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vendredi 4 septembre 2026

L'ABANDON DU STADE HENDAYAIS RUGBY À PARIS EN FÉVRIER 1925

L'ABANDON DU STADE HENDAYAIS RUGBY À PARIS EN 1925.


Lors de la saison de rugby de la FFR 1924-1925, le Stade Hendayais est dans la poule A, avec Stade Toulousain, Stade Français, AC Perpignan et SU Agen.



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STADE HENDAYAIS RUGBY
PARC DES PRINCES 15 FEVRIER 1925
PHOTO AGENCE ROLL




Voici ce que rapporta à ce sujet J. Faget dans la revue hebdomadaire La Côte basque : 

revue illustrée de l'Euzkalerria, le 22 février 1925 :



"L’abandon du Stade Hendayais au Match de Paris. 



M. Faget, le dévoué secrétaire général du Stade Hendayais qui accompagna notre vaillante équipe à Paris pour le match Stade Français Hendaye, match comptant pour les Poules de 5, a bien voulu expliquer lui-même à nos lecteurs dans un article spécialement écrit à leur intention comment le Stade Hendayais dut abandonner le terrain, victime des circonstances. Nul mieux que lui n’étant qualifié pour décrire cette épreuve — dans le plus triste sens du mot — à laquelle il assista et au cours de laquelle il soutint nos joueurs de tout son dévouement. Nous lui passons donc la parole.



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JERÔME FAGET STADE HENDAYAIS RUGBY
PAYS BASQUE D'ANTAN



Ce match est sans histoire, une tempête imprévue de pluie et de neige fondue ayant enlevé tout intérêt à une rencontre qui s’annonçait sévère, intéressante, où chaque équipe avait ses chances de succès. Hendaye dont l’équipe était supérieurement entraînée a été vaincue par les éléments. Partis de Hendaye avec 15° au dessus de zéro, les Hendayais se trouvaient subitement plongés au Parc des Princes, dans des bains de boue glacée. 



Les Parisiens revêtus au-dessous de leurs maillots de chemisettes imperméables, véritables cirés, pouvaient victorieusement braver les intempéries, beaucoup mieux que le modeste maillot de coton des Hendayais, et il a fallu un réel courage à ces derniers pour oser affronter non pas le Stade Français, les Toulousains étaient autrement durs, mais la bise glacée du Nord, qui n’a rien de comparable à nos vents du Sud. L’arbitrage de M. Payret fut très contestable et alors que les Hendayais les membres raidis par le froid, s’essayaient à faire du jeu régulier, les Parisiens jouaient au sifflet, c'est-à-dire, fort des déclarations de l’arbitre parues sur un journal du matin, mettaient en pratique toutes les irrégularités du jeu, hors-jeux de 4 et 5 mètres, rampant à terre quoique tenus et c’est ainsi que fut marqué le deuxième essai, l’homme plaqué à deux mètres des buts de Hendaye rampa, rampa, sous les yeux indulgents de l’arbitre, quoique tenu par trois Hendayais, ce qui fit dire à l'Echo des Sports : l'arbitrage de M. Payret fut large, large, large. . . et cet arbitre serait à revoir. 



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RUGBY : STADE FRANCAIS PARC DES PRINCES
1 FEVRIER 1925
PHOTO AGENCE ROLL



A la mi-temps Hendaye rentra au vestiaire, immédiatement de l'eau chaude préparée d’avance fut jetée sur les équipiers Basques, un bon café chaud et des frictions énergiques ranimèrent les joueurs lesquels, quoique vêtus des mêmes maillots maculés de boue glacée, enfoncèrent en coin le pack Parisien et foncèrent plus de 10 minutes dans leurs 20 mètres. 



Le soleil, que n’était-il de la partie ! La bise, la pluie persistante, et avec quelle vigueur tombait- elle, eurent raison de nos braves petits joueurs. Léon Pardo, le premier faiblit : ses orteils étaient gelés et le vertige s’était emparé de lui ; il avait peur de tomber sur le terrain et se retira, houspillé par un public abrité qui ne comprenait pas que des conditions atmosphériques déplorables risquaient d’amener des accidents regrettables. 



Léon Pardo devant cette manifestation stupide, revint sur le terrain, pas pour longtemps, les mêmes symptômes de congestion le reprenant. Pée, la figure gonflée se retira également, le capitaine Siro, qui cependant est d’une énergie peu commune, soutenu par deux de ses camarades, put à peine articuler deux paroles pour demander à l’arbitre l’autorisation de se retirer du terrain, et éviter ainsi des accidents possibles. C’est pendant cette phase de la partie que les deux essais de la seconde mi-temps furent marqués par le Stade français, dont les sous vêtements imperméabilisés protégeaient magnifiquement ses joueurs. 



Imprévoyance des Hendayais, disaient certains journaux. Non! Manque de moyens financiers, répondront les gens logiques, car Hendaye, (4 200 habitants) n’est pas Paris et pour faire le voyage en 3e classe et emporter les repas dans un panier, car ni les wagons-restaurants, ni les wagons-couchettes ne sont faits pour les déshérités ; Hendaye, la petite commune s’est imposée une souscription pour envoyer ses enfants à Paris. 



