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vendredi 6 février 2026

L'OPÉRA "PERKAIN" DES ALDUDES EN BASSE-NAVARRE AU PAYS BASQUE EN 1934

L'OPÉRA "PERKAIN" EN 1934.


Perkain est un drame lyrique en 3 actes, d'après Pierre Harispe, sur un livret de Pierre-Barthélemy Gheusi, une musique de Jean Poueigh, mis en scène par Pierre Chéreau et représenté pour la première fois à l'Opéra National de Paris-Palais Garnier, le 25 janvier 1934.



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OPERA PERKAIN
LE JOURNAL 28 JANVIER 1934


La chorégraphie est de Léo Staats et les décors et les costumes sont de Ramiro Arrue.


Le chef d'orchestre est François Ruhlmann.


Les acteurs et chanteurs sont : Marthe Nespoulos (Gatchucha), Renée Mahé (Mayaléna), Bachillat (Karméla), Popova (la Gitane), Hamy (une Bergère), Martial Singher (Perkain), de Trevi (le Commissaire de la Convention), Etcheverry (Dominique Iharour), Fabert (Kurutchet-le-Gaucher), Gilles (le Barde), Le Clezio (le Catalan), De Leu (l'Officier), Cambon (le Chevrier), Madlen (Le Crieur de jeu), Morales, Goube, Duprez et le Corps de Ballet.



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CHANTEUSE OPERA MARTHE NESPOULOS


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CHANTEUR OPERA MARTIAL SINGHER



Voici ce que rapporta à ce sujet Maurice Bex dans le quotidien L'Intransigeant, le 18 janvier 1934 :



"La vie du théâtre.

A propos d'une création.

Folklore à l'Opéra.



Le nouvel ouvrage que l'Opéra va représenter dans quelques jours, offre la particularité rarissime, et d'autant plus appréciable, d'avoir été construit avec des matériaux ennoblis par le temps.



Deux Français du Sud-Ouest, deux Toulousains racés : P.-B. Gheusi et Jean Poueigh, les ont empruntés au terroir basque dont ils ont pris la peine de sonder longuement les secrets.



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P.-B. GHEUSI


Poueigh, m'a dit Gheusi, n'est pas seulement le compositeur admiré, de Fünn ou de Frivolant, c'est le chercheur infatigable qui a recueilli des centaines et des centaines de chansons populaires des Pyrénées françaises en parcourant Béarn, Bigorre, Haut-Comminges, Couserans, Andorre, Cerdagne et Roussillon, de quoi remplir huit in-quarto de documents d'une valeur inappréciable.



"Fallait-il laisser un tel trésor dans l'ombre des bibliothèques ou bien utiliser ces richesses millénaires pour vivifier une oeuvre nouvelle ? J'ai préféré la seconde solution et il m'a suffi de puiser dans l'histoire des Basques pour fournir à Jean Poueigh ample motif à nourrir sa musique de l'essence même des thèmes vénérables."



Ce qu'un Grieg a fait pour le service de l'art nordique, ce qu'un Smetana a entrepris, en faveur de la musique tchèque, le compositeur de Perkain l'a tenté au profit d'une des plus authentiques veines du génie français.



Contrairement à ce qui se passe d'ordinaire, certains passages du poème Perkain ont été établis, syllabe à syllabe, sur les notes de telle mélodie fixée depuis des siècles.



Conçu dans cet esprit, Perkain, drame lyrique, devait prendre l'aspect d'un opéra-ballet, non pas d'un opéra mêlé de danses artificiellement, comme ceux de Rameau, mais un opéra dans lequel la danse ferait naturellement partie intégrante de l'action proprement dite.



Comment célébrer les moeurs des sept provinces dont l'Eskual Herria chante l'union, sans qu'interviennent spontanément : fandango, saut basque, danse du verre, zortziko, avec ses cinq temps caractéristiques, et tous ces pas : entrechats, tricotages de pieds, évolutions, sauteries, voltes et virevoltes, que vante cet autre spécialiste du folklore basque, Pierre Harispe, et que déclenche le signal strident du flageolet rustique à cinq trous, le chirula, signal rythmé par le battement exécuté de la main droite par le joueur de flûte, lui-même, sur le petit tambour à cordes, le ttun-ttun, qu'il porte en bandoulière (ce qui vient de la flûte retourné au tambour) ; oui, comment évoquer l'âme de "ce petit peuple qui danse, au haut des Pyrénées", pour reprendre l'expression citée par Onésime Reclus, sans faire alterner l'appel rauque des montagnards, l'irrintzina, et les ébats des pimpirinak, des "papillons" du Labourd, auxquels leur agilité autant que les couleurs sémillantes de leurs vêtements ont mérité ce sobriquet flatteur ?


