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vendredi 6 février 2026

L'OPÉRA "PERKAIN" DES ALDUDES EN BASSE-NAVARRE AU PAYS BASQUE EN 1934

L'OPÉRA "PERKAIN" EN 1934.


Perkain est un drame lyrique en 3 actes, d'après Pierre Harispe, sur un livret de Pierre-Barthélemy Gheusi, une musique de Jean Poueigh, mis en scène par Pierre Chéreau et représenté pour la première fois à l'Opéra National de Paris-Palais Garnier, le 25 janvier 1934.



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OPERA PERKAIN
LE JOURNAL 28 JANVIER 1934


La chorégraphie est de Léo Staats et les décors et les costumes sont de Ramiro Arrue.


Le chef d'orchestre est François Ruhlmann.


Les acteurs et chanteurs sont : Marthe Nespoulos (Gatchucha), Renée Mahé (Mayaléna), Bachillat (Karméla), Popova (la Gitane), Hamy (une Bergère), Martial Singher (Perkain), de Trevi (le Commissaire de la Convention), Etcheverry (Dominique Iharour), Fabert (Kurutchet-le-Gaucher), Gilles (le Barde), Le Clezio (le Catalan), De Leu (l'Officier), Cambon (le Chevrier), Madlen (Le Crieur de jeu), Morales, Goube, Duprez et le Corps de Ballet.



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CHANTEUSE OPERA MARTHE NESPOULOS


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CHANTEUR OPERA MARTIAL SINGHER



Voici ce que rapporta à ce sujet Maurice Bex dans le quotidien L'Intransigeant, le 18 janvier 1934 :



"La vie du théâtre.

A propos d'une création.

Folklore à l'Opéra.



Le nouvel ouvrage que l'Opéra va représenter dans quelques jours, offre la particularité rarissime, et d'autant plus appréciable, d'avoir été construit avec des matériaux ennoblis par le temps.



Deux Français du Sud-Ouest, deux Toulousains racés : P.-B. Gheusi et Jean Poueigh, les ont empruntés au terroir basque dont ils ont pris la peine de sonder longuement les secrets.



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P.-B. GHEUSI


— Poueigh, m'a dit Gheusi, n'est pas seulement le compositeur admiré, de Fünn ou de Frivolant, c'est le chercheur infatigable qui a recueilli des centaines et des centaines de chansons populaires des Pyrénées françaises en parcourant Béarn, Bigorre, Haut-Comminges, Couserans, Andorre, Cerdagne et Roussillon, de quoi remplir huit in-quarto de documents d'une valeur inappréciable.



"Fallait-il laisser un tel trésor dans l'ombre des bibliothèques ou bien utiliser ces richesses millénaires pour vivifier une oeuvre nouvelle ? J'ai préféré la seconde solution et il m'a suffi de puiser dans l'histoire des Basques pour fournir à Jean Poueigh ample motif à nourrir sa musique de l'essence même des thèmes vénérables."



Ce qu'un Grieg a fait pour le service de l'art nordique, ce qu'un Smetana a entrepris, en faveur de la musique tchèque, le compositeur de Perkain l'a tenté au profit d'une des plus authentiques veines du génie français.



Contrairement à ce qui se passe d'ordinaire, certains passages du poème Perkain ont été établis, syllabe à syllabe, sur les notes de telle mélodie fixée depuis des siècles.



Conçu dans cet esprit, Perkain, drame lyrique, devait prendre l'aspect d'un opéra-ballet, non pas d'un opéra mêlé de danses artificiellement, comme ceux de Rameau, mais un opéra dans lequel la danse ferait naturellement partie intégrante de l'action proprement dite.



