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samedi 24 octobre 2026

L'ASSASSINAT D'ITXASSOU EN LABOURD AU PAYS BASQUE EN AVRIL 1926 (troisième et dernière partie)

 

L'ASSASSINAT D'ITXASSOU EN 1926.


En avril 1926, un assassinat a lieu sur la route de Cambo à Itxassou.




pays basque labourd crime faits divers
ROUTE DU PAS-DE-ROLAND ITXASSOU 1926
PAYS BASQUE D'ANTAN


Voici ce que rapporta à ce sujet le quotidien Le Patriote des Pyrénées, le 20 novembre 1926 :



"Cour d’Assises.

L’Assassinat d’Itxassou.

Bessonard est condamné à huit ans de travaux forcés.

(Audience du 18 Novembre (suite).



La défense.



Me Delmas, du barreau de Bayonne, avant de prendre la défense de Bessonart, s'incline devant l’homme juste, bon, qui a été frappé.



A ce salut, il veut ajouter un témoignage d’admiration, pour cet homme, simple d’esprit, qui s’est toujours refusé à révéler le nom de celui qui l’a frappé.



"Vous n’avez pas à juger des faits matériels, dit l’avocat à MM. les jurés ; vous avez à dire si Bessonart est coupable, s’il est entièrement responsable de ses actes, et dans quelles mesures il mérite le châtiment. Je fais appel. Messieurs, à votre conscience. Il faut une décision utile, vous a-t-on dit ; non ! il faut une décision juste."



L’avocat discute l’argument du pieu et de la bicyclette. Rien n’a été prouvé par l’accusation. Le pieu a été trouvé par Bessonard sur le lieu du crime : la bicyclette a été tachée de sang par le beau-frère de l’accusé. 



L’avocat proteste contre la qualification de faux témoins pour la famille de Bessonard, parce que tous ont déclaré que Bessonard ne s'est jamais servi de la bicyclette. Le défenseur discute les témoignages de Mlle Barnetche, MM. Iturbide et Bidegain qui ne sont pas certainement absolument sûrs d'avoir reconnu Bessonard.




Me Delmas s'attaque vigoureusement aux arguments développés par l'accusation. L’un après l’autre il reprend et combat les témoignages défavorables. 



Certes l’accusé est voleur, mais il n'avait pas besoin de tuer son oncle pour le voler. Me Delmas ne peut comprendre la préméditation, car jamais un assassin n’attend sa victime à 30 mètres d’une maison habitée. La vérité est qu’après sa dispute à la maison, Elgard est parti chercher son costume. Bessonard l’a accompagné. La dispute survint, elle fut violente et voilà ce qui a dû se passer. Le doute plane sur cette affaire. Bessonard n’a pas voulu tuer : il est irresponsable, réformé partiel pour débilité mentale. La péroraison pathétique et éloquente de l’avocat demande la pitié du jury. 



Pendant le réquisitoire et la plaidoirie, l’accusé a une attitude affaissée, cachant son visage dans ses mains.



Un incident.



Me Delmas vient de terminer sa belle plaidoirie, lorsqu’il demande à la Cour, par conclusions, de vouloir bien soumettre au jury les deux questions subsidiaires suivantes :


1° Bessonard est-il coupable d’avoir volontairement porté des coups et fait des blessures au sieur Laurent Elgard ?


2° Les dits coups et blessures ont-ils entraîné la mort, sans cependant intention de la donner ? 



M. l’avocat général s’oppose à la demande du défenseur et la Cour est obligée de se retirer pour en délibérer.



M. l’avocat général se lève et demande à MM. les jurés de retenir la préméditation, car s'il y a préméditation, cela exclut la querelle ; de retenir le "meurtre" et non les "coups mortels". 



Me Delmas, en quelques mots, répond pour réfuter cette assertion du Ministère public que si les coups mortels sont seuls retenus, c'est une "poussière de sanction" qu’ils entraînent. 



Les débats sont clos à 18 h. 30. 



Le verdict.



M. le Président donne lecture à MM. les jurés des sept questions principales et des deux subsidiaires, auxquelles ils auront à répondre. 



Les questions principales doivent faire connaître s’il y a eu assassinat et vol commis de nuit, sur un chemin public, avec préméditation et guet-apens.



Les deux questions subsidiaires ci-dessus sont posées. 



Le jury se retire pour délibérer et revient avec un verdict affirmatif pour les sept questions principales et accordant les circonstances atténuantes en faveur de l’accusé. 



Le meurtre avec vol qualifié, préméditation et guet-apens est donc retenu.



La Cour délibère longuement pour savoir si le jury n'aurait pas dû quand même répondre aux deux questions subsidiaires, et pendant ce temps l'assistance mène grand tapage, si bien que M. le Président est obligé d'imposer le silence.



La Cour a dû juger qu’elle pouvait passer outre, car elle ordonne de faire rentrer l’accusé pour entendre le verdict rendu contre lui. Celui-ci, après sa lecture, est impassible ; pendant que la Cour s’est retirée avant de statuer, il causera avec le plus grand calme avec les gendarmes et avec son avocat.



La sentence.



A 19 h. 15, la Cour rentre avec un arrêt qui condamne Pierre Bessonard à huit ans de travaux forcés et qui dispense le condamné de toute interdiction de séjour. 



M. le Président déclare la session close et remercie MM. les jurés de leur précieuse collaboration et de leur exactitude."




(Source : gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)




 



Merci ami(e) lecteur (lectrice) de m'avoir suivi dans cet article.

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