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mercredi 4 novembre 2026

L'AFFAIRE FINALY AU PAYS BASQUE EN MARS 1953 (deuxième partie)

 

L'AFFAIRE FINALY AU PAYS BASQUE EN 1953.


Au début de l'année 1953, la ville de Bayonne défraye la chronique de l'actualité, avec l'Affaire Finaly.





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AFFAIRE FINALY 1953
PAYS BASQUE D'ANTAN


Voici ce que rapporta à ce sujet Marcel Montarron dans le magazine hebdomadaire Qui? 

Détective, le 2 mars 1953 :



"Nos envoyés spéciaux à Bayonne et en Espagne ont reconstitué l'extraordinaire odyssée... des enfants Finaly.

(De nos envoyés spéciaux.)


... Les détails de ce drame sont trop connus pour qu’il soit nécessaire de s’y attarder longtemps. Je les rappelle pour mémoire, afin de mieux amener le lecteur comprendre ce qui, par la suite, eut pour théâtre Bayonne et la frontière d'Espagne. 



En bref, voici :



A la libération de l'Isère et de la ville de Grenoble, M Le Brun a remis aux familles, jusque là traquées et qui se sont fait connaître, tous les enfants dont elle avait la charge. Mais les petits Finaly demeurent sous sa garde. Ils sont guéris, sauvés, mais personne n’est venu les réclamer et — pour cause ! Les parents, le docteur Fritz Finaly et sa femme, morts en déportation. Le docteur Finaly a laissé, avant d’être emmené par les Allemands, une liste de noms, d’adresses. Ceux de sa famille éparpillée par le monde. 



En fait, une tante, venant de Palestine à Londres, passe par Grenoble à l’automne 1945. Elle trouve les enfants en bonne santé. Elle les voit recevant une excellente éducation dans le collège où Mlle Brun les a mis en pension. Elle repart, rassurée. Un oncle de Vienne se fera également connaître plus tard, mais ne met aucune hâte à se déplacer. De Nouvelle-Zélande, enfin, une tante, Mlle Fishel, demande que Mlle Brun conduise les enfants en Angleterre, et de là, assure leur voyage vers l’Australie. 



Mlle Brun fait la sourde oreille. Elle atermoie. Elle gagne du temps. En 1948, elle prend sur elle de faire baptiser les petits Finaly, bien qu'à leur naissance, leur père, pour se conformer à la tradition Israélite, les ait fait circoncire. 



C'est alors que la belle histoire, la belle histoire des petits Israélites sauvés, en pleine occupation, sous le nez des Allemands, par une femme courageuse qui, nuit et jour, au péril de sa vie, était sur la brèche, c'est alors que l'admirable histoire tourne en sordide bataille de procédure, en chassé-croisé de notes d’avoués, d’exploits d’huissiers, de sentences.



Les conseils de famille se succèdent. Une première fois, Mlle Brun est nommée tutrice provisoire des enfants. La seconde fois, c'est la tante de Palestine, Mlle Roesner, qui est désignée comme tutrice légale. Et c’est M. Keller, qui, en qualité de mandataire de la famille Finaly, est autorisé à reprendre les enfants. Mlle Brun résiste, s’entête. On connaît la suite. 



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MME ANNETTE BRUN
QUI? 2 MARS 1953


Bientôt inculpée de non-présentation d’enfants, Mlle Brun finira par être incarcérée pour crime de rapt de mineurs, le jour où l’on constate la disparition des enfants Finaly.  



C'est le drame de Bayonne qui commence. 



Le vendredi 30 janvier, à Bayonne, une demoiselle Sétoin se présente au collège Saint-Louis de Gonzague, accompagnée de deux enfants.



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MLLE SETOIN
QUI? 2 MARS 1953



Elle y est reçue par le chanoine Silhouette, supérieur du collège.