"Le Stade Hendayais a été vaincu par la tempête" et si l’équipe a quitté le terrain, c’est par force, malade, la rage au cœur de n’avoir pu montrer au public parisien, ce que peuvent la volonté et la persévérance, car le Stade Hendayais était prêt et capable de gagner : complet dans toutes ses lignes, la mêlée, son point faible, avait été travaillée et faisait merveille dès le début, (sur 5 mêlées, 3 fois le ballon) la Fatalité est toujours très dure pour les petits, en raison précisément des forces matérielles précaires dont ils disposent. 



Effondrement complet pour les Hendayais, les éléments cruels annihilant leurs moyens physiques et anéantissant leurs espérances matérielles fondées sur une belle recette. Ah ! qu’ils auraient été les bienvenus ces 15 billets de mille, et que de projets échafaudés ! Au lieu de cela le déficit dans la modeste caisse et les gros Pontifes vous diront encore "Imprévoyance". 



Bref, la seconde mi-temps fut interrompue au bout de 18 minutes de jeu, des concours bénévoles s’offrirent, de l’eau chaude fut encore jetée sur les joueurs, qui passèrent à la douche, chacun prit un homme, et des massages très durs furent employés, des boissons très chaudes complétèrent les soins. Comme le public continuait à protester, ainsi que quelques dirigeants du Stade Français, vite, je pris le petit demi de mêlée Recarte dans mes bras et le présentai à l’arbitre, à la foule et à beaucoup de journalistes et leur criai s’il était humain d’exposer inutilement la santé d’un homme. Le petit Recarte claquait des dents, ses bras étaient inertes et pour lui enlever ses souliers il fallut lui couper les lacets ainsi que les genouillères. M. Payret l’arbitre mentionna dans son rapport : 


Le match fut joué une première mi-temps correctement. A la deuxième mi temps au bout de 18', le capitaine Siro voyant ses hommes à bout, malades me demanda l’autorisation de quitter le terrain. Un temps affreux persistant, j’accordais cette autorisation les Hendayais étant frigorifiés. 



Donc la conduite du Stade Hendayais a été en la circonstance absolument au-dessus de toute critique.



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STADE HENDAYAIS RUGBY 1926


Persister à jouer, c’était courir au devant de risques bien gros et pour avoir voulu courir ces risques St-Girons qui jouait à Buffalo quitta le terrain 10' avant la fin, mais eut trois évanouissements sur le terrain et un quatrième dans le vestiaire, un joueur fut ramené sérieusement malade. 



René Petit qui jouait dans la sélection Guipuzcoa avouait le soir que le froid intense empêchait ses camarades de dribbler et qu'il souffrit cruellement de voir les équipiers de deux camps souffrir énormément du froid et c’était de l’Association, donc pas de plaquages dans la boue glacée qui vous coupait toute respiration comme à Buffalo, comme au Parc des Princes. 



Le Stade Hendayais a vu d’autres déconfitures les dirigeants sont des énergiques, et l’équipe qui se dispose à partir à Perpignan affronter les Arlequins n’est pas découragée. Que la chance nous favorise un peu, et on verra !"


 

(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)







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vendredi 3 juillet 2026

ELGAR LE JOURNAL DES BASQUES DE PARIS EN NOVEMBRE 1947

LE REDÉMARRAGE DU JOURNAL ELGAR EN NOVEMBRE 1947.


En juillet 1934, a paru le premier numéro du journal Elgar ("ensemble"), fondé par Paul Legarralde, compositeur, chef de choeur et fondateur du groupe Errepika rebaptisé Gernika en 1937.



presse basque paris pays eskualzaleen biltzarra
ELGAR JOURNAL DES BASQUES DE PARIS
1ER NOVEMBRE 1947



Elgar était le premier organe de presse qui s'adressait "aux Basques de Paris". Mensuel rédigé majoritairement en français, certains articles paraissaient parfois en castillan, régulièrement en langue Basque et plus particulièrement en souletin.



Elgar se faisait l'écho des événements survenus au Pays Basque ainsi que des actualités de la communauté basco-parisienne. L'autre objectif était de rassembler les membres de la communauté et d'accompagner les Basques venant d'arriver à Paris.



Une dizaine de numéros a paru jusqu'en 1936, puis sa publication s'est interrompue, avant de reprendre le 1er novembre 1947.



Voici ce que rapporta l'édito du 1er novembre 1947 :



"Elgar...



Le 1er novembre 1934, à la sortie de la messe annuelle des Basques, on distribuait le premier numéro d'Elgar.



Le 1er novembre 1947, dans les mêmes circonstances, Elgar reparaît.



Ces treize années de silence ne sont pas une défection. Il y a eu le sabordage de la guerre, les difficultés de l'après-guerre.



Après avoir bien réfléchi, bien étudié les difficultés formidables de réalisation d'un journal, nous avons pris notre décision.



