres de l’Itinéraire ; mais c’est en milles romains que les distances ont été indiquées jusque là."



A suivre...




(Source : Wikipédia et gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)




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vendredi 20 mars 2026

UN NOUVEAU JOURNAL SUR LA CÔTE BASQUE À PARTIR DU 7 JUIN 1945

LE "JOURNAL DE BIARRITZ ET DE LA CÔTE BASQUE" EN JUIN 1945.


C'est le jeudi 7 juin 1945, que paraît le Journal de Biarritz et de la Côte Basque, 1 avenue Foch, à Biarritz.




pays basque autrefois labourd presse
JOURNAL DE BIARRITZ ET DE LA CÔTE BASQUE
7 JUIN 1945



Voici ce que rapporta ce journal, à la une :



"A nos lecteurs.



Un nouveau journal paraît : " Le Journal de Biarritz et de la Côte Basque".



Il s'est fixé trois ambitions essentielles :


Eclairer l'opinion, contribuer à l'union entre tous les Français, soutenir et, au besoin, défendre les intérêts de Biarritz.


Eclairer l'opinion par des informations vraies et complètes, par des éditoriaux censés et mesurés qui vous aideront à voir plus clair à travers le chaos de l'après-guerre.


Contribuer à l'union entre tous les Français : le premier et le plus grand devoir national de l'heure.



pays basque autrefois labourd presse
BIARRITZ 1945
PAYS BASQUE D'ANTAN



Si usé que soit le mot, c'est bien une révolution — une révolution par la loi — qu'il s'agit de faire triompher, celle qui restaurera par l'entente et l'effort créateur de tous les Français dignes de ce nom, la grandeur et la liberté française. Le "Journal de Biarritz" lui aussi s'attellera à cette lourde tâche.



L'union entre ceux qui reviennent des stalags et des camps de la mort et ceux qui ont le bonheur de ne pas connaître l'exil.



L'union entre ceux qui ont souffert dans leur chair, dans le coeur et dans leurs biens, et ceux qui ont été plus favorisés, mais qui ont compris la leçon des années terribles.



L'union entre le chef d'entreprise et l'ouvrier, entre le patron et l'employé que beaucoup veulent encore séparer mais qui doivent se réconcilier dans leur commun labeur et un juste partage des responsabilités et du commun profit.



L'union entre les jeunes, quelle que soit leur origine, qui doivent recevoir l'éducation et l'instruction nécessaires à leur plein épanouissement individuel et social.



L'union dans la lutte contre tous les égoïsmes, toutes les lâchetés, toutes les injustices et aussi contre tous les mauvais Français qui veulent ruiner notre paix, après avoir tenté vainement de saboter notre victoire.



pays basque autrefois labourd presse
BIARRITZ 1945
PAYS BASQUE D'ANTAN



L'union par le rétablissement du sens de la grandeur nationale. L'union par le Travail.



Soutenir et, au besoin, défendre les intérêts de notre petite Patrie.



Chaque jour, refléter la vie de notre ville, de notre Côte Basque. Traduire toutes leurs aspirations et exposer leurs revendications.



Sourire à nos anciens amis de la France et de l'étranger qui, très prochainement, reviendront nous demander la lumière de notre océan et de nos montagnes, la gaîté et la joie de vivre qu'ils ont oubliées depuis six ans.



Biarrots, vous avez maintenant votre journal, lisez-le et aimez-le car il est votre ami."





(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)









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mercredi 18 mars 2026

LA VOIE ROMAINE DE BORDEAUX À ASTORGA DANS LA TRAVERSÉE DE LA BASSE-NAVARRE AU PAYS BASQUE (deuxième partie)

LA TRAVERSÉE DE LA BASSE-NAVARRE PAR LES ROMAINS.


La voie romaine Bordeaux-Astorga est une voie romaine qui reliait Burdigala (Bordeaux) à Asturica Augusta (Astorga en Espagne dans l'actuelle province de Léon).



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VOIE ROMAINE BORDEAUX-ASTORGA


Elle passait par le pays de Born, Dax, Ostabat, Saint-Jean-Pied-de-Port, Roncevaux et Pampelune. Cet axe de communication est l'Iter XXXIV de l'Itinéraire d'Antonin.