Comment célébrer les moeurs des sept provinces dont l'Eskual Herria chante l'union, sans qu'interviennent spontanément : fandango, saut basque, danse du verre, zortziko, avec ses cinq temps caractéristiques, et tous ces pas : entrechats, tricotages de pieds, évolutions, sauteries, voltes et virevoltes, que vante cet autre spécialiste du folklore basque, Pierre Harispe, et que déclenche le signal strident du flageolet rustique à cinq trous, le chirula, signal rythmé par le battement exécuté de la main droite par le joueur de flûte, lui-même, sur le petit tambour à cordes, le ttun-ttun, qu'il porte en bandoulière (ce qui vient de la flûte retourné au tambour) ; oui, comment évoquer l'âme de "ce petit peuple qui danse, au haut des Pyrénées", pour reprendre l'expression citée par Onésime Reclus, sans faire alterner l'appel rauque des montagnards, l'irrintzina, et les ébats des pimpirinak, des "papillons" du Labourd, auxquels leur agilité autant que les couleurs sémillantes de leurs vêtements ont mérité ce sobriquet flatteur ?


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CHIROULA ET TAMBOURIN
DESSIN DE RENE BAUDICHON


Avant que Perkain ne soit représenté, on s'aperçoit que les fées de Bigorre veillent sur lui ; le héros national qui, au gré de sa renommée "sportive", lutta victorieusement contre les Mandrins à la solde de la Convention d'Ustaritz, a dans son jeu des atouts inattendus. Il sera servi par des amis éprouvés de longue date. Le rôle du vieux sacristain Dominique ne sera-t-il pas tenu par Etcheverry, originaire de Sare, et celui du contrebandier catalan, le pêcheur de truites, qui protège du second acte la fuite du pelotari ? n'est-il pas un enfant de la Bigorre ?



Quant au protagoniste, ce sera le baryton Singher, citoyen de Biarritz.



Lorsque le moment fut venu de faire déchiffrer, à Singher la vocalise compliquée que Perkain chante en coulisse : "Hiao iay hou hi", on mit l'artiste en garde contre les difficultés de cette formule séculaire. Mais il eut vite fait de rassurer ses guides :


— N'est-ce que cela ? leur dit-il. Je puis vous la chanter d'emblée et par coeur : je l'ai apprise dans ma tendre enfance en écoutant les montagnards de chez nous. —




(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France et Gheusi dans son cabinet de travail de l'Opéra-Comique | Bru Zane Mediabase)




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vendredi 14 février 2025

L'OPÉRA "PERKAIN" DES ALDUDES EN 1934

L'OPÉRA "PERKAIN" EN 1934.


Perkain est un drame lyrique en 3 actes, d'après Pierre Harispe, sur un livret de Pierre-Barthélemy Gheusi, une musique de Jean Poueigh, mis en scène par Pierre Chéreau et représenté pour la première fois à l'Opéra National de Paris-Palais Garnier, le 25 janvier 1934.



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OPERA PERKAIN
LE JOURNAL 28 JANVIER 1934



La chorégraphie est de Léo Staats et les décors et les costumes sont de Ramiro Arrue.


Le chef d'orchestre est François Ruhlmann.


Les acteurs et chanteurs sont : Marthe Nespoulos (Gatchucha), Renée Mahé (Mayaléna), Bachillat (Karméla), Popova (la Gitane), Hamy (une Bergère), Martial Singher (Perkain), de Trevi (le Commissaire de la Convention), Etcheverry (Dominique Iharour), Fabert (Kurutchet-le-Gaucher), Gilles (le Barde), Le Clezio (le Catalan), De Leu (l'Officier), Cambon (le Chevrier), Madlen (Le Crieur de jeu), Morales, Goube, Duprez et le Corps de Ballet.



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CHANTEUSE OPERA MARTHE NESPOULOS


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CHANTEUR OPERA MARTIAL SINGHER




Voici ce que rapporta à ce sujet l'hebdomadaire Le Mesnestrel, le 2 février 1934, sous la plume de 

Jean Chantavoine :



"La semaine musicale.



A l'Opéra — Perkain, drame lyrique en trois actes, légende basque de M. P.-B. Gheusi, d'après Pierre Harispe, musique de M. Jean Poueigh.



La mode gastronomique est aux "plats régionaux" : avec Perkain, l'Opéra nous en offre un du goût le plus authentique et dont les ingrédients se réclament de la "provenance directe".



