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vendredi 2 octobre 2026

UNE HISTOIRE DE LA GRANDE PÊCHE BASQUE EN 1943 (dixième partie)


UNE HISTOIRE DE LA GRANDE PÊCHE BASQUE.


Depuis des siècles, il y a des pêcheurs de petite et grande Pêche au Pays Basque.



pays basque autrefois pêche baleine morue
TERRE-NEUVAS 1941
PAYS BASQUE D'ANTAN




Voici ce que rapporta à ce sujet Madame Maxime Dégros dans le Bulletin de la Société des 

sciences, lettres & arts de Bayonne, en janvier 1943 :



"La grande Pêche Basque des Origines à la fin du XVIIIe siècle. (Suite)


Les ports basques.



Le déplacement de l’embouchure de l'Adour exerça également son influence sur Bayonne. Aussi longtemps que le fleuve se jeta à Capbreton, des bâtiments jaugeant jusqu’à 800 tx purent remonter jusqu’à Bayonne, dont le port était très actif, mais qui, capitale politique de la région, souffrait de ce que Capbreton abritât toujours l'entrepôt des marchandises. 



pays basque autrefois fleuve labourd
L'ADOUR AUTREFOIS



Du jour où l’Adour se jeta au Vieux Boucau, son nouveau lit, ensablé, empêcha les navires de plus de 80 tx de remonter à Bayonne, ce fut la ruine du port. Les principaux négociants allèrent se fixer à St-Jean-de-Luz ou à Capbreton qui dès lors eut à supporter de la part de Bayonne maintes tracasseries souvent violentes. 



pays basque autrefois adour labourd fleuve
L'ADOUR AUTREFOIS


Le commerce maritime bayonnais demeura insignifiant jusqu’à l’ouverture du nouvel estuaire. Il prit alors un grand développement par suite de l’entrepôt qui s’y établit, et Bayonne supplanta définitivement Capbreton. 



Au XVIIe siècle, elle est maîtresse de l’Adour. En réalité son port n’est pas favorable car la barre de l’Adour rend son accès très difficile. La barre est un amoncellement de sables mouvants, formés par la rencontre de deux courants : l’un venant de l’Adour, l'autre de la mer. Elle constitue une bosse sous-marine qui diminue brusquement la profondeur de l’eau. Suivant la direction et la force des vents, elle se déplace et provoque un danger permanent. Pour la franchir, il faut : la grande marée, un vent arrière plus fort que le courant qui vient à la rencontre du navire et une mer calme pour que le pilote major (celui de la barre) puisse de sa chaloupe guider la marche du navire. 



Comme ces conditions se trouvaient rarement réunies, on comprend les difficultés d’accès au port ; aussi dès qu’on l’utilisa sérieusement, c'est-à-dire après 1578, chercha-t-on les moyens de supprimer cette barre gênante et dangereuse, mais aucun travail efficace ne fut entrepris. Souvent en effet des navires s’y perdaient, bien qu’ils eussent attendu le moment favorable pour la franchir. Ainsi en 1733 un terre-neuvier, après une attente de six jours, se perdit le septième avec sa pêche.  



Pour ne pas engager de grosses dépenses en exécutant d’importants travaux, on préféra au XVIIIe siècle des réparations partielles continuelles qui en définitive coûtèrent sans doute aussi cher et ne donnèrent jamais d’heureux résultats. Ceci explique que la fortune de Bayonne ait toujours été très inférieure à celle de St-Jean-de-Luz dont le port, quoique médiocre, était encore bien meilleur. 



Pour éviter l’inconvénient qu’offrait la traversée de la barre de l’Adour, les Bayonnais laissaient chaque année quelques navires hiverner à Pasajes en Espagne, port sûr et d’accès facile. Ces navires placés dans un chenal voisin de la mer, s’y conservaient très bien grâce à la salure de l’eau, mais les derniers arrivés étaient moins favorisés, se trouvant dans un renfoncement du port où l’eau trouble était presque douce et où les vers pouvaient les attaquer. 



