CARTES POSTALES , PHOTOS ET VIDEOS ANCIENNES DU PAYS BASQUE. Entre 1800 et 1980 environ.
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vendredi 3 juillet 2026
samedi 13 juin 2026
LE GROUPE GAZTELU-ZAHAR D'HENDAYE À PARIS EN JUIN 1949 (deuxième et dernière partie)
LE GROUPE GAZTELU-ZAHAR À PARIS EN JUIN 1949.
Le choeur d'hommes Gaztelu Zahar d'Hendaye a été fondé en septembre 1945 par Pepito Alonso.
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| LOGO DE GAZTELU ZAHAR D'HENDAYE |
Voici ce que rapporta à ce sujet Elgar, le Bulletin d'information des Basques de Paris, en juillet
1949 :
"... Le beau voyage du groupe Gaztelu-Zahar d'Hendaye, à Paris.
Le point de vue du critique musical.
Le groupe Gaztelu-Zahar d'Hendaye, se présente très bien, dans l'accoutrement pittoresque des mendigoizales : pantalons à rayures pris dans de grosses chaussettes de laine, sandales à lacets noirs, ceinture noire, chemise noire, béret.
Les voix sont bonnes ; parmi les ténors, le timbre agréable de Célestin Eguiazabal. Les seconds ténors, assez intimidés, mais chantant juste et nuancé, ce qui est rare. Les barytons, bien. Et un étonnant pupitre de basses, descendant facilement au contre-do.
Du côté équilibre, c'est parfait. Peut-être manque-t-il un premier ténor dans certains passages "forte". Mais toutes les voix sont fondues et disciplinées.
Le répertoire est joli. Il devra se développer dans la recherche de belles chansons, notamment dans la mine d'or qu'est la Soule, où je suis certain qu'on pourrait harmoniser pour ce groupe d'hommes de très vieux airs.
Une critique amicale. Pourquoi chanter du russe ou du suédois ? Le folklore basque n'est-il pas assez riche ? Je me suis régalé en écoutant "O Pepita", dont l'exécution est vraiment de très grande classe ; mais il y a tant et tant de jolies mélodies euskariennes ? Il ne faut pas suivre l'exemple de ces groupements péninsulaires, forts de 150 ou 180 exécutants qui, au lieu de chanter leur répertoire national, veulent démontrer qu'ils connaissent Monteverde, Bach ou Honegger, et, dans ce cas, ne font pas mieux que les grandes chorales françaises ou espagnoles.
Les pots-pourris, très allègres, mais ils gagneraient à être mieux harmonisés. Souvent la basse, au lieu de donner la note fondamentale de l'accord, donne à l'octave, la tierce. C'est un péché mortel en harmonie.
Reste le résultat.
Il est vraiment, et je pèse mes mots, extraordinaire. On se demande comment 15 amateurs, dont la plupart, sans doute, ne sont pas musiciens d'école, dirigés par un amateur qui n'est pas un spécialiste de la fugue et du contrepoint, sont arrivés à donner des auditions où les attaques sont 100 pour 100 précises, les modulations archi-justes, les forte homogènes, les pianos superbement soutenus, les conclusions précises. Cette chorale s'apparente aux ensembles russes et ukrainiens, qui, quoique professionnels, ne donnaient pas une plus forte impression d'ensemble.
Il est dommage, très dommage, que Paris n'ait pas entendu Gaztelu-Zahar à Gaveau, ou à Pleyel-Chopin. C'eût été un régal.
Et c'est une oeuvre admirable, qui n'a pu arriver à ce point de perfection que grâce à un labeur inouï du chef, le talentueux et ardent Pepito Alonso, à une volonté acharnée de tous les chanteurs, le tout dans un amour efficace du folklore de leur Pays Basque.
Merci et bravo !
Jacques Perré."
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"Merci, Gaztelu-Zahar !
Le groupe hendayais est resté onze jours parmi nous.
Certes, nous avons veillé à ce que de l'arrivée au départ, tout soit prêt pour que nos amis soient contents de nous.
Ils l'ont été et nous ont remercié, officiellement, officieusement, par des mots ou des gestes dont certains, sur le quai d'Austerlitz, étaient émouvants.
Et pourtant, c'est nous qui leur disons merci.
Merci pour la propagande énorme qu'ils ont faite pour le Pays Basque et l'art folklorique basque. Partout leur présentation a été impeccable. Partout leur prestation musicale a été parfaite. J'ai vu des spécialistes étonnés de la mise au point des voix, de l'ensemble des attaques, des nuances, et du style d'interprétation.
Et merci aussi pour l'exemple double qu'ils ont donné aux Basques de Paris. On a tendance, ici, à croire qu'un Basque doit hurler dès les hors-d'oeuvre dans les banquets, et se donner en spectacle au dessert. Les Hendayais ont donné une belle leçon à quelques chevaux échappés que nous avons ici, à savoir qu'ils ont mangé et bu tout autant, et qu'ils se sont tenus beaucoup mieux. Sujet de méditation, dont nous dégagerons les conclusions plus tard.