Le livret porte à la scène un épisode de l'histoire révolutionnaire. Au village d'Itxassou, dans une demeure paysanne, on célèbre par des danses et des chants les fiançailles du jeune royaliste Perkain avec Gachutcha, fille du vieux Dominique. Des sans-culottes, conduits par un commissaire de la Convention, surviennent et somment Dominique de leur livrer le trésor de l'église, caché par lui. Sur son refus, on lui applique la question, en lui brûlant la plante des pieds à l'âtre même de son foyer. Il ne rompt le silence que pour entonner un cantique. Perkain chasse les mandrins et leur chef, auxquels (sans qu'à vrai dire on comprenne bien pourquoi) il donne rendez-vous le lendemain, à une partie de pelote, mais bientôt Gachutcha étant restée seule, les mandrins font de nouveau irruption dans la maison, se saisissent de la jeune fille et l'emmènent prisonnière.



Le lendemain soir, les gens d'Ustaritz célèbrent la Saint-Jean, avec force danses où viennent se mêler des gitanes d'Espagne. La fête se passe dans la cour du quartier révolutionnaire, où Gachutcha est retenue captive. Perkain l'y rejoint à la dérobée. Surpris, il échappe en traversant la Nive dans la barque d'un pêcheur ami et en narguant les mousquetons des sans-culottes.



Au troisième acte, Perkain vient de gagner une partie de pelote et c'est l'occasion de nouvelles danses. Le commissaire du peuple et ses acolytes surviennent : au moment où ils vont abattre Perkain, celui-ci se rend. Mais la foule prend fait et cause pour lui. Un chant patriotique du pays basque, entonné par les assistants, convertit au sentiment général le commissaire du peuple, qui tombe fraternellement dans les bras de Perkain.



S'il s'agissait d'un ouvrage de caractère rigoureusement dramatique, on se demanderait peut-être si quelques épisodes de ce scénario ne pèchent pas contre la cohésion ou la vraisemblance, mais, malgré le titre de "drame lyrique", que lui donne l'affiche. Perkain est, somme toute, un ballet mêlé de chant. Il se rattache sur ce point à la tradition de Rameau et à ce genre d'ouvrages dont les méchantes langues de l'époque prétendaient que le bonheur et le malheur des gens y consiste à voir danser autour d'eux.



Ces danses qui retardent un peu plus que de raison, dès le début du premier acte, le déclenchement de l'intrigue, la suspendent encore, aux deux autres actes, plus souvent et parfois plus longtemps qu'on ne voudrait. D'autre part, ces éclipses mêmes de l'action individuelle ne conviennent pas mal, après tout, à une histoire toute farcie d'embuscades.



Pour accompagner ces danses et souligner, dans l'intervalle, les propos des personnages, M. Jean Poueigh fait appel, d'une façon à peu près constante et exclusive, au folklore basque dont on sait, grâce à la Rhapsodie de Charles Bordes et au Ramuntcho de M. Gabriel Pierné, le caractère tour à tour capricieux et mélancolique. Ce procédé montre, chez M. Jean Poueigh, un souci de vérité qui touche à l'abnégation. Il est rare de voir un distingué compositeur effacer de la sorte, volontairement, son inspiration individuelle derrière la voix anonyme du chant populaire. Cet accent de vérité frappe, d'un bout à l'autre, dans la partition de Perkain mais, grâce au scrupule d'exactitude dont témoigne M. Jean Poueigh, c'est une vérité plus documentaire qu'expressive.



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RAMUNTCHO PIECE EN 5 ACTES DE G. PIERNE



En effet dans l'immense majorité des cas, M. Jean Poueigh s'attache, dans les thèmes qu'il choisit pour les traiter, à ceux qui offrent un caractère de "dynamisme", comme on dit aujourd'hui. Accentué par l'âpreté montagnarde et quasi rocheuse que M. Poueigh donne à son orchestre, ce dynamisme agit le plus souvent par le rythme à cinq temps, spécial au pays basque, mais dont les heurts et la boiterie provoquent bientôt l'obsession. Ces thèmes, d'un rythme presque uniforme, s'appliquant ici aux situations et sentiments les plus divers, ce rythme lui-même se prêtant d'ailleurs mal non seulement à la déclamation, qui ne s'y applique qu'en porte-à-faux, mais au développement symphonique où il ne peut guère entrer que sous forme de répétition, il en résulte une impression matérielle de piétinement qui condamne l'ouvrage à quelque monotonie. Et quand le compositeur reprend la parole pour son propre compte et tire le discours musical de son propre fonds, comme dans l'inutile intermède qui précède le second acte, il en résulte une disparate un peu déconcertante.