Cet hivernage en Espagne ne manquait pas d’inconvénients. S’ils voulaient aller à Pasajes approvisionner leurs navires afin de partir directement pour la grande pêche, les Bayonnais devaient remplir en France de nombreuses formalités qui demandaient bien du temps. Si les Espagnols suscitaient quelqu’incident (ce qui arrivait régulièrement) la flotte partait trop tard et arrivait trop tard sur les lieux de pêche. De plus, l’armement des navires laissés à Pasajes coûtait un tiers en plus de ce qu’il aurait coûté en France parce qu’il fallait tout transporter, ou que les Espagnols, s'imposant comme pourvoyeurs, exagéraient leurs prix. 



Enfin, sans parler de l’humiliation qu’il y avait pour les Bayonnais à dépendre ainsi de l’Espagne, leur situation était très critique quand une guerre éclatait entre cette nation et la France. 



Pour leur commerce et leur pêche les Bayonnais avaient donc besoin d’un bon port ; ils ne cessèrent de le réclamer, mais il fallut attendre Napoléon pour voir aménager un port dont l’accès soit toujours facile. 



Au XVIIIe siècle, on pensa faire de Biarritz un avant-port de Bayonne. Quand la pêche côtière était florissante, le port de Biarritz était l’un des plus accessibles de la côte, préférable à celui de St-Jean-de-Luz et surtout à celui de Bayonne. 



Avec l’amélioration de ce dernier grâce au percement de l’estuaire de l’Adour, et les armements de la grande pêche, Biarritz perdit de son importance et se contenta d’être un port de petite pêche. En 1739, après de longues discussions, on y restaura une ancienne tour, sur laquelle on établit un feu destiné à guider les navires à l’entrée de l’Adour. Les frais de construction s’élevèrent à 2 904 livres. L’entretien devait être assuré par une contribution payée par chaque navire entrant dans la barre. Deux ans plus tard, on reconnut l'inutilité de ce feu et il fut supprimé. 



St-Jean-de-Luz est construit au fond d’une baie semi-circulaire. A sa gauche se jette la Nivelle qui le sépare de la ville de Ciboure. 



Cette baie abritait mal les navires contre les vents du large, et une barre, fréquemment formée par les sables, rendait l’entrée et la sortie du port si difficiles que sur la droite de la ville, près de Ste-Barbe, se tenaient en permanence des chaloupes prêtes à secourir des navires en détresse ou à partir plus rapidement en chasse des baleines qu’on signalait. Aussi, dès le XVIe siècle, pensa-t-on à créer un port au pied de la falaise de Socoa dépendant de la paroisse de Ciboure. 



St-Jean-de-Luz se montra d’abord hostile à ce projet et il y eut même des incidents sanglants entre les deux populations ; puis il comprit l'utilité de ce port et contribua à sa construction. 



Des travaux, commencés sous Henri IV, furent terminés en 1627. 



Le port de Socoa, bien abrité, rendit quelques services. En réalité, il était peu commode. Son fond de roc usait les câbles ; beaucoup trop petit, il ne contenait qu’une soixantaine de vaisseaux de 200 tx au plus. Les navires ne pouvaient y entrer ou en sortir qu’à marée haute, et, à ce moment, la mer y était si forte, que les navires ancrés s’y cognaient les uns contre les autres 



Socoa n’était donc pas un port idéal, et dès qu’on se fut rendu compte de ses inconvénients, on chercha à améliorer celui de St-Jean-de-Luz ce que rendait très difficile la présence de la barre. Vauban, chargé par Louis XIV d’établir un projet, jugea qu’un excellent port pouvait être fait à St-Jean-de-Luz, et indiqua le moyen (il s’agissait de rétrécir la baie) ; mais les guerres de la fin du règne et la mort du roi empêchèrent les travaux et l’on continua d’utiliser le vieux port. 



Mal abrité, les orages et les tempêtes l’endommagèrent fréquemment. 