Pour cet exemple, pour cette propagande, c'est nous qui disons merci aux Hendayais, de tout coeur, et qui sommes fiers de les avoir reçus, si simples, si gentils, si peu cabotins, si éloignés des manifestations de cirque basques, si purement dans les traditions d'Eskual-Herria.
Merci, Gaztelu-Zahar, et au revoir...
Legarralde"
P.S. : une pensée pour Peio Macicior (récemment disparu) et pour sa famille...
(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)
(Merci à Maika pour le document original)
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mercredi 13 mai 2026
LE GROUPE GAZTELU-ZAHAR D'HENDAYE À PARIS EN JUIN 1949 (première partie)
LE GROUPE GAZTELU-ZAHAR À PARIS EN JUIN 1949.
Le choeur d'hommes Gaztelu Zahar d'Hendaye a été fondé en septembre 1945 par Pepito Alonso.
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| LOGO DE GAZTELU ZAHAR D'HENDAYE |
Voici ce que rapporta à ce sujet Elgar, le Bulletin d'information des Basques de Paris, en juillet
1949 :
"Le beau voyage du groupe Gaztelu-Zahar d'Hendaye, à Paris.
Nous avons cru devoir, en raison des nombreuses manifestations qui ont eu lieu en juin, publier un numéro spécial de juillet, et à la demande de nos lecteurs, insister sur l'excellente propagande faite à Paris par le groupe "Gaztelu-Zahar" d'Hendaye.
Et voici le groupe Gaztelu-Zahar.
Son chef :
Pepito Alonso, pâtissier-acteur-chanteur-chef de chorale, grand mangeur devant l'Eternel, basque carliste et coeur d'or.
Ses basses :
André Bidegaray, contrebasse de fort volume et voix chaude, quoique marchand de glace.
Pierre Etchenausia, fils de l'adjoint au maire d'Hendaye, la voix de son père, le caractère de... lui-même, joue du txistu et très joliment.
J. B. Etchenausia. C'est son frère. En plus, il danse à ravir.
Pierre Etchenausia. Le fils de Dominique. La carrure des Eguiazabal. Et quel timbre ! Et c'est lui le trésorier. Plus avare qu'Havard numéro 2.
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| GROUPE GAZTELU-ZAHAR D'HENDAYE |
Ses barytons :
Manolito Curutchet, dit Havard numéro 2, ancien trésorier, plus avare qu'Havard numéro 1, masseur-pédicure, vedette de chant, a chanté à Berlin devant 500 000 personnes ; le charme de la quarantaine et l'ardeur de don Juan Tenorio.
Georges Cazeaux, Iñaki Uriarte, Luis Ecenarro, chanteurs, siffleurs, gastronomes.
Ses deuxièmes Ténors :
Ils sont deux : José Luis Sarrasqueta et Lorentzo Etxarri, deux figures de Basques magnifiques, joyeux de vivre et de de chanter.
Ses premiers Ténors :
Célestin Eguiazabal, joueur de rugby, pelotari, danseur de fandango, soliste à la voix de cristal, maître de chai chez le frère Ganich. Le corps d'Hercule et l'âme célestine. N'est pas content qu'on parle des contrebandiers d'Hendaye.
Maurice Hozera promène sa stature et son calme sans s'étonner de rien. Bon appétit.
Louis Provost. Hôtelier-poète, élégant, a réussi à séduire Paris par son charme filiforme et personnel.
Guy Phocas, dit Phoscao, celui dont les Parisiennes se souviennent. Pas impressionné par Paris, mais pas du tout. Trouve que c'est un peu cher. Homme-protée, se charge de parler, danser, chanter, faire le saut périlleux, lever les poids et faire la quête.
Et n'oublions pas Gaby Altuña et Jean Hirigoyen, txistu et atabalero, jeunes et candides, d'abord impressionnés par la Ville-Lumière, puis complétement à l'aise.
Et voilà Gaztelu-Zahar.
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| GROUPE GAZELU-ZAHAR D'HENDAYE SEPTEMBRE 1945 ET JANVIER 1946 |
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| GROUPE GAZTELU-ZAHAR D'HENDAYE |
J'ai observé Gaztelu-Zahar...
Après le départ bruyant, sensationnel, des Hendayais, je me suis demandé pour quelles raisons cette chorale a laissé à Paris d'une part une excellente impression, d'autre part des regrets.
Et j'ai médité, rétroactivement, sur les faits et gestes de ces 17 garçons, jeunes ou demi-jeunes, pendant dix jours à Paris.
J'ai observé, d'abord, que ce groupe artistique est simple. Pepito est simple, Célestin est simple, Bidegaray est simple. Il n'y a, nulle part, la moindre trace de cabotinage. Sans fracas, sans attitudes, sans les allures préoccupées ou faussement absorbées qu'ont certains groupes folkloriques, ces garçons présentent tout bonnement une production, d'ailleurs soigneusement préparée. Et c'est très bien ainsi.