Il faut qu'un journal des Basques de Paris existe : parce que les milliers de Basques qui vivent dans la capitale ont besoin d'un trait d'union ; parce que les Basques du monde entier doivent savoir que dans le centre culturel merveilleux qu'est Paris, nos compatriotes jouent leur rôle, qui n'est pas mince ; parce que, aussi, c'est par milliers qu'on compte les savants, les lettrés, les touristes, les sportifs qui s'intéressent à la chose basque.


Donc, Elgar doit reparaître. 



Mais notre journal n'est pas une publication ordinaire.



Personne, chez nous, n'est payé : ni les rédacteurs, ni les messagers bénévoles qui cherchent de la publicité, ni les vendeurs.



Il n'y a, bien sûr, que l'imprimeur.



Et, malgré son amabilité, il est cher.



Pourquoi ne pas le dire ? Grâce à la générosité des dirigeants parisiens de l'Eskualzaleen Biltzarra, nos frais sont couverts pour quelques numéros.



Mais il y a la suite !



Pour qu'Elgar vive, il faut un immense élan de solidarité, une grande vague d'affection, un groupage des bonnes volontés.



Notre premier article est donc un appel. Aidez-nous par des dons, Basques d'ici et d'ailleurs ! Aidez-nous par la publicité, Basques commerçants et amis des Basques !




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PUBLICITE RESTAURANT LA CÔTE BASQUE
JOURNAL ELGAR 1ER NOVEMBRE 1947



Pour qu'Elgar vive, aidez-le !



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BANDEAU AIDEZ ELGAR
JOURNAL ELGAR 1ER NOVEMBRE 1947




Fidèle à son ancienne formule, Elgar sera un journal en dehors de toute politique et de toute confession.



Toutefois, il nous est impossible de ne pas nous pencher avec un intérêt fraternel sur la situation des Basques péninsulaires.



Il nous serait difficile, en outre, d'oublier la vieille devise "Jaingoikuak eta Lege Zaharra".




Elgar publiera des articles d'éminents bascologues. Déjà il s'est assuré l'amicale collaboration de personnalités bien connues : l'abbé Lafitte, Louis Dassance, Ernandorena, Henry Poydenot, Pierre Apesteguy, Pinatel, etc...



Nous étudierons les divers problèmes de l'ethnographie, de la linguistique, des origines basques.



Nous traiterons des aspects de notre folklore, de nos danses, de nos sports.



Et aussi nous dirons les nouvelles du pays et des Basques parisiens, pour que chacun ait chaud au coeur en lisant tous les mois "son" journal.



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"LE VRAI BASQUE DE PARIS"
JOURNAL ELGAR 1ER NOVEMBRE 1947



N'est-ce pas là un beau programme ?



Mais, journal pour tous, Elgar doit être le journal de tous. Nous insérerons bien volontiers toutes les communications et les articles de tous nos amis.



Voici le départ donné. Avec une pointe d'émotion, mais avec pleine confiance, nous nous élançons, comme nos ancêtres les corsaires, sur la mer de l'espérance et de l'amour de notre patrie. Mais nous n'arriverons au but qu'aidé par vous tous, et de toutes les façons. Que l'on puisse compter sur nous, c'est indéniable ; mais Elgar compte, pour vivre, sur vous tous, Basques et amis des Basques !"



A suivre...



(Source : gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France et https://www.bilketa.eus/) 



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samedi 13 juin 2026

LE GROUPE GAZTELU-ZAHAR D'HENDAYE À PARIS EN JUIN 1949 (deuxième et dernière partie)

LE GROUPE GAZTELU-ZAHAR À PARIS EN JUIN 1949. 



Le choeur d'hommes Gaztelu Zahar d'Hendaye a été fondé en septembre 1945 par Pepito Alonso.



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LOGO DE GAZTELU ZAHAR D'HENDAYE







Voici ce que rapporta à ce sujet Elgar, le Bulletin d'information des Basques de Paris, en juillet 

1949 :


"... Le beau voyage du groupe Gaztelu-Zahar d'Hendaye, à Paris.


Le point de vue du critique musical.




Le groupe Gaztelu-Zahar d'Hendaye, se présente très bien, dans l'accoutrement pittoresque des mendigoizales : pantalons à rayures pris dans de grosses chaussettes de laine, sandales à lacets noirs, ceinture noire, chemise noire, béret.



Les voix sont bonnes ; parmi les ténors, le timbre agréable de Célestin Eguiazabal. Les seconds ténors, assez intimidés, mais chantant juste et nuancé, ce qui est rare. Les barytons, bien. Et un étonnant pupitre de basses, descendant facilement au contre-do.



Du côté équilibre, c'est parfait. Peut-être manque-t-il un premier ténor dans certains passages "forte". Mais toutes les voix sont fondues et disciplinées.



Le répertoire est joli. Il devra se développer dans la recherche de belles chansons, notamment dans la mine d'or qu'est la Soule, où je suis certain qu'on pourrait harmoniser pour ce groupe d'hommes de très vieux airs.



Une critique amicale. Pourquoi chanter du russe ou du suédois ? Le folklore basque n'est-il pas assez riche ? Je me suis régalé en écoutant "O Pepita", dont l'exécution est vraiment de très grande classe ; mais il y a tant et tant de jolies mélodies euskariennes ? Il ne faut pas suivre l'exemple de ces groupements péninsulaires, forts de 150 ou 180 exécutants qui, au lieu de chanter leur répertoire national, veulent démontrer qu'ils connaissent Monteverde, Bach ou Honegger, et, dans ce cas, ne font pas mieux que les grandes chorales françaises ou espagnoles.