Dans cette longue et pittoresque "dancerie", quelques phrases de douceur et de charme prennent une valeur particulière : je citerai, entre autres, le cantique du supplicié, la cantilène amoureuse de Perkain et Gatchucha ; les couplets du Barde, au troisième acte, semblent être un précieux écho du moyen âge, et le choeur national de la fin justifie par son éloquence lumineuse la conversion du capitaine révolutionnaire.



Mais comment cette anthologie, que dis-je, cette encyclopédie du chant populaire basque, ne nous fait-elle pas entendre une seule fois l'admirable chant, si candide, si pur, si enthousiaste, du Guernicaco Arbola ?



Trois décors simples et pittoresques encadrent les scènes de Perkain ; mais on voit, sur le second, une Nive dont l'inclinaison ferait du torrent une cascade... Les danses, sans pouvoir prétendre à l'audace et à la variété qui font l'attrait d'un ballet véritable, ont du mouvement et de la bonne humeur.



Deux des protagonistes sont les compatriotes de leurs personnages : M. Martial Singher, chanteur et comédien plein d'aisance juvénile dans le rôle de Perkain et M. Etcheverry, dont la belle voix de basse sonne à merveille dans le rôle du vieux Dominique, dont il dessine une silhouette frappante. M. José de Trévi prête la plus sûre autorité au capitaine des sans-culottes ; MM. Henri Fabert, Le Clezio, R. Gilles, Claverie, de Leu et Cambon tiennent à souhait des rôles épisodiques. Mlle Marthe Nespoulos chante et joue d'une façon charmante celui de Gatchucha, dignement secondée par Mmes Mahé, Bachilliat et Hamy. Parmi les gitanes du second acte, on remarque l'agilité de Mlle Mati Morales et le mezzo éloquent de Mlle Popova.



M. François Ruhlmann règle en arbitre impeccable la lutte de l'orchestre avec le rythme à cinq temps."


(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)




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jeudi 13 octobre 2022

LA CHANSON DU PELOTARI PERKAIN DES ALDUDES EN BASSE-NAVARRE AU PAYS BASQUE AUTREFOIS

LE PELOTARI PERKAIN DES ALDUDES.


En l'an I de la République, en 1793, un défi de pelote est lancé par Curutchet, célèbre joueur de pelote, et Perkain, autre célèbre joueur de pelote de l'époque, qui s'était exilé à Elizondo, en Navarre, vint aux Aldudes relever ce défi.





pays basque autrefois pelote aldudes révolution

PERKAIN LES ALDUDES - ALDUDE
PAYS BASQUE D'ANTAN



Deux chansons furent composées en l'honneur de Perkain et de ses exploits sportifs, une sur une 

partie de paume jouée à Saint-Palais contre Açantza, et l'autre sur la partie de paume qui se joua 

à Tolosa (en Guipuscoa).



Voici ce que rapporta au sujet de cette fameuse partie jouée aux Aldudes, la revue Gure Herria, en 

août 1921, sous la plume de Georges Lacombe :



"... Nous voici donc en présence de deux chansons, racontant à mots couverts et destinés aux contemporains qui savaient à quoi s'en tenir, deux parties jouées par Perkain, l'une à Saint-Palais et l'autre à Tolosa. Mais la plus célèbre à laquelle prit part le champion Aldudien est celle qui se joua dans son propre village sous la Terreur. Les circonstances dans lesquelles ce match eut lieu étant connues, nous serons le plus bref possible. Et comme on ne peut comprendre comment Perkain fut amené à jouer ce jour-là, si l'on ne connaît pas, au moins en gros, sa biographie, c'est par celle-ci que nous commencerons.



