LA CÔTE BASQUE CLIMATIQUE ET THERMALE EN 1925.
Dans les années 1920, la Côte Basque a une grande renommée touristique.
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Voici ce que rapporta à ce sujet Anacharsis dans la revue hebdomadaire La Côte basque :
revue illustrée de l'Euzkalerria, le 29 novembre 1925 :
A Propos du Congrès de Toulouse.
Nous avons dans un dernier article largement commenté le rôle Touristique du Pays Basque. Notre rôle n’est pas terminé.
Nous devons maintenant étudier le sens des deux autres mots : Climatique, Thermal. Nous insisterons tout particulièrement sur le premier. C’est à son climat, autant et plus même, qu’à la beauté de ses plages que le pays basque doit son succès. Aussi ne peut-on que déplorer profondément l’ignorance dont font preuve bien des gens de notre région.
On dirait que nos habitants qui ne sont jamais sortis de chez eux prennent un malin plaisir à calomnier le climat de leur cité et à en exagérer les inconvénients.
La région basque est cependant de toute la France une des mieux gratifiée, sinon la mieux gratifiée. Sa grande caractéristique est la douceur de sa température, jamais torride l’été, toujours tiède l’hiver. Cette stabilité thermique n’est réalisée que sur de rares points du globe. On constate ici qu’il y a peu d’écart entre les saisons, que les hivers y sont infiniment plus doux que dans bien des pays situés sur les mêmes latitudes, les étés infiniment plus frais que dans bien des pays situés infiniment plus haut ; on constate également, fait très important, une remarquable constance entre la température des jours et des nuits. Il n’y a pas ici ces refroidissements brusques au lever et au coucher du soleil qui sont les inconvénients bien connus de régions également favorisées. Evidemment les pluies y sont abondantes, mais on a depuis longtemps remarqué leur prédominance nocturne, commune à tous les pays chauds ; leur rythme mériterait, dans l’intérêt même des stations, d’être mieux étudié. Il serait maladroit de chercher à le dissimuler sous des fallacieuses formules : le Pays Basque est un rivage de l’Océan ; il est exposé à ses redoutables colères, surtout à l’époque des équinoxes où sévissent habituellement des tempêtes. C’est un point dont il faudrait tenir compte dans la propagande à faire pour les stations, dans le calcul des programmes des fêtes, etc. Car tout compte fait, il ne tombe pas plus d’eau ici que sur le rivage méditerranéen qu’à Tanger, qu'au Maroc.
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| TANGER MAROC 1905 |
Nous n’avons pas à faire ici une étude détaillée du climat du Pays, nous voulons retenir ceci, c'est que ce climat est une des richesses principales, est peut-être même la principale source de richesse de cette région. C’est une richesse à exploiter et nous devons nous demander : comment l’exploiter ? Ici nous devons prendre exemple sur nos voisins, les Suisses. Ceux-ci ont avec une persévérance, une application, un sens très aiguisé de la publicité, fait une énorme réclame pour leur pays ; les résultats ont récompensé leur efforts. Pour utiliser vraiment cette richesse naturelle, il faut appeler à son secours la Science. Les Suisses en ont tiré un admirable parti. Ils ont attiré, encouragé, subventionné les savants. Ils ont publié leurs travaux, ils les ont propagés, ils les ont répandus partout. On parle souvent d’une façon humoristique de prendre la Lune avec les dents, les Suisses ont fait mieux, ils ont accaparé, ils ont monopolisé le... Soleil. Ici nous laissons la parole aux savants avec lesquels nous avons pu nous entretenir ; ceux-ci nous ont fourni les renseignements suivants, partout dans toutes les revues scientifiques, il n’est question que de travaux suisses ou allemands. Ceux-ci publient une foule de documents sur la température, l’ensoleillement, etc. Ces documents sont richement édités, accompagnés de courbes, de graphiques, de clichés pour la démonstration de leurs thèses, documents d’ailleurs souvent truqués et tendancieux. Il y a mieux, ou plutôt plus mal, les Allemands après la guerre n’ont pas craint de déclencher une offensive de calomnies contre nos stations françaises climatiques et thermales. De tout cela il faut que le grand public soit averti, il faut que nos stations soient même, chose incroyable, défendues. L’organisation de cette défense appartient sans aucun doute à nos Syndicats. Les "cris d’alarme" isolés des journalistes, quelle que soit leur notoriété, leur courage sont sans efficacité. Nous pouvons donc poser la question. Jusqu’à présent qu'a-t-on fait pour la Côte Basque ?
