CARTES POSTALES , PHOTOS ET VIDEOS ANCIENNES DU PAYS BASQUE. Entre 1800 et 1980 environ.
jeudi 17 septembre 2026
dimanche 30 août 2026
RABELAIS ET LA LANGUE BASQUE PAR JULES VINSON
RABELAIS ET LA LANGUE BASQUE.
François Rabelais, écrivain français humaniste de la Renaissance, publie en 1532 son livre Pantagruel et, en 1542, Pantagruel Roy des Dispodes.
Voici ce que rapporta à ce sujet Jules Vinson :
"Rabelais et la langue Basque.
Le plus ancien texte basque imprimé connu est le petit discours de Panurge, dans le chapitre IX du livre II de Pantagruel, qui a paru pour la première fois dans l'édition de Lyon, Juste, 1542. Il existe des documents antérieurs, où sont cités quelques mots basques, mais, outre qu'ils contiennent seulement des listes de mots, ils sont tous restés longtemps manuscrits, à part un ouvrage imprimé en 1530. Mais le passage de Rabelais est d'une importance et d'un intérêt beaucoup plus considérable.
Voici ce passage, que je reproduis conformément à l'édition originale, lettre pour lettre et ligne pour ligne (ff. 37 r°, I. 11 à 21) :
Jona andie guauf
fa gouffietan be harda er remedio be-
harde berfela yffer lãda. Anbates otoy
y es naufu ey neffaffu gourray pro-
pofian ordine den. Nonyffena bayta
fafcheria egabe gen heraffy badia fa-
daffu noura affia. Aran hõdouan gual
de eydaffu naydaffuna. Eftou ouffyc
eguinan foury hin er darftura eguy
harm. Genicoa plafar vadu. Eftes
vous la refpondit Endemon Geincoa.
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| PORTRAIT DE FRANCOIS RABELAIS |
Ce texte a été reproduit dans les éditions suivantes, mais avec des coquilles qui ajoutent encore aux difficultés qu'il présente. On remarquera le mot deux fois répété : Geincoa est la forme correcte ; la plupart des éditions ont corrigé Genicoa.
| PHRASE DANS PANTAGRUEL EN BASQUE DE FRANCOIS RABELAIS |
La restitution de ce passage a été tentée pour la première fois dans le Mercure de France (n° 661, t. IX, p. 129-143 : Aperçu sur le peuple basque, par M. de la Chabeaussière junior) en juillet 1814 ; l'interprétation en fut de nouveau tentée en 1826 par Fl. Lécluse dans l'Examen critique de son Manuel de la langue basque, avec l'aide de deux Basques du Labourd et de la Soule. En 1858, M. Archu, inspecteur primaire à la Réole, a proposé une autre traduction que M. Gustave Brunet a publiée l'année suivante dans sa Notice sur les proverbes basques, etc. (Paris, Aubry, 1859, p. 12). Le même M. Archu a refait depuis cette traduction et j'ai publié sa nouvelle version dans le journal l'Impartial des Pyrénées et des Landes, de Bayonne (n° du 8 novembre 1872) ; cet article a été réimprimé aux p. 227-230 des Études de linguistique et d'ethnographie, par A. Hovelacque et Julien Vinson (Paris, Reinwald, 1878, in-8°).
| LIVRE ETUDES DE LINGUISTIQUE ET D'ETHNOGRAPHIE PAR A. HOVELACQUE ET J. VINSON |
Aucune des restitutions proposées n'est satisfaisante ; elles ont d'ailleurs presque toutes le tort de trop s'écarter du texte. Pour en retrouver la vraie forme, il convient d'abord de rechercher où et comment le morceau a été écrit. Il est probable que c'est l'œuvre d'un de ces laquais basques, plus ou moins lettrés, qui étaient au service des grands seigneurs au XVIe et au XVIIe siècle. L'orthographe est donc probablement assez fantaisiste et arbitraire. Le jeune homme, — tous ces laquais étaient jeunes, — était originaire de la Soule (Mauléon) ou peut-être de la Basse-Navarre (Saint-Jean-Pied-de-Port), comme le prouvent les formes gen (jin), geincoa (Jinkoa), Jona (Jauna). Quelques corrections sont évidentes : jaun handia pour Jona andie, gayz pour guaussa ; quelques mots ont été mal divisés et quelques tildes sont à suppléer. Je lirais donc :
Jaun handia, gayss goussietan behar da erremedio ; behar den bessela yssan lan da. Ambates othores nausu ; eyn essassu goure proposian ordine den, non yssanen bayta, fascheria gabe, gin erassy badiassadassu neure assia. Haren ondouan, gualde eydassu nahy dussuna. Estou oussyc eguinen soury bien ere dastura eguyn harrec, Geincoac plaser badu.
