LA REDOUTE DE GARRIS EN 1885.
En 1885, la commune de Garris, en Basse-Navarre, compte environ 300 habitants.
 |
VUE GENERALE DE GARRIS BASSE-NAVARRE PAYS BASQUE D'ANTAN |
Voici ce que rapporta Romuald Gaye dans l'hebdomadaire La Gazette de Salies, le 21 juin 1885 :
"La Redoute de Garris.
Le moment est venu pour ce journal de laisser de côté toutes les questions locales et de ne s'occuper que de ce qui peut donner à nos visiteurs une somme plus considérable d’attraction, eau, gaz, voirie, nouveaux agrandissements de l’Etablissement thermal reviendront en temps et lieu ; pour l’heure, le Baigneur est chez nous, trêve aux discussions intérieures ; guérissons-le, grâce à la Fontaine, et en même temps, donnons-lui quelques distractions. Il me semble qu’agir ainsi, c'est servir la cause de Salies, de tout Salies.
A tort, à mon avis, parce que ce pays n’a pas pour lui les altitudes, les glaciers et les excursions pimentées par l’aiguillon du danger, on se figure généralement que Salies manque de pittoresque.
Il n’en est rien cependant ; notre petit Genève, Labastide-Villefranche, est une promenade délicieuse et toute notre colonie admire chaque année les ravissements de la perspective de Sauveterre.
Mais tout cela, voire même Orthez, sa tour Moncade, son gave etc., ne suffit pas à la curiosité de nos Baigneurs. Du nouveau, toujours du nouveau, il en faut sans cesse.
Pauvre Journaliste ! Et dire que c'est mon métier, et que les canards sont si vieux !
Enfin, voyons si je suis heureux, et si l’on est content. Quant à moi, j’aurai fait de mon mieux. Que voulez-vous de plus ? J’ai écrit en tête de cet article "La Redoute de Garris," en voici la signification.
 |
JOURNAL LA GAZETTE DE SALIES 21 JUIN 1885 |
Garris est un village situé à 3 kilomètres de St-Palais, existant du temps des Romains sous le nom de Caraza et se trouvant sur la voie qui allait de Dax à Pampelune. Au Moyen-Age, on l'appelait Castyellode Guarrits. Comme son nom l’indique, il était fortifié et sa citadelle arrêta un instant les Espagnols quand, sous la conduite du prince d’Orange, ils envahirent le Béarn en 1523.
Salies envoya une compagnie qui fut répartie entre le château de Luze et Garris. Plus tard, Garris fut un des centres de la résistance catholique contre la reine Jeanne qui voulait établir la religion réformée et soutint même un siège dans cette circonstance.
A une époque plus rapprochée de nous, en 1844, la redoute de Garris qui se trouve sur le territoire de cette commune et qui domine le village à une hauteur de 200 mètres était occupée par une partie de l’armée Anglaise sous les ordres du général Wellington. De cette redoute, l’armée anglaise obligea les troupes françaises sous les ordres du général Harispe à abandonner les positions qu’elles occupaient sur le mamelon de Luze. Ce mamelon autrefois fortifié par Jeanne d’Albret, n’avait que quelques travaux en ruines. En abandonnant ses positions, l’armée française se replia sur Navarrenx et Orthez Les combattants anglais qui trouvèrent la mort dans celte action ont celte redoute pour cimetière. Voilà pour la partie historique ; passons à la partie descriptive.
La redoute de Garris offre sans contredit le point de vue le plus beau de toute la contrée. Du nord au sud, de l'Est à l’Ouest, le paysage se déroule sur une immense étendue. Au pied du coteau dans la direction nord se détachent les anciennes maisons du village de Garris ; on aperçoit ensuite Amendenx et Gabat. Du côté E. N. E. et à environ 4 kilomètres Aïcirits parait dominé par ses vieux chênes qui déversent tout autour un magnifique ombrage ; à l’Est la coquette petite ville de St-Palals avec ses bâtisses neuves et ses deux rivières.
Un peu plus loin, se déroulant de l’Est au Sud et continuant vers le Sud S. O. la majestueuse chaîne des Pyrénées envahit tous les regards. Alors l’admiration se partage entre les hauteurs de St-Just d’un côté et le mont Beth de l'autre. Aux pieds de ce dernier se trouve le joli et fertile vallon de Hosta serpenté par la Bidouze qui prend sa source dans cette montagne.
Dans la partie Sud, on aperçoit au premier plan les villages de Orsanco et Beyrie, villages dominés malgré leur élévation par la redoute ; à environ 25 kil. sur la commune de Hélette, se dresse le Baïyourra dans la partie S. S. O. la flèche d’Amorots. En remontant à l’Ouest, à une distance de 8 kil., apparaissent une foule de petites maisons blanches reflétant dans toute leur ardeur les rayons du soleil. C’est le village de Luze dominant le riant et fertile vallon de Béguios. Au premier plan se dessine le château qui a été habité par Jeanne d’Albret. La redoute de Garris a pour elle l’attrait historique et la splendeur du paysage. C’est maintenant un magnifique point culminant â visiter, et un des plus beaux sujets que l’on puisse désirer. Pour ma part, j’ai cru être agréable à la grande colonie de Salies en lui indiquant une excursion peu connue et point banale, qui lui permettra de passer une journée agréable, et tranchant un peu sur la monotonie du traitement."
(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)
Merci ami(e) lecteur (lectrice) de m'avoir suivi dans cet article.
Plus de 7 400 autres articles vous attendent dans mon blog :
N'hésitez pas à vous abonner à mon blog, à la page Facebook et à la chaîne YouTube, c'est gratuit !!!
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire