L'OPÉRA "PERKAIN" EN 1934.
Perkain est un drame lyrique en 3 actes, d'après Pierre Harispe, sur un livret de Pierre-Barthélemy Gheusi, une musique de Jean Poueigh, mis en scène par Pierre Chéreau et représenté pour la première fois à l'Opéra National de Paris-Palais Garnier, le 25 janvier 1934.
La chorégraphie est de Léo Staats et les décors et les costumes sont de Ramiro Arrue.
Le chef d'orchestre est François Ruhlmann.
Les acteurs et chanteurs sont : Marthe Nespoulos (Gatchucha), Renée Mahé (Mayaléna), Bachillat (Karméla), Popova (la Gitane), Hamy (une Bergère), Martial Singher (Perkain), de Trevi (le Commissaire de la Convention), Etcheverry (Dominique Iharour), Fabert (Kurutchet-le-Gaucher), Gilles (le Barde), Le Clezio (le Catalan), De Leu (l'Officier), Cambon (le Chevrier), Madlen (Le Crieur de jeu), Morales, Goube, Duprez et le Corps de Ballet.

CHANTEUSE OPERA MARTHE NESPOULOS


CHANTEUR OPERA MARTIAL SINGHER

Voici ce que rapporta à ce sujet Maurice Bex dans le quotidien L'Intransigeant, le 18 janvier 1934 :
"La vie du théâtre.
A propos d'une création.
Folklore à l'Opéra.
Le nouvel ouvrage que l'Opéra va représenter dans quelques jours, offre la particularité rarissime, et d'autant plus appréciable, d'avoir été construit avec des matériaux ennoblis par le temps.
Deux Français du Sud-Ouest, deux Toulousains racés : P.-B. Gheusi et Jean Poueigh, les ont empruntés au terroir basque dont ils ont pris la peine de sonder longuement les secrets.
— Poueigh, m'a dit Gheusi, n'est pas seulement le compositeur admiré, de Fünn ou de Frivolant, c'est le chercheur infatigable qui a recueilli des centaines et des centaines de chansons populaires des Pyrénées françaises en parcourant Béarn, Bigorre, Haut-Comminges, Couserans, Andorre, Cerdagne et Roussillon, de quoi remplir huit in-quarto de documents d'une valeur inappréciable.
"Fallait-il laisser un tel trésor dans l'ombre des bibliothèques ou bien utiliser ces richesses millénaires pour vivifier une oeuvre nouvelle ? J'ai préféré la seconde solution et il m'a suffi de puiser dans l'histoire des Basques pour fournir à Jean Poueigh ample motif à nourrir sa musique de l'essence même des thèmes vénérables."
Ce qu'un Grieg a fait pour le service de l'art nordique, ce qu'un Smetana a entrepris, en faveur de la musique tchèque, le compositeur de Perkain l'a tenté au profit d'une des plus authentiques veines du génie français.
Contrairement à ce qui se passe d'ordinaire, certains passages du poème Perkain ont été établis, syllabe à syllabe, sur les notes de telle mélodie fixée depuis des siècles.
Conçu dans cet esprit, Perkain, drame lyrique, devait prendre l'aspect d'un opéra-ballet, non pas d'un opéra mêlé de danses artificiellement, comme ceux de Rameau, mais un opéra dans lequel la danse ferait naturellement partie intégrante de l'action proprement dite.
Comment célébrer les moeurs des sept provinces dont l'Eskual Herria chante l'union, sans qu'interviennent spontanément : fandango, saut basque, danse du verre, zortziko, avec ses cinq temps caractéristiques, et tous ces pas : entrechats, tricotages de pieds, évolutions, sauteries, voltes et virevoltes, que vante cet autre spécialiste du folklore basque, Pierre Harispe, et que déclenche le signal strident du flageolet rustique à cinq trous, le chirula, signal rythmé par le battement exécuté de la main droite par le joueur de flûte, lui-même, sur le petit tambour à cordes, le ttun-ttun, qu'il porte en bandoulière (ce qui vient de la flûte retourné au tambour) ; oui, comment évoquer l'âme de "ce petit peuple qui danse, au haut des Pyrénées", pour reprendre l'expression citée par Onésime Reclus, sans faire alterner l'appel rauque des montagnards, l'irrintzina, et les ébats des pimpirinak, des "papillons" du Labourd, auxquels leur agilité autant que les couleurs sémillantes de leurs vêtements ont mérité ce sobriquet flatteur ?
| CHIROULA ET TAMBOURIN DESSIN DE RENE BAUDICHON |


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