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dimanche 4 octobre 2026

L'AFFAIRE FINALY AU PAYS BASQUE EN MARS 1953 (première partie)

L'AFFAIRE FINALY AU PAYS BASQUE EN 1953.


Au début de l'année 1953, la ville de Bayonne défraye la chronique de l'actualité, avec l'Affaire Finaly.





pays basque autrefois religion juifs finaly
AFFAIRE FINALY 1953
PAYS BASQUE D'ANTAN


Voici ce que rapporta à ce sujet C. Fromenti dans le magazine hebdomadaire Qui? Détective, le 2 

mars 1953 :



"Nos envoyés spéciaux à Bayonne et en Espagne ont reconstitué l'extraordinaire odyssée... des enfants Finaly.

(De nos envoyés spéciaux.)



Une affaire étonnante. Un fait divers hors série. 



Il paraît désormais difficile de songer à la petite-histoire de l’après-guerre sans y faire place à cette mélodramatique affaire Finaly dont les échos ont depuis longtemps dépassé les frontières de l’actualité quotidienne. 



Pas de sang. Pas de mystère. 



Rien de ce qui, d’habitude, fournit la trame des drames à sensation.



Seulement, le destin de deux enfants. De deux enfants, de 10 et 11 ans, qui sont devenus, malgré eux, l'enjeu d'une sorte de match judiciaire et religieux. De deux enfants dont, en raison de leur origine, de leur passé, on se dispute l'avenir. 



Ecartelés entre deux puissances de la vie, entre une parenté naturelle et une parenté d’adoption, les voici placés au centre d'une sorte d'épreuve de force. 



Eux — que l’on sache — n’ont guère voix chapitre. Où va leur cœur ? Et si leur cœur s'est prononcé, la Justice doit-elle les arracher à leur inclination ? Car c’est cela, au fond, tout le problème. 



La cruauté d’un monde déchiré par la guerre a fait de ces deux gosses des réfugiés et des orphelins. Une femme de cœur les a recueillis, élevés, adoptés, bravant tous les périls. Ces enfants ne furent pas les seuls dans ce cas. Mais, de tous les orphelins de la guerre, les voici promus, par une cascade de rebondissements inattendus, au rang de vedettes internationales. 



La presse entière répète leurs noms et diffuse leurs photos. Des juristes, des docteurs en théologie, des avocats illustres, des académiciens, des prédicateurs, des princes de l'Eglise, prononcent à leur sujet des paroles solennelles. Des controverses passionnées s'engagent. Les plus hautes sphères spirituelles sont alertées. Des magistrats s'épongent le front en constatant qu’il leur faut incarcérer d'honorables représentants du clergé ou de saintes femmes de religieuses. Des policiers, habitués à affronter des hors-la-loi se voient traquant les aveux de prêtres liés par leur fidélité à leurs croyances. De vieux mots, qui semblaient avoir disparu de la chronique du vingtième siècle, ressuscitent sous la plume : fanatisme, inquisition, crime de rapt !



Et derrière tout ce cliquetis d’éloquence, des ombres, des images, des fantômes se dressent, où se mêlent à la fois les affreuses ténèbres de la persécution nazie, les radieuses clartés de la charité chrétienne, l’âpre duel des hommes de loi de Grenoble et, pour finir, la romanesque conjuration du pays basque. 



Oui, l'affaire Finaly, c’est tout cela !



Elle va d'Hitler à Ramuntcho, des camps de mort de la déportation raciste à la célèbre Villa Chagrin, la prison de Bayonne, des écoles religieuses où, pendant la guerre, l’on camouflait les petits Israélites, aux sentiers de montagne où l’on passe traditionnellement en fraude des devises et des dentelles. C’est là que, pour ma part, j’ai abordé l’histoire, l’autre dimanche. Je l'ai abordée par le côté "Ramuntcho". On verra, par la suite qu'en suivant dans la montagne le vieux passeur qui aida à faire fuir vers l'Espagne les petits Finaly, on peut aussi bien remonter l'histoire à ses débuts que tenter d'en entrevoir le dénouement — tout au moins le dénouement provisoire.



J’étais donc, ce jour-là, à Biriatou, cul-de-sac en promontoire de la route qui part du pont de Béhobie.