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CHIROULA ET TAMBOURIN
DESSIN DE RENE BAUDICHON


Avant que Perkain ne soit représenté, on s'aperçoit que les fées de Bigorre veillent sur lui ; le héros national qui, au gré de sa renommée "sportive", lutta victorieusement contre les Mandrins à la solde de la Convention d'Ustaritz, a dans son jeu des atouts inattendus. Il sera servi par des amis éprouvés de longue date. Le rôle du vieux sacristain Dominique ne sera-t-il pas tenu par Etcheverry, originaire de Sare, et celui du contrebandier catalan, le pêcheur de truites, qui protège du second acte la fuite du pelotari ? n'est-il pas un enfant de la Bigorre ?



Quant au protagoniste, ce sera le baryton Singher, citoyen de Biarritz.



Lorsque le moment fut venu de faire déchiffrer, à Singher la vocalise compliquée que Perkain chante en coulisse : "Hiao iay hou hi", on mit l'artiste en garde contre les difficultés de cette formule séculaire. Mais il eut vite fait de rassurer ses guides :


N'est-ce que cela ? leur dit-il. Je puis vous la chanter d'emblée et par coeur : je l'ai apprise dans ma tendre enfance en écoutant les montagnards de chez nous. —




(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France et Gheusi dans son cabinet de travail de l'Opéra-Comique | Bru Zane Mediabase)




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lundi 1 juillet 2024

DANSES SUR LA GRAND'PLACE À HENDAYE EN LABOURD AU PAYS BASQUE EN AOÛT 1929

DANSES À HENDAYE EN AOÛT 1929.


Dans les années 1920, les danses en plein air sont des activités très importantes.




labourd autrefois pays basque 1929
COUCHER DE SOLEIL HENDAYE 1929
PAYS BASQUE D'ANTAN


Voici ce que rapporta à ce sujet le quotidien L'Intransigeant, le 1er septembre 1929, sous la plume 

d'Henry Musnik :



"Réjouissances au pays basque.

Hendayeaoût 1929 (de notre envoyé spécial). 



— Il y a eu une petite pause de quelques minutes après le Toro de Fuego. Le temps de se remettre de ses émotions. Mais voici déjà que l’orchestre entame quelques notes vives : 

"— Fandango !... Fandango !..." 



Ce n’est qu’un cri sur toute la place. Des cercles se forment. Les spectateurs accompagnent la cadence de leurs claquements de mains. Les danseuses et danseurs claquent des doigts, le pouce contre le majeur. Et des castagnettes ont surgi aux mains de deux musiciens. 


Comme c’est entraînant !... 



pays basque autrefois labourd musique kiosque
KIOSQUE A MUSIQUE HENDAYE
PAYS BASQUE D'ANTAN


Ces hommes qui, tout à l’heure encore, déambulaient de-ci, de-là, démarche spéciale de montagnards, jambe demi-pliée, sont devenus d’un seul coup des miracles de légèreté et de grâce. 



Vous ne pouvez imaginer — non, vous ne pouvez pas... — ce que cette vision sur une place basque, au milieu de la foule enfiévrée, de gars et de filles qui tournent, sautent, agitent les pieds chaussés d’espargates blanches, comme d’ailes, en des bonds de parfois 50 centimètres de haut, sans perdre le rythme, un seul instant, est prenante. 





labourd autrefois pays basque 1929 danse
DANSE DU FANDANGO
PAYS BASQUE D'ANTAN



Voir danser le fandango sur la place par le peuple, voir les jeunes filles offrir avec une suprême volupté qui n’appartient qu’aux reines, leurs épaules, leur poitrine, leurs hanches, tout en restant chastes, voir les grands diables en blouse noire et à la boina (béret) rejeté sur la nuque, agiter leurs bras, tourbillonner, se jeter de côté, s’incliner de biais en des poses défiant tout équilibre et reprendre la mesure à la seconde même où ils l’ont quittée... 



