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mardi 10 mars 2026

LE CONGRÈS DE LA LIGUE DE L'ENSEIGNEMENT À BIARRITZ EN LABOURD AU PAYS BASQUE EN OCTOBRE 1905 (septième et dernière partie)

  

LE CONGRÈS DE LA LIGUE DE L'ENSEIGNEMENT À BIARRITZ EN 1905.


La Ligue de l'enseignement est un mouvement laïque d'éducation populaire en 1852.




ligue enseignement public laïque biarritz 1905 pays basque
DIPLÔME DE LA LIGUE DE L'ENSEIGNEMENT 1905



Elle a été créée pour promouvoir l'accès à l'éducation et à la culture pour tous, en réponse aux lacunes de l'éducation formelle.



En 1866, elle a commencé à organiser des activités éducatives, culturelles et sportives à travers ses fédérations départementales.



En 1886, la Ligue regroupait près de 1 200 Sociétés et s'est engagée dans des thématiques que l'école ne couvrait pas, comme l'enseignement professionnel et l'éducation physique.



Son histoire est marquée par un engagement constant pour l'accès au savoir dans une République laïque et démocratique.



ligue enseignement public laïque biarritz 1905 pays basque
JOURNAL CORRESPONDANCE HEBDOMADAIRE /
LIGUE FRANCAISE DE L'ENSEIGNEMENT

22 OCTOBRE 1905

Voici ce que rapporta à ce sujet la Correspondance hebdomadaire / Ligue française de 

l'enseignement, le 19 novembre 1905 :



"Les Voeux du XXVe Congrès.


Première Commission

Œuvres complémentaires de l’école. 


Que le Conseil général de la Ligue appelle l’attention des pouvoirs publics, des départements et des municipalités sur les résultats obtenus par les œuvres complémentaires de l’école, en les priant de les encourager davantage sous forme de subventions, de dons de livres, de prêt de local, etc. 



Titres, distinctions et médailles. 


1° Que l'article 2 du décret du 4 août 1903 soit abrogé, en ce qui concerne les titres des instituteurs s'appliquant aux œuvres complémentaires de l'école non rétribuées ;


2° Que les distinctions honorifiques destinées aux instituteurs ne soient accordées, comme elles le sont aux autres postulants, qu'après avis de l'inspecteur primaire et de l’inspecteur d’académie ; 


3° Que le nombre actuel des mentions honorables, médailles de bronze et d’argent et palmes académiques destinées aux instituteurs soit notablement augmenté. 




ligue enseignement public laïque biarritz 1905 pays basque
MEDAILLE LIGUE ENSEIGNEMENT 1881


Histoire et géographie


Que des textes de conférences sur l'histoire maritime soient envoyés dans la plus large mesure possible aux éducateurs populaires. 


Que l'enseignement de la géographie dans les écoles continue à être donné de façon qu’il y soit fait la place la plus large aux questions économiques, commerciales et maritimes. 



Noms à donner aux écoles. 


Que les noms des grands éducateurs qui ont fondé la démocratie et la République soient donnés aux écoles communales laïques. 


ligue enseignement public laïque biarritz 1905 pays basque
VERSO MEDAILLE LIGUE ENSEIGNEMENT 1881



Le mouvement coopératif. 


Que la Ligue française de l'Enseignement témoigne au mouvement coopératif le même intérêt qu'elle a manifesté en faveur de la Mutualité et d’autres œuvres de solidarité, et qu’elle défende et appuie les instituteurs désireux de faire connaître le caractère et les avantages de la coopération autant que ceux de la mutualité.



La réforme de l'orthographe. 


Que M. le Ministre de l'instruction publique veuille bien donner une prompte et favorable solution à la question de la simplification de l'orthographe, en adoptant et faisant mettre en pratique les suivantes simplifications réclamées avec tant d’instance partout le corps enseignant, par la "Ligue de l'Enseignement", par l'"Alliance française", par la "Mission laïque française", par la "Presse de l’Enseignement", et par toutes les autres Associations enseignantes. 



Patronages laïques. 


Voeu de principe : Que l’initiative privée fonde des patronages laïques, et qu’en particulier les Sociétés de la Ligue française de l'Enseignement s'occupent d'en organiser avec des comités de libres collaborateurs assurant leur fonctionnement et suppléant les institutrices et les instituteurs pour qui le patronage "doit être une aide et non une charge nouvelle". 


Voeux complémentaires :

1° Que des conférences pratiques, pour la tenue des patronages, soient faites aux femmes et aux hommes d’œuvres laïques. 

2° Que des comités spéciaux de patronages  comités de dames ou bien comités mixtes — se constituent dans les Cercles de la Ligue et prennent à tâche la fondation des patronages laïques. 

3° Que l'Enseignement ménager, l’Œuvre du Trousseau, la Mutualité féminine aient une place importante dans les patronages de filles. 

4° Que l'on introduise l'éducation sociale et l’apprentissage pratique de solidarité dans les patronages laïques. 

5° Que l'apprentissage et le placement des pupilles soient l’objet d'efforts réglés et méthodiques, poursuivis avec une patiente énergie ; que des conférences soient faites sur le choix des métiers par des spécialistes et des professionnels. 

6° Que, dans chaque patronage laïque de garçons et de filles, l’organisation assure, tant aux jeunes gens qu’à leurs familles, en cas de contrats à passer ou de contestations, tous conseils pratiques d’ordre juridique sur leurs droits et leurs devoirs légaux.

7° Que les patronages laïques se réclament d’une doctrine nettement laïque professée avec tact, mais avec fermeté. 

8° Que les patronages laïques soient organisés autant que possible dans des locaux extérieurs à l’école, loués ou achetés par les promoteurs des œuvres. 

9° Que, pour faciliter l’acquisition d'immeubles à l'usage de patronages laïques, il se constitue des sociétés civiles dont le capital soit divisé en actions, chacune d'un montant peu élevé, pour pouvoir être souscrites par un plus grand nombre de coopérateurs. 

10° Que les Associations d’anciennes et d’anciens élèves se proposent, comme objet, l’organisation des patronages laïques. 



Obstacles à la fréquentation scolaire. 


