jeudi 25 octobre 2018

INAUGURATION DE LA STATION DE SECOURS À SOCOA AU PAYS BASQUE EN OCTOBRE 1910


INAUGURATION DE LA STATION DE SECOURS À SOCOA EN 1910.


En 1910, c'est un événement d'importance qui a lieu à SOCOA, dans ce quartier de pêcheurs.


ciboure autrefois
SOCOA 1910
PHOTO LE MUR DE CIBOURE
PAYS BASQUE D'ANTAN


Voici ce que rapporta la presse nationale :


  • Le Petit Journal, dans son édition du 21 octobre 1910 :

"Un canot de sauvetage à Saint-Jean-de-Luz.

(Dépêche de notre correspondant) 


Saint-Jean-de-Luz, 20 Octobre. 


A Socoa, faubourg de Saint-Jean-de-Luz, vient d'avoir lieu  le baptême du canot Amiral-Galiber placé dans cette station par la Société Centrale de Sauvetage des Naufragés. 



On inaugurait, en même temps une cale en ciment armé de cent mètres de longueur, sur laquelle est établie une voie ferrée qui sert à lancer l'embarcation. La manœuvre de mise à l'eau se fait en une minute."



  • Gil Blas, dans son édition du 25 octobre 1910 :

"...On a célébré à Socoa (Saint-Jean-de-Luz) la bénédiction et la lancement d'un nouveau canot de sauvetage dû à la générosité de Mlle Galiber, fille du vice-amiral. La cérémonie a été très imposante ; elle s'est déroulée en présence du vice-amiral Duperré, des maires et curés de Saint-Jean-de-Luz et de Ciboure de M. Lanea, président de la section locale de la Société centrale de Sauvetage, du commandant du Grondeur, etc.



pays basque autrefois
VICE-AMIRAL CHARLES MARIE DUPERRE
PAYS BASQUE D'ANTAN

La musique de la Société "Jeanne-d'Arc" a prêté à la fête son bienveillant concours. Le parrain était un petit-neveu de l'amiral Galiber et la marraine, Mlle Galiber. Le bateau, qui a reçu le nom de Amiral-Galiber, mesure 11 mètres de longueur, 2 m. 60 de large et cale 0 m. 40. Il sera monté par seize hommes; quatre autres seront au treuil de lancement. Son abri a 17 mètres de long sur 7 mètres de large."



Voici comment se déroula la cérémonie, d'après les Annales du sauvetage maritime  :



SOCOA AUTREFOIS
SOCOA 16 OCTOBRE 1910
PAYS BASQUE D'ANTAN

"L'inauguration de la nouvelle station de Saint-Jean-de-Luz-Socoa et le baptême du canot "Amiral Galiber" ont eu lieu le 16 octobre 1910 à 3 h. 30 de l'après-midi par un temps radieux. 


Dès le matin, le canot avait été poussé en dehors de la maison-abri qui était transformée en buffet ; les marins du garde-pêche l'avaient décoré intérieurement de feuillage et en avaient brillamment pavoisé les abords. A 3 heures, Mlle Galiber, nièce du donateur, accompagnée de l'inspecteur délégué par le vice-amiral président de la Société et du président du Comité local, arrivait à Socoa et se faisait présenter les invités. La charmante route en corniche qui vient de Saint-Jean-de-Luz était noire de monde et les jetées du port de Socoa encombrées d'une foule sympathique. L'excellente musique de Saint-Jean-de-Luz avait pris place à proximité de la maison-abri et devait jouer pendant toute la cérémonie. A 3. h. 30 précises, M. le curé de Ciboure bénissait le canot et prononçait l'allocution suivante :


"Mesdames, Messieurs,

Il y a quelques jours, votre distingué et dévoué président du Comité local venait me trouver pour me demander de baptiser le canot et la nouvelle station de Socoa. J'ai répondu avec empressement à son appel et je viens aujourd'hui appeler la bénédiction de Dieu sur cette belle station. Je dois tout d'abord adresser mes vifs remerciements à vous M. le président, MM. les membres de la Société centrale de sauvetage ; à vous, mademoiselle, dont le nom signifie honneur, bravoure, amour passionné de la patrie, et qui aujourd'hui s'auréole à nos regards de noblesse et de générosité ! Merci, au nom de nos chers marins, d'avoir doté notre port d'un cadeau, que je ne dirai pas seulement utile, mais dont les conséquences à coup sûr seront inappréciables. 