Voici ce que rapporta à ce sujet le général H. Richter dans le Bulletin de la Société des sciences, 

lettres & arts de Bayonne, en janvier 1945 :



"La voie romaine de Bordeaux à Astorga dans la traversée de la Basse-Navarre.

Hypothèse nouvelle.



... On a vu dans le lieu dit Galcetaburu, au sommet de la côte d'Utxiat le souvenir d'une chaussée — calccata — ce toponyme latin éveillant l'idée de route serait unique de Sordes à Roncevaux. Mais on peut voir aussi dans Galcetaburu au lieu d'une étymologie romaine le radical basque — Gal — qui a le sens de "perdu" faisant suite au radical basque — Uts — d'Utxiat, qui signifie "vide-nu". Gal et Uts évoquent les "Tout-y-faut" qui caractérisent les contrées désertes, car c'est bien un désert que cette région frontière de Mixe et de Cize qu'évitait l'itinéraire d'Hosta et où s'implanta le prieuré d'Utxiat pour canaliser sur St-Jean et Orisson en lui offrant un refuge dans ce désert, le courant des pèlerins.



Et l'on peut trouver encore dans Galcetaburu un souvenir des Galls-Galli-Gallos de l'inscription d'Hasparren, en un point qui est une frontière, frontière de pays, frontière de diocèses, frontière de races, où est venu mourir le courant gascon de Mixe. Tant est complexe la sédimentation humaine du Pays Basque français et délicate l'interprétation des toponymes qui peuvent conduire à déceler ses couches !



Cependant tout invraisemblable qu'apparaît, lorsqu'on la scrute, l'hypothèse du trajet de la voie jacopine, avec celui de la voie romaine, les identifications proposées pour les points de Carasa-Immus-Summus Pyrénées, offrant-elles quelque élément de crédibilité qui puisse faire revenir sur ce sentiment d'invraisemblance et susciter le doute ?



C. Desjardin suivi par Longnon et par Dubarat a vu Carasa à St-Palais, mais le radical celtique, Car, postule une éminence rocheuse (A' Dauzat) et St-Palais est dans un "fond-montes in circuitu ejus."



L. Colas après Marca-Raymond-Haristoy-Jullian a placé Carasa à Garris dont le radical - Gar — s'apparente à — Car — mais se retrouve plus à l'ouest, tout le long des prémonts de Baïgoura et d'Ursonia dans Garreta-Garro-Garralda... Outre l'attrait de son radical, Garris, qui ne se manifeste particulièrement qu'en hauteur que pour qui vient de la cuvette de St-Palais et se fond sur le plan général d'un plateau pour qui le regarde du Nord, du Nord Est ou du Nord-Ouest, Garris a un passé fascinateur. Siège d'une foire renommée — capitale du Pays de Mixe — il dut son importance à ce qu'il était un carrefour, au croisement de la transversale de Lapurdun à Illuro par Hasparren. Bonloc-Luxe-Domezain et du vieux chemin de Sordes aux ports de Cize et qu'il fut vraisemblablement le débouché mercantile de la région d'élevage de Beyrie Armendaritz.



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VOIE ROMAINE DE BORDEAUX A ASTORGA
PAR LOUIS COLAS


Il est donc probable qu'il fut à l'époque romaine une localité d'une certaine importance, mais rien ne milite en dehors de son radical pour qu'il soit Carasa qui au demeurant ne fut probablement pas plus une localité que Summus Pyreneus, comme nous le verrons tout à l'heure.



Imus Pyreneus a été placé par C. Raymond à St-Jean-Pied-de-Port dont le site convient au sens du vocable, mais dont l'identification devra être contrôlée par sa distance à Summus Pyreneus et à Carasa.



L. Colas a repoussé l'Imus Pyreneus à St-Jean-le-Vieux parce que s'y trouvent les vestiges d'un système de fortifications légères sur lequel on a controversé, mais qui, quelle qu'en soit l'origine, comprend vraisemblablement des travaux romains.



