L'OEUVRE DE LUIS MICHELENA-ELISSALT.
Koldo Mitxelena Elissalt ou Luis Michelena ou Koldobika Mitxelena, né le 20 août 1915 à Renteria (Gipuzkoa) et mort le 11 octobre 1987 à Saint-Sébastien (Gipuzkoa) est un linguiste, écrivain, professeur de philosophie et académicien Basque espagnol de langue Basque et espagnole.
Voici ce que rapporta Pierre Lafitte, de l'Académie de la langue basque, à son sujet dans le
Bulletin du Musée Basque N° 27 de 1965 :
"Etudes Basques.
L'oeuvre de Luis Michelena-Elissalt.
Luis Michelena nous donne ensuite un résumé des témoignages que l'Antiquité et le Moyen Age nous ont laissés concernant les noms de personnes.
Dans les textes aquitains il pense reconnaître des désignations personnelles signifiant "homme", "dame", "fille", "fils", "enfant" ; des adjectifs numéraux, qu'on pourrait comparer à Second, Sixte, Octave, etc. ; des noms d'animaux et de plantes.
Les anthroponymes médiévaux sont classés comme suit : noms d'origine, patronymes, adjectifs-sobriquets, noms-sobriquets, noms et adjectifs non-personnels souvent rattachés à des lieux.
Quant aux noms de famille actuels, ils sont distribués en deux classes :
— des désignations personnelles (noms propres, surnoms, titres professionnels, etc) ;
— des noms jadis topographiques (noms rappelant d'antiques propriétaires de "fundi" ou "villae", des noms de saints, des termes descriptifs, des noms de maison, etc.).
Une autre partie de l'introduction résume clairement les lois de la composition et de la dérivation dans les noms de famille basques : modifications de la dernière voyelle ou de la dernière consonne du premier élément ; changements d'une consonne devenue finale du premier élément par suite de la chute d'une voyelle ; les groupes de consonnes résultant de la composition.
L'ouvrage explique ensuite, le long de 78 pages, par ordre alphabétique, 634 éléments qui se rencontrent dans environ 3 700 noms de famille cités. Le livre s'achève par un index de tous les noms et une abondante bibliographie du sujet.
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| LIVRE APELLIDOS VASCOS DE LUIS MICHELENA |
Las antiguas consonantes vascas (les antiques consonnes basques) est une sorte de réponse au défi de Saussure : "On ne peut rien tirer du basque, parce que, étant isolé, il ne se prête à aucune comparaison", et c'est en même temps un exemple de ce que permet de faire la "reconstruction interne".
Luis Michelena reconnaît une certaine anarchie dans la situation phonique du basque actuel ; mais, à son avis, des analogies de comportement peuvent mettre en lumière les affinités des phonèmes dans le système reconstitué d'anciens états de la langue.
L'auteur déclare fonder son étude sur la comparaison des formes actuelles avec leurs correspondances médiévales, mais aussi avec des éléments aquitains et ibériques considérés, par hypothèse, comme apparentés au basque lexicalement et phonologiquement.
Luis Michelena déblaie le terrain en disant que les palatales et les sourdes aspirées ne sont que des variantes plus ou moins expressives des consonnes fortes qui leur correspondent.
Puis il relève deux asymétries notables dans le système occlusif basque : la lettre p est pratiquement inconnue dans les mots très anciens, de même que les d- et t- initiaux.
La lettre f, quoique attestée dès le XIe siècle, paraît plutôt marginale.
Finalement, de notre système actuel, Luis Michelena ne retient comme antiques que les oppositions (p)/b, t/d, tz/z, ts/s, k/g, rr/r.
Mais il est intéressant de voir comment il détecte l'existence probable d'une N forte ancienne, correspondant à peu près à nn des latins, et d'une L forte aussi, correspondant à ll des latins. Les n faibles intervocaliques auraient disparu : ex. anatem > ahate face à annona > anhoa ; les l faibles auraient donné r en position intervocalique, ex. angelum > aingeru, face à angellum > angelu.