Ne me parlez plus des acrobaties du charleston et autres block-bottom ! Tenez... Dans un coin de la place, j’ai vu deux couples — des Parisiens sans doute — qui dansaient une sorte de fox-blue, sur l’air du fandango. Ils croyaient "épater" les populations. Mais personne ne les regardait, les pôvres !... Et si j’ai haussé les épaules, c’est parce que je vous jure, je voulais dissimuler le soupir de pitié qui les aurait encore plus froissés s’ils l’avaient surpris. 



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PLACE DU MARCHE ET EGLISE HENDAYE
PAYS BASQUE D'ANTAN


Le fandango dura un bon quart d’heure... Infatigables, ces Basques !... Quand on croyait que la mesure allait finir, hop ! une nouvelle phase surgissait et les danseurs tournoyaient de plus belle. Ce furent les musiciens qui, en fin de compte, demandèrent grâce les premiers. Et quand tout s’arrêta, quelle salve d’applaudissements !... Nourris... Sincères... Chaleureux... Les spectateurs remerciaient les danseurs de leur avoir procuré ce merveilleux spectacle. Les danseurs remerciaient les musiciens. Les musiciens remerciaient la foule. Chaîne sans fin qui, dans ce pays, attache les cœurs les uns aux autres. 



Le temps d’empoigner une gourde de peau de bouc, de jeter la tête en arrière et de faire jaillir un filet d’eau qui s’enfonce dans la gorge avec un joyeux glou glou, les danseurs étalent de nouveau sollicités. Une rafale d’instruments... Les groupes sont formés. 



labourd autrefois pays basque 1929 danse
BUVEUR AU CHAHAKOA
ILLUSTRATEUR F HUYGENS



Mais ce n’est plus la même danse. Celle-ci tient presque du sport. Son nom, je vous l’ai dit, signifie "Léger-Léger". Des pointes, comme les danseuses d’Opéra, des sauts comme les Russes, des... mais je suis en train de profaner l’arin-arin. Non. Ce n’est pas tout cela. Ce n’est qu’une seule chose. C'est l'arin-arin, inimitable et inégalé. La musique joue le même air, revenant sans cesse, mais de plus vite en plus vite. Les danseuses et danseurs s’encouragent mutuellement des yeux, du sourire, de la voix, du geste. Les respirations deviennent haletantes. La musique est affolée. Les pieds s’agitent si vite qu’on ne les reconnaît plus. Parole !... On ne peut plus les suivre des yeux. On croit toujours voir ceux du précédent ou du suivant. Les danseurs passent comme des chevreaux. Les danseuses sont des cabrettes. 



Dans la foule, ce sont des réflexions sans fin. Les vieux, dont le menton, qui fut jadis en pointe et qui, aujourd’hui, se relève comme un sabot, approuvent de leur bouche édentée et se tournent vers la petite vieille à la coiffe noire qui sourit, accrochée à leur bras :



labourd autrefois pays basque 1929 danse
VIEUX BASQUE
ILLUSTRATEUR G GOBO


 "— Te rappelles-tu ?..." 



Mystère de la langue basque dont les origines se perdent dans la nuit des temps... Mots faits de sonorités voilées... 



Un dernier sursaut du cornet à piston a évité le couac imminent. La foule pousse un cri vibrant. L’arin-arin est terminé. 



Les couples se quittent. Pas un seul moment, ils n’ont été enlacés. Les danses basques sont individuelles. La jeune fille remercie son danseur qui incline la tête. Je reste frappé devant cette courtoisie atavique, millénaire, qui a toujours subsisté dans les provinces et que l'on rechercherait vainement, à Paris, au dancing, chez les jeunes gens qui se proclament modernes... 



Peu à peu, la place se vide... Les seuls tête-à-tête qui se préparent sont ceux des promis et des fiancés. Ils descendent lentement vers le vieux port et là, sur la place ronde, face à Fontarabie, dont on voit quelques lumières piqueter l’es pace et se refléter en tremblotant dans la Bidassoa, ils iront s’asseoir, offrant leur visage à la brise du large pendant que, tout au bout de la pointe des rochers, en Espagne, tourne lentement le feu du phare du Cap Figuier..."






(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)



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samedi 27 août 2022

LES "MIRAGES BASQUES" EN 1931

LES "MIRAGES BASQUES" EN 1931.