St-Jean-le-Vieux doit peut-être d'autre part son nom de Vieux, non, point à son âge, mais à ce qu'il fut un vicus ou un viculus, hypothèse qu'autorise sa situation face aux montagnes, derrière le glacis de la plaine de Cabalce, au confluent des vallons de Lacarre et de Lecumberry, au débouché d'une voie secondaire venant d'Hasparren par Hélette, Irissarry, Jaxu, Bustince, Iriberry... mais St-Jean-le-Vieux à 4 kilomètres de St-Jean-Pied-de-Port n'est plus au pied des monts et le qualificatif d'Imus ne lui convient pas.



C'est à Roncevaux après Marca et avec Longnon que C. Desjardins a situé le Summus Pyreneus que P. Raymond a placé au col de Bentarté et que L. Colas après Gaston Paris a identifié péremptoirement avec château Pignon.



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RUINES DE CHÂTEAU-PIGNON
BASSE-NAVARRE D'ANTAN






Mais Roncevaux même en entendant par ce vocable non point le monastère actuel mais le col d'Ibagneta ne serait un Summus que pour une voie descendant dans le Val Carlos, or comme tout le monde fait passer la voie par Altobiscar Bentarté et Orisson et que Ibagneta, est à 250 mètres plus bas que Bentarté, Roncevaux ne peut être le Summus Pyreneus.



Château Pignon ne peut pas l'être davantage. Ce qui lui a valu cette identification c'est un amas de pierres de construction avec des vestiges de fortification bastionnée, restes d'un fortin élevé en ce point pendant la guerre de la Castille contre la Navarre et qui succédait peut-être au Capeyron Roge du Seigneur de Caumont. (Roge = rempart en français ancien).



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PLAN SOMMAIRE DES RUINES DE CHÂTEAU-PIGNON
BASSE-NAVARRE D'ANTAN



Mais Château-Pignon n'est pas plus Summus qu'Ibagneta. Gaston Paris se trompe lorsque dans son article sur Roncevaux de la Revue de Paris 1921, reproduit dans ses Légendes du Moyen-âge, il parle de "la série ascendante Roncevaux-Ibagneta-Altobiscar-Château-Pignon". Il n'y a série ascendante que de Roncevaux au groupe faitier Altobiscar-Bentarté-Leicar-Atheca ; la longue croupe d'Orisson s'incline ensuite vers St-Jean-Pied-de-Port, et sur cette longue croupe Château-Pignon, qui n'émerge que jusqu'au plan des cimes voisines, ne peut être appelé Summus, ni pour l'altitude, puisqu'il est à 50 mètres plus bas que Bentarté et à 343 mètres plus bas que Leicar-Atheca, ni parce qu'il serait le dernier sommet avant la descente, puisque Hostatéguy qui le suit est à la même altitude que lui."



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LA VOIE ROMAINE AU PASSAGE DE LEICAR ATHECA
BASSE-NAVARRE D'ANTAN




A suivre...




(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France et Leizaratheka, 1410m, Redoute de Château-Pignon, 1181m, depuis le Rocher de Zerkupe.)




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mercredi 18 février 2026

LA VOIE ROMAINE DE BORDEAUX À ASTORGA DANS LA TRAVERSÉE DE LA BASSE-NAVARRE AU PAYS BASQUE (première partie)

LA TRAVERSÉE DE LA BASSE-NAVARRE PAR LES ROMAINS.


La voie romaine Bordeaux-Astorga est une voie romaine qui reliait Burdigala (Bordeaux) à Asturica Augusta (Astorga en Espagne dans l'actuelle province de Léon).



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VOIE ROMAINE BORDEAUX-ASTORGA


Elle passait par le pays de Born, Dax, Ostabat, Saint-Jean-Pied-de-Port, Roncevaux et Pampelune. Cet axe de communication est l'Iter XXXIV de l'Itinéraire d'Antonin.



Voici ce que rapporta à ce sujet le général H. Richter dans le Bulletin de la Société des sciences, 

lettres & arts de Bayonne, en janvier 1945 :



"La voie romaine de Bordeaux à Astorga dans la traversée de la Basse-Navarre.