Au XVIIIe siècle, les réparations furent continuelles. On fit de nombreux projets jamais réalisés ; on dépensa, en réparations et travaux provisoires, autant que si l’on avait réalisé le plan de Vauban (en 1789, dans les impôts payés par Bayonne, 1 200 livres sont affectés au port de St-Jean-de-Luz), mais on ne rendit jamais le port pratique. 



Socoa ne l’étant pas plus, les navires ne pouvaient compter sur un abri favorable dans cette partie de la côte ; circonstance regrettable au point de vue international, car les bâtiments venant du golfe de Gascogne y seraient entrés par gros temps, au lieu d’être obligés d’aller jusqu’à Pasajes, à cinq lieues de là. Pour la pêche, c’était bien plus regrettable encore. Les Luziens ne tenaient pas à laisser leurs navires hiverner à Socoa qui ne les contenait pas tous et où ils s’abîmaient, non plus qu’à Saint-Jean-de-Luz où l’entrée et la sortie étaient difficiles et périlleuses. Aussi en laissaient-ils hiverner presque tous les ans à Pasajes et supportaient-ils tous les inconvénients qui en résultaient. 



Aussi longtemps qu’ils armèrent pour la grande pêche, et cela jusqu’à la Révolution, les habitants de St Jean-de-Luz ne cessèrent de réclamer un autre port, attribuant avec raison à son insuffisance une grande partie de leurs malheurs. 



Les archives locales sont pleines de leurs doléances au XVIIIe siècle, où le malaise politique, économique et social contribuait déjà à faire baisser la pêche. 



Cependant, même à cette époque, le trafic de St-Jean-de-Luz était encore supérieur à celui de Bayonne. 



En résumé, le commerce passa donc successivement de Capbreton (au XVIe siècle), à Bayonne (au XVIIe) de là à St-Jean-de-Luz. Mais les Basques manquèrent toujours d’un bon port comme Pasajes, où les navires entreraient facilement, hiverneraient sans danger, d’où ils sortiraient par n’importe quel temps, et leur pêche s’en ressentit. 



Avant d’abandonner l’étude des ports basques, voyons rapidement comment s’y font les constructions et les départs des navires. 



A Bayonne, Ascain, St-Jean-de-Luz, un bâtiment se construit à assez bon compte, bien qu’aucun matériau ne se trouve au pays basque. 



La main-d’œuvre est constituée par les habitants du pays qui ne sont pas pêcheurs. Le chanvre nécessaire au cordage vient du Nord. Il entre sans beaucoup de frais dans le port quand celui-ci est franc ou quand on spécifie qu’il est destiné à des navires. Les matières résineuses pour caréner les vaisseaux viennent des forêts des Landes et descendent de Dax par l’Adour. 



Le bois vient des Pyrénées : les petits mâts proviennent généralement de la vallée d’Aspe, d’où ils descendent par la Nive. Les plus forts, venant de la vallée de Barétous, prennent un chemin de terre jusqu'au Gave d'Oloron qu'ils empruntent jusqu’à l'Adour. 



A Ascain surtout se fabriquent les navires de fort tonnage. L’enquête de 1664 montra que les chantiers du Labourd avaient fourni 21 bâtiments sur 74, le reste venant de chantiers français ou hollandais. 



En 1684, la construction d’un navire de 280 tx, portant 65 hommes, coûtait environ 48 000 livres, son équipement 16 000, soit 64 000 livres, auxquels s’ajoutent les avances à l’équipage. 



En 1775, il faut compter pour la construction, l’équipement et les avances près de 90 000 livres ; en 1784, 120 000 livres. De plus, chaque désarmement et réarmement coûte 30 000 livres.



Quand sont terminées toutes les formalités concernant l’équipage, un navire doit, avant de partir, acquitter certains droits, qui augmentent les dépenses des armateurs : droit d’average (pour réparer les avaries du port) ; de balise (pour l’entretien de celle-ci), à Bayonne seulement ; de lestage et délestage ; enfin, du droit de congé. 