Qu'une répression effective soit exercée contre quiconque aura apporté un obstacle à la fréquentation scolaire pendant toute la durée des heures de classe, en rendant ces mesures spécialement rigoureuses contre ceux qui auront donné à cet obstacle un caractère de collectivité et de récidive permanente. 



Cantines scolaires.


1° Que, dans toutes les écoles laïques rurales, des cantines scolaires soient organisées, aux frais des municipalités, sous forme de soupes chaudes, à midi, pendant les mois rigoureux de l’année ; 

2° Que la surveillance des réfectoires puisse être faite par une personne étrangère à l’enseignement. 



Œuvres post-scolaires


Que tous les ministres de la République se déclarent favorables aux œuvres post-scolaires en autorisant, par des circulaires rendues publiques, tous les fonctionnaires placés sous leurs ordres à y coopérer, en dehors des heures de travail exigées par leur service. 



Accès dans les trains. 


Que la Compagnie du Midi, imitant en cela les autres Compagnies, accorde aux instituteurs munis de cartes à demi-tarif délivrées par le ministère de l’instruction publique, le libre accès dans tous les trains. 



L’éducation sociale populaire. 


Qu’il soit fait, dans les écoles préparatoires au professorat de jeunes filles et dans toutes les écoles normales, une place à l’éducation sociale populaire. 



L’écriture droite


Que l’écriture droite soit admise à l’égal de l’écriture penchée dans les écoles et les examens. 



La gratuité au Salon. 


Que la gratuité du Salon annuel de peinture soit rétablie les jeudis et dimanches, comme cela a existé autrefois.



Envoi aux colonies scolaires. 


Que les statuts de la Mutualité scolaire soient modifiés et qu’il y soit introduit un article permettant de prélever, sur le montant des recettes disponibles, les sommes nécessaires à l'envoi aux colonies scolaires des enfants débiles. 



Deuxième Commission

De la neutralité dans l’enseignement primaire. 


1° Que la neutralité de l'école primaire soit nettement définie par lois et règlements ; que cette neutralité, motivée à la fois par le respect de l'autorité des parents et par le jeune âge des élèves, soit limitée à la prescription suivante : l'école doit rester étrangère aux questions confessionnelles et aux débats de la politique active ; 

2° Que l'instituteur, s’inspirant des principes de 1789 et appliquant la méthode rationnelle, se donne pour tâche essentielle de développer : 

a) Dans l'éducation intellectuelle, le respect et l’amour de la vérité, la réflexion personnelle, les habitudes de libre examen en même temps que l’esprit de tolérance ; 

b) Dans l'éducation morale, le sentiment du droit de la personne humaine et de sa dignité, la conscience de la responsabilité individuelle en même temps que le sentiment de la justice et de la solidarité sociales ;

c) Dans l'éducation civique, l’attachement au régime démocratique et à la République qui en est la forme supérieure, et tout d'abord parce qu'il prime forcément tous les autres, rattachement à la patrie, avec la résolution d'accepter virilement toutes les charges civiques et militaires que sa défense nécessite, sans renoncer à l’effort vers la fraternité des peuples ;

3° Que, en dehors de ses fonctions, tout maître jouisse de la plénitude des droits de citoyen, sous la seule réserve de garder dans ses paroles et dans ses actes la mesure que lui impose sa mission d’éducateur national ; 

4° Que les programmes soient révisés et les livres scolaires examinés en vue d'une conformité plus complète aux dispositions de la loi du 28 mars 1882 relatives à la laïcité de l’enseignement primaire.


L’armée nationale.


Le Congrès rappelle les termes dans lesquels le général Faidherbe, auteur d’un projet de réorganisation d'une armée nationale, définissait, au lendemain de la guerre, les charges civiques et militaires qu’impose le devoir envers la patrie.

L'armée nationale est l’ensemble des citoyens armés pour défendre l’Etat contre ses ennemis. 

L’armée nationale n’est pas chargée de la police des villes ni des campagnes. 



Troisième Commission.

Du travail de la femme au foyer. — L’école adaptée à son milieu. 


1° Que dans l'enseignement primaire, et particulièrement dans les leçons d'économie domestique, les leçons soient choisies dans le programme de façon à s'adapter aux productions de la région, à s’approprier aux besoins futurs des jeunes filles, et orientées nettement vers les applications pratiques et professionnelles; 

2° Que les questions posées au certificat d'études, qui est une sanction de l'enseignement, soient adaptées à cette nouvelle orientation. 

1° a) Qu'on encourage par tous les moyens les occupations féminines, notamment les travaux manuels dénommés travaux de dames : à l'aiguille, au fuseau, à la main ; dentellières, brodeuses, gantières, enlumineuses, pailleteuses, jardinières, apicultrices, etc. ; 

b) Qu'on propage, dans les patronages et amicales, les causeries féminines destinées à faire connaître les métiers utilisables au foyer ainsi que le rapport pécuniaire qu’on peut en obtenir et qu’on encourage les femmes travaillant au foyer à se grouper pour discuter et au besoin défendre leurs intérêts ;

c) Qu’on établisse une brochure de renseignements à l’usage des jeunes filles des villes et des campagnes, les documentant sur toutes les professions féminines afin qu’elles puissent juger de leurs aptitudes à exercer l’une ou l’autre et de leurs moyens de s’y livrer ; 

2° a) Que le travail du ménage soit désormais considéré comme une profession à apprendre et classée comme telle dans le Bulletin de l'Office du travail

b) Que le travail ménager de la femme au foyer soit rémunéré par un prélèvement opéré sur la somme consacrée à l’entretien du ménage et, que cette rémunération soit égale à la rémunération moyenne que recevrait une salariée pour accomplir le même travail ; 

3° Que, par la parole et par l’action, toutes les femmes appartenant à la Ligue de l’Enseignement s’engagent à encourager le travail des femmes au foyer en leur procurant du travail manuel ou intellectuel, en instituant des concours ou des expositions leur permettant d’utiliser leurs aptitudes et de développer leur imagination créatrice."