Et je traduirais :
Monseigneur (grand seigneur), en tous maux il faut remède ; être comme il faut, c'est le difficile. Je vous ai tant prié ! Faites qu'il y ait de l'ordre dans notre propos, où cela sera, sans facherie, si vous me faites venir mon rassasiement. Après cela, demandez-moi ce que vous voudrez. Il ne vous fera pas faute de faire même les frais de deux, s'il plaît à Dieu.
On écrirait aujourd'hui :
Jaun handia, gaitz guzietan behar da erremedio ; behar den bezela izan, lan da. Hambatez othoyez nauzu! Eguin ezazu gure proposian ordine den, non izanen baita, facheria gabe, jin erazi badiazadazu neure asea. Haren ondoan, galde egidazu nahi duzuna. Eztu hutsik eguinen zuri bien ere dastura egin harrek, Jincoac plazer badu.
![]() |
| JULIEN VINSON |
Ce n'est évidemment ni très exact ni très correct ; tous les mots ne sont pas bons, mais le sens général est très plausible. Erremedio est encore en usage aujourd'hui ; propos et facheria sont empruntés au français courant de l'époque ; dastura est une variante de gastura, dérivé de gastu "dépense" (espagnol gasto : d permute facilement avec g en basque) ; en revanche, ordine pour "ordre" est une forme latinisée, inusitée, mais qu'on a pu former en se souvenant de certains passages des livres religieux, par exemple du tu es sacerdos in œternum, secundum ordi-nem Melchisedec. Il est probable d'ailleurs que certaines fautes du texte sont l'œuvre du traducteur basque : il a pu écrire jauna et guayssa au lieu de jaun et gayss, parce que, comme tous ses compatriotes, il ne concevait pas le mot sans l'article a final et n'a pas songé à sa suppression nécessaire devant l'adjectif suivant. Jona pour jauna et gouray pour gure sont des erreurs, fort explicables, du copiste français. En 1542, on n'avait encore rien publié en basque et on n'avait écrit dans cette langue qu'au hasard, accidentellement pour ainsi dire. La dernière phrase, avec dastura eguyn harrec, paraîtra un peu irrégulière, comme aussi le othoyez nauzu avec hanbatez. Au demeurant néanmoins, il n'y a là ni barbarismes, ni solécismes graves, ni rien qui choque ; l'auteur de ce petit morceau est certainement un Basque.
Julien Vinson.
Paris, 13 mai 1905.
P.-S. — Il y a encore deux mots basques au chapitre V du livre 1 : lagona, edatera ; mais ils ne soulèvent aucune difficulté : lagona ; c'est laguna "le compagnon", et edatera veut dire "vers le boire, au boire". Le sens est évident : "Camarade, a boire !"
Extrait de la Revue des Études rabelaisiennes, 3e année, 3e fascicule."
(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)
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dimanche 22 mars 2026
L'OEUVRE DE LUIS MICHELENA-ELISSALT DE RENTERIA EN GIPUZKOA AU PAYS BASQUE (sixième et dernière partie)
L'OEUVRE DE LUIS MICHELENA-ELISSALT.
Koldo Mitxelena Elissalt ou Luis Michelena ou Koldobika Mitxelena, né le 20 août 1915 à Renteria (Gipuzkoa) et mort le 11 octobre 1987 à Saint-Sébastien (Gipuzkoa) est un linguiste, écrivain, professeur de philosophie et académicien Basque espagnol de langue Basque et espagnole.
