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jeudi 5 février 2026

UN GRAND MATCH DE BOXE AUX ARÈNES DE BAYONNE EN LABOURD AU PAYS BASQUE : PAOLINO CONTRE FRANCK GODDARD EN SEPTEMBRE 1924

UN MATCH DE BOXE À BAYONNE EN 1924.


En septembre 1924, a lieu, dans les arènes de Bayonne, un match de boxe entre le boxeur Basque Paolino Uzcudun et le britannique Frank Goddard.




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MATCH DE BOXE PAOLINO-UZCUDUN
BAYONNE SEPTEMBRE 1924




Voici ce que rapporta Gaston Bénac dans le quotidien local la Gazette de Bayonne et du Pays 

Basque, le 8 septembre 1924 :



"Le Grand Match de Boxe des Arènes de Bayonne.

Le Basque Paolino écrase le Champion d'Angleterre par sa puissance et par sa vitesse supérieure.

Franck Goddard est fort mécontent.



Paolino le Basque fougueux, puissant et très athlétique, a eu raison du Champion d'Angleterre Franck Goddard par sa plus grande vitesse, par sa plus grande combativité. Le combat s'est déroulé ainsi que je l'avais prévu ici même. Goddard plus grand, plus scientifique aussi tenta d'éloigner avec son gauche le "taureau du Guipuzcoa", lorsque ce dernier commit la faute, j'allais écrire la faute de se coller au corps de l'anglais, Goddard manifesta un net avantage. Mais dans le combat de loin, le Champion de toutes les Angleterres n'avait rien à faire contre cette fougueuse et puissante machine à frapper qu'est le bûcheron de Regil. C'est l'"athlète" qui a triomphé du "boxeur", ce sont les qualités naturelles de l'homme des forêts du Guipuzcoa qui l'ont emporté dans ce sport violent, mais fait de résultats tangibles qu'est la boxe des poids lourds.


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PAOLINO UZCUDUN
BOXEUR BASQUE
PAYS BASQUE D'ANTAN


On dira, et Franck Goddard, la figure balafrée, m'a dit ce matin encore :

"Paolino frappe fort mais il ne sait pas boxer".



Sans doute, et cela je le sais depuis longtemps, mais si Paolino était scientifique, il serait champion du monde, car Dempsey mis à part, il n'existe nul poids lourd réunissant les qualités suivantes : vitesse, science, puissance, faculté d'encaisser des coups très durs. De ces quatre qualités, Paolino en réunit trois. C'est déjà fort joli. La science viendra ou ne viendra pas. Qu'importe ! le bûcheron de Regil est un combattant extraordinaire, car à ses qualités naturelles il joint un coeur admirable, un allant, une volonté de vaincre formidable.



A mon sens, il ne manque à Paolino, comme je le disais d'ailleurs ici même il y a trois jours, qu'une seule chose : l'appréciation de la distance. Cela il ne pourra l'acquérir qu'en combattant souvent. Mais, et ici je m'adresse à son manager, qu'on n'impose pas encore à Paolino des combats de longue distance.



Il est trop combatif et trop fougueux pour se réserver, et il ne tient pas la distance. Il est trop jeune dans le métier pour faire des 15 rounds ; qu'on limite ses efforts à 8 ou 10 rounds au maximum.



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BOXEUR PAULINO UZCUDUN


Un gros succès pour la boxe régionale.



Malgré le temps incertain, malgré la pluie qui fit sa fâcheuse apparition au moment où résonnait le gong annonçant le dernier combat, la réunion obtint un très gros succès. Huit mille spectateurs pour une réunion de boxe à Bayonne, qui eut pu prévoir cela il y a quelques mois ? Paolino a pour une large part contribué à amener des milliers d'adeptes au sport pugilistique. Aux organisateurs de conserver cette clientèle, aux professeurs de boxe et de culture physique, au sympathique professeur Raucoules qui dispose de l'admirable de la Villa Hélianthe, à Halcet de former de nombreux élèves. Le Basque se montrera aussi brillant dans les sports de combat que dans les sports de souplesse et d'adresse. Il a toutes les qualités pour faire un excellent combattant.



Des autos, des auto-cars, les trains avaient amenés à Bayonne des centaines et des centaines de basques espagnols curieux de voir aux prises leur compatriote avec le Champion d'Angleterre. Paolino, heureux et souriant passait au travers des rangs et des gradins, serrant des mains, remerciant des témoignages de sympathie, des encouragements. Goddard était arrivé dans la voiture de M. Roger Bal, le décorateur parisien bien connu. 



