LE CONGRÈS DE LA LIGUE DE L'ENSEIGNEMENT À BIARRITZ EN LABOURD AU PAYS BASQUE EN OCTOBRE 1905 (cinquième partie)
LE CONGRÈS DE LA LIGUE DE L'ENSEIGNEMENT À BIARRITZ EN 1905.
La Ligue de l'enseignement est un mouvement laïque d'éducation populaire né en 1852.
DIPLÔME DE LA LIGUE DE L'ENSEIGNEMENT 1905
Elle a été créée pour promouvoir l'accès à l'éducation et à la culture pour tous, en réponse aux lacunes de l'éducation formelle.
En 1866, elle a commencé à organiser des activités éducatives, culturelles et sportives à travers ses fédérations départementales.
En 1886, la Ligue regroupait près de 1 200 Sociétés et s'est engagée dans des thématiques que l'école ne couvrait pas, comme l'enseignement professionnel et l'éducation physique.
Son histoire est marquée par un engagement constant pour l'accès au savoir dans une République laïque et démocratique.
Voici ce que rapporta à ce sujet la Correspondance hebdomadaire / Ligue française de
M. Lespesailles, secrétaire du Comité bayonnais de réception, lit une communication très attachante sur les oeuvres d'éducation populaire à Bayonne, où les oeuvres de la Ligue sont très en honneur.
Avant la discussion du rapport de la 3e Commission, Mme Bousquet, présidente du Comité des Dames de Marseille, donne des explications, écoutées avec beaucoup d'intérêt, sur les patronages laïques de Marseille.
M. Roton lit alors son rapport au nom de la 3e Commission, concernant le travail de la femme au foyer et l'école adaptée au milieu.
Les conclusions de ce rapport font l'objet d'une discussion fort animée à laquelle prennent part MM. Edmond Petit, Fernand Faure, Lucien Le Foyer, Barbey, Bouver, Gillot, Théry, Fouquet et Mme Kergomard.
M. Bonnin lit une communication sur les colonies scolaires au Congrès international de la tuberculose. Elle est fort applaudie.
MM. Seitz, Ferdinand-Dreyfus, le Dr Lauga, Bourguignon, présentent quelques courtes observations, et M. le Dr Tissié parle quelques instants sur l'éducation physique.
Cette séance, si bien remplie, fut levée à 4 h. 1/4.
Le Comité local avait placé des commissaires à la porte du théâtre pour conduire les congressistes visiter les diverses parties de la ville, le musée, la cathédrale, etc.
A 5 h. 1/2 on se retrouvait à l'hôtel de ville où la municipalité offrait une réception aux congressistes. La coupe de champagne à la main, M. Pouzac souhaite la bienvenue aux congressistes. M. Buisson répond et remercie. La musique militaire de la garnison s'est fait entendre pendant toute la réception qui fut animée du commencement à la fin d'un grand sentiment de cordialité.
Enfin, à 9 heures du soir, le théâtre de Bayonne se trouve de nouveau rempli à l'occasion de la soirée offerte aux congressistes par les Amicales, par la Philomathique et par l'Université populaire. Le programme admirablement composé, fut suivi ponctuellement et les jeunes interprètes furent applaudis frénétiquement. A onze heures, un train spécial ramenait les congressistes à Biarritz.
THEÂTRE DE BAYONNE 1908 PAYS BASQUE D'ANTAN
Mercredi 1er novembre.
Voici la grande journée du Congrès. Disons tout de suite qu'elle a dépassé en éclat les prévisions les plus optimistes que nous pouvions espérer.
A 8 h. du matin, le préfet des Basses-Pyrénées, le maire de Biarritz, le président et le secrétaire général de la Ligue reçoivent, à la gare de Biarritz, le ministre de l'instruction publique. M. Léon Bourgeois était arrivé la veille au soir. M. Maurice Berteaux s'excuse de ne pouvoir accompagner M. Bienvenu-Martin.
La séance de clôture.
C'est à 9 h. 1/2 qu'a lieu, au théâtre du Casino municipal, la séance solennelle de clôture. Dès 9h., la salle est envahie par nos congressistes qui sont là plus d'un millier.
M. Bienvenu-Martin prend place au fauteuil de la présidence, aux accents de la Marseillaise exécutée par la musique du 49e de ligne.
MINISTRE JEAN-BAPTISTE BIENVENU-MARTIN VERS 1914
A sa droit nous remarquons : MM. Forsans, maire de Biarritz, Léon Bourgeois, ancien président de la Ligue ; Gibert, préfet des Basses-Pyrénées ; Adrien Duvand, Pouzac, maire de Bayonne ; à sa gauche: MM. Ferdinand Buisson, président de la Ligue, le général d'Armagnac, Barthou, Edouard Petit, Dessoye ; Thamin, recteur de l'Académie de Bordeaux ; Gazin, inspecteur d'académie des Basses-Pyrénées. Prennent encore place : MM. Léon Robelin, Cabouat, Bourguigon, Bordier, Fernand Faure, Gillot, Sardou, Dupau, Bonnin, Le Foyer, membres du Conseil général ; Catalogne, Legrand, députés ; Chariot et Gautier, inspecteurs généraux ; MM. les inspecteurs d'académie des Landes, du Gers, des Hautes-Pyrénées, de la Marne, des Deux-Sèvres ; M. le sous-préfet de Bayonne, MM. Barès, Rocheron, Blocq, Wickham, Driessens, Braibant, Roton, membres du Comité du Cercle parisien ; Mmes Kergomard, Muratet, Driessens, membres du Comité des Dames ; MM. Hum-Sentouré, secrétaire général du Comité biarrot d'organisation ; Long-Savigny et Cassiau, adjoints au maire de Biarritz, et les membres du Conseil municipal ; Malégarie, Lespessailles, Arrivetz, de nombreux membres du Conseil général des Basses-Pyrénées, inspecteurs primaires, etc., etc.