ciboure autrefois
SOCOA 16 OCTOBRE 1910
PAYS BASQUE D'ANTAN


À une pensée de solidarité ou plutôt de charité fraternelle qui vous a fait prendre en pitié le sort de nos pauvres marins, vous avez voulu en ajouter une autre en appelant sur votre bateau les bénédictions du ciel. Je vous en félicite car c'est là un bel exemple et une leçon qui ne peut être que profitable à tous. La religion ne fait qu'embellir les nobles sentiments de l'homme, en même temps qu'elle le soutient dans les dangers qu'il est appelé à affronter. Hélas ! ils sont nombreux pour le marin. Chaque année pouvons-nous dire, l'océan se fait sa part, part douloureuse, qui s'étend plus ou moins à toutes familles. Puisse votre pupille la restreindre grandement, aidé par sa puissante armature, la main intelligente qui a présidé à sa mise au point et, au delà, la protection du Ciel qui planera sur lui ! — Sans doute, vous n'avez pas la prétention de parer à tous les dangers que nous ménage la grande fascinatrice ; mais n'auriez-vous fait qu'arracher une victime à celle qui en compte déjà tant, vous vous croiriez suffisamment récompensée de toutes vos peines. 



Oui, que Dieu bénisse votre généreuse initiative; qu'il donne à nos hommes, qui un jour, oh! le plus tard possible, monteront votre bateau de sauvetage, ces vertus du marin que nous appelons dévouement, mépris du danger, même de la mort et par conséquent héroïsme, en face de leurs frères naufragés, qui salueront dans le bateau sauveur, la suprême espérance dans la suprême angoisse. À eux la peine, les dangers, les sacrifices et la gloire, à vous l'honneur et la joie d'avoir réalisé cette oeuvre qui comptera parmi les meilleures, puisqu'elle a pour mission de sauver la vie de l'homme. Et maintenant, canot "Amiral Galiber", garde tes énergies pour de futurs exploits ! Que la main de Dieu te guidant au milieu des écueils et sous la tempête te ramène au port chargé des dépouilles glorieuses que tu auras sauvées du désastre. Tels sont nos vœux les plus ardents, ce sera votre récompense, messieurs, mademoiselle, et je sais que vous n'en ambitionnez pas d'autre !" 



ciboure autrefois
SOCOA 1910
PAYS BASQUE D'ANTAN


Aussitôt, aux accents de la Marseillaise, et aux acclamations de la foule, le canot "Amiral Galiber", les canotiers à leurs bancs, les avirons bordés, était lancé et parcourait en quelques secondes les 60 mètres de cale qui le séparaient de la mer. Après avoir rapidement défilé devant les jetées, il était remis sur son chariot et hissé à mi-cale. Les invités parmi lesquels M. le maire de Ciboure, le lieutenant de vaisseau commandant le stationnaire, l'administrateur de l'Inscription maritime, les ingénieurs des ponts et chaussées et toutes les notabilités de Saint-Jean-de-Luz prenaient alors place à table et un excellent lunch était servi. Au Champagne, M. Larréa, président du Comité local, prenait la parole en ces termes : 


"Mademoiselle, Messieurs, 



Plus que jamais, j'apprécie le titre qui me vaut aujourd'hui l'honneur d'adresser la bienvenue aux personnes qui ont bien voulu relever de leur présence cette modeste fête. 


Mes premiers remerciements seront pour Mlle Galiber, généreuse donatrice, qui soutient si noblement un nom cher à la marine française. L'intérêt actif qu'elle porte aux œuvres de mer ajoute encore à la reconnaissance que le pays doit au vaillant amiral qui a porté avec tant d'éclat le pavillon français sur toutes les mers.  