Ceux qui ont suivi les débuts de la guerre d’Espagne se souviennent de ces terrasses fleuries dominant la vallée de la Bidassoa et d’où l'on pouvait, comme d’un balcon de théâtre, assister d’une rive à l’autre, aux premiers chocs des franquistes et des républicains. Certains contemplaient alors avec l’insouciance de gens qui vivent en paix ces premières images de la guerre civile, sans se douter qu'elle annonçaient, dans le ciel d’Europe, les premières lueurs du cataclysme mondial. Sans se douter aussi qu’à ce même coin de la frontière, on viendrait, durant l’invasion allemande, chercher un passage, un chemin d’évasion vers l'Espagne pour fuir les persécutions de la Gestapo. Etrange retour des choses !



Mais qui aurait pensé que, huit ans après la guerre, le spectre des persécutions écarté, on viendrait encore solliciter un passage clandestin pour deux enfants, dont les parents — des Israélites autrichiens — réfugiés d'abord en France, étaient morts ensuite en déportation en Allemagne !



Oui, plus de huit ans après, que redoutaient donc ces deux enfants ? C'était le curé de Biriatou lui-même qui avait pris les choses en mains. Cela se passait le vendredi 13 février. La veille, à la nuit, monsieur le curé avait envoyé sa servante contacter Joseph Susperreguy, dit El Ttomo, un vieux "passeur" de la montagne.



pays basque autrefois passeur frontiere
PASSEUR JOSE SUSPERREGUY AFFAIRE FINALY 1953
PAYS BASQUE D'ANTAN


— Ttomo, dit l'envoyée du prêtre, monsieur le curé a pour toi une mission de confiance. Il s'agit de faire passer en Espagne deux petits chrétiens que l'on veut envoyer chez les Juifs, en Palestine. Monsieur le curé te les amènera demain matin vers 7 heures. Il accompagnera les enfants jusqu'en Espagne. Tu leur serviras de guide. Il y aura dix mille francs pour toi et dix mille francs pour Etchegorreta qui, à Vera, leur donnera provisoirement asile.



Ttomo acquiesça.



Il est né de l'autre côté de la frontière. Mais il vit en France depuis l'âge de 4 ans. Il a aujourd'hui 66 ans. Et voilà trente-sept ans qu'il loge dans cette ferme où on l'héberge. Trente-sept ans qu'il sert de guide pour ceux qui veulent passer en fraude la montagne, trente-sept ans qu'il connaît les moindres pierres de l'étroit sentier qui chemine à travers des roches abruptes, jusqu'au sommet du col hérissé de sapins qui domine la vallée.



Evidemment, le temps n'était guère favorable à ce genre d'expédition. Le chemin recouvert d'une épaisse couche de neige. Le vent soufflait en rafales glacées. Mais, puisque Monsieur le curé lui-même en avait décidé ainsi...



A l'heure dite, le vendredi 13, l'abbé Ibarburu se présenta au rendez-vous, flanqué des deux enfants.



pays basque autrefois cure biriatou
IBARBURU CURE BIRIATOU
PAYS BASQUE D'ANTAN


— Un sale temps, monsieur le curé ! fit le "passeur". Nous aurons de la neige jusqu'à mi-jambe.


— Dieu nous aidera, répondit l'abbé.



Et le calvaire commença. Car ce fut un vrai calvaire. Robert, l'aîné des deux petits Finaly, précédait Gérald, son frère cadet. Ils n’étaient guère équipés pour une telle expédition. Ils étaient tête nue, et si le plus grand avait des souliers de montagne, le plus jeune était chaussé de souliers bas. 


freres finaly 1953 religion pays basque juifs
LES FRERES FINALY


C'est El Ttomo qui me raconte maintenant l'aventure par le truchement du chauffeur basque qui m'accompagne. Il est là, devant moi, avec son nez camus, son visage tanné, son large béret noir, sa silhouette de vieux contrebandier qui ne s'étonne plus de rien. 



— "Quand nous quittâmes la ferme, il y avait vingt centimètres de neige. Après un quart d'heure de marche, il y en eut près de quarante. Au début, les enfants considéraient joyeusement l’aventure. Ils furent bientôt transis et fatigués. Je marchais en tête, pour tracer le chemin. Le curé soutenait leur marche, en les tenant par la main à tour de rôle. Ils ne pouvaient avancer qu'en plaçant leurs pieds dans les traces de mes pas. Nous mîmes quatre heures pour atteindre l’Espagne. Si j'avais été seul, j'aurais renoncé ; mais le curé nous encourageait à persévérer.


Enfin, apparut, dans la vallée, montant de la cheminée d'une ferme isolée, un tremblant filet de fumée bleue.