Hypothèse nouvelle.



Le seul document d'époque romaine que nous possédions sur les voies de communications de l'Empire Romain dans le Pays Basque français est l'Itinéraire d'Antonin.



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LIVRE Itinerarium Antonini Augusti



Ce tableau des grands chemins de l'Imperium, dont M. Albert Grenier situe la rédaction au dernier quart du IIIe siècle, est analogue aux cartes d'étapes qu'on voyait naguère encore aux murs de quelques bureaux de recrutement et qui indiquaient pour une époque où les déplacements se faisaient uniquement par route — les itinéraires — les points principaux du trajet et leurs distances.



Il en ressort que l'unique grande voie officielle qui traversait le Pays Basque français était celle de Bordeaux à Astorga de Léon ; encore que de cette voie l'Itinéraire n'indique pour la région que deux points connus — et qui sont extérieurs à ce pays. Aquae Tarbellicae, Dax et Pamplona. Pampelune — et que ce soit par déduction que cette voie nous intéresse — la ligne droite Dax-Pampelune passant en plein coeur du Pays Basque français.



Voici reproduit d'après C. Desjardins — Grenier-Déchelette — et L. Colas l'extrait de l'Itinéraire qui nous concerne :


Pampelona-Turrissa — M. P. XXII (Var. XXV).

Turrissa-Summus Pyreneus — M. P. XXII (Var. XXV).

Summus Pyreneus-Imus Pyreneus — M. P. V.

Imus Pyreneus-Carrasa — M. P. XII (Var. VII).

Carrasa-Aquae Tarbellicae — M. P. XXXVIII (Var. XVIII ou XXXIX).


M. P. signifie, mille passus, mille pas, soit 1 480 ou 1 481 mètres.


Pour d'aucuns il y aurait M.P.M. qui signifierait, mille (passus), plus, minus, mille (pas), plus, moins, c'est-à-dire, environ.



Par où passait la voie entre Dax et Pampelune ? et pour ne considérer que le Pays basque français en laissant de côté Turrissa qui était certainement outre-monts, par où passait-elle entre Dax et la crête des eaux pendantes pyrénéennes ? où furent Carrasa, Imus, Pyreneus, Summus Pyreneus ? Mystère ! sur lequel s'est exercée la sagacité des historiens.



Cette sagacité — à vrai dire — s'est seulement appliquée à déterminer les points de Carrasa, d'Imus et de Summus Pyreneus, car, divisés sur l'emplacement de ces points, les historiens se sont accordés sur le tracé général de la voie. C. Desjardins, par exemple, a identifié Carrasa avec Saint-Palais, Imus Pyreneus avec Saint-Jean-Pied-de-Port, Summus Pyreneus avec Roncevaux, tandis que P. Raymond a situé Summus Pyreneus à Bentarté, Imus Pyreneus à Saint-Jean-Pied-de-Port et L. Colas, Carrasa à Garris, Imus Pyreneus à Saint-Jean-le-Vieux, Summus Pyreneus à Château-Pignon... mais de Marca à Longnon, Camille Jullian, Dubarat et Colas, tous les historiens qui se sont appliqués à la question ont adopté le même itinéraire général, par Ostabat, Saint-Jean-Pied-de-Port et la montagne d'Orisson.



Sachant que ce chemin fut celui des pèlerins de Saint-Jacques de Compostelle et que ceux-ci suivirent souvent d'anciennes voies romaines, les historiens ont été unanimes à identifier — conformément au titre du dernier opuscule de L. Colas — la voie romaine de Bordeaux à Astorga dans la traversée de la Basse-Navarre avec le carrefour des voies jacopites convergeant vers Ostabat.



L'objet de la présente étude est de réfuter cet accord "à priorique" et subséquemment les identifications conjecturées, et de proposer, avec un autre tracé, des identifications nouvelles.



Quels sont les éléments d'une hypothèse rationnelle sur le tracé de la voie romaine et l'emplacement des points mentionnés par l'Itinéraire d'Antonin ?



