jeudi 4 octobre 2018

L'AUTORISATION DES JEUX AUX CASINOS DE BIARRITZ - MIARRITZE EN LABOURD EN 1930 AU PAYS BASQUE

AUTORISATION DES JEUX AUX CASINOS DE BIARRITZ EN 1930.

En 1930, existent à Biarritz deux casinos : le casino municipal édifié en 1929, avec comme architecte Alfred Laulhé et le casino Bellevue, plus ancien et livré en 1858, situé sur un promontoire à la lisière sud de la grande plage.

biarritz autrefois
CASINO BIARRITZ
PAYS BASQUE D'ANTAN

Les casinos demandèrent en 1930 l'autorisation d'avoir des jeux et ceci fut rapporté par le 

journal La Gazette de Bayonne, de Biarritz et du Pays Basque, dans ses éditions du 14 et du 15 

avril 1930 :


  • le 14 avril 1930 :

"Le renouvellement de l'autorisation des jeux aux Casinos de Biarritz



Le Conseil Municipal a donné samedi soir un avis favorable et approuvé les cahiers des charges.



 Le renouvellement de l’autorisation des jeux aux casinos de Biarritz avait attiré samedi soir à la mairie un public un peu plus nombreux que d’habitude. Le Conseil municipal se trouvait d’ailleurs au complet, à l’exception du premier adjoint excusé. 



M. Capdeville a tout d’abord donné lecture d'un volumineux rapport, fort intéressant et fort bien fait, retraçant l’historique de la question des jeux depuis l’origine de leur établissement jusqu'à nos jours. 



M. le maire fait ensuite une lecture rapide des deux cahiers des charges et ajoute quelques mots résumant les démarches diverses qui ont préparé la conclusion de cette affaire importante. Tout ce que la Ville a pu obtenir de la Société fermière des  Casinos c'est un versement annuel de 900 000 francs au lieu de 700 000. Liée par des engagements antérieurs, la Ville n'était plus libre ; elle était dans l'alternative d'en passer par ces conditions ou de s'engager dans un procès qui, en cas de perte, pouvait se chiffrer par plusieurs dizaines de millions de dommages et intérêts : 


"Cette situation, constate M. Hirigoyen, est d’une immoralité profonde". 


biarritz avant
TERRASSE CASINO BIARRITZ
PAYS BASQUE D'ANTAN


M. Garay présente un amendement qu'on lira plus loin in extenso



On passe au vote. M. Garay est seul à voter pour son amendement. A l'unanimité, moins une voix, celle de M. Garay, le Conseil municipal donne un avis favorable aux demandes d'autorisation d’ouverture des jeux et approuve les deux cahiers des charges. 



La séance. 


Etaient présents : MM. Hirigoyen, maire de Biarritz ; Dulout et Giraudel adjoints ; Capdeville, Boterel, Cazalis, Claisse, Deyherassarry, Hum-Sentouré, Labat, Lacour, Lartigue, Garay, Guilhou, Dalbarade, Daulon, Forgues, Gaboriau, Lafourcade, Mazières, Navaillès, Nury, Pelabon, Queudeville,  Sarrebeyroux, conseillers municipaux.



Excusé : M. Raulet.



biarritz autrefois
CASINO MUNICIPAL BIARRITZ 1922
PAYS BASQUE D'ANTAN


...Autorisation d'ouverture des jeux dans les casinos. (Approbation du cahier des charges.) 

Après lecture d’un rapport de M. Capdeville, M. le Maire lit le rapport suivant :

Messieurs, 



Vous me permettrez, avant de vous demander votre avis et votre décision concernant le cahier des charges dont nous venons de soumettre le texte à votre appréciation, de vous faire un résumé succinct des débats, démarches et discussions diverses qui ont marqué le développement de cette affaire du renouvellement des jeux.



Dans les derniers jours de décembre, M. le Préfet nous faisait tenir, à quelques jours d’intervalle, trois demandes émanant, une de M. Junot, une autre de M. Roggers, la troisième de M. Détrimont, administrateur de la Société fermière, actuel concessionnaire. 