Courage, mes enfants ! s'écria l'abbé Ibarburu, du ton enflammé d’un pèlerin découvrant la Terre Promise, nous arrivons !"



Il était 11 h. 30. La fumée qui montait dans le ciel d’hiver était celle d’une de ces auberges de frontière (une "venta") qui se sont multipliées pendant la guerre, au temps de la contrebande des marchandises contingentées. C'est dans cette auberge que l’on déshabilla les petits pour les réchauffer devant le feu de bois qui pétillait dans l'âtre. On leur servit une soupe chaude, des saucisses, des fruits. L'abbé Ibarburu leur acheta d'autres chaussures, car leurs souliers étaient brûlés par la neige.



Malgré la fatigue, la joie semblait renaître sur les traits tirés, bleuis par le froid, des deux gosses. 


— Sauvés, disaient-ils ! Comme "maman" sera contente, lorsqu’elle apprendra que nous sommes sauvés ! Comme nous voudrions déjà lui annoncer la nouvelle !



Sauvés ? De qui ? "Maman" ? Quelle maman ? C’est toute l’histoire. 



"Maman", pour les petits Finaly, c'est, bien sûr, cette demoiselle Annette Brun, l'âme de l'affaire.



pays basque autrefois religion juifs finaly
MME ANNETTE BRUN
QUI? 2 MARS 1953



Celle qui s'est vouée depuis quarante ans, à cœur perdu, au sauvetage de l'enfance en péril, cette directrice de la crèche municipale d’un faubourg grenoblois, qui, le 18 février 1944, recueillit, alors que leurs parents venaient d'être emmenés par les nazis, les deux petits Israélites, presque mourants — l’un venait d'être opéré d'une mastoïdite, le second souffrait d'une très violente dysenterie — et qui, huit ans plus tard, se trouve inculpée de séquestration d’enfants et tenue au secret dans une cellule de la prison de Grenoble."



A suivre...






(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)




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dimanche 12 mars 2023

LA POPULATION JUIVE À BAYONNE EN LABOURD AU PAYS BASQUE EN 1845

LA POPULATION JUIVE À BAYONNE EN 1845.


En 1845, la Ville de Bayonne compte environ 18 000 habitants et est administrée par le Maire François Balasque.



pays basque autrefois labourd 1843
BAYONNE 1843
PAYS BASQUE D'ANTAN



En 1837, la synagogue est construite dans le quartier Saint-Esprit, au nord de la ville de Bayonne.

La communauté juive de Bayonne est ancienne et constituée de différents groupes de fugitifs de 

Navarre et du Portugal, établis à Saint-Esprit-lès-Bayonne après l'expulsion des Juifs d'Espagne 

en 1492 et du Portugal en 1496.

En 1846, un consistoire est installé à Saint-Esprit, qui est intégré à Bayonne en 1857.





Voici ce que rapporta au sujet de la Communauté juive de Bayonne la revue mensuelle Archives 

Israélites de France, le 1er janvier 1846 :



"... La plus grande partie de ce que nous avons dit de Bordeaux convient aussi à la communauté de Bayonne ou plutôt de Saint-Esprit, où se trouve la synagogue. La population israélite s'élève à environ 12 à 1 500 âmes. La célébration du culte y est identiquement la même que celle de Bordeaux, mais pour l'ensemble il y a une différence. Bayonne, sous plus d'un rapport, ressemble à une de nos anciennes kehiloth, comme l'étaient jadis Metz, Mayence et Francfort.




C’est ce qui ressortira, j’espère, des particularités que j’y ai remarquées et dont j’ai à vous entretenir. Comme à Bordeaux, le culte est imposant à Bayonne ; le temple, qui se trouve dans la principale rue de Saint-Esprit, est un magnifique édifice. Vous êtes, ayant d’y entrer, frappé de la noble simplicité de la maison consacrée au Seigneur. Elle a été construite en 1836, et a coûté 110 000 fr. Cet édifice aurait été mieux placé à Bayonne, où les israélites ont leurs établissements commerciaux. Il est vrai de dire que presque tous demeurant néanmoins à Saint-Esprit, c’est sans doute ce motif qui les a portés à y établir le temple.