Ce sont :

— l'axe Dax-Pampelune, 

— la toponymie,

— la convenance des sites au sens des toponymes mentionnés,

— enfin les distances indiquées par le document officiel.




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VOIE ROMAINE DE BORDEAUX A ASTORGA
PAR LOUIS COLAS



Les pèlerins qui, à travers la France, se dirigèrent vers Compostelle à partir du Xe siècle, utilisèrent naturellement là où ils les rencontrèrent les portions de voie romaine qui avaient survécu aux invasions barbares et aux désordres du Haut Moyen Âge, mais les pèlerins qui confluaient vers Ostabat par Sordes, Sauveterre, Osserain ou Navarrrenx pouvaient-ils trouver au carrefour d'Ostabat la voie romaine de Bordeaux à Astorga ?



L'axe de cette voie, de Dax à Pampelune, traverse le Gave à quelque 1 500 mètres à l'ouest d'Orthevielle, frôle à l'est Guiche, à l'ouest Bardos, à l'est Labastide-Clairence, passe entre Hasparren et Bonloc, exactement au pont de Bidarray, et suit la crête frontière N.N.E.S.S.O. des montagnes qui séparent la vallée de Baïgorry du Baztan ; il laisse Ostabat à quelque 20 kilomètres à l'est. Pourquoi une voie romaine dont on admet généralement qu'elle tend à se rapprocher le plus possible de la ligne droite, aurait-elle fait le détour d'Ostabat ? Rien ne peut l'expliquer. Les motifs de nivellement, impérieux pour des véhicules hippomobiles, n'interviennent pas pour des piétons et des cavaliers qu'intéressent, avant tout les longueurs de trajet. Car il ne s'agissait pas ici d'une vois carrossable, d'une voie Appienne, Emilienne ou Flaminienne, mais d'une voie de cavaliers et de piétons, ouverte à travers une contrée agreste et montagneuse pour les relations spécialement militaires d'un versant à l'autre des Pyrénées, et il n'est pas vraisemblable que pour un service qui devait viser essentiellement à la rapidité, cette voie ait abandonné le principe de la ligne directe pour divaguer vers Ostabat.



Trouve-t-on cependant au long du chemin Jacopite des toponymes dont la résonnance prête à croire que ce chemin a suivi une trace romaine.



De Sordes à Roncevaux, sauf vers Beyrie, où il touche à une région dont quelques noms de lieu semblent dériver de vocables latins, mais de signification bucolique. Beyrie, boa.rium influencé par behi. Armendaritz, armentum... rien le long de ce chemin ne fleure latin et ne suggère une trace de route romaine, ce qui ne laisserait pas d'être étrange si pendant trois, quatre, cinq siècles... les relations de la Gaule Occidentale romaine avec l'Hispanie s'étaient faites par là !



Cette route de Sordes aux ports de Cize par Saint-Pé-de-Lerens, Ordios, Arancou, Bergouey... Ostabat... est certes une très vieille route, beaucoup plus vieille probablement que la voie romaine. Les souvenirs préhistoriques de Sordes attestent que ce confluent des Gaves fut un passage immémorial, le radical, Ar, de Arancou, qui signifie "eau courante" (A. Dauzat) et jalonne avec Arbouet, Arbératz, la vallée du Louhirasse, le radical, Ber, de Bergouey, qui signifie "passage" (F. de Manteqer), sens que confirme la forme du village, sont des radicaux indo-européens et la série Ostabat (Hostavallis) Hosta, Hostatéguy (d'Orisson) qui prolonge cet itinéraire avec une ligne de dolmens donne à penser que dans les âges lointains on abordait les ports de Cize en contournant par les hauts de vallée le bassin de Saint-Jean-Pied-de-Port, probablement trop sujet aux inondations, comme le suggère le nom d'Urgane, Ur-gaina, de la plaine où confluent les trois rivières de Béhobie, Arnéguy et Mendive... très vieille toute que les pèlerins retrouvèrent mais qui ne convenait pas au mouvement direct, au service rapide des courriers de l'Empire et des renforts des légions..."



A suivre...




(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)




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