UN MEURTRE À SARE EN 1869.
Un fait divers sordide secoue le village de Sare, en Labourd, habituellement paisible, en mars 1869.
Voici ce que rapporta à ce sujet l'hebdomadaire Le Mercure d'Orthez, le 21 août 1869 :
"Cour d'Assises de Basses-Pyrénées (Pau).
Présidence de M. De Bordenave-d'Abère, conseiller à la Cour impériale de Pau.
Audience des 6,7 et 8 août 1869.
L’Assassinat de Sare.
Interrogatoire de l'accusé.
D. Quels sont vos noms, profession et domicile ?
R. S. Murillo, cordonnier, demeurant à St-Sébastien.
D. Depuis quand habitiez-vous cette ville ?
R. Depuis un an environ : auparavant j'habitais Pampelune.
D. Êtes-vous marié ?
R. Oui et père de cinq enfants.
D. Avez-vous subi quelque condamnation ?
R. J'ai été condamné en Espagne à cinq ans de prison pour vol.
D. Êtiez-vous à Saint-Jean-de-Luz le 19 mars dernier ?
R. Oui.
D. Êtiez-vous venu en France à une époque antérieure ?
R. Jamais.
D. Réfléchissez bien à la réponse que vous faites. Êtiez-vous jamais venu en France avant le jour où vous vous êtes rencontré à Saint-Jean-de-Luz avec deux de vos compatriotes ?
R. Je n'y étais jamais venu avant ce jour-là.
D. Pourquoi y êtes-vous venu le 19 ?
R. Pour acheter des marchandises nécessaires à mon état.
D. Quels étaient les compagnons avec lesquels vous vous êtes attablé à l'auberge ?
R. Ils se nommaient Esteban et Rios.
D. Quand avez-vous quitté Saint-Sébastien ?
R. Quelques jours avant.
D. Où avez vous rencontré Esteban et Rios ?
R. A Saint-Jean-de-Luz, dans la rue attenante au chemin de fer.
D. Est-ce vous qui les avez abordés ?
R. Ce sont eux qui vinrent à moi et m'invitèrent à manger.
D. Aviez-vous le projet de rentrer ce jour-là à Saint-Sébastien ?
R. Oui, si j'avais terminé à temps mes affaires.
D. Pensiez-vous aller autre part qu'à Saint-Sébastien ?
R. Non.
D. Quels objets portiez-vous avec vous ?
R. J'avais à la main un mouchoir contenant des provisions ; je portais sur moi deux pantalons ; j'avais aussi deux casquettes. J'ai l'habitude d'en voir une en cas de pluie ; car j'ai l'habitude de m'en couvrir la tête pendant la nuit.
D. A quelle heure avez-vous quitté Saint-Jean-de-Luz ?
R. Entre 2 et 3 heures de l'après-midi.
D. Pourquoi êtes-vous partis à cette heure-là ?
R. Nous sommes partis aussitôt que nous avons eu fini de manger ; nous causâmes de la Navarre.
D. Quelle direction avez-vous prise, après être sortis de Saint-Jean-de-Luz ?
R. Je n'en sais rien. Je suivais la direction qu'ils ont prise, et je les suivais sans m'en rendre compte.
D. Pourquoi les avez-vous suivis ?
R. Ils devaient aller à Tolosa, et moi-même je devais m'y rendre pour des affaires de mon état.
D. Cependant vous vous êtes dirigé sur Saint-Pée.
R. J'ignorais la direction que je prenais, car je ne connaissais pas le pays.
D. Vous avez passé cependant plusieurs mois dans les environs demandant l'aumône ?
R. Les témoins qui déposent de ce fait ne savent pas ce qu'ils disent.
D. A quelle heure êtes-vous arrivés à Sare ?
R. A huit heures du soir.
D. N'avez-vous pas parlé avec vos compagnons, dans la conversation que vous avez eue avec eux, d'une cave où il y avait de l'argent ?
R. Esteban et Rios me dirent que dans une cave d'une maison riche, il y avait de l'argent enterré ; c'est entre eux qu'ils eurent cette conversation, et ils me prièrent de les accompagner pour enlever cet argent, me présentant la chose comme très facile. Je me laissai entraîner ; on me dit qu'il n'y avait aucune attaque à faire. C'est à cette seule condition que j'acceptai.
D. N'étiez-vous pas, entre onze heures et minuit, arrêté avec vos deux compagnons devant une belle maison de Sare ?
R. Oui. Il était alors onze heures du soir.
D. Ne vous êtes-vous pas éloigné un instant ?
R. Oui, je dis à mes compagnons : allons-nous-en d'ici, je ne veux plus être de votre complot.
D. N'avez-vous pas cherché à vous introduire dans l'église de Sare ?
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| EGLISE ET CIMETIERE SARE PAYS BASQUE D'ANTAN |

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