Tous ces droits varient suivant la nature du voyage et le tonnage du navire. En 1782, les bâtiments de 80 tx au plus, partant de Bayonne chargés de morue à destination de Bilbao, St-Sébastien ou Santander, payent en tout 2 l. 12 s. 16 d. 



Les navires de pêche doivent, de plus, prendre un congé à Plaisance ou St-Pierre pour aller pêcher sur les Bancs et retourner au pays basque (7 l. 10 s. en 1765), quel qu’en soit le tonnage. La perception de ces taxes qui, relativement minimes, ne grevaient pas considérablement le budget des armateurs, contribuait à l’entretien des ports.



Les principaux lieux de pêche.

La côte du golfe de Gascogne.



Les baleines, pour fuir "les profondes ténèbres et les rigueurs de l’hyver" boréal, car elles aiment le soleil et la lumière, descendaient au Moyen-Age vers des régions plus tempérées. 



Elles étaient attirées par la côte du golfe de Gascogne qui, sans être très découpée, présentait des échancrures assez ouvertes pour recevoir celles qui allaient mettre bas. D’autres, suivies déjà de leurs petits, appréciaient les sables où "ces jeunes folâtres" pouvaient se divertir (entre autres la plage de la Chambre d’Amour, près d’Anglet). 



Leur passage durait tout l’hiver, commençant à l’équinoxe de septembre, au moment où les sardines arrivaient sur la côte (d’où probablement le nom de baleine de sardes, que les Basques donnaient à l’espèce qu’ils trouvaient sur leur côte). 



Toutes les populations du littoral prenait part à la pêche ; le nom de Guéthary vient peut-être du basque "guaitary : gardien", à cause des tours qui existaient dans ce bourg et d’où l’on surveillait l’approche des baleines. 



Biarritz semble avoir été le centre principal de la pêche au XIIIe siècle. Deux tourelles rondes flanquaient le château établi sur la falaise qui dominait le port ; elles servaient à guider les barques et le guetteur, qui s’y trouvait, signalait l’arrivée des baleines. Dans les habitations, une pièce du rez-de-chaussée était généralement réservée à la "fonte de l’huile". Tonnes d’huile et fanons s’entassaient dans les magasins autour du port-vieux. 



C’est à Biarritz qu’on trouva le plus de traces du passage des baleines (sièges ou clôtures de jardins fabriqués avec les os de ces animaux ; fours où l’on fondait la graisse). 



Au XIVe siècle, le commerce de la ville est très florissant ; elle traite avec les villes espagnoles ou flamandes ; elle est très riche, mais elle est sous la dépendance de Bayonne dont elle entretient le chapitre avec la dîme de ses revenus et où elle est obligée de vendre une partie de sa pêche. 



Si Biarritz prend une baleine, Bayonne doit en être immédiatement avertie et la vente aux enchères de la bête se fait devant les représentants de l’abbé de Biarritz et du maire de Bayonne (accord du 18 février 1335). Tous les habitants peuvent pousser les enchères, sauf ceux qui ont pris part à la capture. 



La pêche côtière, régulière et abondante d’abord, se fit plus difficile dès le XVe siècle, soit que l’espèce de baleines qui venaient jusqu’alors ait disparu, soit plutôt qu’averties par leur instinct, elles aient déserté ces lieux trop dangereux pour elles. Aux XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles on les pêche encore sur la côte, plus souvent qu'aujourd’hui, mais cependant la prise d’une baleine est un événement qui fait l’objet de nombreux contrats passés entre les villes de la côte (1567, transaction entre Biarritz et Bayonne ; 1580, entre Biarritz, Bidart et Guéthary) et qu’on relate avec détails surtout si le hasard veut qu’un hôte de marque puisse justement y assister. Ainsi, le 18 janvier 1529, François de Turenne qui allait à Madrid épouser par procuration Eléonore d’Autriche, assista à Biarritz à la prise d’une baleine de "sept aulnes et demi et quatre doigts dont la langue pesait seize quintaux". 