Autre caractère. Ils sont Basques. C'est-à-dire francs buveurs, solides mangeurs, et gais naturellement, mais tout cela dans la dignité. Pas d'excès, pas de démonstrations ridicules, pas d'exhibitionnisme. Tous, sans exception, ont donné, en quelque endroit qu'ils se trouvent, un bel exemple de bonne tenue. Au travail, une attention soutenue, les yeux fixés sur leur chef, désireux de faire au mieux. Et après, toujours gentils, corrects et en même temps amusants comme Phoscao et Prouvost, toujours dans les limites convenables.
Et encore ils sont aimables. Surpris au début par l'accueil qui leur a été fait, ils ont tout de suite sympathisé avec leurs compatriotes de Paris. Des amitiés durables sont nées pendant ce séjour ; ils ont su faire comprendre qu'ils étaient sensibles à l'effort parisien, ils l'ont dit.
Je suis tranquille : qu'une seule ou qu'un seul de chez nous se présente à la pâtisserie de Pepito, au chai de Célestin, à l'hôtel de Prouvost, sur le bateau d'Echarri, il verra tout de suite le sourire se dessiner sur le visage de l'Hendayais.
Il faut souhaiter que des échanges de ce genre aient lieu entre les groupes folkloriques basques. Ici, à Paris, nous sommes prêts à aider tout le monde. Mais il arrive qu'on croit ne pas devoir nous demander cette aide, et il arrive aussi, disons-le franchement, que lorsque nous allons dans notre pays basque, notre qualité de chanteur ou danseur du groupe de Paris ne nous vaille aucune sympathie, parfois même au contraire.
Pour Hendaye, la question est réglée. Ils ont véritablement séduit Paris par leur simplicité et le charme cordial qu'ils dégagent et qu'ils inspirent. Je ne sais pas s'ils reviendront. Mais je sais bien qu'en groupe ou isolément, ils peuvent compter sur l'amitié des Basques de Paris.
Jean Havard."
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| GROUPE GAZTELU-ZAHAR D'HENDAYE |
P.S. : une pensée pour Peio Macicior (récemment disparu) et pour sa famille...
A suivre...
(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)
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vendredi 20 mars 2026
UN NOUVEAU JOURNAL SUR LA CÔTE BASQUE À PARTIR DU 7 JUIN 1945
LE "JOURNAL DE BIARRITZ ET DE LA CÔTE BASQUE" EN JUIN 1945.
C'est le jeudi 7 juin 1945, que paraît le Journal de Biarritz et de la Côte Basque, 1 avenue Foch, à Biarritz.
Voici ce que rapporta ce journal, à la une :
"A nos lecteurs.
Un nouveau journal paraît : " Le Journal de Biarritz et de la Côte Basque".
Il s'est fixé trois ambitions essentielles :
Eclairer l'opinion, contribuer à l'union entre tous les Français, soutenir et, au besoin, défendre les intérêts de Biarritz.
Eclairer l'opinion par des informations vraies et complètes, par des éditoriaux censés et mesurés qui vous aideront à voir plus clair à travers le chaos de l'après-guerre.
Contribuer à l'union entre tous les Français : le premier et le plus grand devoir national de l'heure.
Si usé que soit le mot, c'est bien une révolution — une révolution par la loi — qu'il s'agit de faire triompher, celle qui restaurera par l'entente et l'effort créateur de tous les Français dignes de ce nom, la grandeur et la liberté française. Le "Journal de Biarritz" lui aussi s'attellera à cette lourde tâche.
L'union entre ceux qui reviennent des stalags et des camps de la mort et ceux qui ont le bonheur de ne pas connaître l'exil.
L'union entre ceux qui ont souffert dans leur chair, dans le coeur et dans leurs biens, et ceux qui ont été plus favorisés, mais qui ont compris la leçon des années terribles.
L'union entre le chef d'entreprise et l'ouvrier, entre le patron et l'employé que beaucoup veulent encore séparer mais qui doivent se réconcilier dans leur commun labeur et un juste partage des responsabilités et du commun profit.
L'union entre les jeunes, quelle que soit leur origine, qui doivent recevoir l'éducation et l'instruction nécessaires à leur plein épanouissement individuel et social.
L'union dans la lutte contre tous les égoïsmes, toutes les lâchetés, toutes les injustices et aussi contre tous les mauvais Français qui veulent ruiner notre paix, après avoir tenté vainement de saboter notre victoire.
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| BIARRITZ 1945 PAYS BASQUE D'ANTAN |
L'union par le rétablissement du sens de la grandeur nationale. L'union par le Travail.
Soutenir et, au besoin, défendre les intérêts de notre petite Patrie.
Chaque jour, refléter la vie de notre ville, de notre Côte Basque. Traduire toutes leurs aspirations et exposer leurs revendications.
Sourire à nos anciens amis de la France et de l'étranger qui, très prochainement, reviendront nous demander la lumière de notre océan et de nos montagnes, la gaîté et la joie de vivre qu'ils ont oubliées depuis six ans.