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ROGER  BAL DECORATEUR



Le Marquis d'Arcangues prenait place à la présidence, entouré de M. Labrouche, du sous-préfet, tandis qu'un nuage crevait sur les arènes et que la musique scandait les notes de l'hymne national espagnol. On remarquait dans les loges et dans le ring : le grand comique Maurice Chevalier, sa charmante partenaire Yvonne Vallée ; des sportsmen de partout : Fernand Forgues, Leplie, Solal, Sools, Dr Gutierrez, Maumus, Pallassie, etc... M. Berretrot remplissait l'office de speaker. Henry Bernstein arbitrait, et Fernand Estrade et le signataire de ces lignes furent simplement réquisitionnés comme juges par les organisateurs. C'est Semmartin qui chronométrait.



Au début on vit un Deschamps peu combatif et que j'aurais, en ce qui me concerne, disqualifié dès le premier round, se laisser dominer par Noël Bosq. N'insistons pas. Les deux suivants : Pierre Bosq et Mangeot disputèrent un combat superbe sous la pluie continuelle, sur une véritable patinoire. Le combat était commencé, on ne pouvait l'arrêter. Pierre Bosq se montra plus précis, Mangeot plus puissant, le match nul tout indiqué donna satisfaction à tous.



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BÛCHERON BOXEUR UZCUDUN PAULINO


Visions de combat.



Frank Goddard, grand, athlétiquement bâti, flegmatique, fut accueilli par quelques applaudissements courtois. Ses narines, deux trous énormes, dilatées, semblaient humer l'air, ses yeux ronds regardaient autour de l'arène, hébétés.



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BOXEUR FRANK GODDARD



Avec l'arrivée de Paolino qui sauta légèrement sur le ring, ce fut l'ovation prévue.



Le taureau basque tenta de déborder son adversaire, ce dernier calculait la distance, ripostait par des crochets très courts. Paolino dansait, fonçait, lançait ses poings énormes ; les yeux en boule de loto de Goddard s'ouvrirent davantage, toujours plus surpris. Ce n'était plus le regard du bovidé qui regarde passer un train, mais celui de la bête inquiète, forcée, se défendant pour la vie devant sa tanière.



Bientôt Goddard avait la face en sang, bientôt il allait à terre.



L'affaire était dès lors résolue. Paolino frappait plus fort, encaissait mieux et était plus rapide que son rival figé dans son immobilité.



Le jeu de jambes était, comme je l'avais prévu, bien supérieur chez le Basque. La tactique de Paolino aux 4e et 5e rounds, tactique folle que lui imposa sa fougue, tactique qui consistait à se coller au corps de l'anglais, permit à ce dernier de durer deux rounds de plus. Mais l'irrémédiable survint au 6e round, Goddard mitraillé, massacré, alla deux fois à terre et il était knock-out debout lorsque Bernstein arrêta fort sagement le combat. Il y avait danger en effet à laisser massacrer plus longtemps un homme qui, les bras brisés, complètement éteint, ne se défendait plus. Vision pénible que celle du courageux anglais, ensanglanté, fini, croulant au sol. Seules, des lueurs d'énergie vivaient encore en lui...



Et Maurice Prunier et Romerio terminaient cette belle réunion de boxe par un combat admirable de science et de combativité. Romerio qui était poids lourd et qui fait en ce moment les poids légers ayant perdu 21 kilos — fait sans précédent — en un an et demi, se montra très vite, très précis mais il fut dominé par la suite par la puissance de Prunier.



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BOXEUR PAULINO UZCUDUN
PAYS BASQUE D'ANTAN


Frank Goddard ne s'incline pas.



Tandis que Paolino, les yeux tuméfiés, mais heureux, s'enfuyait fêter sa victoire à Saint-Sébastien, escorté de très nombreux amis, Frank Goddard me disait son mécontentement :


— Je ne suis pas battu régulièrement car l'arbitre a toléré les coups de tête incessants de Paolino. Le match a été mal arbitré. Je veux rencontrer à nouveau le Basque, mais cette fois avec un enjeu personnel de 200 livres. Mais je ne veux plus combattre ici. Paolino y est trop populaire. Ce match devrait se disputer à Paris.


— Que pensez-vous de Paolino ?


— Il frappe fort mais il ne sait pas boxer. Que fera-t-il à nouveau en face de Cook ?



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BOXEUR AUSTRALIEN GEORGE COOK


— Je crois que Cook le battra à nouveau.



Goddard récrimine contre tout et contre tous. Il est courageux et puissant, mais il est mauvais joueur, car il a régulièrement perdu..."




 

(Source : Wikipédia et Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France) 








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jeudi 31 octobre 2024

LES SPORTS À BILBAO EN BISCAYE AU PAYS BASQUE EN 1950

SPORTS À BILBAO EN 1950.


Dans les années 1950, le Pays Basque Sud, et en particulier la Biscaye, est une terre de sportifs.