Les pots-pourris, très allègres, mais ils gagneraient à être mieux harmonisés. Souvent la basse, au lieu de donner la note fondamentale de l'accord, donne à l'octave, la tierce. C'est un péché mortel en harmonie.



Reste le résultat.



Il est vraiment, et je pèse mes mots, extraordinaire. On se demande comment 15 amateurs, dont la plupart, sans doute, ne sont pas musiciens d'école, dirigés par un amateur qui n'est pas un spécialiste de la fugue et du contrepoint, sont arrivés à donner des auditions où les attaques sont 100 pour 100 précises, les modulations archi-justes, les forte homogènes, les pianos superbement soutenus, les conclusions précises. Cette chorale s'apparente aux ensembles russes et ukrainiens, qui, quoique professionnels, ne donnaient pas une plus forte impression d'ensemble.



Il est dommage, très dommage, que Paris n'ait pas entendu Gaztelu-Zahar à Gaveau, ou à Pleyel-Chopin. C'eût été un régal.



Et c'est une oeuvre admirable, qui n'a pu arriver à ce point de perfection que grâce à un labeur inouï du chef, le talentueux et ardent Pepito Alonso, à une volonté acharnée de tous les chanteurs, le tout dans un amour efficace du folklore de leur Pays Basque.


Merci et bravo !


Jacques Perré."



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GROUPE GAZTELU-ZAHAR D'HENDAYE

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GROUPE GAZELU-ZAHAR D'HENDAYE
SEPTEMBRE 1945 ET JANVIER 1946


"Merci, Gaztelu-Zahar !



Le groupe hendayais est resté onze jours parmi nous.



Certes, nous avons veillé à ce que de l'arrivée au départ, tout soit prêt pour que nos amis soient contents de nous.



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GROUPE GAZTELU-ZAHAR D'HENDAYE


Ils l'ont été et nous ont remercié, officiellement, officieusement, par des mots ou des gestes dont certains, sur le quai d'Austerlitz, étaient émouvants.



Et pourtant, c'est nous qui leur disons merci.



Merci pour la propagande énorme qu'ils ont faite pour le Pays Basque et l'art folklorique basque. Partout leur présentation a été impeccable. Partout leur prestation musicale a été parfaite. J'ai vu des spécialistes étonnés de la mise au point des voix, de l'ensemble des attaques, des nuances, et du style d'interprétation.



Et merci aussi pour l'exemple double qu'ils ont donné aux Basques de Paris. On a tendance, ici, à croire qu'un Basque doit hurler dès les hors-d'oeuvre dans les banquets, et se donner en spectacle au dessert. Les Hendayais ont donné une belle leçon à quelques chevaux échappés que nous avons ici, à savoir qu'ils ont mangé et bu tout autant, et qu'ils se sont tenus beaucoup mieux. Sujet de méditation, dont nous dégagerons les conclusions plus tard.



Pour cet exemple, pour cette propagande, c'est nous qui disons merci aux Hendayais, de tout coeur, et qui sommes fiers de les avoir reçus, si simples, si gentils, si peu cabotins, si éloignés des manifestations de cirque basques, si purement dans les traditions d'Eskual-Herria.




pays basque chants chorale labourd hendaye
GROUPE GAZTELU-ZAHAR D'HENDAYE


Merci, Gaztelu-Zahar, et au revoir...


Legarralde"








P.S. : une pensée pour Peio Macicior (récemment disparu) et pour sa famille...





(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)

(Merci à Maika pour le document original)








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mercredi 13 mai 2026

LE GROUPE GAZTELU-ZAHAR D'HENDAYE À PARIS EN JUIN 1949 (première partie)

LE GROUPE GAZTELU-ZAHAR À PARIS EN JUIN 1949.

 



Le choeur d'hommes Gaztelu Zahar d'Hendaye a été fondé en septembre 1945 par Pepito Alonso.



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LOGO DE GAZTELU ZAHAR D'HENDAYE






Voici ce que rapporta à ce sujet Elgar, le Bulletin d'information des Basques de Paris, en juillet 

1949 :


"Le beau voyage du groupe Gaztelu-Zahar d'Hendaye, à Paris.



Nous avons cru devoir, en raison des nombreuses manifestations qui ont eu lieu en juin, publier un numéro spécial de juillet, et à la demande de nos lecteurs, insister sur l'excellente propagande faite à Paris par le groupe "Gaztelu-Zahar" d'Hendaye.



Et voici le groupe Gaztelu-Zahar.


Son chef : 

Pepito Alonso, pâtissier-acteur-chanteur-chef de chorale, grand mangeur devant l'Eternel, basque carliste et coeur d'or.


Ses basses :

André Bidegaray, contrebasse de fort volume et voix chaude, quoique marchand de glace.


Pierre Etchenausia, fils de l'adjoint au maire d'Hendaye, la voix de son père, le caractère de... lui-même, joue du txistu et très joliment.