Biarrots, vous avez maintenant votre journal, lisez-le et aimez-le car il est votre ami."
(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)
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lundi 5 décembre 2022
LE CENTENAIRE DU "COURRIER DE BAYONNE" EN SEPTEMBRE 1929 AU PAYS BASQUE
LE CENTENAIRE DU "COURRIER DE BAYONNE" EN 1929.
En 1829, paraît le premier numéro du journal "Courrier de Bayonne et de la péninsule" et il disparaît définitivement en novembre 1947 sous le nom de "Le Courrier".
Ce journal a paru sous diverses titres de 1829 à 1940 :
- De 3 octobre 1829 au 3 avril 1852 : Le Courrier de Bayonne et de la Péninsule
- Du 4 avril 1852 au 31 janvier 1909 : Le Courrier de Bayonne
- Du 1er février 1909 au 30 avril 1911 : Le Courrier de Bayonne et du Pays basque
- Du 1er mai 1911 au 11 août 1912 : Le Courrier de Bayonne, Biarritz et Pays basque
- Du 12 août 1912 au 31 mars 1913 : Le Courrier de Bayonne et du Pays basque
- Du 1er avril 1913 au 18 novembre 1913 : Le Courrier de Bayonne et du Pays basque et
L'Echo des Basses-Pyrénées
- Du 19 novembre 1913 au 31 mai 1922 : Le Courrier de Bayonne et du Pays basque
- Du 1er juin 1922 au 19 janvier 1925 : Le Courrier de Bayonne, de Biarritz et Pays basque
- Du 20 janvier 1925 au 31 décembre 1938 : Le Courrier de Bayonne, Biarritz et du Pays
basque
- Du 3 janvier 1939 au 1er juillet 1940 et du 11 septembre 1944 à novembre 1947 : Le Courrier.
Voici ce que rapporta à ce sujet le quotidien national Le Figaro, le 24 septembre 1939, sous la
plume de Hubert Morand :
"Le centenaire du "Courrier de Bayonne".
Notre confrère le Courrier de Bayonne vient de fêter son centenaire. Son premier numéro a paru le 3 octobre 1829, sous le titre de Courrier de Bayonne et de la Péninsule. Il paraissait alors le mardi et le samedi, "immédiatement après l'arrivée du courrier d'Espagne", et ses bureaux étaient rue du Bourg-Neuf, dans le quartier du Petit-Bayonne, tout près de la rue Jacques-Laffitte où le Courrier est installé actuellement. Il appartenait à un groupe de républicains bayonnais ; son premier gérant fut M. Lavigerie, père du futur cardinal, et son premier rédacteur, un juif portugais, Brutus Mendez, que l'on croit avoir été un oncle de Catulle Mendès. Les opinions du Courrier alarmèrent le gouvernement de Charles X, qui lui fit un procès, et le journal disparut à la fin de juillet 1830, en même temps que la monarchie des Bourbons.
Un ancien directeur du Courrier, M. Foltzer vient de publier un très intéressant historique du journal, dont voici le résumé.
Après la Révolution de Juillet, quand les esprits furent revenus au calme, le journal reparut, en août 1831, sous le titre de la Sentinelle de Bayonne, laquelle devint, en 1833, la Sentinelle des Pyrénées. Le plus important de ses rédacteurs était Bernard Lamaignère, révolutionnaire de 1789 et de 1830, supportant la royauté de Louis-Philippe à la condition que le Souverain consentit à n'être qu'un "roi-soliveau", et protestant contre le déploiement des processions à travers la ville. Comme lui, ses collaborateurs se déclaraient démocrates et écrivaient avec passion des articles de politique avancée. Aussi la Sentinelle se vit-elle intenter plusieurs procès politiques pour délits d'attaque contre l'inviolabilité de la personne du Roi, d'excitation à la haine et au mépris du gouvernement ou de certaines classes de personnes telles que les magistrats. Toutes les fois que ces procès furent portés devant le jury, la Sentinelle fut acquittée, mais le tribunal civil de Bayonne condamna le journal à une très forte amende pour avoir inséré une note considérée comme diffamatoire envers deux magistrats d'Orthez, et le jugement fut confirmé par la cour d'appel et par la cour de cassation. Quelque temps après, en septembre 1848, la Sentinelle des Pyrénées expira. Le rédacteur en chef, Jean Lamaignère, fils de Bernard, mourut quelques jours plus tard.
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| LE COURRIER DE BAYONNE PAYS BASQUE D'ANTAN |
L'Eclaireur des Pyrénées naquit presque aussitôt des cendres de la Sentinelle et suivit une politique semblable. Il eut pour rédacteur en chef un avocat parisien, Capo de Feuillide, que Lamartine honorait de son amitié. Il soutint la candidature du poète à la présidence de la République, mais Lamartine n'obtint que 174 voix dans les arrondissements de Bayonne contre 3 296 voix au prince Louis-Napoléon. Capo de Feuillide attira plusieurs procès à son journal par ses articles imbus de l'esprit démocratique ; le dernier de ces procès fut suspendu, le 3 décembre 1851, au milieu de violentes manifestations au conseil municipal et dans la rue, et le lendemain, l'Eclaireur avait vécu.