Perkain naquit à une date que l'on arrivera peut-être à fixer, mettons si vous voulez, provisoirement, entre 1760 et 1770. Sa maison natale, Perkainenia, était espagnole et située dans le village des Aldudes, quartier Zamukegi (aujourd'hui Zamukei). Son enfance nous est inconnue. Si nous en croyons M. Pierre Harispe dans son ouvrage "Perkain, drame sous la Terreur et dans le Pays Basque (1903)", il quitta le Séminaire pour la place du Jeu-de-Paume. Il ne paraît avoir jamais eu de métier, la pelote suffisant à son activité. A quelle époque devint-il comme on dirait aujourd'hui un "as" de la pelote ? C'est ce que nous ne savons pas. Toujours est-il qu'il paraissait en pleine forme en 1793. A cette époque, il eut des démêlés avec le tribunal de Bayonne, lequel, le considérant comme dangereux pour l'ordre public (entendez révolutionnaire), le fit rechercher pour le mettre à mort. Pour échapper à ce trépas immérité, Perkain passa en Espagne. Là, il apprend que son rival le terrible gaucher Curutchet va jouer aux Aldudes. Perkain ne peut admettre un instant qu'un match se joue chez lui sans qu'il y figure en triomphateur, et, si nous en croyons Germond de Lavigne (qui narre l'anecdote en 1855) passe la frontière de façon à se trouver aux Aldudes le jour indiqué. Il gagne la partie et repasse la frontière "protégé, nous dit-on, par 6 000 spectateurs" chiffre évidemment exagéré. Quelles furent les péripéties de cette joute ? Nous savons que Perkain lutta contre Curutchet ; mais quels étaient les autres joueurs ? C'est à rechercher. En attendant, écoutons M. Harispe.



pays basque autrefois livre aldudes pelote révolution
LIVRE PERKAIN DE PIERRE HARISPE 1903



D'après lui, Azantza eut le but et buta à main nue. Mais ce renseignement est-il exact ? A cette époque (et aujourd'hui encore) on joue aux Aldudes non au rebot mais lachoan et l'on bute avec le gant du fond de la place. Il ajoute que "les deux camps opposés offraient l'image de deux triangles, et le sommet de l'un, c'est Perkain ; de l'autre, c'est Curutchet". Il n'y avait donc que 3 joueurs par camp : quant au "triangle" il y aurait beaucoup à dire à son sujet. Plus loin on nous représente la pelote comme montant si haut qu'elle échappe presque à la vue" ce qui surprend, car avec les gants de cette époque le tir était assez limité. Mais n'insistons pas : M. Harispe a voulu faire de la littérature. Finalement Perkain aurait volontairement tué, d'ailleurs d'un coup de pelote, le chef des commissaires envoyés pour l'arrêter. Tout cela demanderait vérification.



Puisque nous avons cité des vers basques relatifs aux matches de Saint-Palais et de Tolosa, citons (gabia motzago !) des vers français tirés du drame de M. Harispe. Perkain, dans cette pièce ne parle guère de pelote, mais voici ce que dit Azantza (ou d'Azance) au 5ème acte (scène I), de son illustre rival :

"C'est l'effet de ce vin de Navarre

Qu'il boit à même l'outre à la ferme de Sare,

Sans doute, car depuis qu'il s'est fait Espagnol

D'un bras si vigoureux il prend la balle au bond,

Et la lance à son but avecque tant de force,

Que cherchant à l'atteindre on attrape une entorse,

On se démet le bras, on a son gant fourbu, 

Et l'on tourne en pivot comme après avoir bu".



Voulez-vous du Curutchet ? Voici sa paraphrase de quelques vers basques cités plus haut :

"Monsieur Pierre d'Azance ! Ah ! vous êtes habile,

Mais Perkain a rendu votre adresse inutile,

Contre lui, vos efforts vos soins ont été vains.