(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)









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mardi 10 février 2026

LE CONGRÈS DE LA LIGUE DE L'ENSEIGNEMENT À BIARRITZ EN LABOURD AU PAYS BASQUE EN OCTOBRE 1905 (sixième partie)

 

LE CONGRÈS DE LA LIGUE DE L'ENSEIGNEMENT À BIARRITZ EN 1905.


La Ligue de l'enseignement est un mouvement laïque d'éducation populaire en 1852.


ligue enseignement public laïque biarritz 1905 pays basque
DIPLÔME DE LA LIGUE DE L'ENSEIGNEMENT 1905



Elle a été créée pour promouvoir l'accès à l'éducation et à la culture pour tous, en réponse aux lacunes de l'éducation formelle.



En 1866, elle a commencé à organiser des activités éducatives, culturelles et sportives à travers ses fédérations départementales.



En 1886, la Ligue regroupait près de 1 200 Sociétés et s'est engagée dans des thématiques que l'école ne couvrait pas, comme l'enseignement professionnel et l'éducation physique.



Son histoire est marquée par un engagement constant pour l'accès au savoir dans une République laïque et démocratique.


Voici ce que rapporta à ce sujet la Correspondance hebdomadaire / Ligue française de 

l'enseignement, le 12 novembre 1905 :



"Après le Congrès.

L'enseignement professionnel à la caserne.



A la suite de la communication faite à ce sujet par M. Bocheron, au Congrès de Biarritz, un certain nombre d'officiers et de civils nous ont adressé d'intéressants renseignements sur ce qui avait été déjà fait dans différents corps pour l'enseignement professionnel à la caserne, notamment au point de vue agricole.



Nous remercions ces premiers correspondants ; nous prions en même temps tous ceux de nos amis, toutes celles de nos Sociétés qui auraient tenté ou vont tenter dans leur région un enseignement en ce sens, d'adresser à M. Bocheron, au siège de la Ligue, 16, rue de Miromesnil, une courte note à cet égard."



Les excursions.


En Espagne.


Une centaine de congressistes a effectué l'excursion de Saint-Sébastien, le jeudi 2 novembre.


Le départ a eu lieu à huit heures du matin. Après un arrêt à Hendaye, on a gagné en barque Fontarabie, si pittoresquement situé à l'embouchure de la Bidassoa. Cette petite ville a excité l'admiration de tous par l'originalité de ses rues et de ses monuments. Des trams ont conduit ensuite les touristes à Irun, où l'on a déjeuné. L'alcalde de cette ville en a fait les honneurs. A 2 heures, on partait pour Saint-Sébastien qui rivalise, comme station balnéaire, avec Biarritz. L'océan était superbe et les lames venaient se briser majestueusement sur les rochers de la digue. A la grandeur du spectacle venaient s'ajouter les éclairs aveuglants d'un orage au large. L'impression ressentie était intense.


A six heures et demie on dinait au buffet de la gare que l'on quittait à sept heures et demie, pour être de retour à Biarritz vers dix heures du soir.


Un certain nombre d'excursionnistes restaient à Saint Sébastien pour prolonger leur séjour en Espagne. Un groupe assez important a continué sur Burgos, Madrid, Tolède, Saragosse, Pampelune.


L'excursion continue au moment où nous écrivons ces lignes.



Au pays basque.


Cent cinquante congressistes ont fait, le vendredi 3 novembre, l'excursion au pays basque.


En voici le compte rendu détaillé fourni par la Petite Gironde :


"A sept heures et demie, cent cinquante personnes quittent Biarritz. Le B. A. B. accélère sa marche, car il s'agit d'attraper à Bayonne le train de 8 h. 5. A cet effet, des tramways à chevaux nous attendent à la grande gare. Personne ne manque le train.



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LA GARE DU MIDI BAYONNE
PAYS BASQUE D'ANTAN


La température est exquise, claire et douce, et le soleil s'est levé dans un ciel où ne courent d'espace en espace que quelques flocons blancs. Dans la caravane, ce n'est qu'un cri : Quelle journée faite à souhait !


Le premier arrêt a lieu à la gare de Cambo-Villa, d'où l'on se rend, par le sentier rocailleux et pittoresque, tout droit au Mimosa-Club, où le Congrès est reçu.



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MIMOSA-CLUB CAMBO-LES-BAINS
PAYS BASQUE D'ANTAN


C'est le président, M. Roland Gosselin, qui a souhaité la bienvenue, et c'est M. Edouard Petit, improvisateur délicieux, qui, en termes fleuris et chatoyants, a remercié, en célébrant ce pays basque où l'on va passer la journée et qu'il voyait, lui, pour la première fois, d'où un enthousiasme que je n'ai pas besoin de vous traduire.


On s'est un peu attardé au Mimosa-Club, qui est lui-même un très joli chalet basque et dont la terrasse a vue sur la Nive dans un cadre de collines aux lignes pures, harmonieuses, sur lesquelles, au moment où nous quittons Cambo, le soleil jette une lumière radieuse.


Avant de reprendre le train à Cambo-halte, on a visité l'établissement de bains, où nombre de congressistes se sont fait donner de scientifiques explications. Même quand on se promène, on est studieux à la Ligue de l'Enseignement.



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ETBLISSEMENT DES THERMES CAMBO-LES-BAINS
PAYS BASQUE D'ANTAN


Nou quittons Cambo à dix heures quarante-quatre et aussitôt tout le monde se met à parler du Pas-de-Roland. C'est le site le plus célèbre de la région, et, pur mieux le voir, on se dispute les places à droite du train. Puis, pour qu'il n'échappe à personne, au moment où on entre dans la gorge, M. d'Abartiague fait entendre l'"irrintzina", le célèbre cri basque qui perce jusqu'aux vallées les plus profondes et qu'on ne peut entendre que là. C'est une des originalités de ce pays qui en compte tant.



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PASSAGE DU TRAIN PAS-DE-ROLAND ITXASSOU
PAYS BASQUE D'ANTAN



Le beau temps continue. Le ciel est bleu dans toute son étendue et nous sommes réchauffés par un soleil d'été qui nous oblige à quitter les pardessus. Les dames, venues en grand nombre, regrettent de ne pas avoir des toilettes claires. Oh ! la belle, l'admirable journée d'automne ! qui, dans un pays comme celui-là, deviendra vraiment inoubliable !