Le 4 avril 1852 paraissait le premier numéro du Courrier de Bayonne, qui ne devait plus changer de titre jusqu'à nos jours. Le journal appartenait alors à la Veuve de Jean Lamaignère, qui dirigeait en même temps une imprimerie, et qui trouva un collaborateur du plus grand dévouement nommé Moncla. L'aîné de ses fils, Alfred Lamaignère, dirigea ensuite le journal jusqu'à sa mort, en 1906. Sous le Second Empire, le Courrier fut nettement bonapartiste, puis il fit partie des journaux dits conservateurs, avec certaines tendances plébiscitaires ; il s'adapta enfin, avec les directeurs qui suivirent, MM. Pouzac et Roger de Cardenal, à la politique des républicains modérés. Avec M. Foltzer, il devint libéral, et il l'est resté sous la direction de M. Jean de L'Espée, qui est à sa tête de puis 1925.
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| LE COURRIER DE BAYONNE BIARRITZ ST JEAN DE LUZ 1939 PAYS BASQUE D'ANTAN |
Les fêtes du centenaire ont commencé, le dimanche 15 septembre, par une messe solennelle célébrée dans la cathédrale de Bayonne, en présence de Mgr Gieure, évêque de Bayonne ; Lescar et Oloron. A l'Evangile, M. l'abbé Garay, Curé de Saint-Charles de Biarritz, a prononcé un fort beau discours, dans lequel il a félicité le journal de son dévouement a la cause catholique. Certains passages de ce discours étaient pleins de malice et d'humour ; on en jugera par ce passage :
"Avec quelle impatience est attendue chaque soir la feuille amie ! La journée de travail achevée, on se précipite au kiosque pour la prendre, on l'arrache au vendeur qui passe, on l'emporte dans l'intimité du chez-soi. Là, sous la lampe familiale, au coin de l'âtre, si c'est l'hiver, on la déploie, on va vite à la seconde page qui étale les faits divers, les comptes rendus et, au fil d'articles pleins de verve, on retrouve, on revit, on savoure pour soi tout seul les émotions ressenties la veille, celles un peu violentes du match de football, de la course de taureaux, de la partie de pelote, ou celles plus douces d'une conférence, d'un concert, d'une belle cérémonie. Puis, on passe à la troisième page, la page funèbre, où les morts font leurs adieux aux vivants. Il faut voir si par hasard l'on ne serait pas d'enterrement le lendemain. Car il ne sera pas fait d'autres invitations. Et c'est une pieuse coutume pour le Bayonnais attaché aux traditions locales, c'est même une sorte de passe-temps sacré que d'accompagner jusqu'au seuil de l'autre monde le partant qui s'en va silencieux sur son char, tandis que ceux qui le suivent causent entre voisins des nouvelles du jour, 1e long des glacis dont les hautes frondaisons semblent continuer la voûte de l'église d'où l'on sort et mènent au champ de repos. Enfin, après avoir parcouru la lugubre nomenclature et pris ses décisions, notre lecteur revient pour finir à la première page et s'endort agréablement en lisant l'article de fond."
L'orateur a rappelé à l'auditoire que le Courrier pouvait se faire gloire de deux illustres amitiés : le cardinal Lavigerie, né à Bayonne et attaché au journal par des liens de famille, et le cardinal Touchet, qui avait été chanoine de Bayonne. Le discours de l'abbé Garay a été très goûté.
Le 16 septembre, matinée littéraire et artistique, au théâtre, sous la présidence de M. Alfred Camdessus, le distingué rédacteur en chef du Courrier. Il s'agissait de proclamer les prix d'un concours de poésie qui avait été ouvert, comme Figaro l'a annoncé, en l'honneur du centenaire du journal. Le jury était formé de MM. Jean Rameau, l'abbé Jean Lamarque, Edouard Dulac et Louis Ducla. L'abbé Lamarque, rapporteur, a rendu compte avec beaucoup de finesse et d'esprit de cette épreuve, à laquelle avaient participé quarante-cinq concurrents. Les quarante-cinq poètes avaient accordé leur lyre pour chanter Bayonne, Biarritz, le pays basque ou les gloires locales. Le premier prix a été décerné à M. Jean Suberville, lauréat du grand prix de poésie de l'Académie française, en 1921, pour son poème épique Le Dieu inconnu.