Le 16 février 1619, une baleine, aperçue à Bidart, fut poursuivie jusqu’à Hendaye dont les habitants se mirent en chasse ainsi que ceux de Fontarabie. Ces derniers emportèrent l’animal. 



En décembre 1625, les Biarrots en capturèrent une autre. En 1626, c’est le duc de Grammont qui a la chance d'assister à une pêche. Le 4 février 1688, une baleine et son petit entrèrent dans l'estuaire de la Bidassoa, âprement disputés entre chaloupes françaises et espagnoles. Les habitants de Fontarabie les rapportèrent chez eux et pourtant, d’après le récit, ceux d’Hendaye auraient dû se les approprier. 



Le 1er avril 1741, un cachalot entra dans le port de Bayonne. Sa capture dura quatre heures ; toute la population était présente, les uns pour aider, les autres pour regarder car "un événement si singulier et si extraordinaire... mit toute la ville en mouvement et dans le plus vif empressement de courir à ce spectacle." 



En 1743 et 1748, à Capbreton, en 1764, à Saint-Jean-de-Luz, s’échouèrent une baleine, ou la mère et son petit, et chaque fois ce fut un grand profit et un grand amusement pour la communauté. 



pays basque autrefois chasse baleine
BALEINE 1863
PAYS BASQUE D'ANTAN


Les lieux de pêche d’Amérique. 



En Amérique, c’est près de la côte de Terre-Neuve, de Capbreton, des îles St-Pierre et Miquelon, dans le détroit Davis et le golfe St-Laurent, sur les Bancs, que les Basques pêchent les morues. Les trois centres principaux sont la côte et les bancs de Terre-Neuve, Capbreton, l’Archipel St-Pierre. 



Le poisson vit toute l’année dans ces parages, changeant de place pour suivre l’appât qui l’attire. 



On le pêche à partir du moment où les glaces fondent et où il se rapproche des côtes pour frayer. 



Le hareng l’attire fin mars en Acadie ; début mai à Capbreton, où il reste jusqu’en septembre. On le trouve au milieu de mai sur le banc de St-Pierre et la côte sud de Terre-Neuve, d’où il avance vers le nord du Grand Banc. C’est le plus beau poisson, la morue de primeur, (il y en a une trentaine au quintal). Vers le 20 juin, la morue est dans le golfe St-Laurent, puis à l’est de Terre-Neuve où elle poursuit le capelan. Elle est plus petite et moins belle ; il y en a une cinquantaine au quintal. 



En juillet, la pêche est générale. La présence des chiens de mer fait quelquefois fuir la morue en août, mais elle revient en septembre. Le capelan a été remplacé par l’encornet ; puis c’est à nouveau le hareng qui attire une morue grasse et huileuse. 



Octobre ramène les pêcheurs près des côtes, et si les glaces ne sont pas trop précoces, ils peuvent pêcher tout le mois à Capbreton et sur la côte ouest. 



Si l’année est mauvaise, le poisson déserte les bancs dès le mois de juin. 



Les morues affectionnent particulièrement les fonds rouges : mélange de coquillages, terre grasse et roches pourries. Les meilleurs sont au Grand Banc, au banc des Orphelins, ensuite à Ferol et Port-à-Choix, puis sur l’autre côté de l’île. 



Les Bancs sont probablement des restes d’un ancien continent nord-Atlantique. Ils forment un haut-plateau sous-marin dont le sol, recouvert d’une faible épaisseur d’eau, est propice à la vie des morues. Les principaux sont : le Grand Banc, le Banc à Vert, le Banc de St-Pierre, le Banc des Veuves et des Orphelins. 




pays basque autrefois pêche baleine morue
GRANDE PÊCHE SUR LES BANCS DE TERRE-NEUVE



Les Bancs sont dangereux toute l’année ; les écueils y sont nombreux et souvent invisibles. La rencontre du Gulf-Stream et du courant du Labrador provoque en été, quand la différence de température des deux courants est très marquée, des brumes épaisses et persistantes. En hiver, le danger vient des glaces ; mais le moment le plus périlleux est encore le printemps, quand commence le dégel. 