Nous arrivons à Saint-Jean-Pied-de-Port à midi. Le Congrès est reçu à la gare par l'Amicale et par la Fanfare, dont le recrutement se fait précieusement dans cette Amicale. Après la Marseillaise, c'est un pas redoublé qui se fait entendre, et le cortège, que toute la ville est venue voir, se rend à l'hôtel des Pyrénées où est servi le déjeuner. Les gastronomes se réjouissent, car l'hôtel est renommé pour son bon accueil, et la directrice, Mme Jaime, pour sa bonne cuisine. Ce Congrès a tous les bonheurs !



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CENTRAL HÔTEL SAINT-JEAN-PIED-DE-PORT
PAYS BASQUE D'ANTAN


Mme Jaime s'est surpassée. Son menu, aussi copieux que délicat, lui vaut des félicitations sans nombre. Pendant le repas la fanfare joue.


Il n'y aura pas de discours, mais il faut bien entendre quelques toasts.


C'est M. d'Abartiague qui remercie d'abord le Congrès d'être venu à Saint-Jean, et qui lit ensuite des dépêches de MM. Berteaux, ministre de la guerre ; Bienvenu-Martin, ministre de l'instruction publique ; Gilbert, préfet des Basses-Pyrénées ; plusieurs sénateurs et députés, conseillers généraux, qui s'excusent de ne pouvoir assister au banquet.



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MINISTRE JEAN-BAPTISTE BIENVENU-MARTIN
VERS 1914


C'est ensuite M. Harruguet, président de l'Amicale, qui, en termes choisis, d'un tour très littéraire, dit tout le concours des bons républicains pour donner à la journée son éclat et son caractère laïque.


Après M. Harruguet, on entend M. Bley qui, avec vivacité et chaleur, et dans une très belle forme, parle des sentiments républicains qui sont très profonds dans une partie de la population basque et évoque les noms des hommes célèbres du pays.


On entend ensuite M. Robelin, dans une vibrante improvisation, célébrant l'éclat de la journée et buvant aux républicains de Saint-Jean-Pied-de-Port.


Au nom de la presse, M. Gustave Téry célèbre poétiquement les beautés de la nature où il se trouve.


M. Edouard Petit se lève après M. Téry, et, avec cette facilité abondante et cette bonne humeur qui ne l'abandonnent jamais, il boit aux Pyrénées, aux femmes de la Navarre, à la race basque si fine et si légère, à Saint-Jean-Pied-de-Port, la ville qu'on veut revoir, quand on y est venu une fois. Il termine par un hommage à la mémoire de Charles Floquet qui était originaire de ce pays, et il dit combien Mme Charles Floquet est restée une amie de la Ligue de l'Enseignement.


Le café est ensuite servi.


Comment, même quand le temps presse, quitter Saint-Jean-Pied-de-Port sans visiter un peu la ville et ses alentours si séduisants ? C'est d'abord la citadelle, si pittoresquement située,  et d'où l'on découvre un panorama d'une incomparable majesté, qui a reçu les congressistes ; pas tous, car quelques-uns n'avaient pu résister au charme qui se dégageait des chemins, des sentiers s'enfonçant dans la montagne. On se réjouissait, et cependant des regrets naissaient dans le coeur de tous : ne pas pouvoir aller jusqu'aux Aldudes, jusqu'à Valcarlos, jusqu'à Roncevaux ; être obligé de partir, sachant tout ce qu'on va laisser !"."

 

A suivre...



(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)









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samedi 10 janvier 2026

LE CONGRÈS DE LA LIGUE DE L'ENSEIGNEMENT À BIARRITZ EN LABOURD AU PAYS BASQUE EN OCTOBRE 1905 (cinquième partie)

  

LE CONGRÈS DE LA LIGUE DE L'ENSEIGNEMENT À BIARRITZ EN 1905.


La Ligue de l'enseignement est un mouvement laïque d'éducation populaire né en 1852.



ligue enseignement public laïque biarritz 1905 pays basque
DIPLÔME DE LA LIGUE DE L'ENSEIGNEMENT 1905



Elle a été créée pour promouvoir l'accès à l'éducation et à la culture pour tous, en réponse aux lacunes de l'éducation formelle.



En 1866, elle a commencé à organiser des activités éducatives, culturelles et sportives à travers ses fédérations départementales.



En 1886, la Ligue regroupait près de 1 200 Sociétés et s'est engagée dans des thématiques que l'école ne couvrait pas, comme l'enseignement professionnel et l'éducation physique.



Son histoire est marquée par un engagement constant pour l'accès au savoir dans une République laïque et démocratique.


Voici ce que rapporta à ce sujet la Correspondance hebdomadaire / Ligue française de 

l'enseignement, le 5 novembre 1905 :



"Le Congrès de Biarritz.



... Le mardi 31 octobre. (suite)


M. Lespesailles, secrétaire du Comité bayonnais de réception, lit une communication très attachante sur les oeuvres d'éducation populaire à Bayonne, où les oeuvres de la Ligue sont très en honneur.


Avant la discussion du rapport de la 3e Commission, Mme Bousquet, présidente du Comité des Dames de Marseille, donne des explications, écoutées avec beaucoup d'intérêt, sur les patronages laïques de Marseille.


M. Roton lit alors son rapport au nom de la 3e Commission, concernant le travail de la femme au foyer et l'école adaptée au milieu.


Les conclusions de ce rapport font l'objet d'une discussion fort animée à laquelle prennent part MM. Edmond Petit, Fernand Faure, Lucien Le Foyer, Barbey, Bouver, Gillot, Théry, Fouquet et Mme Kergomard.


M. Bonnin lit une communication sur les colonies scolaires au Congrès international de la tuberculose. Elle est fort applaudie.


MM. Seitz, Ferdinand-Dreyfus, le Dr Lauga, Bourguignon, présentent quelques courtes observations, et M. le Dr Tissié parle quelques instants sur l'éducation physique.


Cette séance, si bien remplie, fut levée à 4 h. 1/4.


Le Comité local avait placé des commissaires à la porte du théâtre pour conduire les congressistes visiter les diverses parties de la ville, le musée, la cathédrale, etc.