Voici ce que rapporta Pierre Lafitte, de l'Académie de la langue basque, à son sujet dans le
Bulletin du Musée Basque N° 27 de 1965 :
"Etudes Basques.
L'oeuvre de Luis Michelena-Elissalt.
... Fonetica Historica Vasca.
Saluons la thèse de doctorat de Luis Michelena. C'est un véritable monument, non seulement par son volume matériel (456 pages in-8), mais encore parce qu'à travers l'analyse de 3 150 mots la langue basque s'y trouve étudiée phonétiquement sous toutes les coutures.
Le titre l'indique : il ne s'agit pas d'une simple description du basque actuel, mais d'une diachronie, et même d'une reconstruction du basque préhistorique, encore que sur ce point l'auteur se montre prudent et discret.
Dans son introduction, Luis Michelena reconnaît que, s'il a intégré les résultats d'Uhlenbeck et de Gavel en les dépassant grâce à une documentation plus abondante et à l'utilisation de méthodes plus neuves, il n'a pas épuisé lui-même toutes les questions et il reste de la matière pour maintes monographies.
N'empêche que nous sommes en présence d'un livre fondamental.
Onze pages d'introduction résument les principes de l'auteur.
Suivent dix pages de bibliographie, deux pages d'abréviations, trois pages d'observations générales : classification des dialectes, graphie, etc.
1. Et l'ouvrage commence par l'étude des voyelles.
Le "système vocalique" basque est des plus simples : cinq voyelles : a, e, i, o, u, sans brèves ni longues. Cependant le souletin a un ü récent qui s'est réalisé dans des conditions très précises, comme aussi le mixain ; on le retrouve ailleurs comme prononciation de u + a (Hasparren hartüa) ou de u + i (Ustaritz nüin, j'avais). Certains cas d'alternance i/u ont suggéré qu'en protobasque il aurait existé une sixième voyelle analogue au schwa : Luis Michelena ne retient pas l'hypothèse. Une caractéristique des dialectes orientaux, c'est la présence de voyelles nasales qui révèlent la disparition d'une consonne nasale.
D'une façon générale on constate une grande fixité des voyelles en basque à travers les textes : lat. necem > neke ; lat. picem > bike ; lat. pluma > luma ; lat. mutum, > mutu, etc.
Cependant il faut noter des "phénomènes d'ouverture et de fermeture". Le chapitre II nous dit dans quelles conditions e s'ouvre en a (berri/barri ; berdin/bardin ; pitxer/pitxar ; ou bien i en e (kirten/kerten ; bildur/beldur). Inversement on nous explique les fermetures de a en e (ogia/ogie) ou de e à i (mediku/midiku), ezkila/izkila), ou encore de o à u (on/hun, ondar/hundar) ou de a à i (karats/kirets) etc.
Le chapitre III traite de "labialisation" et "délabialisation", c'est-à-dire, en bref, de l'alternance i/u et de l'alternance e/o, cette dernière étant relativement rare.
Le chapitre IV est consacré aux diphtongues : cinq paraissent primitives : au, eu, ai, ei oi ; le roncalais les nasalise à l'occasion, du reste le bas-navarrais aussi, comme le souletin. Beaucoup sont récentes et proviennent de la rencontre de deux voyelles en hiatus après chute de quelque consonne intervocalique. Souvent il y a monophtongaison : au devient a (aurkitu, arkitu) ; au devient o (arraultze, arroltze) ; au devient u (nau, nu) ; ai se réduit à i ou a (naiz, niz nax) ; eu se simplifie en u (euli, uli) ou en e (euria, ebia). Et combien d'alternances ! Ai/ei (gai, gei), au/ai (gau, gai), oi/ei (hogoi-hogei), etc.
Le chapitre V s'occupe des "voyelles en hiatus" : il nous montre comment l'accent, le ton, les nasalisations et d'autres traits peuvent révéler des contractions anciennes ; il explique les origines de certaines diphtongues ou voyelles. Ainsi nous voyons qu'un a peut venir d'une apophonie de e, de o, de u, ou d'un aa, d'un ae, ; qu'un e peut venir d'un ai, d'un ae, d'un ee, etc.