On a dit cependant que vous preniez des bains,

Que vous vous nourrissiez de bonnes cuisses d'oies, 

Pour soutenir les coups que Perkain vous envoie".



Perkain fut donc encore vainqueur à cette partie : il le fut aussi à Saint-Palais et à Tolosa. Quelles ont été ses autres performances ? N'ayant jamais eu de métier, il joua énormément à la pelote, au point de réduire au minimum ses liens familiaux. On raconte à ce sujet une anecdote. Rentrant chez lui après une fort longue absence, il fut reçu très froidement par son épouse : cette froideur se manifesta par un mutisme absolu. Effrayé de cet accueil qu'il attribuait à une maladie subite, Perkain alla chercher le curé qui ne tarda pas à éventer la mystification dont le pelotari était la victime médiocrement innocente, et l'affaire s'arrangea, d'autant que notre héros devait revenir les poches pleines, car il gagnait beaucoup d'argent, jouant très souvent même dans des places très éloignées, Madrid par exemple. Il est vrai qu'il le mangeait au fur et à mesure, ce qui n'a rien de mauvais en soi, du moins à un point de vue particulier. Quand ses fons étaient en baisse, il devait en effet jouer le mieux possible pour s'enrichir de nouveau.



Comment était-il physiquement ? M. Harispe le déclare "grand et bien fait, d'une souplesse et d'une agilité qui lui faisaient atteindre d'un bon et d'une course rapide les balles les plus fuyantes". A Perkainenia, on nous affirme qu'il était petit et gros. Il se cassa d'ailleurs la jambe au cours d'une partie jouée aux Aldudes, mais la chronique est muette sur les conjonctures qui amenèrent cet accident.



pays basque autrefois aldudes pelote révolution
PERKAINENIA LES ALDUDES
PAYS BASQUE D'ANTAN



Eta orai, Eskualdunak, dugun ikus non diren Perkainen ichtorio berriak."



(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)









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vendredi 6 août 2021

EXERCICES ET AMUSEMENTS DES BASQUES EN 1817 (deuxième et dernière partie)

 

EXERICES ET AMUSEMENTS DES BASQUES EN 1817.


En 1817, les distractions sont plutôt rares au Pays Basque.




pays basque autrefois makila
GRAVURE 1828 BASQUE AVEC MAKILA
PAYS BASQUE D'ANTAN



Voici ce que rapporta à ce sujet le journal Mercure de France, le 17 mai 1817, sous la plume de 

l'Ermite de la Guyanne : 



"Exercices et amusements des Basques (suite).



... Léger comme un Basque dit-on proverbialement et sans se douter de l’exagération que renferme un pareil éloge : ce vers sur le cerf poursuivi par une meute, L’œil le cherche et le suit aux lieux qu’il a quittés ? n'est pas moins littéralement vrai en parlant des jeunes habitants de ces montagnes : le vol de leur balle en l’air n’est pas plus difficile à suivre que la trace de leurs pas.



Une idée qu’on se fait encore plus difficilement, c’est celle des émotions que leur font éprouver les diverses révolutions de la partie. Durant ce flux et reflux de crainte et d’espérance, des témoins courent de tous côtés pour en porter au loin les nouvelles. Les routes, à plus de six lieues de la place, sont semées de curieux qui interrogent, en palpitant, ces messagers. Denain, Fontenoy, n'excitaient pas de plus vives inquiétudes. Enfin, quand le talent ou le sort, qui prend sa part dans tous les événements de ce monde, a décidé la victoire, les vaincus ne songent plus qu’à des revanches, et les vainqueurs, qu’à de nouveaux combats. Ces luttes ne sont pas seulement des jeux ; on y voit la fortune et la gloire.