Les solennités religieuses et littéraires du centenaire accomplies, les rédacteurs, les typographes et les employés du Courrier ont pris part à une série d'excursions, banquets et réjouissances, auxquels le directeur du journal, M. Jean de L'Espée, a très aimablement convié de nombreux représentants de la presse régionale et de la presse parisienne, ainsi que de la presse espagnole. Ces fêtes, qui comportaient des bals, des parties de pelote, des courses d'aviron, un concours d'élégance automobile, et même un rallye-ballon et une représentation de guignol pour les enfants, ont duré toute une semaine et ont eu pour cadre les points les plus pittoresques et les plus célèbres du pays basque et de la Côte d'Argent : Biarritz, Saint-Jean-de-Luz, Ciboure, Espelette, Hasparren, etc., — sans compter Saint-Sébastien, — et notamment Martiénia, la belle demeure que M. de L'Espée habite aux environs de Guéthary. "
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"Au concours du Centenaire du Courrier de Bayonne, dont nous venons de parler, on a lu ce poème de M. Jean Suberville, qui a remporté le premier prix :
Toi que j'aimai déjà lorsqu'à mes yeux d'enfant
La ligne de Bayonne en double rail fervent
Scintillait au soleil, se déroulait sans trêve,
Longeant les gaves purs, contournant les monts bleus,
Pour s'en aller vers toi, terminus fabuleux
Du long voyage et du beau rêve !
Je t'aimai plus encor quand je te vis un soir,
Etagée et fleurie ainsi qu'un reposoir,
Haute et vieille cité qui te drapes de morgue
Et tends au ciel ta cathédrale où tour à tour
La terre basque prie et chante dans la tour,
La mer basque gronde dans l'orgue !
Va ! sous tes airs vieillots, j'ai perçu ton secret !
Tes routes où sans fin l'aventure apparaît,
T'ont fait de siècle en siècle une âme de coquette !
Tu rêves accoudée au pont de Saint-Esprit
Et tu regardes, l'œil clair et le cœur attendri?
Quel passant fera ta conquête...
Mais, ô cœur fier, de tels amours furent si grands
Que les poètes seuls et les seuls conquérants
Ont pu cueillir la fleur piquée à ton corsage !
L'Impératrice en crinoline t'a souri ;
Et deux Napoléons que ta beauté surprit,
Ont baisé ta main au passage,
Gautier jette sur toi des mots en confetti
Et passe ! Ramuntcho que t'amène Loti,
Autour de tes couvents rôde et pleure sa belle...
Hugo souffle toujours sous tes cieux étoilés
Dans le cor d'Hernani, qu'aux prochains défilés
Le cor de Roncevaux appelle !
Chantecler, gorge d'or, te chante le réveil
Et sur tes flots d'argent, fait lever ton soleil !
Ne vois-tu pas enfin, quand les guitares tristes
Greiottent dans la nuit sous tes balcons étroits,
Des fantômes passer qui devant chaque croix
Soulèvent leurs bérets carlistes ?
Je t'aime pour ta foi, ton rire et ta fierté.
Ville qui vis debout sur ton faîte indompté.
Aussi fidèle et pieux que Dieu te fut fidèle !
Je t'aime pour ton lis, ta rose et ton laurier.
Pour ton cœur à la fois fol, mystique et guerrier,
Autel, jardin clos, citadelle !
Mais je t'aime surtout depuis l'heure ou tes fils,
Mariniers de l'Adour et bruns pelotaris,
Désertant les quais bleus, la blanche maisonnette,
Ont lancé la grenade au fronton de Verdun
Et planté pour jamais dans le ventre du Hun,
O Bayonne, ta bayonnette !"
(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)
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mardi 26 avril 2022
LA DÉSINFORMATION FRANQUISTE SUR LE MASSACRE DE GUERNICA EN BISCAYE AU PAYS BASQUE LE 26 AVRIL 1937
LA DÉSINFORMATION FRANQUISTE SUR LE MASSACRE DE GUERNICA.
Tous les ans, le 26 avril, je vous parle du bombardement de Guernica et du massacre de sa population civile.
Je vous en ai déjà parlé à trois reprises le 26/04/2017, le 26/04/2018 et le 26/04/2020.
Le bombardement de Guernica est une attaque aérienne réalisée le lundi 26 avril 1937, jour de
marché, par 44 avions de la Légion Condor allemande nazie et 13 avions de l'Aviation
Légionnaire italienne fasciste. Le bilan des victimes civiles est de plusieurs centaines de morts et
de blessés.
La majorité de la presse locale, régionale, nationale et internationale informe sur ce massacre, en
particulier Georges Steer, journaliste du Times, arrivé sur les lieux quelques heures après le
bombardement.
Dès le 29 avril, ce bombardement est condamné, en Grande-Bretagne, par l'opinion publique, le
Gouvernement et par les députés britanniques.
L'ambassadeur britannique à Hendaye, ainsi que le consul anglais à Bilbao, sont chargés de faire
une enquête sur la question de savoir si des avions allemands ont réellement pris part à la
destruction de la ville basque de Guernica.
Le Gouvernement français a une attitude un peu plus timide, doutant dans un premier temps de
la véracité des informations et des témoignages.
Le Ministre des Affaires Etrangères, Yvon Delbos, demande le 29 avril des "éclaircissements" au
sujet du bombardement de Guernica.