Pour mémoire, je rappelle que, alors que les deux premiers postulants dans leurs demandes offraient à la ville des avantages marqués en comparaison du contrat qui prend fin, M. Détrimont demandait à être exonéré de la taxe de 25 p. 100 qu’il paie sur le reliquat, au profit de la ville et du département. Cette prétention motivait de ma part une lettre à MM. les Sous-Préfet et Préfet protestant contre cette demande. Le 14 janvier, j’avisais d’ailleurs M. Détrimont de ma protestation dont je lui faisais tenir le texte. Par lettre du 20 du même mois, M. Détrimont, confirmant la communication verbale qu’il m’avait fait faire par M. Magny, m’affirmait son intention de ne pas faire "souffrir la ville" par la réserve mentionnée dans sa demande d’autorisation. 


pays basque autrefois
CASINO MUNICIPAL BIARRITZ 1906
PAYS BASQUE D'ANTAN


Dans les derniers jours de janvier, convaincu de représenter l’opinion quasi unanime du Conseil municipal et de la population concernant l’actuelle exploitation du Casino Municipal, j’eus, à Paris, en présence de Me Dubroca, avocat conseil de la Société fermière, une entrevue avec M. Détrimont et M. Garat, député, maire de Bayonne. Le sort des stations touristiques et thermales étant de plus en plus directement lié à la valeur des personnalités qui dirigent les Casinos, et dans le cas particulier, Bayonne étant appelé à partager, de par sa situation même, le sort de Biarritz, j'avais prié M. Garat, qui y avait consenti, d'être à côté de moi au cours des entretiens que je pourrais avoir avec les représentants de la Société fermière. Au cours de cet entretien, ce fut M. Garat qui, très franchement, exposa l’affaire et il dit en substance "dans ce renouvellement des jeux il y a deux questions : la première est celle du cahier des charges. Or il y a deux concurrents qui font à la ville des propositions avec des avantages marqués, et vous, Monsieur Détrimont, en fait d’avantages, vous demandez de payer 25 p. 100 de moins. Dans ces conditions, vous ne risquez qu'une chose, c’est que la concession vous passe sous le nez. La deuxième question, qui ne peut faire l’objet d’une clause efficiente du cahier des charges, a trait à la façon de tenir et d'exploiter le Casino. Or, il y a à ce sujet, de la part des clients du Casino, un vif mécontentement dont les commerçants de Biarritz et principalement les hôteliers ne sont pas sans éprouver les effets. Cet état de choses témoigne d’une insuffisante compréhension de la part de l’administration de l'établissement touchant la mentalité des clients, par ailleurs comblés et gâtés."



Le même soir, M. Garat et moi tenions le même discours à Mme Boulant qui convenait, notamment sur le second point, qu’il y avait quelque chose à modifier. 



Dans sa réunion en commission générale le 15 février, le Conseil municipal maintenait ce point de vue et me précisait d’avoir à suivre la même ligne de conduite. Dans une nouvelle réunion, à Paris, le 28 février, j’essayais vainement de le faire partager à Mme Boulant qui nous opposait un refus formel, et je conclus par ces mois : "Si demain Biarritz apprend que la concession des jeux est donnée aux mêmes conditions, à la même direction, qui administrera avec les mêmes errements, il y aura dans le public une grosse déception. 


biarritz autrefois
SALLE DE BACCARAT CASINO BIARRITZ
PAYS BASQUE D'ANTAN

Le 4 mars, chacun des conseillers municipaux. M. le Préfet, M. le Sous-Préfet, M. Garat et moi-même recevions de la Société fermière des Casinos, sous la signature de Me Dubroca, un long rapport d’où il ressortait : 


1. Que l’administration des Casinos était aussi excellente qu’on pouvait le rêver. 


2. Que dans toute cette affaire, étant donnés les contrats précédemment signés en 1900 et en 1928, la situation de la ville était juridiquement telle qu’elle ne pouvait, en aucune manière, user pratiquement du droit, cependant conféré par la loi, d'établir un nouveau cahier des charges ; encore moins envisager même l’hypothèse d’un autre concessionnaire, et comme en définitive, il eût pu apparaître à quelques-uns que la ville, liée et muselée par des contrats anciens, pouvait faire appel au ministre, ce document se terminait par ces mots sous la plume de Me Dubroca : "En tel état, j’estime que si la Société fermière était évincée par le ministre après la moindre activité produite à cette fin au nom de la ville, celle-ci serait sous le coup d’une action en dommages-intérêts, évoquant quant à l’importance plusieurs dizaines de millions."