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LE CHÂTEAU BASQUE BIARRITZ 1925 PAYS BASQUE D'ANTAN |
Certaines municipalités croient avoir rempli tout leur devoir quand elles ont fait classer leur commune parmi les "stations climatiques." On se figure que le mot suffit et beaucoup croient à sa vertu magique. Il n’en a absolument qu’une seule : permettre l’autorisation des jeux de hasard. C’est tout à fait insuffisant, il faut pouvoir maintenir sa supériorité par des arguments certains, par des données scientifiques. Jusqu’à ce jour cet aspect du problème n’a pas été suffisamment compris ; bien mieux certains esprits retardataires manifestent plus que de l’indifférence mais une hostilité qui pour être sourde et déguisée n’en est pas moins contraire aux grands intérêts généraux.
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CASINO MUNICIPAL BIARRITZ 1922 PAYS BASQUE D'ANTAN |
Nous en donnons une preuve en reproduisant ici une lettre publiée il y a quelques deux ans par un de nos régionaux :
Bayonne Climatique. — Ce qui se passa en 1886. — L’occasion retrouvée. — Le numéro de la Gazette du 6 décembre cite des extraits d’un article de la Petite Gironde sur Bayonne Station Climatique. Il n’y a là aucune nouveauté, puisque dans les comptes rendus du tout premier Congrès de Climatologie dont les assises furent tenues à Biarritz, en 1886, on trouve p. 384, un rapport de M. H. Léon, sur le climat de Bayonne. Celui-ci rappelle, p. 399, que déjà le professeur Trousseau, qui connaissait le pays, recommandait ce séjour à ses convalescents et à ses clients fatigués. Alors Biarritz n’existait pas, la Côte d’Azur n’était point lancée.
Il n’a donc dépendu à cette époque que de Bayonne de comprendre l’importante source de développement qu’eût été pour elle l’application rationnelle des idées de Trousseau, et depuis cinquante ans, elle serait station climatique.
Ici, comme dans bien d’autres domaines, nous trouvons comme précurseur un médecin célèbre. Il lui a manqué d’être compris des Bayonnais. Et nuc gentes erudimini.
Il ne faudrait cependant pas oublier que c est à Biarritz même que s’est tenu en 1886 le premier Congrès de Climatologie ; les obscurs (?) savants qui ont pris part sont les véritables pionniers de la prospérité du Pays Basque. Il existe à Biarritz un observatoire météorologique bien insuffisant dont les observations sont publiées chaque mois par le Bulletin de la Société "Biarritz-Association". Il existe au Château d’Abbadia à Hendaye un observatoire important. Quelle diffusion donne-t-on à leurs travaux ? Les utilise-t-on pour familiariser les hivernants et les étrangers avec les caractéristiques de nos stations ? Leur accorde-t-on des encouragements, des subsides, une aide morale et pécuniaire ? Nous ne saurions trop attirer l’attention sur ce point capital. Nous ne pourrons pas lutter avec avantage contre la concurrence étrangère, nous ne pourrons pas répondre victorieusement aux calomnies de nos adversaires, si nous ne leur opposons pas une abondance de documents sérieux bien présentés, partout diffusés.
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CHÂTEAU ABBADIA HENDAYE PAYS BASQUE D'ANTAN |
Il est une autre question dont nous devons également signaler l’importance, c’est celle de la liaison entre nos stations climatiques et thermales. Nous avons déjà dit dans la première partie de ces réflexions que la route des Pyrénées ne devait pas être simplement une voie de communication parcourue par des autocars. Notre Côte Basque quoique géographiquement bien délimitée ne doit pas s’isoler des stations voisines mais un échange actif doit avoir lieu avec elles.
