lundi 8 mai 2017

L'USINE CHANCERELLE A CIBOURE EN LABOURD AU PAYS BASQUE EN 1917


L'USINE CHANCERELLE A CIBOURE DEPUIS 1917.

Pendant l'entre deux-guerres on assiste à des déplacements très réguliers de main-d'oeuvre depuis la Bretagne jusqu'au Pays Basque.

L'industrie de la conserverie en France est, à l'origine, essentiellement sardinière, car la pêche 

de ce "poisson bleu" fut longtemps l'unique source de matière première pour les conserveries 

bien avant que celle-ci (avant la fin du 19ème siècle) poussée par la nécessité de se procurer de 

nouveaux marchés, élargisse et diversifie sa production en traitant de nouvelles espèces, 

comme le thon et le maquereau.

L'honneur d'avoir, le premier, appliqué industriellement le procédé Appert (méthode de 

conservation des aliments en les stérilisant par la chaleur dans des contenants hermétiques et 

stériles) à la conservation des sardines revient à un confiseur de Nantes, Joseph Colin, au début 

du 19ème siècle.

On situe la création de la première usine "Colin"en 1824, à Nantes.

Puis, ce fut l'apparition de conserveurs tels que Amieux, Philippe et Canaud, Pichery, 

Cassegrain, etc...

Enfin , au début du 20ème siècle, les familles des industriels de la conserve de Douarnenez 

s'installent au Pays Basque : la famille Chancerelle s'installe à Ciboure (Ziburu) dès 1917 et 

crée les "Anciens Etablissements Chancerelle" ("Chancerelle Frères"), puis c'est la famille 

Paulet, à Saint Jean de Luz, en 1920, et plus tard la famille Béziers en 1927, également à St 

Jean de Luz.

En 1922, la chambre syndicale des Conserveurs de la Côte Basque est créée. 

Elle est due à l'initiative de M Mony (des "Anciens Ets Chancerelle") qui en fut son premier 

président.

Partout, une main-d'oeuvre féminine, venant de Douarnenez ou de Tréboul, est appelée par les 

conserveurs de la Côte Basque pour travailler la sardine, à partir du mois de septembre, au 

cours de l'hiver ou du printemps, période morte pour la majeure partie des ouvrières 

vendéennes et bretonnes.

USINE CHANCERELLE

USINE CHANCERELLE



USINE CHANCERELLE




USINE CHANCERELLE

Les femmes partaient en train, voyage payé, par groupes assez importants, avec un contrat de 

travail de six mois.

Elles étaient tenues de remplir ce contrat  pour pouvoir bénéficier des frais de voyage retour 

chez elles, dans leur pays.

Les trains n'étant pas directs entre Douarnenez et Saint Jean de Luz, les ouvrières bretonnes 

devaient changer de train à Quimper, à Nantes et à Bordeaux.

Leur trajet durait 24 heures et elles voyageaient toute la nuit et toute la matinée, en partant 

vers 16 heures et en arrivant à destination le lendemain à midi.

Ensuite, elles se faisaient envoyer  leurs vêtements et leurs couvertures.

En règle générale, les usines disposaient de dortoirs où les ouvrières se reposaient, dans des lits 

en fer, pendant les six mois que durait la saison.

De même, les conserveurs se virent obligés d'aménager, souvent dans les propres locaux de 

l'usine, des cuisines et des réfectoires.

Chaque année, Douarnenistes et Tréboulistes, dès l'âge de 16 ans,  rejoignaient ces usines et 

certaines ont fait souche en Pays Basque.

Certaines familles autorisaient avec crainte ces déplacements aux réputations bien 

particulières.

Certaines mères empêchaient le départ de leurs filles, au nom de la morale, des "risques" 

encourus et des fréquentations jugées trop douteuses.

Mais d'autres, beaucoup d'autres, partaient et l'on ne compte plus les mariages entre Basques 

et Bretonnes.

Même les contremaîtresses venaient du Finistère, et, parfois, de Douarnenez.

Les commises étaient très souvent des Bretonnes... comme les gérants, et dans toutes les usines 

de la Côte Basque.

Nombre de Cibouriens et de Luziens ont aujourd'hui des noms d'origine bretonne, ils se 

reconnaîtront...


PAYS BASQUE AVANT
USINE CHANCERELLE CIBOURE PAYS BASQUE 1936


PAYS BASQUE AVANT
INTERIEUR USINE CHANCERELLE COLL RAMUNTXO BASURCO



pays basque avant
INTERIEUR USINE CHANCERELLE COLL RAMUNTXO BASURCO


En 1947, c'est le point culminant de la pêche à la sardine avec 6249 tonnes débarquées  à Saint 

Jean de Luz, qui devient le premier port sardinier de France.

Cette année-là, on dénombre 16 conserveries de poisson sur la Côte Basque.

Dès 1949, c'est le début de la chute sensible de la pêche , avec 4047 tonnes de sardines 

débarquées.


En 1950, on ne débarque que 378 tonnes de sardines.


Dans les années 1950, la raréfaction de la ressource sur la côte Atlantique incite les conserveurs 

bretons et basques à s'installer au Maroc, mais pas Chancerelle.


En 1956, la coopérative Maritime Itsasokoa fait l'acquisition des locaux désaffectés de l'ex-

usine Chancerelle à Ciboure, pour servir d'entrepôt de matériel.



(Source : Altxa Mutillak : spécial 100 ans de pêche et photos Ramuntxo Basurco, merci à lui...).








Merci ami lecteur (lectrice) de m'avoir suivi dans cet article.


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1 commentaire:

  1. En complément à ce bel article lire aussi les deux livres publiés par l'association d'histoire locale douarneniste "Mémoire de la ville" https://memoiredelavilledouarnenez.blogspot.com/p/la-collection.html:
    1) numéro hors-série Hors série (1988)Bretagne - Pays basque
    Douarnenez - Saint-Jean-de-Luz-Ciboure
    2) numéro 39 - article "Un Trébouliste met sac à terre à Saint-Jean-de-LuzJean Marie Leyldé, pionnier parmi les marins basques. Témoignages sur la colonie douarneniste de Saint-Jean-de-Luz. 1911"
    3) Sur le site Bagoucoz (vieux bateaux), comment les basques ont appris aux Bretons à pêcher le thon dans le livre de Michel Mazéas "Le monde de la pêche - À la poursuite du thon" : https://bagoucozdz.fr/ARCindex4.php?&lng=$lng

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