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mardi 10 février 2026

LE CONGRÈS DE LA LIGUE DE L'ENSEIGNEMENT À BIARRITZ EN LABOURD AU PAYS BASQUE EN OCTOBRE 1905 (sixième partie)

 

LE CONGRÈS DE LA LIGUE DE L'ENSEIGNEMENT À BIARRITZ EN 1905.


La Ligue de l'enseignement est un mouvement laïque d'éducation populaire en 1852.


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DIPLÔME DE LA LIGUE DE L'ENSEIGNEMENT 1905



Elle a été créée pour promouvoir l'accès à l'éducation et à la culture pour tous, en réponse aux lacunes de l'éducation formelle.



En 1866, elle a commencé à organiser des activités éducatives, culturelles et sportives à travers ses fédérations départementales.



En 1886, la Ligue regroupait près de 1 200 Sociétés et s'est engagée dans des thématiques que l'école ne couvrait pas, comme l'enseignement professionnel et l'éducation physique.



Son histoire est marquée par un engagement constant pour l'accès au savoir dans une République laïque et démocratique.


Voici ce que rapporta à ce sujet la Correspondance hebdomadaire / Ligue française de 

l'enseignement, le 12 novembre 1905 :



"Après le Congrès.

L'enseignement professionnel à la caserne.



A la suite de la communication faite à ce sujet par M. Bocheron, au Congrès de Biarritz, un certain nombre d'officiers et de civils nous ont adressé d'intéressants renseignements sur ce qui avait été déjà fait dans différents corps pour l'enseignement professionnel à la caserne, notamment au point de vue agricole.



Nous remercions ces premiers correspondants ; nous prions en même temps tous ceux de nos amis, toutes celles de nos Sociétés qui auraient tenté ou vont tenter dans leur région un enseignement en ce sens, d'adresser à M. Bocheron, au siège de la Ligue, 16, rue de Miromesnil, une courte note à cet égard."



Les excursions.


En Espagne.


Une centaine de congressistes a effectué l'excursion de Saint-Sébastien, le jeudi 2 novembre.


Le départ a eu lieu à huit heures du matin. Après un arrêt à Hendaye, on a gagné en barque Fontarabie, si pittoresquement situé à l'embouchure de la Bidassoa. Cette petite ville a excité l'admiration de tous par l'originalité de ses rues et de ses monuments. Des trams ont conduit ensuite les touristes à Irun, où l'on a déjeuné. L'alcalde de cette ville en a fait les honneurs. A 2 heures, on partait pour Saint-Sébastien qui rivalise, comme station balnéaire, avec Biarritz. L'océan était superbe et les lames venaient se briser majestueusement sur les rochers de la digue. A la grandeur du spectacle venaient s'ajouter les éclairs aveuglants d'un orage au large. L'impression ressentie était intense.


A six heures et demie on dinait au buffet de la gare que l'on quittait à sept heures et demie, pour être de retour à Biarritz vers dix heures du soir.


Un certain nombre d'excursionnistes restaient à Saint Sébastien pour prolonger leur séjour en Espagne. Un groupe assez important a continué sur Burgos, Madrid, Tolède, Saragosse, Pampelune.


L'excursion continue au moment où nous écrivons ces lignes.



Au pays basque.


Cent cinquante congressistes ont fait, le vendredi 3 novembre, l'excursion au pays basque.


En voici le compte rendu détaillé fourni par la Petite Gironde :


"A sept heures et demie, cent cinquante personnes quittent Biarritz. Le B. A. B. accélère sa marche, car il s'agit d'attraper à Bayonne le train de 8 h. 5. A cet effet, des tramways à chevaux nous attendent à la grande gare. Personne ne manque le train.



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LA GARE DU MIDI BAYONNE
PAYS BASQUE D'ANTAN


La température est exquise, claire et douce, et le soleil s'est levé dans un ciel où ne courent d'espace en espace que quelques flocons blancs. Dans la caravane, ce n'est qu'un cri : Quelle journée faite à souhait !


Le premier arrêt a lieu à la gare de Cambo-Villa, d'où l'on se rend, par le sentier rocailleux et pittoresque, tout droit au Mimosa-Club, où le Congrès est reçu.



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MIMOSA-CLUB CAMBO-LES-BAINS
PAYS BASQUE D'ANTAN


C'est le président, M. Roland Gosselin, qui a souhaité la bienvenue, et c'est M. Edouard Petit, improvisateur délicieux, qui, en termes fleuris et chatoyants, a remercié, en célébrant ce pays basque où l'on va passer la journée et qu'il voyait, lui, pour la première fois, d'où un enthousiasme que je n'ai pas besoin de vous traduire.


On s'est un peu attardé au Mimosa-Club, qui est lui-même un très joli chalet basque et dont la terrasse a vue sur la Nive dans un cadre de collines aux lignes pures, harmonieuses, sur lesquelles, au moment où nous quittons Cambo, le soleil jette une lumière radieuse.