La paume a ses héros, et les Sorrende, les Duraty, les Silence, les Parquins et quelques autres ont attaché à leur nom une célébrité dont la tradition, à défaut de l’histoire, leur garantit la durée. M. Destère m’a raconté à ce sujet l’anecdote suivante : "Le fameux Parquint, dans le cours de la révolution, avait été forcé d’émigrer eu Espagne ; il apprend qu’un de ses rivaux de gloire, nommé Crutchatty, annonce une partie de paume aux Aldudes sur la frontière. Aussitôt Parquins fait solliciter auprès des autorités du lieu un sauf-conduit qu’on lui accorde, et que l’on motive sur la nécessité d’opposer à Crutchatty le seul rival digne de lutter avec lui. Parquins arrive, entre en lice, combat, remporte la victoire, et retourne eu Espagne aux acclamations de la foule qui l’accompagne jusqu’à la frontière."



C’est dans les fêtes locales qu’il fallait voir, il y a quelques années encore, ces danses où figuraient des communes entières, où tous les âges de la vie humaine (depuis le moment où l’on forme les premiers pas, jusqu’à celui où l’on se prépare à franchir le dernier), se réunissaient autour des tombeaux pour y célébrer, par les mêmes danses, ces fêtes où trois ou quatre cents générations avaient successivement assisté dans les mêmes lieux.



Les âges, dans l’ordre de leur succession, et les sexes sur deux lignes, après l’office divin, se rendent, de l’église au cimetière, précédés du maire de la commune, que, dans la langue poétique du pays, on nomme Pontife Civil ( aousso apessa ). Ce pontife (précisément comme Plutarque à Chéronée), des branches de laurier et d’olivier à la main, conduit, en cadence, la marche solennelle qu’il amène sur la place publique au son des instruments indigènes, parmi lesquels on ne compte que le tambour de basque, le flutet à cinq trous, et une espèce de violon sans chevalet, sur lequel le rythme se marque en frappant les cordes avec un court bâton recouvert en peau. C’est au moyen de ces instruments, si pauvres d’harmonie, auxquels se mêlent, par intervalle, quelques voix agrestes, que des laboureurs, des pâtres, leurs mères, leurs femmes et leurs filles remplissent la vaste étendue des cieux de chants qui semblent en descendre.


pays basque autrefois musicien
BASQUE AVEC TAMBOURIN
PAYS BASQUE D'ANTAN


Arrivée sur la place, toute cette population y forme un rond immense et la parcourt plusieurs fois à pas mesurés. La marche s’anime progressivement ; et c’est au moment où son action devient la plus vive, que le tambourin donne le signal du mouchico, danse violente et qui admet tout un peuple sans confusion. Noverre et Dauberval ont essayé d'en donner une idée sur le théâtre de l'Opéra ; mais comment lui conserver son caractère national ? Ce ne sont pas seulement les pieds, les bras, c'est le corps des Basques que le mouchico met en mouvement, et leur âme est encore plus agitée ; ils crient, parlent et chantent en dansant ; ils remplissent la place de ces éclats, de ces gloussement de voix dont ils font retentir les échos des montagnes, lorsqu’ils traversent les Pyrénées, et qu'ils veulent s’avertir de l’endroit où ils se trouvent. Cette espèce de gamme rapide s’appelle irrincina dans les Pyrénées, et incina dans quelques parties des Alpes. Je crois me souvenir que Silius Italicus en fait mention dans son poème, et qu’il cherche à l'imiter par l’harmonie de ses vers.



Les paroles improvisées pendant le mouchico, sont l’expression bien plus vraie de l'ivresse que produit cette danse parmi les Basques. On ferait un recueil charmant des mots passionnés, des louanges délicates que leur inspirent en ce moment l’amitié, l'amour et la piété filiale.



Les chants des Basques sont langoureux, comme dans tons les pays de montagnes où le séjour des hommes, dans ces hautes régions terrestres, semble disposer leurs âmes aux sensations les plus tendres. La langue des Basques, dont presque tous les substantifs se terminent en a, qui se sert de circonlocutions orientales pour désigner les objets qui commandent l’amour, le respect ou la crainte ; cette langue, dis-je, est plus favorable qu’une autre à l’expression de la pensée mélancolique. Dieu s’appelle Jaungoicoa (Seigneur d’en haut) ; la nuit, Gab-a (absence de lumière) ; la mort, eriotza (maladie froide) ; le soleil, egusquia (créateur du jour) ; la lune, ilarquia (lumière morte).