J. B. Etchenausia. C'est son frère. En plus, il danse à ravir.


Pierre Etchenausia. Le fils de Dominique. La carrure des Eguiazabal. Et quel timbre ! Et c'est lui le trésorier. Plus avare qu'Havard numéro 2.




pays basque chants chorale labourd hendaye
GROUPE GAZTELU-ZAHAR D'HENDAYE




Ses barytons :


Manolito Curutchet, dit Havard numéro 2, ancien trésorier, plus avare qu'Havard numéro 1, masseur-pédicure, vedette de chant, a chanté à Berlin devant 500 000 personnes ; le charme de la quarantaine et l'ardeur de don Juan Tenorio.


Georges Cazeaux, Iñaki Uriarte, Luis Ecenarro, chanteurs, siffleurs, gastronomes.


Ses deuxièmes Ténors :


Ils sont deux : José Luis Sarrasqueta et Lorentzo Etxarri, deux figures de Basques magnifiques, joyeux de vivre et de de chanter.


Ses premiers Ténors :


Célestin Eguiazabal, joueur de rugby, pelotari, danseur de fandango, soliste à la voix de cristal, maître de chai chez le frère Ganich. Le corps d'Hercule et l'âme célestine. N'est pas content qu'on parle des contrebandiers d'Hendaye.


Maurice Hozera promène sa stature et son calme sans s'étonner de rien. Bon appétit. 


Louis Provost. Hôtelier-poète, élégant, a réussi à séduire Paris par son charme filiforme et personnel.


Guy Phocas, dit Phoscao, celui dont les Parisiennes se souviennent. Pas impressionné par Paris, mais pas du tout. Trouve que c'est un peu cher. Homme-protée, se charge de parler, danser, chanter, faire le saut périlleux, lever les poids et faire la quête.


Et n'oublions pas Gaby Altuña et Jean Hirigoyen, txistu et atabalero, jeunes et candides, d'abord impressionnés par la Ville-Lumière, puis complétement à l'aise.


Et voilà Gaztelu-Zahar.



pays basque chants chorale labourd hendaye
GROUPE GAZELU-ZAHAR D'HENDAYE
SEPTEMBRE 1945 ET JANVIER 1946



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pays basque chants chorale labourd hendaye
GROUPE GAZTELU-ZAHAR D'HENDAYE




J'ai observé Gaztelu-Zahar...



Après le départ bruyant, sensationnel, des Hendayais, je me suis demandé pour quelles raisons cette chorale a laissé à Paris d'une part une excellente impression, d'autre part des regrets.


Et j'ai médité, rétroactivement, sur les faits et gestes de ces 17 garçons, jeunes ou demi-jeunes, pendant dix jours à Paris.


J'ai observé, d'abord, que ce groupe artistique est simple. Pepito est simple, Célestin est simple, Bidegaray est simple. Il n'y a, nulle part, la moindre trace de cabotinage. Sans fracas, sans attitudes, sans les allures préoccupées ou faussement absorbées qu'ont certains groupes folkloriques, ces garçons présentent tout bonnement une production, d'ailleurs soigneusement préparée. Et c'est très bien ainsi.


Autre caractère. Ils sont Basques. C'est-à-dire francs buveurs, solides mangeurs, et gais naturellement, mais tout cela dans la dignité. Pas d'excès, pas de démonstrations ridicules, pas d'exhibitionnisme. Tous, sans exception, ont donné, en quelque endroit qu'ils se trouvent, un bel exemple de bonne tenue. Au travail, une attention soutenue, les yeux fixés sur leur chef, désireux de faire au mieux. Et après, toujours gentils, corrects et en même temps amusants comme Phoscao et Prouvost, toujours dans les limites convenables.


Et encore ils sont aimables. Surpris au début par l'accueil qui leur a été fait, ils ont tout de suite sympathisé avec leurs compatriotes de Paris. Des amitiés durables sont nées pendant ce séjour ; ils ont su faire comprendre qu'ils étaient sensibles à l'effort parisien, ils l'ont dit.


Je suis tranquille : qu'une seule ou qu'un seul de chez nous se présente à la pâtisserie de Pepito, au chai de Célestin, à l'hôtel de Prouvost, sur le bateau d'Echarri, il verra tout de suite le sourire se dessiner sur le visage de l'Hendayais.


Il faut souhaiter que des échanges de ce genre aient lieu entre les groupes folkloriques basques. Ici, à Paris, nous sommes prêts à aider tout le monde. Mais il arrive qu'on croit ne pas devoir nous demander cette aide, et il arrive aussi, disons-le franchement, que lorsque nous allons dans notre pays basque, notre qualité de chanteur ou danseur du groupe de Paris ne nous vaille aucune sympathie, parfois même au contraire.


Pour Hendaye, la question est réglée. Ils ont véritablement séduit Paris par leur simplicité et le charme cordial qu'ils dégagent et qu'ils inspirent. Je ne sais pas s'ils reviendront. Mais je sais bien qu'en groupe ou isolément, ils peuvent compter sur l'amitié des Basques de Paris.