Ils ont pourvu aux frais de construction du temple par des dons volontaires et par un emprunt fait entre eux. Ce temple est remarquable par son style à la fois simple et sévère ; sa façade se dessine agréablement au coup d’œil. Après qu’on a passé par une belle grille de fer, on se trouve dans une cour, ayant un pavillon à droite, qui est habité par le rabbin ; là se trouve aussi une belle salle : c’est le siège de l'administration du culte ; le pavillon à gauche est habité par le concierge du temple. A l’intérieur, le temple a la forme d’un parallélogramme allongé ; la voûte, qui court d’un bout à l’autre de l’édifice, est légèrement cintrée. Deux rangs de colonnes forment trois nefs et soutiennent les tribunes des dames, qui s’étendent au-dessus des nefs latérales ; de ces tribunes, soutenues par des colonnes, et occupant trois faces latérales du temple, s'élancent autant de pilastres quadrangulaires qui vont jusqu’à la voûte. La nef, d’une étendue de 50 mètres carrés, est en marbre, entourée d’un parquet en bois de chêne. Il y a, comme à Bordeaux, un grand espace carré devant le tabernacle, lequel est recouvert d’immenses rideaux cramoisis occupant toute la hauteur du temple et s’ouvrant facilement par le milieu, au moyen de deux cordons. On monte au tabernacle par plusieurs degrés ; l’arche sainte, au haut de laquelle on lit les dix commandements, est en noyer sculpté et d’une beauté remarquable. Les noms des donateurs sont inscrits sur le mur ; et il y en a de très généreux.



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VUE SUR LA GALERIE DES FEMMES
SYNAGOGUE BAYONNE



Au milieu du temple, et séparée du tabernacle par un beau parvis de marbre noir et blanc, est une estrade placée sur l’avant d’une sorte de tribune où se tiennent les enfants de chœur et les ministres du culte ; devant la tribune s’élève le chandelier à sept branches.



La chaire est fort élégante ; le service est célébré avec une grande dignité. Nous avons déjà fait remarquer en quoi le chœur de Bayonne, dans lequel nous avons entendu d’excellentes basses-tailles, se distingue de celui de Bordeaux. Le grand chœur de Bayonne est surtout composé de personnes appartenant aux familles les plus honorables ; mais ce qu’on appelle le petit chœur, composé de douze enfants, le cède à celui de Bordeaux pour la tenue et pour la beauté des voix. Le chœur est dirigé avec habileté par M. Salzedo ; un professeur de chant l’exerce pendant la semaine.



Bayonne obtiendra probablement bientôt un Consistoire ; en attendant tout ce qui concerne le culte est dirigé avec zèle et intelligence par l’administration du temple et de la bienfaisance. Le budget annuel du culte se monte à près de 13 000 fr., et, sur les 110 000 fr. qu’on a dépensés pour la construction du temple, il n’est plus dû que 45 000 fr.



Nous avons fait une remarque que plusieurs de nos lecteurs auront peut-être faite également de leur côté : c’est que les fonctions du rabbin, pour être multipliées, sont rendues moins pénibles dans une communauté du rit portugais par le zèle et le dévouement des fidèles, qui respectent au plus haut degré la parole de leur pasteur. Nous n’avons pas entendu prêcher M. Samuel Marx, rabbin de Bayonne, mais les parties de discours qu’il a bien voulu nous communiquer nous l’ont fait connaître sous le jour le plus avantageux ; il a une bonne diction et beaucoup de profondeur d’esprit. On voit qu’il a une immense lecture. C’est un homme qui a l’enthousiasme du bien et qui, avec les excellentes qualités qui le distinguent, sera, lorsque Saint-Esprit aura un Consistoire, un des meilleurs grands-rabbins de France.



Il a, du reste, un vaste champ à cultiver, car l’instruction religieuse est peu répandue dans cette communauté. Aussi M. Marx s’applique-t-il, dans son enseignement, à traduire les prières et à propager ces connaissances théologiques, sans lesquelles le culte, devenant machinal, est privé de l'élément vital qui le fait aimer et qui le maintient. 



Nous avons dit que cette communauté a de la ressemblance avec les principales communautés allemandes telles qu’elles étaient il y a cinquante ans : en effet, quoique Bayonne soit séparé de Saint-Esprit par un très grand pont (sur l’Adour), la fréquentation de la synagogue, surtout le sabbat, est très grande ; là personne ne transgresse, du moins ouvertement, les prescriptions du saint jour.