A 5 h. 1/2 on se retrouvait à l'hôtel de ville où la municipalité offrait une réception aux congressistes. La coupe de champagne à la main, M. Pouzac souhaite la bienvenue aux congressistes. M. Buisson répond et remercie. La musique militaire de la garnison s'est fait entendre pendant toute la réception qui fut animée du commencement à la fin d'un grand sentiment de cordialité.


Enfin, à 9 heures du soir, le théâtre de Bayonne se trouve de nouveau rempli à l'occasion de la soirée offerte aux congressistes par les Amicales, par la Philomathique et par l'Université populaire. Le programme admirablement composé, fut suivi ponctuellement et les jeunes interprètes furent applaudis frénétiquement. A onze heures, un train spécial ramenait les congressistes à Biarritz.



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THEÂTRE DE BAYONNE 1908
PAYS BASQUE D'ANTAN


Mercredi 1er novembre.


Voici la grande journée du Congrès. Disons tout de suite qu'elle a dépassé en éclat les prévisions les plus optimistes que nous pouvions espérer.


A 8 h. du matin, le préfet des Basses-Pyrénées, le maire de Biarritz, le président et le secrétaire général de la Ligue reçoivent, à la gare de Biarritz, le ministre de l'instruction publique. M. Léon Bourgeois était arrivé la veille au soir. M. Maurice Berteaux s'excuse de ne pouvoir accompagner M. Bienvenu-Martin.



La séance de clôture.


C'est à 9 h. 1/2 qu'a lieu, au théâtre du Casino municipal, la séance solennelle de clôture. Dès 9h., la salle est envahie par nos congressistes qui sont là plus d'un millier.


M. Bienvenu-Martin prend place au fauteuil de la présidence, aux accents de la Marseillaise exécutée par la musique du 49e de ligne.




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MINISTRE JEAN-BAPTISTE BIENVENU-MARTIN
VERS 1914

A sa droit nous remarquons : MM. Forsans, maire de Biarritz, Léon Bourgeois, ancien président de la Ligue ; Gibert, préfet des Basses-Pyrénées ; Adrien Duvand, Pouzac, maire de Bayonne ; à sa gauche: MM. Ferdinand Buisson, président de la Ligue, le général d'Armagnac, Barthou, Edouard Petit, Dessoye ; Thamin, recteur de l'Académie de Bordeaux ; Gazin, inspecteur d'académie des Basses-Pyrénées. Prennent encore place : MM. Léon Robelin, Cabouat, Bourguigon, Bordier, Fernand Faure, Gillot, Sardou, Dupau, Bonnin, Le Foyer, membres du Conseil général ; Catalogne, Legrand, députés ; Chariot et Gautier, inspecteurs généraux ; MM. les inspecteurs d'académie des Landes, du Gers, des Hautes-Pyrénées, de la Marne, des Deux-Sèvres ; M. le sous-préfet de Bayonne, MM. Barès, Rocheron, Blocq, Wickham, Driessens, Braibant, Roton, membres du Comité du Cercle parisien ; Mmes Kergomard, Muratet, Driessens, membres du Comité des Dames ; MM. Hum-Sentouré, secrétaire général du Comité biarrot d'organisation ; Long-Savigny et Cassiau, adjoints au maire de Biarritz, et les membres du Conseil municipal ; Malégarie, Lespessailles, Arrivetz, de nombreux membres du Conseil général des Basses-Pyrénées, inspecteurs primaires, etc., etc.


M. Cabouat, rapporteur général, lit on rapport résumant les travaux du XXVe Congrès.


M. Buisson prend immédiatement après la parole et commente à son tour, en termes éloquents, l'oeuvre accomplie en ces quatre journées de travail.




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FERDINAND BUISSON VERS 1930

M. Barthou, président du Conseil général des Basses-Pyrénées, prononce un vigoureux discours, scandé de bravos unanimes, au nom de l'Assemblée départementale et aussi au nom des instituteurs.


Après lui, M. Léon Bourgeois se lève au milieu de l'attention générale. Nous ne pouvons analyser en quelques lignes le discours de notre ancien président qui, jamais, ne déploya plus de maîtrise. Au début même, M. Léon Bourgeois rend hommage à ceux qui maintiennent la Ligue dans la voie tracée par Jean Macé et il envoie un souvenir reconnaissant à l'ancien président, Etienne Jacquin, "victime, a-t-il dit, d'une violente injustice", et les applaudissement qui accueillent cette déclaration en soulignent encore la signification. M. Léon Bourgeois définit à son tour la neutralité de l'enseignement primaire. "On doit laisser à la porte de l'école, dit-il, tout ce qui divise. On doit y laisser pénétrer tout ce qui rapproche" ; tout ceci est expliqué, commenté en des termes qui soulèvent des acclamations enthousiastes.



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LEON BOURGEOIS
PRESIDENT DE LA CHAMBRE DES DEPUTES 
DE JUIN 1902 A JANVIER 1904

Puis M. Léon Bourgeois aborde la question de l'enseignement des devoirs envers la patrie.


"C'est, il me semble, une aberration de paraître vouloir protester contre ceux qui nient la patrie, personne, plus que moi, n'est partisan de la fraternité humaine, mais je sais ce que j'ai vu, et je vais vous le dire. La patrie est fondée sur le droit des êtres libres et volontairement associés, mais la condition première, c'est la liberté. Il faut être capable de résister au plus fort, de repousser celui qui voudrait devenir l'oppresseur de cette liberté. On a le droit de critiquer l'idée de patrie. Je ne crains rien de la discussion. C'est par groupes successifs qu'elle s'est formée ; la cité antique, la tribu, la nation, ont été les étapes. Chaque nation dans le monde constitue, en quelque sorte, une des cellules de ce qui sera plus tard l'humanité libre et rêvée. Mais dans l'évolution lente des faits et des choses, il est des cellules plus avancées que d'autres. De même que l'unité s'est faite dans chaque nation, on ne saurait porter atteinte à un des organismes qui, plus tard, fera partie du tout, de l'agglomération totale.