En 1931, le Pays Basque, grâce à son authenticité est à la mode.



pays basque autrefois film cinéma
FILM AU PAYS DES BASQUES 1932
DE MAURICE CHAMPREUX



Voici ce que rapporta à ce sujet le journal L'Intransigeant, le 28 février 1931, sous la plume 

d'André Geiger :



"Les mirages basques.



Le pays basque a conquis même le cinéma. Mais cette sorte de renouveau d’actualité inspire mal, à mon avis, certains commentateurs. 



pays basque autrefois film cinéma
FILM GACHUCHA 1923



Il ne faudrait pas travestir les Basques et, parce qu’ils ont inspiré un chef-d’œuvre du roman, en faire des espèces de personnages d’opéra-comique. Je lisais dans un article : "Les Basques ? tous contrebandiers, danseurs de fandango et pelotaris." Et voilà ! 



La contrebande existait, existe, certes (dans les arrondissements de Bayonne et de Mauléon, mais aux villages-frontière, qui n’en sont qu’une infime partie). Et cela n’est pas spécial à la région du Sud-Ouest. Les Basques sont d’honnêtes gens et non pas des fraudeurs. Cambo n’est pas Chicago.



Danseurs de la jolie danse où le cavalier et la cavalière se font face, se frôlent sans se toucher, haut les mains (c’est prudent peut-être en climat méridional...), et ces mains claquantes comme des castagnettes, oui, danseurs du fandango et de l'arin-arin, qui en précipite la cadence, mais ces danses-là, on les pratique surtout du côté de l’Espagne et de Saint-Jean-de-Luz. Les curés basques n’aiment pas beaucoup la danse. Et l’on ne danse, au pays basque, ni moins, ni plus qu’ailleurs. Les jours de fêtes locales surtout. 



pays basque autrefois danse fandango
DANSE FANDANGO ST-JEAN-DE-LUZ
PAYS BASQUE D'ANTAN



Pelotaris, joueurs de pelote. Ceci est plus vrai. Tout le monde sait que chaque village possède son haut mur, blanc, ocré ou rose, son "fronton", et, parfois, son "trinquet" (jeu de paume couvert, vitré), et qu’il n’y a pas un Basque qui ne sache lancer la balle "à main nue", "à chistera", à gant de cuir ou avec la palette de bois (ceci pour les vieux jeux archaïques). 



Mais les Basques — et cela vaut mieux pour la France et pour leurs sept provinces qui n’en font qu’une ("zazpiak bat", "sept un") — sont surtout des cultivateurs, des vignerons, des marins pêcheurs.


pays basque autrefois zapiak bat 7 provinces
ZAZPIAK BAT
PAYS BASQUE D'ANTAN

Cultivateurs ou plutôt "laboureurs", comme ils disent, ayant de beaux champs de froment et de maïs — le maïs dont on fait la mêture (mestoura), la lourde galette nourrissante, exquise avec du jambon ou du lait — ayant de belles prairies où les grands bœufs couleur d’épi et les petites vaches blanches et noires se reposent du joug ou de la traite, ayant des bois trop clairsemés, hélas ! où vagabondent les porcelets roses, et des landes où les "brebis" vont en bandes arrondies. 



Vignerons, car la vigne croît un peu partout sur cette terre accidentée, collineuse, ravinée, et le cru d’Irouléguy est célèbre, et les vins de Saint-Pée-sur-Nivelle, de Saint-Jean-le-Vieux ne lui cèdent pas de beaucoup. 



Enfin, de l’Adour à la Bidassoa, les pêcheurs basques (thon, maquereau, sardine) restent les héritiers de ces vaillants pêcheurs de baleines, dont on verra, à l’Exposition Coloniale, les archives historiques traditionnellement conservées à Saint-Jean-de-Luz, qui forme, avec Ciboure et Socoa, un grand centre de pêche, industriel, commercial.