En arrivant à Saint-Esprit à quatre heures du matin, nous avons rencontré (c’était dans la semaine qui précède Ros-Haschana) les fidèles se rendant à cette heure si matinale à l’office de Selihoth ; et à la prière du soir (Mangrib) nous avons également rencontré un grand nombre d’assistants. Comme à Bordeaux, on ne fait pas l'office dans le grand temple les jours ordinaires, mais dans une succursale. Mais nous avons fait une remarque : autant dans le temple l’office se fait avec dignité, autant dans la succursale c’est une confusion digne de la plupart de nos synagogues du Nord. Bayonne et Saint-Esprit, qui appartiennent à deux départements différents, n’ont pourtant jamais formé qu’une seule communauté ; le plus grand nombre de ceux qui la composent demeurent à Saint-Esprit, où même ceux qui ont leur établissement commercial à Bayonne ont leur domicile.



Cette communauté est le premier établissement israélite en France, où pour la population israélite elle tient le quatrième rang. Les israélites de cette communauté occupent une très haute position sociale ; tels sont, par exemple, les Furtado, les Isaac Léon, les Josué Léon, les Nounez, les Patto, etc. Là on est fier d être israélite, et ce n’est pas là qu’un missionnaire s'aventurerait avec succès.



Comme nous l’avons dit de Bordeaux, le besoin de réforme s’y fait moins sentir, puisque la principale nécessité est celte de donner au culte l’éclat et la majesté qui, dans la plupart de nos temples, lui manquent ; et là nous rendons volontiers justice aux adversaires des réformes. Ils sont animés d’une grande sincérité religieuse, et il y en a qui se soumettent, en voyage, à de grandes privations par esprit de religion. Ce n’est cependant pas le plus grand nombre, et c’est là ce qui distingue l’israélite du rit portugais de celui du rit allemand.



Nous ne pouvons nous expliquer cette différence que par l’origine des deux communautés, Bordeaux et Bayonne. Venus d’un pays où ils avaient été obligés de vivre ostensiblement comme chrétiens, la pratique extérieure a bien pu souffrir de cet état de gêne, mais l’attachement à la croyance s’est maintenu d’autant plus vivace, qu’on avait souffert pour cette croyance tous les genres de martyre.



Nous avons vu avec étonnement qu’on vend encore les Mitswoth au temple de Bayonne, ce qui est d’autant plus remarquable, qu’on a devant les yeux ce qui se fait à Bordeaux. Cette persévérance n’a cependant, nous a-t-on dit, d’autre fondement que le besoin de compléter le traitement du rabbin et celui du hazan ; le jour où Bayonne aura un Consistoire, la vente des Mitswoth y sera supprimée.



Il y a deux écoles gratuites, l’une pour les garçons, dirigée par M. Moreau, et l’autre pour les filles, dirigée par mademoiselle Pereire. Nous avons trouvé ces deux établissements bien tenus, et les soins que leur donne M. Marx, le digne rabbin, dénotent le zèle dont il est animé. Il est à même de faire beaucoup de bien : il est instruit et possède à un haut degré l’affection de ses administrés.



Le cimetière remonte au XVIIe siècle ; il est remarquable par son étendue ; un gardien spécial est chargé de son entretien ; les pierres tubulaires, d’une égale dimension, sont couchées ; celles des rabbins ont une forme particulière. Les funérailles se font, comme à Bordeaux, avec la plus grande décence. M. le rabbin, ayant à ses côtés des membres de l’administration, marche à la tête du cortège ; tout se fait dans cette communauté avec la plus grande convenance.



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CIMETIERE JUIF DE BAYONNE


Puisque ces détails ont paru vous intéresser, mon cher ami, je souhaite que ces observations impartiales, recueillies par un témoin oculaire, fassent sur tous les lecteurs des Archives la même impression que sur vous, et stimulent le zèle de nos administrateurs du Nord et de l'Est. Telle est ma seule ambition et, avec le désir de vous être agréable, le seul motif qui ait guidé ma plume.


Un touriste."



(Source :  Wikipédia et Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)



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mercredi 8 mars 2023

LA ROMANCIÈRE IRÈNE NÉMIROVSKY ET LE PAYS BASQUE

IRÈNE NÉMIROVSKY ET LE PAYS BASQUE.


Irène Némirovsky est une romancière russe d'expression française, née à Kiev le 24 février 1903 et morte le 19 août 1942 à Auschwitz.


jeudi 5 novembre 2020

L'AFFAIRE FINALY AU PAYS BASQUE EN MARS 1953 (cinquième et dernière partie)

 

L'AFFAIRE FINALY AU PAYS BASQUE EN 1953.