L dans alaba et n dans anaia seraient des témoins de *L et *N fortes.
Quant à m, Luis Michelena doute de son existence dans le système antique : il lui paraît dériver d'un archaïque -nb- : cf. l'aquitain sembus qui pourrait être la forme latinisée d'un *sembe > seme.
Ce résumé n'est qu'un maigre schéma. Puisse-t-il encourager le lecteur à se reporter au texte lui-même.
Luis Michelena termine modestement son travail en présentant sa tentative de restitution du système consonantique basque préhistorique comme une simple base de discussion. Il craint que dans l'état actuel de la documentation, on ne puisse ni vérifier ses hypothèses ni pleinement les réfuter. Elles sont en tout cas des plus séduisantes.
A propos de l'accent basque a paru en français dans le "Bulletin de la Société de Linguistique de Paris". C'est un essai au sujet d'une question difficile et mal débroussaillée. On dit souvent que la langue basque n'a pas d'accent, sauf en souletin. En fait, il existe hors de Soule des éléments d'accentuation, en vérité peu uniformes et difficiles à définir. Luis Michelena se propose de faire le point des opinions émises, de montrer que l'accent a jadis existé dans tous les dialectes, et même de déterminer sa place primitive dans les mots de la langue préhistorique.
Il compare les affirmations de T. Navarro, Altube et Azkue, concernant le type contemporain central-occidental. Puis il remonte dans l'histoire avec les témoignages de Larramendi (1729), Zaldibia (1575), Marineus Siculus (1539). Il s'occupe ensuite du haut-navarrais du cours inférieur de la Bidassoa et adopte les positions d'Holmer. Pour le labourdin ancien il n'y a guère que P. d'Urte (vers 1700) qui offre des textes où l'accent soit noté partiellement.
Luis Michelena passe alors aux dialectes orientaux : souletin, roncalais, salazarais. Une étude serrée de Liçarrague (1571) montre des coïncidences curieuses avec le souletin et le roncalais, et, si l'on postule pour le stade commun un accent fixe sur l'avant-dernière syllabe du mot, on peut ramener sans peine à un prototype commun l'accentuation du roncalais et celle du souletin.
Peut-on remonter plus haut ? On en est réduit aux hypothèses pour tout ce qui se rapporte à la nature et à la position de l'accent dans les stades plus anciens de la langue. Luis Michelena nous présente celle de Martinet qui, pour expliquer la "sonorisation" des occlusives initiales, pense avoir besoin d'un accent démarcatif sur la syllabe initiale.
Michelena, étudiant la distribution des aspirées, croit devoir postuler qu'à une certaine époque, dans les mots simples, l'aspiration ne s'est conservée ou produite que devant la voyelle accentuée, qui, de ce fait, serait normalement celle de la deuxième syllabe du mot. Dans les composés et dérivés à suffixe tonique, l'accent se serait trouvé au contraire sur la première syllabe du dernier élément.
Tout ceci est fondé sur des chaînes de faits phonétiques dûment discutés et qui dénotent beaucoup d'observation et d'esprit critique.
Les grandes synthèses.
Luis Michelena a montré dans ses essais l'envergure de son esprit et l'étendue de son érudition.
Il lui revenait d'écrire de plus grandes synthèses.
Il en a donné trois, de genres fort différents : une esquisse historique de la littérature basque, où, à la science, se joignent le goût et la culture ; une esquisse sur le passé de la langue, où se fait la critique de diverses positions prises concernant les origines et les parentés du basque ; enfin, sa magnifique thèse de doctorat sur la phonétique historique basque, qui est sans doute son œuvre maîtresse jusqu'à ce jour.
Historia de la Literatura Vasca.
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| LIVRE HISTORIA DE LA LITERATURA VASCA DE LUIS MICHELENA |



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