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THERMES SALINS BIARRITZ - MIARRITZE PAYS BASQUE D'ANTAN
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De Biarritz-Thermal nous ne dirons que peu de mots, car la question des Eaux Thermales mériterait une étude sérieuse qui échappe à notre compétence au point de vue technique. Nous savons simplement que la réunion du climat marin et de l’eau la plus salée de France fait de Biarritz "la Capitale du sel" une ville unique au monde en son genre à ce point de vue. Ce serait une faute lourde de négliger pareille ressource pour augmenter la prospérité de cette cité d’ailleurs si riche. La renommée mondiale de Biarritz comme station mondaine ne doit nullement faire oublier le Biarritz thermal, au contraire : les cas qui relèvent de sa spécialisation thérapeutique sont de ceux qui ne peuvent nuire en rien à l’élégance générale, à l’aspect gai et vivant de la station.
Mais nous devons nous efforcer de faire encore autre chose entre les stations thermales du centre des Pyrénées et la Côte Basque, les relations directes doivent devenir plus intimes et plus suivies. L’hiver, par exemple, nous avons à Pau de nombreuses réunions, nous avons à Superbagnères des sports d’hiver, des moyens de communication rapides doivent permettre de suivre les unes et les autres. La route des Pyrénées, inaccessible l’hiver, devient alors inutilisable, les autres routes sont longues, c’est aux chemins de fer que nous devons demander des communications rapides et faciles. Nous nous permettrons ici de citer un exemple dû à des initiatives françaises.
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THERMES-SALINS DE BIARRITZ PAYS BASQUE D'ANTAN
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C’est au Maroc : on songe à faire de Marrakech une station d’hiver, la douceur de sa température lui permet d’être l’égale des stations d’Egypte. Or, à cent kilomètres de là se dressent les cimes argentées du grand Atlas ; on songe à installer des sports d’hiver sur celles-ci ; de sorte que dans la même journée, le résident pourra goûter la douceur d’une température estivale et jouir du sain exercice qu’on ne peut pratiquer que dans les régions froides.
A ce point de vue la Côte d’Azur, plus rapprochée que nous des régions glacées, ce qui d'ailleurs n’est pas sans inconvénient, s’est résolument lancée dans cette voie. La Côte Basque se doit également à elle même de réaliser cette idée. Quel charme ajouté au séjour de nos stations si l’hivernant pouvait jouir tour à tour des douceurs de l’ambiance marine et être confortablement transporté pour de courts séjours vers Luchon, Superbagnères et y profiter sans fatigue des magnifiques épreuves sportives qui s’y déroulent.
Nous pouvons donc conclure de cette courte étude des trois mots : Touristique, Climatique, Thermal, qu’il reste encore beaucoup à faire pour assurer à la Côte Basque son plein développement.
Ce que nous avons dit n’est nullement inspiré par l’esprit de dénigrement. La France, et notre région en particulier, sont riches en ressources naturelles, et aussi en initiatives hardies. Nous avons simplement voulu, en sortant un peu de notre cercle étroit, stimuler la volonté des uns et des autres, leur montrer ce qu’on fait en dehors de nous et que nous pourrions faire beaucoup mieux.
D’après un rapport de M. Bardet, l’Allemagne tirait de ses ressources hydrominérales plus d’un milliard de francs avant la guerre, la France, beaucoup plus riche en sources naturelles, cent cinquante millions, soit toujours meilleure est nécessaire. Delà l’importance du Congrès de la Confédération Pyrénéenne Climatique, Thermale et Touristique qui vient de tenir ses assises à Toulouse. Il a eu à aborder des problèmes qui touchent à toutes les branches de notre activité. Activité à laquelle doivent collaborer savants, médecins, ingénieurs des ponts et chaussées, des chemins de fer, architectes, sportifs, hôteliers, commerçants, touristes même, ainsi que le fait remarquer M. Mieille dans un récent article de la Revue Pyrénées-Océan.
Anacharsis"
(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)
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