M. Cabouat, rapporteur général, lit on rapport résumant les travaux du XXVe Congrès.
M. Buisson prend immédiatement après la parole et commente à son tour, en termes éloquents, l'oeuvre accomplie en ces quatre journées de travail.
FERDINAND BUISSON VERS 1930
M. Barthou, président du Conseil général des Basses-Pyrénées, prononce un vigoureux discours, scandé de bravos unanimes, au nom de l'Assemblée départementale et aussi au nom des instituteurs.
Après lui, M. Léon Bourgeois se lève au milieu de l'attention générale. Nous ne pouvons analyser en quelques lignes le discours de notre ancien président qui, jamais, ne déploya plus de maîtrise. Au début même, M. Léon Bourgeois rend hommage à ceux qui maintiennent la Ligue dans la voie tracée par Jean Macé et il envoie un souvenir reconnaissant à l'ancien président, Etienne Jacquin, "victime, a-t-il dit, d'une violente injustice", et les applaudissement qui accueillent cette déclaration en soulignent encore la signification. M. Léon Bourgeois définit à son tour la neutralité de l'enseignement primaire. "On doit laisser à la porte de l'école, dit-il, tout ce qui divise. On doit y laisser pénétrer tout ce qui rapproche" ; tout ceci est expliqué, commenté en des termes qui soulèvent des acclamations enthousiastes.
LEON BOURGEOIS PRESIDENT DE LA CHAMBRE DES DEPUTES DE JUIN 1902 A JANVIER 1904
Puis M. Léon Bourgeois aborde la question de l'enseignement des devoirs envers la patrie.
"C'est, il me semble, une aberration de paraître vouloir protester contre ceux qui nient la patrie, personne, plus que moi, n'est partisan de la fraternité humaine, mais je sais ce que j'ai vu, et je vais vous le dire. La patrie est fondée sur le droit des êtres libres et volontairement associés, mais la condition première, c'est la liberté. Il faut être capable de résister au plus fort, de repousser celui qui voudrait devenir l'oppresseur de cette liberté. On a le droit de critiquer l'idée de patrie. Je ne crains rien de la discussion. C'est par groupes successifs qu'elle s'est formée ; la cité antique, la tribu, la nation, ont été les étapes. Chaque nation dans le monde constitue, en quelque sorte, une des cellules de ce qui sera plus tard l'humanité libre et rêvée. Mais dans l'évolution lente des faits et des choses, il est des cellules plus avancées que d'autres. De même que l'unité s'est faite dans chaque nation, on ne saurait porter atteinte à un des organismes qui, plus tard, fera partie du tout, de l'agglomération totale.
"Il y a la patrie, celle que nous voulons plus belle, parce que nous l'avons connue ainsi, parce que nous avons vécu une époque que certains ignorent. En ce temps d'épreuves, c'étaient les plus avancés qui affirmaient leur foi patriotique.
Un journal avait pour titre la Patrie en danger ; Blanqui en était le rédacteur, et la Commune elle-même n'a été qu'un mouvement superbe de patriotisme révolté."
QUOTIDIEN LA PATRIE EN DANGER REDACTEUR EN CHEF : A BLANQUI
Des applaudissements prolongés accueillent ces paroles.
M. Bourgeois reprend : "Oui, c'est une réalité que notre patrie : nous avons le droit de l'aimer parce qu'elle est belle, qu'elle fait du bien et qu'elle en fera encore.
... Le devoir social, le voilà ; c'est la fin des haines, la fraternité, vivons cette vie !
La raison d'être de la République est de faire la paix par la raison, par la justice."
Quand l'orateur se rassied, tous les congressistes se lèvent et applaudissent.
La séance se trouve interrompue pendant plusieurs minutes.
M. Bienvenu-Martin, ministre de l'instruction publique remet, au nom du gouvernement, de nombreuses distinctions.
MEDAILLE LIGUE ENSEIGNEMENT 1881
VERSO MEDAILLE LIGUE ENSEIGNEMENT 1881
M. Léon Robelin, secrétaire général, donne ensuite lecture du palmarès. La grande médaille de la Ligue est décernée en 1905 à M. Etienne Jacquin, ancien président.
Il est midi. La séance est levée et le ministre déclare clos le XXVe Congrès de la Ligue française de l'Enseignement.
Le banquet.
On se rend immédiatement au banquet qui compte 700 couverts dressés sous la galerie extérieure du Casino municipal, en face de l'océan dont les vagues déferlent à quelques mètres des convives. C'est un véritable banquet maritime.
Au champagne, offert par M. Jean Barès, des toasts, frénétiquement applaudis et suivis de bans et de triples bans, sont prononcés successivement par MM. Gibert, préfet des Basses-Pyrénées ; Forsans, maire de Biarritz ; Buisson, président de la Ligue ; Léon Bourgeois, Barthou et Bienvenu-Martin.
A 2 h. 1/2 se termina ce banquet.
M. le Ministre de l'instruction publique et M. Léon Bourgeois ont quitté Biarritz dans la soirée.
Télégramme du Président de la République.
A la dépêche qui l'assurait du respect et du dévouement des ligueurs, le Président de la République, président d'honneur de la Ligue, a fait répondre par le télégramme suivant :
Le Président de la République est très sensible aux sentiments que vous lui exprimez au nom des membres de la Ligue française de l'Enseignement réunis à Biarritz et vous prie d'agréer pour eux et pour vous l'expression de sa cordiale sympathie."
Les excursions.
Nous rendrons compte, la semaine prochaine, des diverses excursions qui ont lieu, après le Congrès, au pays Basque et et en Espagne."
A suivre...
(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)
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