"Il y a la patrie, celle que nous voulons plus belle, parce que nous l'avons connue ainsi, parce que nous avons vécu une époque que certains ignorent. En ce temps d'épreuves, c'étaient les plus avancés qui affirmaient leur foi patriotique.


Un journal avait pour titre la Patrie en danger ; Blanqui en était le rédacteur, et la Commune elle-même n'a été qu'un mouvement superbe de patriotisme révolté."



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QUOTIDIEN LA PATRIE EN DANGER 
REDACTEUR EN CHEF : A BLANQUI


Des applaudissements prolongés accueillent ces paroles.


M. Bourgeois reprend : "Oui, c'est une réalité que notre patrie : nous avons le droit de l'aimer parce qu'elle est belle, qu'elle fait du bien et qu'elle en fera encore.


... Le devoir social, le voilà ; c'est la fin des haines, la fraternité, vivons cette vie !

La raison d'être de la République est de faire la paix par la raison, par la justice."


Quand l'orateur se rassied, tous les congressistes se lèvent et applaudissent.


La séance se trouve interrompue pendant plusieurs minutes.


M. Bienvenu-Martin, ministre de l'instruction publique remet, au nom du gouvernement, de nombreuses distinctions.



ligue enseignement public laïque biarritz 1905 pays basque
MEDAILLE LIGUE ENSEIGNEMENT 1881








ligue enseignement public laïque biarritz 1905 pays basque
VERSO MEDAILLE LIGUE ENSEIGNEMENT 1881


M. Léon Robelin, secrétaire général, donne ensuite lecture du palmarès. La grande médaille de la Ligue est décernée en 1905 à M. Etienne Jacquin, ancien président.


Il est midi. La séance est levée et le ministre déclare clos le XXVe Congrès de la Ligue française de l'Enseignement.



Le banquet.


On se rend immédiatement au banquet qui compte 700 couverts dressés sous la galerie extérieure du Casino municipal, en face de l'océan dont les vagues déferlent à quelques mètres des convives. C'est un véritable banquet maritime.


Au champagne, offert par M. Jean Barès, des toasts, frénétiquement applaudis et suivis de bans et de triples bans, sont prononcés successivement par MM. Gibert, préfet des Basses-Pyrénées ; Forsans, maire de Biarritz ; Buisson, président de la Ligue ; Léon Bourgeois, Barthou et Bienvenu-Martin.


A 2 h. 1/2 se termina ce banquet.


M. le Ministre de l'instruction publique et M. Léon Bourgeois ont quitté Biarritz dans la soirée.



Télégramme du Président de la République.


A la dépêche qui l'assurait du respect et du dévouement des ligueurs, le Président de la République, président d'honneur de la Ligue, a fait répondre par le télégramme suivant :


"Paris-Elysée.


Secrétaire général civil Présidence République à M. Ferdinand Buisson, président du Congrès de la Ligue  de l'Enseignement, Biarritz :


Le Président de la République est très sensible aux sentiments que vous lui exprimez au nom des membres de la Ligue française de l'Enseignement réunis à Biarritz et vous prie d'agréer pour eux et pour vous l'expression de sa cordiale sympathie."



Les excursions.


Nous rendrons compte, la semaine prochaine, des diverses excursions qui ont lieu, après le Congrès, au pays Basque et et en Espagne."



A suivre...



(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)









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mercredi 10 décembre 2025

LE CONGRÈS DE LA LIGUE DE L'ENSEIGNEMENT À BIARRITZ EN LABOURD AU PAYS BASQUE EN OCTOBRE 1905 (quatrième partie)

 

LE CONGRÈS DE LA LIGUE DE L'ENSEIGNEMENT À BIARRITZ EN 1905.


La Ligue de l'enseignement est un mouvement laïque d'éducation populaire né en 1852.



ligue enseignement public laïque biarritz 1905 pays basque
DIPLÔME DE LA LIGUE DE L'ENSEIGNEMENT 1905



Elle a été créée pour promouvoir l'accès à l'éducation et à la culture pour tous, en réponse aux lacunes de l'éducation formelle.



En 1866, elle a commencé à organiser des activités éducatives, culturelles et sportives à travers ses fédérations départementales.



En 1886, la Ligue regroupait près de 1 200 Sociétés et s'est engagée dans des thématiques que l'école ne couvrait pas, comme l'enseignement professionnel et l'éducation physique.



Son histoire est marquée par un engagement constant pour l'accès au savoir dans une République laïque et démocratique.



ligue enseignement public laïque biarritz 1905 pays basque
MEDAILLE LIGUE ENSEIGNEMENT 1881


ligue enseignement public laïque biarritz 1905 pays basque
VERSO MEDAILLE LIGUE ENSEIGNEMENT 1881



Voici ce que rapporta à ce sujet la Correspondance hebdomadaire / Ligue française de 

l'enseignement, le 5 novembre 1905 :



"Le Congrès de Biarritz.


Ce Congrès a été un véritable enchantement, telle est l'impression générale qui s'en dégage. Tout a concouru à la réussite et à l'harmonie de cette manifestation : l'empressement des délégués, l'organisation sociale qui ne laissa rien à désirer, le décor du site, le concours des éléments eux-mêmes. Tous ceux de nos amis qui eurent la bonne fortune de venir à Biarritz emportent au fond du coeur un souvenir impérissable de leur séjour.



Le samedi 28 octobre.


Le samedi 28 octobre, a eu lieu, à 9 h. 1/2 du soir, à l'hôtel de ville de Biarritz, une séance mixte du Conseil général et du Comité biarrot d'organisation pour arrêter les dernières dispositions en vue du Congrès, sous la présidence de M. Ferdinand Buisson.



ligue enseignement public laïque biarritz 1905 pays basque
FERDINAND BUISSON VERS 1930



Le Conseil admet d'abord les nouvelles Sociétés inscrites à la Ligue depuis la dernière séance.


Il désigne ensuite les présidents et secrétaires provisoires des Commissions.

Première Commission (propagande), président : M. Ferdinand Dreyfus ; secrétaire : M. Braibant.

Deuxième Commission (de la neutralité dans l'enseignement primaire), président : M. Adrien Duvand ; secrétaire : M. Barbey.