Les Basques sont courageux, mais vindicatifs, excellents soldats, surtout pour la guerre des montagnes, mais indépendants et difficiles à retenir sous les drapeaux au-delà du temps qu’ils se prescrivent eux-mêmes. Un grand capitaine, qui se connaissait en soldats, disait que les Basques, si distingués par le courage personnel, ne valaient rien en ligne. Dans la guerre de 1793, contre l’Espagne, deux demi-brigades, commandées par un général (au nom duquel l’épithète de brave se joint si naturellement qu’elle semble en faire partie) ; deux demi-brigades, disais-je, commandées par le brave Harispe, après avoir fait des prodiges de valeur, désertèrent presque jusqu’au dernier homme pour aller embrasser leurs parents et leurs amis. Au bout de quelques jours, tous étaient de retour au camp où leur chef les attendait sans inquiétude.





pays basque autrefois marechal baigorry
JEAN-ISIDORE HARISPE



Les noms propres, véritablement basques, ont presque tous une signification, tels que Salaberry (salle neuve) ; Etcheberry (maison neuve) ; Etchecahar (maison vieille) ; Ithurbide (chemin de la fontaine) ; Jaurguiberry (château neuf) ; Uharte (entre deux eaux).



La propreté dans les habitations et dans les vêtements est portée à un plus haut degré parmi les Basques, qu’en aucune autre province de France. Les femmes sont généralement belles, bien faites, vives et gracieuses.





pays basque autrefois femme
GRAVURE 1828 FEMME
PAYS BASQUE D'ANTAN



La religion, chez les Basques, n'est point exempte de superstition ; mais cette superstition, loin d’être intolérante, n’altère pas même cette douce philanthropie qu’ils exercent sans en connaître le nom : le respect des morts et des tombeaux est ici un véritable culte : les cérémonies des funérailles ne sont plus que touchantes ; jadis elles ont donné lieu à des actes violents de désespoir et même de rage, auxquels le gouvernement crut devoir remédier par une ordonnance que M. Depping nous a conservée dans son Histoire générale d’Espagne : j’en citerai quelques lignes.


"Comme il existe en ce pays un usage indécent de pousser des cris immodérés à la mort d’une personne, et de troubler par toute sorte d’actions violentes la cérémonie des funérailles ; nous ordonnons et établissons pour loi, qu’il sera dorénavant défendu de faire entendre, à la mort d’une personne quelconque, des lamentations désordonnées ; de s’arracher les cheveux, de se meurtrir la chair, de se blesser à la tête, et de prendre le deuil de bure, sous peine d'une amende de, etc., etc."





pays basque autrefois mort funérailles
FEMME EN DEUIL MUSEE DE LOURDES
PAYS BASQUE D'ANTAN



Je pars demain pour continuer mon voyage dans le département des Basses-Pyrénées ; mais avant de quitter ce doux pays, je dirai quelques mots d'Ustaritz, véritable capitale du pays basque, où tout voyageur qui n'a pas de patrie doit être tenté de s’en choisir une."



(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)




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vendredi 5 avril 2019

UNE PARTIE DE PELOTE BASQUE AUX ALDUDES EN BASSE-NAVARRE EN 1793 AU PAYS BASQUE SOUS LA TERREUR


PARTIE DE PELOTE HISTORIQUE DE 1793 AUX ALDUDES AVEC PERKAIN.


En l'an I de la République, en 1793, un défi de pelote est lancé par Curutchet, célèbre joueur de pelote, et Perkain, autre célèbre joueur de pelote de l'époque, qui s'était exilé à Elizondo, en Navarre, vint aux Aldudes relever ce défi.

mardi 7 novembre 2017

LE PELOTARI PERKAIN DES ALDUDES EN BASSE- NAVARRE EN 1793 AU PAYS BASQUE AUTREFOIS


LE PELOTARI DES ALDUDES PERKAIN.

Parmi les pelotari célèbres, figurent en très bonne place cet homme originaire des Aldudes, en Basse-Navarre.