— Je suis, dit-elle, la sœur de l'Abbé Sétoin, qui est professeur ici. Je viens de la part de la supérieure, de l’Ordre de Notre-Dame de Sion à Grenoble, mère Marie-Antonine. Je vous amène deux enfants qu'il est un devoir de protéger. Alors qu'ils ont été baptisés, qu’ils sont chrétiens, on veut les envoyer en Israël et les arracher à celle qui les a sauvés lorsqu'ils étaient tout petits, malades et abandonnés. En attendant la décision de la justice, il faut leur donner asile. 



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MERE MARIE ANTONINE GRENOBLE
QUI? 2 MARS 19553



Le chanoine Silhouette considère les deux garçons. Sans nul doute, il s'agit de ces jeunes Finaly dont le cas, déjà, défraye la chronique. 


— Je veux bien les prendre au collège, fit le supérieur, mais je ne veux pas entraver la marche de la justice. 



Et, dès qu’il apprit, dans le même temps, que précisément l'arrêt de justice était devenu exécutoire, que les enfants Finaly devaient être rendus aux représentants de leur famille, et qu’en fait, leur voyage à Bayonne constituait une fuite organisée, le chanoine Silhouette fit comme il l’avait dit. Il s'en alla sonner à la porte de la Maison des Juges, qui se trouve à deux pas du collège.



C’était un samedi. Le samedi 31 janvier. Le Procureur n'était pas là. Le chanoine Silhouette, qui avait également prévenu l’Evêché, se rendit, accompagné du vicaire général, au domicile particulier du substitut. 


— J’ai chez moi les enfants Finaly, dit-il. Que dois-je faire ? 


— Vous me demandez un conseil ou vous me demandez de saisir officiellement le Parquet ?


— Je vous informe officiellement.



Le substitut alerta le procureur, M. Laffont. Celui-ci n’en croyait pas ses oreilles. Ainsi, les enfants Finaly, dont la disparition avait été signalée à tous les Parquets de France, étaient là, à deux pas, bien portants. Et un brave chanoine venait, pour mettre sa conscience en règle avec la loi, les remettre à la disposition de la justice. Cela tenait du miracle ! 


— Gardez-les, fit le procureur, en attendant que vienne les chercher le mandataire de la famille Finaly. Les enfants resteront au collège sous mainmise de justice. C’est une question de quarante- huit heures. 



Et le procureur, tout heureux de se voir le bénéficiaire d'un dénouement aussi rapide, dans une aussi délicate affaire judiciaire, rédigea aussitôt un bulletin de victoire, à l'intention du ministère.



Le rapt inattendu.



Le rapport venait à peine de parvenir aux bureaux de la Chancellerie qu’un coup de théâtre, vraiment sensationnel celui-là, éclatait, comme un coup de foudre, sur la ville de Bayonne. 



Les enfants Finaly avaient disparu du collège Saint-Louis de Gonzague. M. Keller, le mandataire de la famille de Grenoble, était arrivé la veille, dans la soirée, à Bayonne. Il était tard. Il levait remis au lendemain le soin de se présenter au palais de justice. Lorsqu'il fut introduit dans le bureau du procureur, ce fut pour y trouver le magistrat, le front mouillé des sueurs de l’angoisse. Depuis 7 h. 30 du matin, les enfants Finaly avaient mystérieusement disparu du collège ! Le matin encore, ils étaient au dortoir. Ils étaient descendus à l'étude, avec les autres élèves, en queue de file. Et soudain, on s’était aperçu qu’ils n’étaient plus là, qu’ils s’étaient éclipsés. Nulle trace des deux jeunes garçons dans le collège. Nulle trace en ville. Eclipsés, volatilisés ! 



M. Keller attendit vainement jusqu'au soir et dut reprendre le train, les mains vides. 



L'affaire judiciaire devenait une affaire policière."



A suivre...






(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)




Merci ami(e) lecteur (lectrice) de m'avoir suivi dans cet article.

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