L'AFFAIRE FINALY AU PAYS BASQUE EN 1953.
Au début de l'année 1953, la ville de Bayonne défraye la chronique de l'actualité, avec l'Affaire Finaly.
Voici ce que rapporta à ce sujet Marcel Montarron dans le magazine hebdomadaire Qui?
Détective, le 2 mars 1953 :
"Nos envoyés spéciaux à Bayonne et en Espagne ont reconstitué l'extraordinaire odyssée... des enfants Finaly.
(De nos envoyés spéciaux.)
... Les détails de ce drame sont trop connus pour qu’il soit nécessaire de s’y attarder longtemps. Je les rappelle pour mémoire, afin de mieux amener le lecteur comprendre ce qui, par la suite, eut pour théâtre Bayonne et la frontière d'Espagne.
En bref, voici :
A la libération de l'Isère et de la ville de Grenoble, M Le Brun a remis aux familles, jusque là traquées et qui se sont fait connaître, tous les enfants dont elle avait la charge. Mais les petits Finaly demeurent sous sa garde. Ils sont guéris, sauvés, mais personne n’est venu les réclamer et — pour cause ! Les parents, le docteur Fritz Finaly et sa femme, morts en déportation. Le docteur Finaly a laissé, avant d’être emmené par les Allemands, une liste de noms, d’adresses. Ceux de sa famille éparpillée par le monde.
En fait, une tante, venant de Palestine à Londres, passe par Grenoble à l’automne 1945. Elle trouve les enfants en bonne santé. Elle les voit recevant une excellente éducation dans le collège où Mlle Brun les a mis en pension. Elle repart, rassurée. Un oncle de Vienne se fera également connaître plus tard, mais ne met aucune hâte à se déplacer. De Nouvelle-Zélande, enfin, une tante, Mlle Fishel, demande que Mlle Brun conduise les enfants en Angleterre, et de là, assure leur voyage vers l’Australie.
Mlle Brun fait la sourde oreille. Elle atermoie. Elle gagne du temps. En 1948, elle prend sur elle de faire baptiser les petits Finaly, bien qu'à leur naissance, leur père, pour se conformer à la tradition Israélite, les ait fait circoncire.
C'est alors que la belle histoire, la belle histoire des petits Israélites sauvés, en pleine occupation, sous le nez des Allemands, par une femme courageuse qui, nuit et jour, au péril de sa vie, était sur la brèche, c'est alors que l'admirable histoire tourne en sordide bataille de procédure, en chassé-croisé de notes d’avoués, d’exploits d’huissiers, de sentences.
Les conseils de famille se succèdent. Une première fois, Mlle Brun est nommée tutrice provisoire des enfants. La seconde fois, c'est la tante de Palestine, Mlle Roesner, qui est désignée comme tutrice légale. Et c’est M. Keller, qui, en qualité de mandataire de la famille Finaly, est autorisé à reprendre les enfants. Mlle Brun résiste, s’entête. On connaît la suite.

MME ANNETTE BRUN
QUI? 2 MARS 1953

QUI? 2 MARS 1953
Bientôt inculpée de non-présentation d’enfants, Mlle Brun finira par être incarcérée pour crime de rapt de mineurs, le jour où l’on constate la disparition des enfants Finaly.
C'est le drame de Bayonne qui commence.
Le vendredi 30 janvier, à Bayonne, une demoiselle Sétoin se présente au collège Saint-Louis de Gonzague, accompagnée de deux enfants.
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| MLLE SETOIN QUI? 2 MARS 1953 |
Elle y est reçue par le chanoine Silhouette, supérieur du collège.
— Je suis, dit-elle, la sœur de l'Abbé Sétoin, qui est professeur ici. Je viens de la part de la supérieure, de l’Ordre de Notre-Dame de Sion à Grenoble, mère Marie-Antonine. Je vous amène deux enfants qu'il est un devoir de protéger. Alors qu'ils ont été baptisés, qu’ils sont chrétiens, on veut les envoyer en Israël et les arracher à celle qui les a sauvés lorsqu'ils étaient tout petits, malades et abandonnés. En attendant la décision de la justice, il faut leur donner asile.
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| MERE MARIE ANTONINE GRENOBLE QUI? 2 MARS 19553 |



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