Jean Havard."




pays basque chants chorale labourd hendaye
GROUPE GAZTELU-ZAHAR D'HENDAYE


P.S. : une pensée pour Peio Macicior (récemment disparu) et pour sa famille...



A suivre...





(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)

(Merci à Maika pour le document original)








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mardi 23 septembre 2025

UNE CONFÉRENCE SUR LE PAYS BASQUE À PARIS EN 1924

UNE CONFÉRENCE SUR LE PAYS BASQUE À PARIS EN 1924.


L'histoire et les traditions du Pays Basque ont fait l'objet de nombreuses conférences.



pays basque traditions pelote danses langue
UNION PYRENEENNE FONDEE EN MAI 1899



Voici ce que rapporta à ce sujet le quotidien local la Gazette de Bayonne, de Biarritz et du Pays 

basque, le 12 décembre 1924 :



"Le Pays Basque à Paris.

Une conférence de M. Navarre.



L'Université Mercereau, à Paris, a consacré une soirée littéraire et musicale aux Basques, lundi 8 décembre.



Le programme artistique était très bien composé. Nous voulons signaler une très intéressante conférence sur les Basques qui a été faite par M. Albert Navarre, qui fut à Paris l'un des fondateurs de l'Union Pyrénéenne, dont il est resté l'animateur depuis vingt-cinq ans.



Avec l'aisance de quelqu'un qui possède la maîtrise de son sujet, le conférencier situa d'abord géographiquement le Pays Basque, côté français et côté espagnol.




pays basque traditions pelote danses langue
CARTE PAYS BASQUE NORD ET SUD




Ce n'est pas une précaution inutile pour le grand public qui ignore que nos vivantes petites provinces du Labourd, de la Soule et de la Navarre forment à peine l'étendue des deux arrondissements pyrénéens de Bayonne et Mauléon.



Combien sont-ils aujourd'hui, comme nombre les Basques des trois provinces françaises et des quatre provinces espagnoles de Biscaye, Navarre, Alava et Guipuzcoa ?



L'orateur, d'après les documents les plus dignes de foi, estime qu'ils n'atteignent pas le demi-million en ne tenant pas compte évidemment des émigrants qui sont encore trois ou quatre cent mille, plus particulièrement dans le Nouveau-Monde.



Ce "petit peuple", malgré la faible étendue de son domaine territorial possède sa glorieuse histoire. Ce sont des marins basques qui ont participé à la découverte du nouveau Monde ; il y en avait sur les caravelles qui ont abordé sur les côtes d'Amérique ; on en trouve avec tous les grands navigateurs, qui depuis plusieurs siècles ont exploré les Océans.


pays basque autrefois corsaires marins
TIMBRE-POSTE CORSAIRES BASQUES
PAYS BASQUE D'ANTAN


Les Basques ont su conserver à travers les âges leur indomptable fierté, leur amour de la liberté, leur foi ardente et l'usage de leur langue qui ne ressemble à aucune autre.



M. Navarre qui se défend de porter un jugement en pareille matière, expose rapidement les théories diverses en présence relatives à l'origine de la langue basque sur laquelle les spécialistes philologues ne sont pas parvenus à se mettre d'accord.



Les sept provinces basques, d'ailleurs, ne parlent pas exactement la langue : il existe un idiome un peu différent pour chacune des provinces, en France, notamment le "Souletin" diffère légèrement du "Navarrais", lequel diffère à son tour du "Labourdin".



Le conférencier décrit ensuite la maison basque, maison généralement isolée et dont chacune porte un nom qui la distingue de sa voisine.



pays basque autrefois ferme maison
FERME BASQUE
PAYS BASQUE D 'ANTAN


Il dit le charme du foyer basque et loue les nombreuses familles, la force d'un pays et sa sauvegarde.



Les Basques, plus que beaucoup d'autres, ont conservé une partie de leurs coutumes d'autrefois, malgré la tendance qui se dessine vers l'universelle et pourrions-nous dire une monotone uniformité.



La pratique de leur religion, le culte des aïeux, leurs danses caractéristiques, leur jeu de pelote, leurs réunions familiales, sont restés en honneur dans tout le Pays Basque.



Le jeu de la pelote à main nue ou à chistera compte parmi les jeux les plus beaux, ceux dans lesquels se manifeste à la fois la force, la grâce et l'adresse.



ascain autrefois pays basque pelote chistera
FABRICANT DE CHISTERAS ASCAIN
PAYS BASQUE D'ANTAN


Ce noble jeu a fait des adeptes en dehors du Pays Basque et il est de plus en plus en faveur auprès de nos jeunes gens.



Le conférencier n'a pas caché le reproche adressé aux Basques d'être hostiles à la conscription (surtout autrefois) et d'affectionner tout particulièrement la contrebande. La situation n'est plus la même qu'autrefois et tout ce que l'on raconte sur ce chapitre est très grossi et même dénaturé. M. Navarre a salué, en passant, la brillante conduite des régiments basques, pendant la grande guerre.