Au chapitre VI, il s'agit des "voyelles finales", tant en fin de mot, qu'en finale d'un premier membre des composés ou de certains dérivés : dès les plus vieux textes, dans les derniers, le -i et le -u des bisyllabes disparaissent (sauf hiri et hegi), le e et le o deviennent a ; les mots de plus de deux syllabes perdent la voyelle finale pourvu que la consonne puisse rester en finale. Pour les finales absolues, il y a de la confusion due à des coupes fausses ou à des alternances locales. Le chapitre VII étudie le cas particulier des terminaisons en -n qui posent des problèmes complexes.
Enfin le chapitre VIII étudie la "formation" de voyelles prothétiques, anaptéctiques, prépalatales, prénasales, paragogiques (errege, perekatu, gaixto, aingeru, Parise), et les "chutes" de voyelles (mazte, ahatra, eliz bat).
2. Après l'étude des voyelles, vient le chapitre des semi-voyelles "J" et "W" qui en basque sont plutôt secondaires. Le yod pose des problèmes de prononciation et a évolué parfois jusqu'à x. Le w est quasi inconnu en initiale, il a quelques rares fois évolué en -b- ou peut-être -m- (indirectement).
3. Dix chapitres sont consacrés aux consonnes.
Les deux premiers se débarrassent de deux phénomènes qui peuvent passer pour secondaires : la palatisation et l'aspiration : ils sont, du reste, minutieusement épluchés le long de plus de vingt pages chacun. La mouillure, quoique utilisée dans tous les dialectes avec une valeur hypocoristique, est ancienne en basque, mais marginale. L'aspiration actuellement disparue des provinces péninsulaires a dû être commune : des textes médiévaux l'attestent pour l'Alava et la Rioja jusqu'au XVIIIe siècle au moins : on suppose que la Navarre a, la première, perdu l'h sous l'influence de l'aragonais. Luis Michelena distingue des h d'origines diverses : expressives, étymologiques et peut-être primitives, mais il n'ose pas, semble-t-il, en faire un élément essentiel du système protobasque.
Le chapitre suivant (XII) nous entretient des "occlusives" : grâce aux emprunts latino-romans, on voit jusqu'à quel point elles ont persisté ou évolué soit en initiale, soit à l'intervocalique. Etudes sur l'alternance sourde/sonore. Schéma d'un système occlusif protobasque. Permutations entre occlusives d'ordres différents. Le chapitre XIII s'attache à des particularités relatives aux labiales : rareté de p- et surtout de -p- ; valeur marginale de f ; doutes sur l'existence de m protohistorique.
Les "sifflantes" occupent le chapitre XV : elles sont nombreuses : six communes : s, z, x, ts, tz, tx, et trois souletines : l's de aisa, le z de aizina, le ts de etsamen. Ces dernières sont récentes. A date ancienne, le latin s a été entendu z ; les mots basques à s semblent plus modernes. Néanmoins Luis Michelena croit à l'antiquité d'une opposition s/z. Il observe çà et là des confusions entre les deux ordres et il relève les relations entre fricatives et affriquées, sans oublier les chutes de sifflantes et ce que l'on a parfois appelé le rhotacisme basque.
Le chapitre XV se réfère aux "nasales" : une -n- intervocalique ancienne s'est perdue, parfois sans laisser de trace, d'autres fois remplacée par -h- ou -r- (anatem > ahate, aate, bienarte > bierarte). Une autre N, assez bien représentée par -nn- en latin, s'est maintenue (anaia). A noter des alternances Nikolas/Mikolas, ekaitz/nekaitz, larru/narru.
Les chapitres XVI et XVII traitent des "liquides". Les "latérales", c'est-à-dire l et la palatale correspondante sont étudiées tout d'abord : une -l- intervocalique ancienne s'est transformée en -r- (cœlum > zeru) à quelques exceptions près, dues souvent à des rétablissements de Z influencés par les langues voisines. Une autre L, assez bien représentée par -ll- en latin, s'est maintenue (gaztelu). Parmi les curiosités relevées signalons la vocalisation (alfer > auher), les contractions -ari, -are en -al (afari, afaldu ; joare, joaldun), les alternances d-/l- (lanjer), ñ-/l- (ñapur, lapur) quelques chutes de l- (askatu), etc. — Le chapitre des "vibrantes" se réduit à l'étude des deux r basques. L'r douce intervocalique a disparu en Soule, elle est devenue d après diphtongue : apaidü, repas. Ailleurs l'opposition r/rr se maintient. Luis Michelena note des alternances entre les deux vibrantes (harek, harrek, arats, arrats, etc.), la rareté des r douces en finale, leur chute fréquente en composition, etc.