Mais très vite, la France et l'Angleterre unissent leurs efforts pour aider à l'évacuation des
populations civiles de Bilbao, en Biscaye.
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| YVON DELBOS MINISTRE DES AFFAIRES ETRANGERES DU 4 JUIN 1936 AU 13 MARS 1938 |
Par la suite, devant l'onde de choc provoquée dans le monde entier, après le massacre de
population civile, les franquistes contre-attaquent, dans le domaine de l'information, et
quelques journaux relaient les fausses informations, des journaux d'extrême droite comme
L'Action Française mais aussi des journaux nationaux comme La Croix ou Le Figaro.
- Le Figaro, le 3 mai 1937 :
"Une enquête à Guernica.
Des journalistes étrangers révèle que la ville n'a pas été bombardée.
Les maisons avaient été arrosées d'essence et incendiées par les gouvernementaux.
Vitoria, 2 mai.
— Les officiers de l'état-major du général Mola ont conduit, hier, les journalistes étrangers à Guernica pour leur faire visiter en détails les décombres de la ville et pour leur faire constater de visu que, contrairement aux nouvelles diffusées de source gouvernementale, la destruction de la ville n'était pas l'œuvre des nationalistes.
Les journalistes étrangers ont parcouru la ville en tous sens et ils ont pu se renseigner en toute liberté auprès des quelques civils qui ont attendu l'arrivée des troupes du général Franco ; ils ont pu constater que tous les pans de murs restés debout ne portent aucune trace d'éclats de bombes et que, par contre, toutes les fenêtres sont ceinturées de traces de flammes. Les poutres des maisons achèvent de se consumer trois jours après l'occupation.
Les officiers nationalistes ont attiré l'attention des journalistes sur le fait que nulle part on ne trouve d'éclats de bombes et que l'absence de traces de projectiles, ainsi que les constatations faites d'autre part démontrent que l'incendie volontaire de la ville était évident. Hier encore, on pouvait suivre les ravages causés par le feu qui a du prendre naissance dans le sud de la ville et qui, poussé par la brise, s'est propagé vers le nord.
L'attention des journalistes a également été attirée sur le fait que les endroits où le feu n'a pas trouvé prise, spécialement les maisons construites en béton armé, ont été inondées d'essence, et ils out pu voir à l'intérieur des maisons encore intactes des traces de flammes qui ont dû être provoquées par du pétrole, car la fumée a déposé sur les murs une suie très épaisse.
Malgré des recherches méticuleuses, les journalistes n'ont trouvé aucun trou de bombe ; ils en ont relevé quelques-uns seulement aux environs de la ville, particulièrement près des routes desservant la ville.
Les civils restés dans la ville après le départ des gouvernementaux ont déclaré nettement que les "rouges" ont commencé leur œuvre néfaste lundi soir.
En outre, on a montré aux journalistes, en plein ville, quatre entonnoirs provenant de mines qui n'ont pu encore être comblés et gênent considérablement le trafic."
- Le journal La Mayenne relaya également les fausses informations, le 5 mai 1937,
informations selon lesquelles Guernica avait été incendiée et non pas bombardée :
"Guernica n’a pas pu être détruite par les bombes d'avions.
Ce sont les rouges qui l’ont incendiée à "la main".
Sous ce titre, le Journal publie le récit suivant de son envoyé spécial en Espagne nationale, notre distingué confrère Max Massot, qui a visité les ruines de Guernica :
Guernica, la ville sacrée des Basques, a-t-elle été mise en miettes par l’aviation des nationalistes, comme l'affirme le gouvernement de Bilbao, ou a-t-elle été brûlée par les rouges avant qu'ils fussent contraints de l'abandonner ?
J’ai voulu mettre à profit l’avantage que le recul du temps confère à une visite retardée, de 48 heures, sur le jugement hâtif où pouvait m'incliner l’impression produite sur moi, le 29 avril, en pleine atmosphère de bataille.
J'ai délibérément écarté comme suspects les témoignages précis et concordants de 5 ou 6 habitants entendus sur place, une heure après l'occupation et qui, ayant passé leur dernière nuit dans la terreur à rôder comme renards enfumés autour de leurs demeures en flammes, venaient de rentrer sur les talons des soldats de Franco. J’ai même voulu comparer les effets produits par un bombardement avéré, reconnu, avec le chaos de Guernica.
Je suis allé d’abord à Durango, ensuite à Guernica. Il se trouve que les deux villes étaient d'importance sensiblement égale, soit environ 6 000 habitants chacune. Et voici :
A Durango qui a subi, comme lieu de concentration militaire — la caserne des miliciens était installée dans un couvent, l’intendance dans une église, — le double effet de l’aviation et de l’artillerie, les maisons légères ont été souillées d’un seul coup, éparpillées, pourrait-on écrire, par les bombes lourdes, percées, déchiquetées par les obus. Les maisons mieux établies se sont écroulées par fractions. Les explosifs ont produit, sur les métaux, leurs effets ordinaires, c’est-à-dire le bris ou la torsion, le plus souvent sans altération de la peinture. Les arbres sont entaillés par les éclats, comme au couteau. Les murs sont criblés de grands trous inégaux ; la mitraille a pulvérisé le crépi et entamé la pierre. En tout, vingt pour cent des maisons sont détruites, ce qui représente un long bombardement échelonné sur plusieurs semaines, avec au moins trois cents points d’impact de projectiles de gros calibre. On savait, d’ailleurs, Durango évacuée par les cinq sixièmes de ses habitants....
