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lundi 9 février 2026

UNE CAMPAGNE ÉLECTORALE CANTONALE TENDUE À BIARRITZ EN LABOURD AU PAYS BASQUE EN MAI 1922 (troisième partie)

 

CAMPAGNE ÉLECTORALE À BIARRITZ EN MAI 1922.


Des élections cantonales sont organisées en France les 14 et 21 mai 1922.


pays basque autrefois élections labourd canton
CASINO MUNICIPAL BIARRITZ 1922
PAYS BASQUE D'ANTAN


Sur le canton de Biarritz, deux candidats sont face à face : le Dr Augey, républicain de gauche et 

Gabriel Moussempès, industriel, républicain démocrate, conseiller général sortant.




Voici ce que rapporta à ce sujet la presse locale, La Gazette de Biarritz-Bayonne et Saint-Jean-de-

Luz dans plusieurs éditions :


  • le 17 mai 1922 :

"Après les élections du 14 Mai à Biarritz, M. Moussempès envoie ses témoins au Dr Alcide Augey.



En dernière heure, nous apprenons que M. Gabriel Moussempès a chargé MM. Duplantier et Bourcier de demander à M. le Dr Alcide-Augey une désapprobation formelle des termes de l'affiche apposée dimanche, affiche signée "Mengelle", ou, à défaut, une réparation par les armes.



Les témoins de M. Moussempès rendant compte de leur mission auprès de MM. Larrebat-Tudor et Léon Garay, désignés par le Dr lcide Augey pour le représenter, disent notamment dans une lettre que nous publierons demain :

"MM. Larrebat-Tudor et Garay nous ont déclaré que M. Le docteur Alcide Augey n'avait à infirmer ou confirmer les termes d'une affiche qui n'était pas signée de son nom.


Ce dernier se refuse donc à des excuses ou à une réparation par les armes."




pays basque autrefois élections labourd canton
CASINO MUNICIPAL BIARRITZ 1922
PAYS BASQUE D'ANTAN



  • le 18 mai 1922 :

"Après les Elections du 14 Mai.


A Biarritz.

Remerciements de M. G. Moussempès.


M. Moussempès adresse les remerciements suivants à ses électeurs :


Electeurs Biarrots,


Je remercie du plus profond de mon coeur, les 900 électeurs qui, inaccessibles à la pression d'une campagne indigne de citoyens biarrots, ont voté pour moi.


M. F. Mengelle n'a pas craint d'évoquer dans une manoeuvre de la dernière heure, et pour des fins électorales, le souvenir d'un drame poignant qui commandait le respectueux silence de tous.


L'outrageante diffamation dont je suis l'objet de sa part, aura la suite qu'elle comporte devant les tribunaux.


Mais, à côté de lui, mon adversaire M. Alcide Augey, a eu le cynisme de laisser afficher de nuit, par les soins de son organisation électorale, l'odieuse insulte dont il entendait bien, à la faveur de l'émotion publique, tirer, sans pudeur, un profit personnel.


Au moment où je lui demande de rendre publique et loyale sa désapprobation d'un pareil acte, cependant affirmée spontanément par lui devant ses amis, il se dérobe lâchement et me refuse la réparation d'honneur qu'il me doit.


Je voue son indigne conduite au mépris de tous les honnêtes gens.


Gabriel Moussempès."


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L'incident de l'affiche.


M. Moussempès ayant constitué ses témoins, ces derniers lui ont ainsi rendu compte de leur mission :

Biarritz, le 17 Mai 1922.


A Monsieur Gabriel Moussempès, Biarritz.


Vous nous avez chargés de demander à M. le docteur Augey une désapprobation formelle des termes d'une affiche apposée dimanche matin à la première heure, affiche signée "Mengelle", constituant une manoeuvre de la dernière heure, mettant votre honneur en jeu, ou, à défaut, une réparation par les armes.



Voici le résultat de notre mission :


M. Bourcier et moi nous sommes présentés le 16 Mai, à 17 heures, au domicile de M. le docteur Alcide Augey, à qui nous avons exposé le but de notre visite.


M. Alcide Augey nous a déclaré spontanément qu'il désapprouvait les termes de cette affiche apposée contre son consentement et qu'il était prêt à nous en donner la formule écrite, après avoir consulté ses amis, cette réponse devant être remise à 21 h. 30, le même jour.


A 19 h. 30, le docteur Alcide Augey faisait une visite auprès de M. Duplantier, alors absent, et à 20 h. 15, il lui faisait connaître par téléphone, qu'après réflexion, il n'avait aucune réponse à donner, ajoutant que deux de ses mais se tiendraient à notre disposition le lendemain matin mercredi.


M. Bourcier et moi nous sommes effectivement rendus au domicile de M. Larrebat-Tudor qui était accompagné de M. Léon Garay, le mercredi 17 Mai, à 10 heures du matin, et nous avons exposé ce qui suit :


M. Moussempès se juge très gravement offensé dans son honneur par les termes d'un affiche signée "Mengelle", affiche qui ne pouvait être ignorée du docteur Alcide Augey, lequel profitait ainsi d'une manoeuvre de la dernière heure à son entier avantage, sans protestation de sa part.


MM. Larrebat-Tudor et Garay nous ont alors déclaré que M. le docteur Alcide Augey n'avait à infirmer ou confirmer les termes d'une affiche qui n'était pas signée de son nom.


Ce dernier se refuse donc à des excuses ou à une réparation par les armes.


Considérant que notre mission était alors terminée, nous avons rédigé d'un commun accord les constations ci-dessus.


Veuillez agréer, mon cher ami, nos biens amicales salutations.


A. Duplantier - Bourcier."


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M. Moussempès a répondu à ses témoins :


Biarritz, le 17 Mai 1922.


Mes chers Amis,


Votre lettre ne me surprend pas, et le docteur Augey se révèle ce que l'avais jugé.


Après vous avoir, pour éviter de se battre, exprimé sa réprobation de l'ignoble affiche dont il a largement profité, il a senti le besoin de faire son Comité juge de son honneur. Et ce Comité estime que le dicteur Augey n'a pas à se prononcer sur cette affiche, pour le plaisant motif qu'elle n'est point signée de son nom, comme si sa rédaction ne trahissait pas suffisamment son inspiration.


Mis ainsi en humiliante posture, le docteur Augey pouvait en sortir en m'accordant la réparation par les armes qui eût prouvé qu'il avait encore du coeur.


Il préfère se dérober honteusement. Je regrette de vous avoir dérangés pour si peu.


Croyez, mes chers amis, à mes sentiments les meilleurs.


Gabriel Moussempès."



A suivre...


(Source : Wikipédia et Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France) 







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