Il a cité l'extrait d'une protestation qui avait circulé, il y a vingt ans, dans le Pays euskarien, lorsqu'un gouvernement par trop centralisateur voulut interdire l'usage de la langue à laquelle les Basques tiennent par-dessus tout. Publions cet extrait, il reflète l'ardeur et la combativité de ce peuple qui défend âprement ce qu'il considère comme un patrimoine intangible :


"Nous voulons continuer à parler la langue basque et nul tyranneau ne nous en empêchera.


Dites autour de vous, rappelez s'il le faut, aux éphémères détenteurs du pouvoir, qu'il y a longtemps que les Basques ont reçu sans s'en émouvoir les ordres des gouvernements divers. Ils ont vu passer les Ibères, les Celtes, les Romaines, les Carthaginois, les Vandales, les Goths, les Arabes, les Francs... et ils sont toujours restés Basques."



"J'ai entendu parler par mes ancêtres, dit le conférencier, cette légendaire tradition qui remonte au premiers siècles.


Au temps de Clovis, vivait sur les deux versants des Pyrénées, un chef wisigoth élevé à la romaine, qui était très fier de représenter la civilisation occidentale.


S'étant aperçu que les montagnards pyrénéens le narguaient dans un langage inconnu, il promulgua un édit ordonnant que seule fût admise la langue latine, et fit défense à quiconque de s'exprimer dans le langage "barbare et grossier" des pâtres montagnards. Il donna deux ans pour que l'idiome basque fût à jamais supprimé...


Deux ans, et y a quinze siècles ! Le nom du chef goth est même oublié : toute trace de civilisation wisigothe a disparu ; le latin est langue morte, et le basque se parle toujours !


A bon entendeur, salut !"



M. Navarre a terminé en parlant des pastorales basques, tragédies parfois, comédies le plus souvent dont les faits locaux constituent la trame. Ecrites par des paysans, elles sont jouées par eux. Les critiques sont parfois sans aménité. Les pastorales ne sont pas imprimées ; elles restent à l'état de manuscrits et répandues ainsi dans le village.



Les écrivains basques des deux pays sont plus nombreux qu'on ne l'aurait supposé. Depuis vingt ans, les dirigeants basques se sont plusieurs fois réunies à Fontarabie, à Hendaye ou ailleurs, en une sorte de Congrès littéraire et régionaliste.



L'union règne entre basques français et basques espagnols. Certains rêvent de constituer une nationalité basque autonome.



Le conférencier ne croit pas à la réalisation de tels projets d'une efficacité discutable. Il termine en félicitant les artistes basques qui ont donné à cette soirée un cachet de régionalisme artistique et il fait des voeux pour que dans le cadre de leurs nations respectives, les Basques conservent le plus longtemps possible les traditions qui ont fait dans le passé et le présent leur force et leur honneur."



(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)


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jeudi 21 août 2025

UNE EXPOSITION DE VITRAUX ET DE MOSAÏQUE D'ART MAUMÉJEAN FRÈRES À PARIS EN 1927

UNE EXPOSITION MAUMÉJEAN À PARIS EN 1927.


C'est au début des années 1920 qu'est édifiée à Hendaye une immense manufacture de verrerie par les frères Mauméjean.


euskal herria lehen maumejean vitrail hendaia
BUREAUX MAUMEJEAN A PARIS


Voici ce que rapporta à ce sujet le quotidien Comoedia, le 11 décembre 1927 :



"Une exposition de vitraux et de mosaïque d'art.



L'art du vitrail, si riche en manifestations précieuses, si puissamment évocateur de la sensibilité humaine aux âges les plis contrastés de notre histoire, a trouvé de nos jours de véritables apôtres en trois maîtres verriers et mosaïstes d'art : les frères Mauméjean. Les amateurs des arts du feu se souviennent encore des manifestations diverses auxquelles ont participé les frères Mauméjean dans le courant de cette année. A Paris, au Salon de la Société nationale des Beaux-Arts et au Musée du Jeu de Paume, à l'Exposition du grand séminaire d'Arras et à l'Exposition d'art liturgique à Toulouse ; enfin, plus récemment, à Bayonne, les frères Mauméjean ont affirmé d'une manière décisive une maîtrise incontestée. Leur exposition de vitraux, mosaïques, cartons et esquisses, dans les salles de la mairie de Bayonne, mises gracieusement à leur disposition, fut organisée sous le haut patronage du ministre de l'Instruction publique et des Beaux-Arts. Elle remporta le succès le plus éclatant et le souvenir en sera durable parmi ceux qui ont eu la joie d'en dénombrer les richesses et d'y goûter dans sa plénitude une émotion d'art de la plus rare qualité.



Cette fête artistique, imposante et somptueuse, réunissait quelques-uns des spécimens les plus significatifs de l'admirable technique des trois grands artistes : 

Les scènes de l'ancien et du nouveau testament, réduction des quarante-huit vitraux destinés à l'église Saint-Jean-Baptiste de Pawtucket (Etats-Unis), offrent une gamme de bleus et de jaunes dont la richesse éclatante illustre des thèmes traités avec une ampleur et un goût remarquables.