Conseils de prudence qui dénotent une singulière interprétation de l’esprit de la loi, mais auxquels nos conseils juridiques et nous-mêmes avons été sensibles. 



labourd autrefois
TERRASSE CASINO BELLEVUE BIARRITZ
PAYS BASQUE D'ANTAN


Je passe sur les nombreuses discussions avec les représentants de la Société fermière, et leur avocat-conseil, sur l’étude du 23 mars où Me Dubroca revient sur la rigidité des clauses qui lient la ville ; refuse au nom de ses commettants, de prendre en considération les vœux présentés par la ville dans un premier projet de cahier des charges tendant notamment à confier au concessionnaire des jeux les exploitations telles que le vieux Golf, l’établissement actuellement ébauché aux bains de la Grande Plage et qui serait définitivement aménagé en piscine ou mieux, transformé en piste pour patinage à glace ; toutes choses que dans d’autres stations, les concessionnaires des jeux revendiquent, trop heureux de détenir entre leurs mains, afin d’en tirer le maximum de rendement, les attractions principales qui font la prospérité de la station. 



En vain essayâmes nous d’obtenir, dans une rédaction nouvelle quelques améliorations d'ordre moral et la garantie qu’un esprit nouveau interviendrait dans l'administration du Casino Municipal. Entre un concessionnaire fort de sa situation juridique basée sur des contrats anciens et une administration supérieure défavorablement impressionnée par le sort du Casino d’une station voisine, nous n’avons pu obtenir qu’une chose : le renouvellement du cahier des charges précédent avec l'adjonction d'une clause mentionnant l’octroi à la ville, par le concessionnaire, pour ses œuvres somptuaires et de publicité, d'une somme de 900 000 francs au lieu de 700 000, versés jusqu’ici par convention jointe au précédent cahier des charges, soit en cinq ans, une redevance supplémentaire de un million pour les fêtes et la publicité de Biarritz. 


biarritz avant
SALLE DE BACCARAT CASINO BELLEVUE BIARRITZ
PAYS BASQUE D'ANTAN


Dans l’impuissance d’user de notre liberté et étant donnés les engagements antérieurs de la ville qui nous interdissent d'ailleurs de faire état des demandes présentées par MM. Junot et Roggers, et dans l'impossibilité où nous nous sommes trouvés d'obtenir mieux, nous demandons d’adopter les termes des deux cahiers des charges dont nous venons de vous donner lecture et d’accorder votre avis favorable à la double demande présentée par la Société Fermière des Casinos. 



Ensuite, M. Hirigoyen donne lecture des cahiers des charges des deux casinos. 



Au sujet de l’installation, M. le maire répond que l’inventaire du Casino municipal n'est pas encore terminé. 



Pour ce qui est des magasins, la municipalité s’est préoccupée de la question, mais les conseils juridiques consultés à ce sujet ont été unanimes à déclarer qu’aux termes de la convention passée avec la Ville, celle-ci ne pouvait s'opposer à l’installation de ces magasins. 



biarritz autrefois
VESTIBULE CASINO BELLEVUE BIRRITZ 1908
PAYS BASQUE D'ANTAN


Enfin, M. le maire explique que la Ville se trouve dans l'impossibilité d’en appeler au ministre. 



M. Hum-Sentouré fait remarquer que le Casino municipal doit revenir un jour à la ville et demande si la construction proprement dite a fait l'objet d'une réception officielle. 



M. le maire répond qu'en réalité le Casino n’est pas encore complètement terminé. Cependant la commission des travaux s’est déjà inquiétée de certaines lézardes qui lui ont été signalées."






Merci ami lecteur (lectrice) de m'avoir suivi dans ce 1416ème article.


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