Le chapitre XVIII passe en revue les "groupes" de deux ou trois consonnes admis par le basque et les solutions adoptées devant certaines rencontres insolites. C'est un travail long et minutieux, où les faits diachroniquement interprétés nous ouvrent, grâce à Luis Michelena, des perspectives inattendues vers le basque préhistorique.
Le dernier chapitre de la troisième partie est précisément une synthèse qui tente de reconstituer "le système consonantique ancien", en résumant Las antiguas consonantes vascas dont nous avons plus haut rendu compte.
4. La thèse s'achève par l'étude de l'accent. Le chapitre XXI construit une hypothèse sur "l'accent antique", et on y retrouve les mêmes idées que dans l'essai intitulé A propos de l'accent basque dont nous avons également parlé.
L'ouvrage est complété par un index précieux des mots basques cités. Il est dommage que l'index des mots étrangers évoqués dans le livre n'y figure pas, d'autant qu'il a été composé et a même paru dans le "Boletin de la Real Sociedad Vascongada de los Amigos del Pais" (1962, p. 71-77) : on le doit à M. Manuel Agud, qui y a mis la liste alphabétique des mots latins et romans d'une part, et, d'autre part, celle des mots aquitains et ibériques et de quelques noms propres attestés par des documents de l'époque romaine. Dans la prochaine édition nous souhaiterions en outre un "index rerum" qui rendrait cette immense somme plus maniable : car, à tout instant, on sent le besoin de la consulter. Nous n'irons pas jusqu'à réclamer des tableaux récapitulatifs comme nous en donnait Victor Magnien pour la phonétique grecque, ce qui serait pourtant fort utile pour les commençants.
Nous arrêtons là notre présentation de l'œuvre de Luis Michelena. Sous la forme comprimée que nous avons dû adopter, elle paraîtra abstraite, difficile : elle est certes très technique, mais elle est concrète et limpide dans son texte truffé d'exemples, et le style, pour être concis, n'en est pas moins vivant, allègre, passionné, tout vibrant d'une foi scientifique des plus intrépides.
Dans le commerce de la vie, Luis Michelena est pétillant de bonne humeur et, s'il le voulait, il serait facilement malicieux. En fait, dans ses écrits, il se retient, et je ne connais de lui qu'une moquerie en règle : certain compte rendu de l'ouvrage où un pauvre Catalan s'était fatigué les méninges à démontrer que le basque est une langue romane. D'ordinaire, c'est avec respect qu'il expose et réfute les idées qu'il ne partage pas.
En basque, il a une plume pimpante, et c'est un régal de lire dans Egan sa critique cinématographique : curieux de nouvelles internationales, marié, père de famille, homme de société, ami des lettres contemporaines, sa science ne l'a pas coupé des vivants, et ce serait une erreur de voir en lui un Hermagoras perdu chez les Ibères ou les Aquitains préhistoriques. Il est vraiment, comme homme et comme savant, l'actualité même."
(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)
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dimanche 22 février 2026
L'OEUVRE DE LUIS MICHELENA-ELISSALT DE RENTERIA EN GIPUZKOA AU PAYS BASQUE (cinquième partie)
L'OEUVRE DE LUIS MICHELENA-ELISSALT.
Koldo Mitxelena Elissalt ou Luis Michelena ou Koldobika Mitxelena, né le 20 août 1915 à Renteria (Gipuzkoa) et mort le 11 octobre 1987 à Saint-Sébastien (Gipuzkoa) est un linguiste, écrivain, professeur de philosophie et académicien Basque espagnol de langue Basque et espagnole.
Voici ce que rapporta Pierre Lafitte, de l'Académie de la langue basque, à son sujet dans le
Bulletin du Musée Basque N° 27 de 1965 :
"Etudes Basques.