Est-ce que, pour travailler, accomplir autre chose que de la contrebande, des danses, des jeux, le Basque et la Basquaise perdent leur poésie ? Ah ! pas du tout. Les thèmes de la vie y atteignent la suprême beauté. 



pays basque autrefois culture poème
POEME BASQUE



L'Eglise, blanche au milieu des cyprès du cimetière, où les "discoïdales", lourdes hosties de pierre, désignent les sépultures les plus anciennes, l’église où les cantiques, les prédications en basque s’éternisent et résonnent de l’autel, surchargé de dorures, aux galeries pleines d’hommes qui semblent soudain si bizarres... parce qu’ils ont retiré leur béret.



pays basque autrefois cimetiere morts
AU CIMETIERE
PAR JACQUES LE TANNEUR


Le Marché ("de quinzaine", en général), au bourg, à la ville proche, avec son fouillis pittoresque, avec ses palabres, ses longues séances d’affaires ou de moasch (espèce de jeu de cartes aux allures de poker, fertile en ruses et en embûches), avec l’Auberge, un des pôles de la vie basque et qui mérite d’inspirer les dessinateurs avec ses clairs-obscurs. En Espagne, la "cidrerie" avec ses barriques. 


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A L'AUBERGE PAR PABLO TILLAC


La Maison, surtout. Elle est l’âme du pays basque. Elle est son amour, son "idéal", comme on chante. Elle règne sur ce peuple, elle cimente la famille, elle résiste à tout, même parfois — en dépit du Code napoléonien — aux partages et aux gens de loi, ce qui n’est pas peu dire. Elle lui donne même, souvent, son nom. Etche-a, la maison, se retrouve dans : Etcheverry, Goyenetche, etc. 



Toutes ces sources profondes de poésie demeurent intarissables."



(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)




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vendredi 18 mars 2022

LE FILM "AU PAYS DES BASQUES" EN 1930

LE FILM "AU PAYS DES BASQUES" EN 1930.


En 1930, Maurice Champreux, réalisateur français, tourne au Pays Basque un documentaire, en noir et blanc, de 53 minutes.




cinema film pays basque
AFFICHE FILM "AU PAYS DES BASQUES" 1930
PAYS BASQUE D'ANTAN



Voici ce que rapporta à ce sujet le journal L'Intransigeant, le 4 janvier 1931, sous la plume de 

Raymond de Nys :



"L’Euskualleria à l'écran sonore.



Confronté hier avec lui-même, devant un écran, où, seule vedette du film, il pouvait se regarder, vivre, jouer et danser et s’entendre, parler et chanter, le pays basque a trouvé très bonne son image qui le montre d’ailleurs tel qu’il est vraiment : une des dernières réserves de poésie, selon le mot de Pierre Loti. 



pays basque avant film paysan
PHOTO FILM "AU PAYS DES BASQUES" 1930
PAYS BASQUE D'ANTAN


Le pittoresque de l’Euskualleria, son âpre et indiscutable originalité, la sonorité de sa langue, ses mœurs primitives, la grâce de ses jeux, la noblesse de ses traditions, tout cela, qui a été maintes fois décrit par tous les artistes de la littérature ou du pinceau, devait tenter les réalisateurs de l’écran. MM. Faugère et Tabuteau, de la maison Gaumont, brillamment aidés par M. Champreux, gendre du regretté Louis Feuillade, n’ont eu, pour tourner le premier documentaire parlant qu’ait inspiré une province française, qu’à suivre page à page un très beau livre de Gaëtan Bernoville, illustré par son frère, Inigo : Le Pays des Basques... 



pays basque autrefois livre
LIVRE LE PAYS DES BASQUES
PAR GAETAN BERNOVILLE


... Et qu’à parcourir les sept provinces du pays basque : Quatre espagnoles Guipuzcoa, Biscaye, Navarre, Alaba ; et trois françaises : Labourd, Basse-Navarre et Soule. "Opulence de Saint-Sébastien, farouche ferveur de Tolosa, douceur de Vera, fierté d’Hernani, rire épanoui de Pasajes au long des eaux, sourire mystique d’Oyarzun, panache de Pampelune, splendeur du col de Velate, villes et villages armoriés, colorés, retentissants et chauds", pays de Cize, d’Ostabaret, d’Arberoue, de Mixe... 



cinema film pays basque
AFFICHE FILM "AU PAYS DES BASQUES" 1930
PAYS BASQUE D'ANTAN


Le Basque naît contrebandier, pelotari et danseur. 