La Madeleine aux pieds du Christ, fragment de quarante vitraux en exécution pour le sanctuaire de Sainte-Thérèse-de-l'Enfant-Jésus, à Paris, n'en est pas moins digne d'être admirée pour l'opposition vigoureuse et très étudiée des violets et des rouges.



Entre tant d'autres oeuvres, il convient de signaler surtout la Glorification du bienheureux M. Garicoïts, verrière circulaire de six mètres de diamètre, destinée à la nouvelle chapelle de Bétharram et qui offrait la splendeur fastueuse de ses couleurs, la sûreté aisée de sa composition, le charme puissant et doux d'une imagination vibrante et curieusement inspirée.



euskal herria lehen maumejean béarn vitrail hendaia
COUPOLE VITRAIL MAUMEJEAN
CHAPELLE DE BETHARRAM
BRARN D'ANTAN



A côté de ces chefs-d'oeuvre de l'art religieux, se groupaient des compositions profanes, non moins originales et non moins achevées. Voici les panneaux qui valurent aux frères Mauméjean le Grand Prix à l'Exposition internationale des Arts décoratifs de 1925, à Paris : La Douleur et la Scène andalouse destinée à l'une des baies d'une des plus riches villas de Biarritz.



exposition paris 1925 mauméjean hendaye
PAVILLON MAUMEJEAN PARIS
EXPO ARTS DECORATIFS 1925


L'exposition était également riche en mosaïques. La Vierge de Douleur enrichira de son émotion contenue, mais si grave, le monument aux morts de La Bresse, dans les Vosges, tandis que Les Six Vertus atteignent à une ampleur décorative d'un accent et d'un relief admirables. Non moins attachante aussi, mais pour des raisons différentes, une mosaïque profane intitulée Ruines d'un temple grec à Bysance, d'un sentiment exquis et d'une combinaison de couleurs dégradées, avec un parement de nacre et de smeltes.




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MONUMENT AUX MORTS 
88 LA BRESSE



Ce qui, ici, est peut-être le plus digne de remarque, c'est la diversité des techniques au service d'essais d'inspirations rigoureusement dissemblables.



La multiplication des cellules, poussée à son point extrême de perfectionnement, a permis de rendre la lumière plus vivante et plus sensible en la filtrant en quelque sorte, grâce à une grande richesse de transparence. MM. Mauméjean se sont demandé, voici déjà longtemps, s'il convenait d'accepter cette sorte d'orthodoxie moderne qui proclame, d'un dogme implacable, le tort qu'inflige la peinture à la vitalité du verre. Sans méconnaître la part de vérité de cette conception, il leur est justement apparu que sur celles de leurs oeuvres qui mériteront de demeurer, l'influence et l'action profondes du temps imposeront cette patine qui donne aux chefs-d'oeuvre du passé leur caractère émouvant et leur beauté mystérieuse et touchante. Ainsi, devançant l'oeuvre patiente des années, la cendre impalpable et divine qu'elles déposent sur les oeuvres des hommes, s'y associant pour ainsi dire, les maîtres verriers n'ont pas hésité à employer de légères touches transparentes de grisailles et de jaunes à l'argent destinées à réunir les ombres et les clairs sous une forme de sertis dédoublant la trame des plombs.



La construction plane des vitraux devait aussi se poser à eux comme un problème d'une importance primordiale. Les saillies géométriques qui semblaient pouvoir le résoudre offraient l'inconvénient rédhibitoire de ne pas assurer aux vitraux une résistance suffisante à l'action destructrice, lente mais certaine, du temps. MM. Mauméjean ont adopté un autre procédé qui atteint au but souhaité : ils ont fait couler des verres d'épaisseurs et de convexités différentes qui réalisent admirablement l'ambition qu'a tout artiste de traduite dans ses aspect multiples la réalité vivante.



euskal herria lehen maumejean vitrail hendaia
VITRAIL MAUMEJEAN EGLISE FONTARRABIE GIPUZKOA
PAYS BASQUE D'ANTAN



A cet égard, il était particulièrement significatif de confronter les oeuvres inspirées des styles archaïques et classiques que nous offraient MM. Mauméjean, avec leurs oeuvres d'inspiration personnelle. Profitable étude et qui témoignait de l'enrichissement de l'artiste du XXe siècle qui, nourri de l'enseignement du passé, n'en a pas moins le sens des aspirations et du goût de son époque.



Discerner la grande direction de l'effort des frères Mauméjean, héritiers de deux générations de maîtres verriers, tel a été notre propos. Leur "cas", leur exemple illustrent admirablement l'utilité, pour fortifier et grandi les âmes, d'une forte atmosphère familiale, professionnelle et locale. Leur ferveur d'artistes est une tradition, elle a en eux des attaches profondes et des prolongements. C'est une des raisons de leur complète réussite. C'est aussi peut-être là qu'il faut reconnaître le secret de la merveilleuse intuition avec laquelle ils ont ressuscité l'esprit humble et magnifiquement poignant des premiers âges du vitrail, quand les pauvres gens sentaient leur âme transfigurée en épelant les signes adorablement simples qui s'offraient à leur misère. L'avenir du vitrail est un rôle décoratif. Il ne le remplira que s'il est riche en couleurs, simple de technique, précieux dans sa matière."




  



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