L'oeuvre de Luis Michelena-Elissalt.
... Le chapitre III est consacré au XVIIe siècle. Il s'ouvre par un coup d'œil sur l'instruction religieuse à Calahorra et Pampelune. Suit une courte étude de Micoleta, une plus longue sur les vers de cette époque, et le reste du chapitre s'occupe de la littérature basque au Labourd et en Soule : Etcheberri de Ciboure, Axular, Oihenart et Gazteluzar y tiennent la vedette.
Le chapitre IV nous mène de 1700 à 1850. Voici les traducteurs et adaptateurs basques-français : Churio, Maister, Haraneder, Mihura, Baraciart, Lopez ; les protestants : Pierre d'Urte, Oteiza, Gaïdor ; trois pages font un sort à Etcheberri de Sare et saluent H. Harriet ; deux pages citent nos documents révolutionnaires, Duhalde, Chaho, Archu, Salaberry de Mauléon. Revenant en Pays Basque péninsulaire, Luis Michelena chante Larramendi le long de sept pages et les auteurs qui l'ont suivi en trois pages : Cardaberaz, Mendiburu, Joaquin Lizarraga, Ubillos. Une rapide évocation de Munibe et de ses "amigos del Pais", un mot sur Barrutia et son noël, quatre pages sur Humboldt, Astarloa et la famille Moguel, une revue d'ouvrages religieux dus à J.-B. Aguirre, Gerrico, Lardizabal, Añibarro, Bartolomé, etc., et voici quelques considérations sur Iztueta, les fabulistes (Vicenta Moguel, Goyetche, Archu, Iturriaga) et quelques poètes (Larréguy, Robin, Monho, Etchahun, Recio, Basterrechea, Meagher, Aboitiz, Gamiz).
Le chapitre V était le plus difficile à écrire. Comment choisir l'essentiel dans un fourmillement d'œuvres moyennes ? Comment juger des contemporains ou des auteurs que ceux-ci ont connus, sans risquer des réactions désagréables ? Luis Michelena, à notre avis, s'en est bien tiré. Il place au seuil de la nouvelle époque Louis-Lucien Bonaparte et ses collaborateurs, puis fait un tour chez les muses (Hiribarren, Iparraguirre, Xempelar, E. de Azkue, "Vilinch", Otaño, "Borddele", "Bordachuri", A. Etcheberri, Oxalde, Guilbeau, Larralde, Dibarrart, J.-B. Elissamburu, "Zalduby "). Suit l'étude d'une rénovation littéraire autour de Campion, Manterola, A. d'Abbadie, avec jeux floraux, théâtre, revues et autres périodiques : la presse basque naît et les Lapitze, Lapeyre, Arbelbide, Diharassary continuent la tradition du livre religieux. Entre deux siècles, Azkue, Arana Goiri et Julio de Urquijo lancent le basque dans des voies nouvelles. C'est l'ère des travaux scientifiques et des essais en tout genre. La poésie brille avec Arrese, Elzo, Embeita, Jauregui, Sagarazu, Onaindia, Zaitegui, etc., etc. encore qu'il faille mettre à part "Lauaxeta", "Lizardi", "Orixe", "Oxobi", "Iratzeder", etc. Le livre s'achève sur les dernières nouvelles du théâtre et des prosateurs (romans, essais, traductions). Luis Michelena signale une ouverture plus grande de la littérature basque chez les auteurs actuels.
Au total, une histoire cursive, vivante, qui offre des cadres pour des études plus approfondies touchant les lettres euskariennes.
Sobre el Pasado de la Lengua Vasca.
La Junte de culture de Biscaye ayant mis au concours le thème suivant : "Origines de la langue basque et processus évolutif de ses dialectes", Luis Michelena se mit sur les rangs et remporta le prix. C'est son travail qui a paru sous le titre "Sobre el pasado de la lengua vasca". C'est un joli volume aéré de 200 pages, dont 139 de texte, 30 de notes.
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| LIVRE SOBRE EL PASADO DE LA LENGUA VASCA DE LUIS MICHELENA |





