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lundi 26 janvier 2026

LE CONCOURS AGRICOLE À BIARRITZ EN LABOURD AU PAYS BASQUE (septième partie)

   

LE CONCOURS AGRICOLE DE BAYONNE.


Ce concours agricole, organisé par la Société d'Encouragement à l'Agriculture du canton de Biarritz, existe depuis juin 1898.



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SUR LA ROUTE DE LA NEGRESSE BIARRITZ
PAYS BASQUE D'ANTAN



Voici ce que rapporta à ce sujet la presse locale, dans diverses éditions :



  • La Gazette de Biarritz-Bayonne et Saint-Jean-de-Luz, le 19 juillet 1934 :


"Le Concours Agricole de Biarritz-Bayonne.


Dans son discours, M. Jean Laborde a parlé "de la crise du lait".



Ainsi que nous l'avons dit hier, la Société d'encouragement à l'Agriculture de Biarritz-Bayonne, avait organisé à la Négresse, son concours traditionnel.



On a beaucoup admiré la qualité du bétail présenté.



Avant la distribution des récompenses sur les lieux mêmes du concours, M. Jean Laborde et M. Raulet, adjoint au Maire de Biarritz, ont prononcé des allocutions.



Après avoir remercié les autorités et les assistants, puis félicité les exposants, M. Laborde a parlé de la crise du lait :


"J'adresse mes plus vives félicitations à tous nos éleveurs qui, malgré la crise qui sévit en ce moment, malgré les difficultés de l'heure, n'ont pas hésité à nous amener leurs plus beaux animaux. S'il n'y a pas le nombre, il y a la qualité : ce qui prouve que dans notre coin du Labourd, notre élevage bovin est toujours en honneur.




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MEDAILLE CONCOURS AGRICOLES

Oui, messieurs, j'ai parlé de crise. Elle existe pour toutes les catégories de citoyens. Tous subissent les mêmes difficultés : perte d'argent, baisse sur les produits, marchandises invendues, impôts et autres charges accablantes. L'agriculteur n'est pas épargné, il souffre d'une crise plus sensible, car il voit ses produits baisser dans des proportions effrayantes et leur écoulement impossible à réaliser.


C'est dans ces circonstances critique qu'une décision inattendue de la préfecture et de la sous-commission des produits laitiers, au Comité d'action économique, présidée par M. le Maire de Pau, est venue fixer à 1 fr. 10 le prix de vente du lait à domicile, décision que MM. les Maires de Bayonne et de Biarritz ont cru devoir divulguer et faire leur, en quelque sorte.


Je ne vous cacherai pas l'émotion ressentie par les agriculteurs producteurs de lait de la région.


Aussitôt, notre Société d'encouragement à l'agriculture s'est réunie avec les Syndicats agricoles les plus voisins, représentant les producteurs laitiers, pour protester énergiquement et rappeler que le prix de vente du lait est libre et doit rester libre.


Le Syndicat des agriculteurs des Basses-Pyrénées nous a fait appeler et nous avons été entendus à cette sous-commission des produits laitiers, à la mairie de Pau.


Personne n'a pu discuter les calculs que nous avons établis sur le prix du lait à la production ; nous avons pu, au contraire, signaler à la sous-commission, une erreur capitale de base ayant amené le prix de 1 fr. 10. Cette sous-commission nous a, d'ailleurs, fait remarquer que ce prix ne pouvait pas s'appliquer dans les régions touristiques et climatiques telles que notre Côte Basque.


Nous avons calculé très soigneusement et très sévèrement le prix de revient du lait à la production dans notre région. Nous arrivions au chiffre de 1 fr. 15. Je le répète, pris à la ferme.




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MEDAILLE CONCOURS AGRICOLES

Peut-être des consommateurs viendront-ils déclarer qu'ils payent le lait moins cher. C'est fort possible.


Un vin "Château Margaux" est plus cher qu'un "Picpoule" ; le prix de la laine est moins élevé que celui de la soie ; il y a des autos de dix mille francs, d'autres dépassent la centaine de mille.



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VENDANGES DU PICPOUL
LANDES D'ANTAN



Eh bien, messieurs, il y lait et lait, et il y a des cultivateurs qui vendent leur lait à perte.


En m'appuyant sur les statistiques du ministère de l'Agriculture et en faisant état de ce que un Français consomme en moyenne un tiers de litre de lait par jour ou dix litres par mois, l'économie est de 50 centimes par mois pour une baisse de cinq centimes par litre. (Je le répète, je m'appuie sur les statistiques du ministère de l'agriculture.)


Eh bien. Messieurs, nous avons calculé ce que le producteur perd en moyenne pour une baisse de 5 centimes. Sa perte est de 35 francs par mois. D'un côté dix sous d'économie, de l'autre 35 francs de perte. Estimez-vous la proportion juste ?


La Société d'encouragement à l'agriculture tient ses calculs à la disposition des pouvoirs publics, des consommateurs, de toute la presse locale et régionale, et enfin des agriculteurs, car jusqu'ici ils n'ont sans doute jamais calculé ce que le lait leur coûte, et avec un beau dédain des usages du commerce, ils l'ont souvent vendu à perte, en rognant sans s'en apercevoir sur leurs salaires et en s'imposant des privations.


J'ajoute enfin qu'il est bien naturel que le lait transporté de X kilomètres doit subir une augmentation pour frais de transport et de manutention, mais il ne faut pas qu'il y ait exagération dans cette augmentation, et c'est ce que notre Société empêchera de toutes ses forces afin que le consommateur de lait, les enfants, les vieillards, les malades l'obtiennent à un prix raisonnable sans que le producteur le vende à perte.


En somme, Messieurs, cet incident sur la baisse du lait a permis aux agriculteurs de se "sentir les coudes". Il y a eu un mouvement dans notre région de la Côte Basque, mais nous avons pu nous rendre compte, de visu que celui de la région du Béarn a dépassé en violence ce que nous avons vu ici.


Nos agriculteurs ont eu immédiatement la pensée de s'unir, de se syndiquer. Nous espérons qu'au geste de Briscous, d'autres communes suivront, et que l'Union des Syndicats agricoles de la région de Bayonne (Côte Basque et Bas-Adour), nouvellement créée, deviendra de plus en plus forte et prospère pour la défense de nos intérêts agricoles.


La Société d'encouragement à l'agriculture se réjouit de ce mouvement de défense paysanne ; elle y adhère de grand coeur et compte très prochainement constituer dans son sein une section du lait et des produits laitiers, qui aura pour but de rendre service, à la fois aux producteurs et aux consommateurs, en améliorant la qualité et la présentation du lait vendu par ses membres, d'encourager ses adhérents pour la création de primes à la bonne tenue des étables, de compléter l'éducation du public consommateur de lait, et surtout de réaliser une union plus intime des familles paysannes.


Voilà. Messieurs les Agriculteurs, notre mouvement d'ensemble. Venez à nous, unissez-vous pour le plus grand bien des intérêts agricoles dans notre belle région de la Côte Basque et du Bas-Adour."



Un vin d'honneur a été ensuite servi au Trinquet Basco-Béarnais de La Négresse."




A suivre...


(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)








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