On pêche sur les bancs non loin de la côté de Terre-Neuve que l'on regagne tous les soirs. 



A Terre-Neuve, dont nous avons déjà donné une description sommaire, la côte sud est la plus poissonneuse (chaque homme y prend au moins 60 quintaux par saison) et fournit le meilleur poisson. Le port de Plaisance, bien situé, abritant au moins 80 navires, rendait cette côte très pratique. La pêche se faisait à une lieue de terre et la morue était rapportée chaque soir. 



pays basque autrefois pêche baleine morue
FORT DE PLAISANCE TERRE-NEUVE



La côte ouest est très bonne aussi entre Cap de Raye et le golfe St-Laurent ; mais la pêche de printemps est d’un résultat médiocre et celle d’automne très écourtée par les glaces qui s’y forment de bonne heure. De plus, les ports n’y sont pas grands et les graves peu nombreux. Ainsi, à Port-à-Choix, qui fut le plus fréquenté par les Basques, il n’y a guère que trois graves et la place pour 90 chaloupes et cinq ou six navires. 



La côte nord entre Ferol et Cap de Grat n’est utile que pour la coupe des bois. 



Capbreton, île triangulaire de cent lieues de tour environ, a tous ses ports à l’est. Les principaux sont : Louisbourg, bien protégé mais fermé par les glaces de novembre à mai, et Fort Dauphin, qui est bien abrité mais difficilement accessible. Aucun ne peut recevoir de grands bâtiments. Les graves manquent. L’été y est excessivement chaud et gâte le poisson. La pêche s’y faisait assez loin de la côte, car il fallait aller sur le banquereau ou Banc à Vert, à plus de six lieues, ce qui forçait les chaloupes à passer la nuit en mer et quelquefois même plusieurs nuits. Les hommes couraient de gros dangers et la morue risquait de s’abîmer avant d’être préparée ; d’ailleurs, la pêche n’était pas très abondante, un homme ne prenait pas plus de 30 quintaux dans la saison. 




pays basque autrefois pêche baleine morue
ÎLE DU CAP-BRETON (NOUVELLE-ECOSSE)



Pour tous ces inconvénients, les Basques n'apprécièrent jamais Capbreton qui n’était pas apte à devenir l’établissement principal d’une nation. Ce pouvait être un lieu de pêche secondaire ; c’était surtout pour nous une forteresse qui protégeait la navigation française au nord de l’Amérique, et permettait de surveiller le golfe St-Laurent et notre colonie canadienne. 



A Saint-Pierre, la morue est très belle, surtout à l’est, dans le Canal. Mais les ports ne contiennent pas plus de 50 chaloupes et le bois manque. 



L’île est cependant préférable à celle de Miquelon dont les graves seraient supérieurs, mais dont la rade est très mal abritée. 



Les lieux de pêche d’Europe.



Eu Europe, les Basques pêchaient en Islande, au Groenland, à l’île Jan-Mayen, au Spitzberg, aux îles Lofoden. 



Au Spitzberg seulement, ils eurent un moment des établissements ; le nom de La Biscayers Hook pointe du Nord-Ouest, rappela leur passage. Au sud de la baie actuelle de Magdalena était la Baie des Basques, siège des établissements de Vrolicq, et au nord, un autre centre basque qui est maintenant le havre de Smeerenburg. 




pays basque autrefois pêche baleine morue
SMEERENBURG
NORD-OUEST DU SVALBARD




Les Basques continuèrent à y pêcher la baleine dont ils fondaient la graisse à bord. De même, ils envoyèrent des expéditions au Groenland, après le mois de juillet où commencent seulement à fondre les icebergs. Les baleines étaient assez nombreuses dans ces parages. Mais la pêche de la morue ne fut jamais très active en Islande, car les Basques pratiquaient peu la pêche dérivante et les côtes islandaises leur furent toujours interdites."





A suivre...




(Source : gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France et Wikipédia)


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