D’authentiques trafiquants d’alcool, qui, le col courbé sous un lourd bidon de métal, passent la frontière aux points les plus inaccessibles, mais aussi les moins encombrés de douaniers, ont servi d’acteurs pour les scènes, sans nul chiqué, que l’écran vous montrera. Je ne dirai pas dans quel secteur au juste ces braves gens, qui sont aussi des gens braves, m’ont raconté de merveilleuses aventures où les gabelous n’avaient pas toujours le mauvais rôle ; c’est là que l’objectif les a saisis, en pleine action. 


pays basque autrefois film paysan
PHOTO FILM "AU PAYS DES BASQUES" 1930
PAYS BASQUE D'ANTAN

Au fronton d’Ascain -— où s’essaya Loti lorsqu’il écrivait Ramuntcho — le film montre les émules de Chiquito de Cambo, dont chaque village compte bien une douzaine au moins. 



Dans une pelouse toute proche de Mauléon, capitale de la Soule, vous les verrez s’amuser, tout un dimanche, de dix heures du matin à six heures du soir, au spectacle d’une pastorale, naïve comme un mystère du moyen âge, qui présente à sa manière l’histoire de Napoléon. Il y a plusieurs raisons de ne pas chercher à traduire ces pastorales basques- ; d’abord, elles ne sont pas très littéraires ni spirituelles, et enfin, elles sont d’une verdeur de langage qui fait que seul le latin — bravant en ses mots l’honnêteté -— pourrait en permettre la transposition. 



Mais c’est surtout la vie ordinaire des Basques qui vous intéressera, leur vie patriarcale, leurs travaux des champs et des bois, leurs réunions joyeuses du dimanche pour lesquelles on dresse, devant les portes, de longues tables où les femmes viennent servir les hommes seuls attablés en vestes noires, ouvertes sur la chemise blanche empesée qu’aucune cravate ne décore. 



Dès que la soupière apparaît, les chansons commencent, scandées par un accordéon. Elles ne tariront plus désormais jusqu’au soir. Il y en a d’émouvantes et rudes, mais la plupart font rire au passage les serveuses qui n’auront de vraie part à la fête qu’au moment de danser. Le chant mélodieux ne s’arrête pour ainsi dire pas. Il est tour à tour berceuse, tyrolienne ou chanson bachique. Il exalte la montagne, l’air, l’amour, la liberté :


Chorinoak kayolan 

triterik du kantatzen 

Dialarikan zer yan, zes edan

Kampoa desiratzen

Zeren... zeren... zeren... 

Libertatea zoin eder den.


(L’oiseau dans la cage — chante tristement. — Bien qu’il ait de quoi manger, de quoi boire — il désire le dehors — parce que... parce que... parce que... — combien est belle la liberté...). 



Sous la grange, un peu plus tard, les danseurs et les danseuses de fandango ou d’arin-arin s’en donneront à cœur joie, à jambes que veux-tu, sans sourire, sans jeux de physionomie, et sans pitié, non plus pour le joueur de flûte à trois trous (ou chirula) ou de ttun-ttun, tambourin à cordes qu’on appelle ailleurs tambour basque



pays basque autrefois danse fandango
PHOTO FILM "AU PAYS DES BASQUES" 1930
PAYS BASQUE D'ANTAN


L’ensemble est sans fadeur, sans monotonie ; il est plein de mouvement et même, bien que tout simplement noir et blanc comme les autres films, tout imprégné de couleurs et de sons. Il est un document véridique et une belle réussite en art."


(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)




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mercredi 24 mars 2021

UN SANDALIER BASQUE EN 1933

UN SANDALIER BASQUE EN 1933.


En 1933, il est constaté au Pays Basque Nord une forte diminution du nombre de fabricants de sandales.





pays basque autrefois sandales
SANDALIER A MAULEON
PAYS BASQUE D'ANTAN



Voici ce que rapporta à ce sujet le journal L'Intransigeant, le 29 août 1933, sous la plume de 

Suzanne Balitrand :



"Les métiers qui meurent.



Le sandalier Basque.



Soleil torride. On ne sait plus où passer dans la petite rue qui semble fondre sous la jaune lumière. 



Dans un coin qui fut, ce matin, à l’ombre, un homme est installé, assis sur un siège bas et semblant porter, sur ses genoux, une sorte de pupitre. 



pays basque autrefois sandales
SANDALIER
DESSIN DE LE TANNEUR



A mouvements mesurés, réguliers, l'homme tire une aiguille énorme enfilée d'une solide cordelette — une aiguille semblable à celles dont usent les matelassières. 