M. l'inspecteur de la Société de sauvetage des naufragés nous permettra de le féliciter de tout le dévouement qu'il témoigne dans l'exercice de ses délicates fonctions. 



ciboure autrefois
FORT DE SOCOA 1910
PAYS BASQUE D'ANTAN


Son concours éclairé assure l'entretien et le développement d'une œuvre où nos chers marins bravant tous les dangers se lancent avec une admirable abnégation au sauvetage de leurs compagnons malheureux. Et, c'est avec l'émotion d'une ardente sympathie que nous saluons ces hommes qui donnent un si beau témoignage de la fraternité humaine. 



Merci aussi à vous tous, messieurs, qui avez répondu avec empressement à la gracieuse invitation de l'amiral Duperré, président de la Société centrale de sauvetage des naufragés. 



Puisse cette œuvre commencée sous de si heureux auspices, et entourée de si nobles sympathies, prospérer et réaliser toutes les espérances que justifient tant de dévouement et tant de générosité."




L'inspecteur de la Société prononçait alors les paroles suivantes : 


Madame, Messieurs, Canotiers, 



Chargé par M. le vice-amiral Duperré, président de la Société centrale de sauvetage des naufragés, de le représenter à cette touchante fête, je vous apporte à tous son affectueux salut.  



Sans doute, s'il l'eut pu, eût-il aimé à venir, sous ce beau ciel, dans le cadre enchanteur de votre mer et de vos montagnes basques, au côté de la plus chère parente de son vieil ami l'amiral Galiber, inaugurer une station de sauvetage offerte par son compagnon d'armes ; sans doute, eût-il aimé se trouver au milieu d'hommes dévoués à l'oeuvre à laquelle il consacre une activité et une verdeur que respectent les ans.  



Ces circonstances me rendent plus précieux l'honneur de présider cette réunion et de vous adresser la parole. 



Grâce, messieurs, à la générosité de l'amiral Galiber qui s'est manifestée de cent façons, comme pourrait vous le dire la si digne et si fidèle dépositaire de ses dernières volontés, Mlle Galiber, Saint-Jean-de-Luz possède aujourd'hui une station de sauvetage modèle : le canot, vous l'avez vu, peut en quelques secondes être lancé et voler au secours des naufragés.  



L'amiral Galiber, dont l'âme, j'en ai la ferme conviction, plane sur cette assemblée doit être content; il doit, si tant est que chacun de nous réserve à l'amour de sa petite patrie le coin le plus chaud de son coeur, se réjouir qu'on ait choisi pour y fonder la station qu'on lui doit Saint-Jean-de-Luz dont le ciel et le climat rappellent ceux de son Midi. 



Chef et marin, ces rudes visages et les larges poitrines de ces canotiers doivent le satisfaire et ces tableaux d'honneur où sont inscrits les fastes de la station lui sont un sûr garant que son nom, si longtemps mêlé aux nobles choses de la mer, ne tombera pas dans l'oubli et qu'il s'associera souvent à des actes de courage, de dévouement et d'honneur. 



Il me reste maintenant, de la part de notre cher président, à vous remercier, madame, vous dont le coeur est aussi haut placé que celui de votre cher absent et qui avez, aujourd'hui encore, exercé si magnifiquement votre générosité.  



M. le président et MM. les membres du Comité local qui depuis tant d'années êtes nos collaborateurs fidèles et désintéressés.  



MM. les ingénieurs et agents des Ponts et chaussées et particulièrement MM. Bonnisseau et Luce dont le concours éclairé et dévoué nous a permis de mener à bonne fin l'oeuvre dont nous admirons le couronnement. 



Vous tous, messieurs, qui avez répondu à notre appel et qui, par là, nous avez exprimé votre sympathie.  



Et enfin, vous, canotiers, qui, les plus humbles, êtes les plus importants, qui payez votre participation de vos fatigues de vos peines et des dangers courus.  



Un mot encore, et je suis sûr qu'il sera l'expression des sentiments de tous : Vive à jamais dans nos coeurs la mémoire du vice amiral Galiber.  



Enfin M. le maire de Ciboure remercie la Société au nom des pécheurs de Socoa. A 5 heures, Mlle Galiber donnait le signal du départ et recueillait sur son passage les remerciements delà population et les témoignages de respectueuse sympathie de toutes les personnes présentes. En résumé excellente et réconfortante journée."




Merci ami lecteur (lectrice) de m'avoir suivi dans ce 1458ème article.


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