A Guernica, cinq cents maisons environ, 99 %, sont détruites. Comme première impression olfactive, l’odeur obsédant du bois et de laine brûlés. Pas plus de trois ou quatre maisons sont étoilées par la mitraille, et encore relève-t-on dans le voisinage de chacune d’elles, un énorme trou de mine qui a eu pour objet de couper la route ou la rue en un point donné.
J’ai connu tous les fronts de la guerre mondiale. J’ai vu des trous de 420 dans les faubourgs d’Arras et je me suis promené dedans. J’ai vu ici tous les effets des bombes d’avions. Je conclus nettement que les cinq entonnoirs aperçus à Guernica ne peuvent avoir été produits que par des mines, aucun des deux adversaires ne possédant d’obus ou de bombes capables de les produire.
Il y a aussi beaucoup d’arbres à Guernica. Aucun ne portait d’entailles. Enfin, partout règne le bois brûlé. Les poutres des charpentes, les chevrons, les meubles, tout n’est que vision de choses informes et calcinées. Le fer des balcons a rougi au feu, des langues de fumée noire ont, partout, bavé par les fenêtres sur les pans des murs restés debout.
Les ruines offrent ce contraste particulier de blanc et noir, de plâtre et de charbon, qui en tous les lieux du monde est l’apanage incontesté du feu.
Des avions bombardant sans arrêt vingt jours d’affilée n’auraient jamais effectué un "travail" que la main de l’homme a signé d’un tison, avec le mot incendie."
- Le journal belge francophone d'extrême droite L'Ami du peuple, relaya aussi les fausses
informations, le 5 mai 1937, sous la plume de Georges Suarez :
"A propos de la destruction de Guernica.
Depuis que l'offensive a repris dans le malheureux pays basque, toutes les atrocités qui s'y commettent sont imputées par nos confrères de gauche aux troupes de Franco. Quelques témoignages viennent fort heureusement de rétablir la vérité qui n’est pas tout à fait conforme à la version habituellement adoptée par les feuilles du Front populaire. J'avoue que, pour ma part, je n'ai jamais pensé un seul instant que les soldats de Franco avaient détruit par le feu et par le fer la jolie ville de Guernica. Je ne l'ai jamais cru parce, que j'ai vu à l’œuvre et j'ai pu comparer au mois de septembre dernier les troupes disciplinées du général Mola et les bandes qui fuyaient devant elles en incendiant et eu pillant tout dans leur retraite. Irun, la ville-frontière par laquelle, jadis, s’annonçait aux touristes le vieux pays basque espagnol, fut soigneusement pétrolée et brûlée avec tous les raffinements de la technique moderne. Je suis entré à Irun avec les Navarrais de Mola et j'ai vu sur les ruines les traces toutes fraîches de l'essence dont les flammes n'avaient pas voulu. Or, les incendiaires d'Irun sont les mêmes qui fuient aujourd'hui devant les nationaux. Ceux qui ont pu échapper à la poursuite vertigineuse des armées de Mola, en septembre dernier, sont tous enfermés à Bilbao. Auraient-ils renoncé à leur stratégie destructrice dans la fuite alors que l’incendie de Guernica rappelle en tous points l'incendie d'Irun ? C’est peu vraisemblable. Ce l’est d’autant moins que, comme pour Guernica, on essaya de rejeter sur les troupes nationales la responsabilité des forfaits commis à Irun par les rouges.
J'ajoute que les quelques jours que j'ai vécus parmi les braves "requêtes" de Navarre me permettent d'affirmer que ces magnifiques partisans ont de leur mission une conception trop élevée, trop mystique pour se transformer, même dans le feu de l’action, en pillards et en incendiaires. Je n’en dirais pas autant des rouges ; non seulement on a pu les voir à l’œuvre dans leur propre pays, mais, hélas ! aussi dans le nôtre. Les villas de la belle banlieue de Bayonne sont mises en coupe réglée depuis les mois par la racaille des réfugiés qui, après avoir fui devant Franco, prennent leur revanche sur la riche terre française. On n'a pas besoin d'aller jusqu'à Guernica pour trouver des incendiaires. Ceux que Caballero nous envoie suffiraient largement à la besogne, si l'occasion se présentait."
Heureusement, les faits et les témoignages des habitant.e.s de Guernica ont permis, avec le
temps, de rétablir la vérité historique...
A l'année prochaine, le 26 avril 2023, un nouvel article sur le bombardement de Guernica.
(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)
(Source : WIKIPEDIA)
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