En ce début d'année 1953, sans atteindre les proportions de l'affaire Stavisky, l'affaire Finaly fait tout de même de Bayonne une des capitales mondiales du fait divers.

lundi 5 octobre 2020

L'AFFAIRE FINALY AU PAYS BASQUE EN MARS 1953 (quatrième partie)

L'AFFAIRE FINALY AU PAYS BASQUE EN 1953.



En ce début d'année 1953, sans atteindre les proportions de l'affaire Stavisky, l'affaire Finaly fait tout de même de Bayonne une des capitales mondiales du fait divers.

dimanche 6 septembre 2020

LE DÉCRET DE BAYONNE DU 28 JUILLET 1808


LE DÉCRET DE BAYONNE EN 1808.


Le décret de Bayonne daté du 28 juillet 1808 est un élément de la politique de Napoléon envers les Juifs. Il s'agit d'une mesure prise par Napoléon 1er obligeant les citoyens juifs de France à avoir un nom de famille définitif et à le déclarer à la mairie.

samedi 5 septembre 2020

L'AFFAIRE FINALY AU PAYS BASQUE EN FÉVRIER 1953 (troisième partie)


L'AFFAIRE FINALY AU PAYS BASQUE EN 1953.



En ce début d'année 1953, sans atteindre les proportions de l'affaire Stavisky, l'affaire Finaly fait tout de même de Bayonne une des capitales mondiales du fait divers.

mercredi 5 août 2020

L'AFFAIRE FINALY AU PAYS BASQUE EN FÉVRIER 1953 (deuxième partie)


L'AFFAIRE FINALY AU PAYS BASQUE EN 1953.



En ce début d'année 1953, sans atteindre les proportions de l'affaire Stavisky, l'affaire Finaly fait tout de même de Bayonne une des capitales mondiales du fait divers.

dimanche 5 juillet 2020

L'AFFAIRE FINALY AU PAYS BASQUE EN FÉVRIER 1953 (première partie)


L'AFFAIRE FINALY AU PAYS BASQUE EN 1953.


En ce début d'année 1953, sans atteindre les proportions de l'affaire Stavisky, l'affaire Finaly fait tout de même de Bayonne une des capitales mondiales du fait divers.

samedi 7 septembre 2019

LES LOIS ANTI-JUIVES À BAYONNE ET À BIARRITZ EN LABOURD AU PAYS BASQUE EN 1942


LES LOIS ANTI-JUIVES AU PAYS BASQUE EN 1942.


Durant la période de l'Occupation allemande, le régime de Vichy a édicté plusieurs lois sur le statut des Juifs, faisant de ces derniers une catégorie à part de la population.

dimanche 1 septembre 2019

L'HISTOIRE DES JUIFS DE BAYONNE EN LABOURD AU PAYS BASQUE


L'HISTOIRE DES JUIFS DE BAYONNE.


Depuis des centaines d'années, une communauté de juifs chassés d'Espagne (en 1492) s'est installée au Pays Basque Nord, et en particulier à Bayonne.

mercredi 24 juillet 2019

LE CENTENAIRE DE LA SYNAGOGUE DE BAYONNE EN LABOURD AU PAYS BASQUE EN 1937


LE CENTENAIRE DE LA SYNAGOGUE DE BAYONNE EN 1937.


En 1835, la communauté juive de Bayonne demande officiellement au consistoire de Bordeaux dont elle dépend, ainsi qu'aux autorités administratives de la ville, l'autorisation de construire une synagogue pouvant accueillir 300 personnes.

samedi 20 avril 2019

L'INAUGURATION DE LA SYNAGOGUE DE BIARRITZ EN LABOURD AU PAYS BASQUE EN 1904


L'INAUGURATION DE LA SYNAGOGUE DE BIARRITZ EN 1904.


La synagogue de Biarritz, située 3 rue Pellot, est inaugurée le 7 septembre 1904.

dimanche 18 mars 2018

LE CIMETIÉRE ISRAÉLITE DE LA BASTIDE-CLAIRENCE EN BASSE-NAVARRE AU PAYS BASQUE AUTREFOIS


LE CIMETIÈRE ISRAÉLITE DE LA BASTIDE-CLAIRENCE.


Dans plusieurs communes du Pays Basque Nord, se trouvent des cimetières israélites.

vendredi 27 janvier 2017

L'AFFAIRE FINALY À BAYONNE EN LABOURD AU PAYS BASQUE EN 1953


L'AFFAIRE FINALY À BAYONNE EN 1953.

En ce début d'année 1953, sans atteindre les proportions de l'affaire Stavisky, l'affaire Finaly fait tout de même de Bayonne une des capitales mondiales du fait divers.