Troisième Commission, président : M. Bourguignon, secrétaire : M. Roton.


La séance est levée, après échange de vues sur certains points du programme et après des allocutions de M., maire de Biarritz, et de M. Ferdinand Buisson, à 11 h. du soir.




Le dimanche 29 octobre.


A 8 h. 1/2 du matin, les congressistes qui sont arrivés nombreux depuis la veille, et surtout par les trains de nuit, commencent à entrer au Casino Bellevue où fonctionne le secrétariat et où doivent avoir lieu les séances de Commissions.


Dès leur entrée, ils poussent une exclamation. C'est un émerveillement. Le Casino a été transformé, grâce à la Société d'acclimatation du golfe de Gascogne, en un parterre féérique : chrysanthèmes aux tons de pourpre et d'or, lilas, roses, orchidées unissent leur gammes pour le ravissement des yeux.


Les congressistes, après avoir fait viser leurs cartes et pris les documents du Congrès, se répartissent dans les trois Commissions.


Les bureaux provisoires sont maintenus, sauf à la troisième Commission où, sur la proposition de M. Bourguignon. Mme Kergomard est nommée présidente.


La discussion sur les voeux joints aux rapports préalables commence aussitôt et se prolongera jusqu'à midi, heure à laquelle on va déjeuner.



La première séance plénière.


Celle-ci a eu lieu à 2 h. au théâtre du Casino municipal, sous la présidence de M. Forsans, maire de Biarritz.


Autour de lui prennent place MM. Ferdinand Buisson, président de la Ligue ; le général d'Armagnac, commandant la place de Bayonne ; Gibert, préfet des Basses-Pyrénées ; Gazin, inspecteur d'académie ; Adrien Duvand, Edouard Petit, Dessoye, vice-présidents de la Ligue ; Léon Robelin, secrétaire général ; Viguerie, sous-préfet de Bayonne ; Barthou, président du Conseil général des Basses-Pyrénées ; Ferdinand-Dreyfus, Bourguignon, Gillot, Sardou, Lucien Le Foyer, Bonnin, Cabouat, membres du Conseil général de la Ligue ; Mmes Kergomard, Ferdinand-Dreyfus, Muratet, Driessens, membres du Comité des Dames ; MM. Blocq, Rocheron, Roton, Wickham, Barès, Driessens, membres du Comité du Cercle parisien ; Hum-Sentouré, secrétire général du Comité biarrot d'organisation ; Long-Savigny et Cassiau, adjoints au maire de Biarritz ; Augey, Hargouet, Lartigue, Ronnan, Lafitte, Lacour, Léonard, Pierson, Fournier, Gallard, Larrebat, Mazon, Chapouillé, Labourdieux, Dalbarade, Tétard, Guttierez, Gibrac, Petit, conseillers municipaux ; Arrivetz, inspecteur primaire, etc.


Plus de 800 congressistes se pressent dans la salle.


Après la Marseillaise, exécutée par l'Harmonie municipale, M. Forsans prend la parole et prononce une allocution applaudie chaleureusement.


M. Buisson lui répond. Il propose tout d'abord d'envoyer à M. Emile Loubet, président d'honneur de la Ligue, le télégramme suivant :


A l'ouverture des travaux de son XXVe Congrès national, la Ligue française de l'Enseignement offre à son président d'honneur l'hommage de son respectueux dévouement et lui envoie le témoignage d'unanime sympathie de 3 540 sociétés de la Fédération.


Cette proposition est acclamée.


M. Buisson remercie ensuite le maire et la municipalité, dont l'accueil si cordial ajoute encore au cadre merveilleux de ce pays enchanteur.


"Vous résisterez, dit-il aux séductions de l'extérieur, pour accomplir la tâche qui vous amène ici : l'étude des problèmes scolaires et sociaux. La Ligue va porter chaque année la bonne parole dans un coin du pays de France, et partout elle rencontre le même accueil empressé, ce qui affirme combien les questions de morale sociale intéressent chacun ; elle dit à tous, instituteurs, ouvriers, cultivateurs : "Vous êtes un citoyen, venez avec nous ; vous avez le droit de tracer un programme de réformes pour la République et pour l'éducation des électeur de demain."


M. Léon Robelin, secrétaire général, expose ensuite le rapport général des travaux de la Ligue depuis le Congrès d'Amiens.


"Après une année si laborieuse, a-t-il dit, il était naturel que la Ligue vint tenir son XXVe Congrès national sur la Côte d'Emeraude, pour y prendre, au souffle vivifiant du large et au contact de nos chauds et bons amis du Sud-Ouest, une nouvelle provision de santé et de forces."


La séance se termina sur une communication très documentée de M. Edouard Petit, sur les Patronages laïques.


"En résumé, a-t-il conclu, il faut fortifier, étendre les Patronages, les accommoder aux besoins de la population ouvrière, surtout se hâter pour ne pas se laisser devancer.


Il ne s'agit pas, tous les quatre ans, de fonder des Comités électoraux qui passent avec les consultations du suffrage universel et qui ont pour mission de défendre, de sauver la République. C'est une oeuvre à toujours, à sans cesse reprendre, à étendre avec une inlassable patience. Elle prépare les générations de demain aux idées démocratiques. Elle les forme à la vie civique. Elle mérite qu'on s'y dévoue, car tant elle vaudra, tant vaudra l'avenir de la cité républicaine."


A 4 heures, cette séance prend fin et les congressistes, gâtés par un temps absolument exquis, se répandent sur la plage et vont admirer les points de vue pittoresques de la côte.



ligue enseignement public laïque biarritz 1905 pays basque
ENTREE CÔTE DES BASQUES BIARRITZ 1905
PAYS BASQUE D'ANTAN

La soirée.


Après un dîner offert par la municipalité, à l'hôtel d'Angleterre, au Conseil général de la Ligue, une réception des congressistes a eu lieu, à 9 heures du soir, au Casino municipal, M. Forsans, maire de Biarritz, souhaite la bienvenue cordiale à tous ses hôtes, et M. Ferdinand Buisson, au nom des ligueurs présents, remercie M. Forsans et la municipalité de l'accueil si cordial qui nous est fait. L'orchestre du Casino a joué au cours de la réception qui dura jusqu'à 11 heures.


ligue enseignement public laïque biarritz 1905 pays basque
HÔTEL D'ANGLETERRE BIARRITZ 1902
PAYS BASQUE D'ANTAN





Lundi 30 octobre.