Avant de reprendre le train à Cambo-halte, on a visité l'établissement de bains, où nombre de congressistes se sont fait donner de scientifiques explications. Même quand on se promène, on est studieux à la Ligue de l'Enseignement.



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ETBLISSEMENT DES THERMES CAMBO-LES-BAINS
PAYS BASQUE D'ANTAN


Nou quittons Cambo à dix heures quarante-quatre et aussitôt tout le monde se met à parler du Pas-de-Roland. C'est le site le plus célèbre de la région, et, pur mieux le voir, on se dispute les places à droite du train. Puis, pour qu'il n'échappe à personne, au moment où on entre dans la gorge, M. d'Abartiague fait entendre l'"irrintzina", le célèbre cri basque qui perce jusqu'aux vallées les plus profondes et qu'on ne peut entendre que là. C'est une des originalités de ce pays qui en compte tant.



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PASSAGE DU TRAIN PAS-DE-ROLAND ITXASSOU
PAYS BASQUE D'ANTAN



Le beau temps continue. Le ciel est bleu dans toute son étendue et nous sommes réchauffés par un soleil d'été qui nous oblige à quitter les pardessus. Les dames, venues en grand nombre, regrettent de ne pas avoir des toilettes claires. Oh ! la belle, l'admirable journée d'automne ! qui, dans un pays comme celui-là, deviendra vraiment inoubliable !


Nous arrivons à Saint-Jean-Pied-de-Port à midi. Le Congrès est reçu à la gare par l'Amicale et par la Fanfare, dont le recrutement se fait précieusement dans cette Amicale. Après la Marseillaise, c'est un pas redoublé qui se fait entendre, et le cortège, que toute la ville est venue voir, se rend à l'hôtel des Pyrénées où est servi le déjeuner. Les gastronomes se réjouissent, car l'hôtel est renommé pour son bon accueil, et la directrice, Mme Jaime, pour sa bonne cuisine. Ce Congrès a tous les bonheurs !



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CENTRAL HÔTEL SAINT-JEAN-PIED-DE-PORT
PAYS BASQUE D'ANTAN


Mme Jaime s'est surpassée. Son menu, aussi copieux que délicat, lui vaut des félicitations sans nombre. Pendant le repas la fanfare joue.


Il n'y aura pas de discours, mais il faut bien entendre quelques toasts.


C'est M. d'Abartiague qui remercie d'abord le Congrès d'être venu à Saint-Jean, et qui lit ensuite des dépêches de MM. Berteaux, ministre de la guerre ; Bienvenu-Martin, ministre de l'instruction publique ; Gilbert, préfet des Basses-Pyrénées ; plusieurs sénateurs et députés, conseillers généraux, qui s'excusent de ne pouvoir assister au banquet.



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MINISTRE JEAN-BAPTISTE BIENVENU-MARTIN
VERS 1914


C'est ensuite M. Harruguet, président de l'Amicale, qui, en termes choisis, d'un tour très littéraire, dit tout le concours des bons républicains pour donner à la journée son éclat et son caractère laïque.


Après M. Harruguet, on entend M. Bley qui, avec vivacité et chaleur, et dans une très belle forme, parle des sentiments républicains qui sont très profonds dans une partie de la population basque et évoque les noms des hommes célèbres du pays.


On entend ensuite M. Robelin, dans une vibrante improvisation, célébrant l'éclat de la journée et buvant aux républicains de Saint-Jean-Pied-de-Port.


Au nom de la presse, M. Gustave Téry célèbre poétiquement les beautés de la nature où il se trouve.


M. Edouard Petit se lève après M. Téry, et, avec cette facilité abondante et cette bonne humeur qui ne l'abandonnent jamais, il boit aux Pyrénées, aux femmes de la Navarre, à la race basque si fine et si légère, à Saint-Jean-Pied-de-Port, la ville qu'on veut revoir, quand on y est venu une fois. Il termine par un hommage à la mémoire de Charles Floquet qui était originaire de ce pays, et il dit combien Mme Charles Floquet est restée une amie de la Ligue de l'Enseignement.


Le café est ensuite servi.


Comment, même quand le temps presse, quitter Saint-Jean-Pied-de-Port sans visiter un peu la ville et ses alentours si séduisants ? C'est d'abord la citadelle, si pittoresquement située,  et d'où l'on découvre un panorama d'une incomparable majesté, qui a reçu les congressistes ; pas tous, car quelques-uns n'avaient pu résister au charme qui se dégageait des chemins, des sentiers s'enfonçant dans la montagne. On se réjouissait, et cependant des regrets naissaient dans le coeur de tous : ne pas pouvoir aller jusqu'aux Aldudes, jusqu'à Valcarlos, jusqu'à Roncevaux ; être obligé de partir, sachant tout ce qu'on va laisser !"."

 

A suivre...



(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)









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