L’homme a si chaud que la sueur qui perle à son front ne tombe pas le long de ses joues brunes, pompée qu'elle est tout de suite par l'ardent soleil. 



Le travail presse : il ne s’agit pas de se reposer sous prétexte qu’il fait chaud. Et puis, le sandalier basque a l’habitude d'affronter des rayons aussi brûlants. 



Durant l'hiver, le sandalier a bien préparé ses modestes stocks pour la vente d’été ; mais on réclame, ici, de la sandale sur mesure et les commandes urgentes ne se refusent pas. 



Pour en avoir la forme et l’aspect général, la sandale basque ne peut être confondue avec cette chaussure commune qu’on nomme espadrille



La semelle de corde, le dessus de toile basque blanche ou rayée de vert, de rouge, de jaune, ont un je ne sais quoi de plus distingué, de plus fin, que la vulgaire espadrille. De plus solide aussi, puisque ces sandales résistent à de multiples fandangos et que le joueur de pelote peut assurer une rude partie sans risque de voir son orteil crever toile et corde. Et c'est pour que la chaussure légère et qui permet de courir, de bondir, comme le savent faire les Basques, prenne bien le pied, épouse étroitement la cheville, que joueurs de pelote et danseurs de fandango la commandent sur mesure.


 

pays basque autrefois danses fandango
FANDANGO
DESSIN DE LE TANNEUR


pays basque autrefois pelote chistera
PARTIE DE CHISTERA
DESSIN DE LE TANNEUR



Ah ! n’allez pas croire que le prix en soit élevé : 7 francs. A ce taux-là, évidemment, le sandalier ne fait pas fortune. 



Celui qui a consenti à lever la tête — sans cesser de tirer l'aiguille — pour répondre à nos questions est très habile : depuis plus de trente ans il fait de la sandale. Cependant, il avoue qu’en travaillant tout une journée, depuis le petit jour jusqu'à l’heure où le soleil plonge dans les flots, un bon ouvrier ne peut guère dépasser sa "pièce de vingt francs". Encore ne compte-t-il pas toujours le temps que la femme ou la fille est venue lui donner pour coudre le dessus de la sandale. 



On comprend, dès lors, que la jeune génération ne se montre pas enthousiaste à embrasser telle profession. 



Le sandalier de Saint-Jean-de-Luz, qui a appris le métier de son père, lequel l’avait appris de son grand-père, tient une minuscule boutique où il vend, non seulement les sandales confectionnées par lui et les deux ou trois ouvriers — les seuls aujourd’hui — qu’il fait travailler dans le pays, mais aussi des galoches, des chaussons qu’il achète. Sans cet appoint, il ne ferait pas ses frais. 



En outre, comme le métier ne peut occuper son homme toute l’année durant, et que le Basque est vaillant, notre sandalier dès qu'il eut ses dix-huit ans, apprit la profession de boulanger. 



C'est le cumul, ici aussi... 



Et pourtant, en dépit de ces possibilités, on ne trouve plus à faire d’apprentis sandaliers. 



Saint-Jean-de-Luz n’en compte plus de quatre ou cinq. Ciboure guère davantage et dans la montagne, leur nombre aussi diminue. 



Demain, il n’y aura plus de sandaliers dans le pays basque français. Demain les brillants danseurs de fandango et les bondissants joueurs de pelote devront se chausser d’espadrilles fabriquées en série. Pourront-ils s'en contenter ? 



Il est vrai qu’en pays basque espagnol, il y a encore des sandaliers..."



(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)




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jeudi 19 décembre 2019

L'IMPOPULARITÉ DU BOXEUR PAULINO UZCUDUN AU PAYS BASQUE SUD EN SEPTEMBRE 1928


PAULINO UZCUDUN IMPOPULAIRE AU PAYS BASQUE EN 1928.


En juillet 1928, Paulino Uzcudun remporte le titre Européen de boxe pour la seconde fois.

mardi 25 juin 2019

LE "TORO DE FUEGO" À HENDAYE-HENDAIA EN LABOURD AU PAYS BASQUE EN AOÛT 1929


LE "TORO DE FUEGO" À HENDAYE EN 1929.


La coutume du "toro de fuego" est très ancienne au Pays Basque.

mardi 29 janvier 2019

LA MASCARADE EN SOULE AU PAYS BASQUE EN AOÛT 1928