Ce fut une journée de travail.


De 8 h. 1/2 du matin à midi, les Commissions fonctionnèrent et terminèrent leurs discussions.


A 2 heures, la deuxième séance plénière s'ouvrit au Casino Bellevue, sous la présidence de M. Ferdinand Buisson.


M. Maurice Braibant rapporte les voeux de la première Commission qui furent adoptés après quelques observations.


M. Dessoye rapporte le voeu de la deuxième Commission.


Ce voeu, qui émanait du Conseil général, a été adopté après une brillante joute oratoire à laquelle prennent part MM. Barthou, Ferdinand-Dreyfus, Lucien Le Foyer, Dessoye, Théry, Bidard, Pécaut, etc.


Il est ainsi conçu :

Le Congrès :

"Considérant que, d'après les lois scolaires de la République, l'école primaire ne se borne pas à distribuer l'enseignement élémentaire, mais qu'elle est, de plus, un établissement d'éducation nationale qui doit exercer sur les enfants du pays l'action la plus propre à en faire des citoyens libres, conscients de leurs droits et de leurs devoirs ;


Emet les voeux suivants :

"1° Que la neutralité de l'école primaire soit nettement définie par les lois et règlements ;

Que cette neutralité, motivée à la fois par le respect de l'autorité des parents et par le jeune âge des élèves, soit limitée à cette prescription : l'école doit rester étrangère aux questions confessionnelles et aux débats de la politique active.


2° Que l'instituteur, s'inspirant des principes de 1789 et appliquant la méthode rationnelle, se donne pour tâche essentielle de développer :

(a) Dans l'éducation intellectuelle, le respect et l'amour de la vérité, la réflexion personnelle, les habitudes de libre examen en même temps que l'esprit de tolérance ;

(b) Dans l'éducation morale, le sentiment du droit et de la dignité de la personne humaine, la conscience de la responsabilité individuelle en même temps que le sentiment de la justice et de la solidarité sociales ;

(c) Dans l'éducation civique, l'attachement au régime démocratique et à la République qui en est la forme supérieure et, tout d'abord, parce qu'il prime forcément tous les autres, l'attachement à la patrie, avec la résolution d'accepter virilement toutes les charges civiques et militaires que sa défense nécessite, sans renoncer à l'effort vers la fraternité des peuples ;


3° Que, en dehors de ses fonctions, tout maître jouisse de la plénitude des droits de citoyen, sous la seule réserve de garder dans ses paroles et dans ses actes la mesure que lui impose sa mission d'éducateur national ;


4° Que les programmes soient révisés et les livres scolaires examinés en vue d'une conformité plus complète aux dispositions de la loi du 28 mars 1882 relatives à la laïcité de l'enseignement primaire."


Deux très intéressantes communications sont présentées, l'une par M. Emile Laparra, sur le rôle des Cercles de la Ligue, et l'autre par M. Rocheron, sur l'enseignement professionnel à la caserne.


Le secrétaire général proclame ensuite le résultat du scrutin, ouvert de 2 à 3 heures, pour le renouvellement du tiers sortant du Conseil général.


Sont élus, avec un chiffre de voix qui varie de 494 à 480 voix : MM. Barthou, Bascou, Bordier, Bourguignon, Buisson, Crouzet, Dron, Fernand Faure, Flammarion, Gillot, Goudchaux, Guieysse, Raveaud, Ricard, Schrader, Seignette.


Au cours de cette séance qui se termine à 4 h. 1/2, M. Buisson donne lecture de télégrammes de M. Bienvenu Martin, ministre de l'instruction publique, assurant les congressistes de sa sympathie et disant qu'il sera heureux de la leur exprimer mercredi de vive voix ; de M. Etienne Jacquin, ancien président de la Ligue ; de Mme Jules Ferry, présidente du Comité des Dames ; de M. Emmanuel Vauchez, ancien secrétaire général ; de M. Cavé, fondateur de la Mutualité scolaire.


Les congressistes, au sortir de cette réunion, vont admirer l'une des plus fortes marées de l'année qui, favorisée par le vent du sud, fut vraiment terrifiante. Des vagues de la hauteur d'une maison déferlaient sur les rochers. Qu'on ajoute à ce spectacle celui d'un coucher prestigieux de soleil, et l'on se rendra compte de l'impression saisissante qu'emportèrent nos amis.



La soirée.


Le Conseil général offrait, à l'hôtel d'Angleterre, un dîner au Conseil municipal de Biarritz et à un certain nombre de personnalités de Bayonne, du département et de la région.


A 9 heures, les Amicales de Biarritz invitèrent les congressistes à une soirée au Casino municipal. Le programme fut très bien composé et souleva les bravos de tous les assistants.



Le mardi 31 octobre.


Les Commissions ayant terminé leurs travaux, la matinée fut libre et fut employée par les congressistes à visiter Biarritz et ses environs.


A une heure tout le monde était exact à la gare du B.-A.-B. pour prendre le train spécial qui devait conduire à Bayonne où l'on arrivait un quart d'heure plus tard.




ligue enseignement public laïque biarritz 1905 pays basque
GARE B.A.B. BIARRITZ
PAYS BASSQUE D'ANTAN



Le temps est radieux. A la gare, de nombreux ligueurs de Bayonne attendent les congressistes. Des salves de bombes sont tirées de minute en minute en leur honneur.


Les membres du Conseil général sont reçus à l'hôtel de ville par M. Pouzac, maire de Bayonne, entouré de son Conseil municipal.


A 1 h. 3/4 la séance plénière s'ouvre au théâtre devant un public de plus de douze cents délégués. On est déjà quatre cents de plus que dimanche. Demain on atteindra quinze cents.


M. Pouzac prononce une allocution empreinte d'une grande affabilité. M. Ferdinand Buisson lui répond, puis les travaux du Congrès continuent..."



A suivre...



(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)









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