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EQUIPE ATHLETIC BILBAO 1950
PAYS BASQUE D'ANTAN



Voici ce que rapporta à ce sujet le quotidien Paris Presse L'Intransigeant, le 15 septembre 1950 :



"Records à Bilbao où l'on veut préparer une équipe d'Espagne pour le "Tour 51".

Bilbao.

(De notre envoyé spécial).



Dans Bilbao, ville de 250 000 habitants, la plus industrielle d'Espagne, largement pavoisée, hier, à l'occasion de l'entrée du premier évêque — Mgr Morcillo devant y résider (car Bilbao comme Saint-Sébastien dépendaient, jusqu'ici, de l'évêché de Victoria) — il est surtout question de football.



L'Athletic, champion d'Espagne 1950 et, pour les Espagnols, le vainqueur de la Coupe est considéré comme le seul et vrai champion ; il recevait, pour ses débuts en Championnat, l'Atlético de Madrid, avec ses Ben Barek et Domingo.



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ATHLETIC DE BILBAO MAI 1950
VAINQUEUR DE LA COUPE D'ESPAGNE


— Vous savez comment on désigne ici les deux Atleticos ? Le nombre est l'Atletico B, c'est-à-dire l'Atletico Bon ; celui de Madrid est l'Atletico M, c'est-à-dire l'Atletico Mauvais.



Le football roi.



L'Athletic de Bilbao s'est toujours placé au sommet de la première division depuis sa fondation en 1898 et c'est la seule équipe qui ait gagné en toute propriété trois Coupes d'Espagne trois fois consécutives (Coupe Alphonse-XIII 1914, 1915, 1916, Coupe nationale 1930, 1931, 1932, Coupe Franco 1943, 1944, 1945), ce qui constitue un véritable record.



C'est aussi l'unique équipe gagnante en toute propriété du premier Trophée de la Ligue, vainqueur simultanément de la Ligue et de la Coupe, trois fois : en 1930, 1931 et 1945. Elle a participé vingt-trois fois à la finale de la Coupe d'Espagne.



Qui peut dire mieux dans n'importe quel pays au monde ?



Son terrain de Saint-Mamès, au coeur même de la ville et qui peut accueillir trente-cinq mille spectateurs, est en instance d'agrandissement pour en recevoir cinquante mille.



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SAN MAMES BILBAO 1950
PAYS BASQUE D'ANTAN



Le football est roi à Bilbao, où l'on se montre fier de posséder une équipe 100 p. 100 basque, pépinière, hier comme aujourd'hui, de l'équipe nationale. Gainza, l'ailier gauche ; Zarra, l'avant centre ; Panizo, intérieur gauche, ne furent-ils pas la base de l'équipe espagnole dans la Coupe du Monde, au Brésil ? Nando, demi volant gauche, qui opéra également au Brésil, et Lezana, gardien de but, figurent aussi au rang des "nationaux" opérant à Bilbao.




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AFFICHE COUPE DU MONDE BRESIL 1950


Record du monde.



Bilbao vient d'avoir son record du monde mais ni en athlétisme, ni en natation, ni en cyclisme ; mais... en hippisme. En effet, le cheval Balsamo, monté par le colonel Nogueras, a battu de plusieurs centimètres le record mondial en franchissant 8 m. 20 en longueur. Un peu mieux que Jess Owens. Il est à remarquer, d'ailleurs, que le cheval précède de peu — mais assez nettement — l'athlète humain dans les sauts en hauteur et en longueur... sans tremplin, évidemment.



Si la Biscaye et sa capitale ne réalisent que peu d'exploits valables sur le plan international aussi bien en natation, qu'en athlétisme, qu'en boxe, qu'en aviron où seules les courses de croisières obtiennent un grand succès, la pelote basque est très prisée. Les meilleurs joueurs professionnels du monde à part Bégonès V, le plus jeune d'une dynastie de pelotaris, Aguirrebengoa, Baracaldo II, Ituarte, Ermua, remplissent les frontons à chacune de leurs sorties.


— Hélas, je ne puis trouver aucun super as pour envoyer à la Havane ou à Mexico en "sesta punta", le jeu le plus spectaculaire, me disait le représentant en Espagne des frontons d'outre-Atlantique, Eloy Gastamendi, d'Irun, car aucun ne possède la virtuosité suffisante. Et cela tient au fait que les professionnels à chistera ne gagnent plus leur vie en Espagne, les recettes et les cachets par contrecoup ayant diminué.



Le cyclisme en déclin.



Mais le pays basque espagnol, pépinière autrefois de grimpeurs, champ de bataille international sur ses routes de Biscaye, de Guipuzcoa, d'Alava, de Navarre, avec une incursion en France, au cours de la Vuelta, qui partait de Bilbao et y revenait, ne vit plus que dans le souvenir des exploits des Frantz, des Leducq, des Verwaecke et tant d'autres routiers. La "Gazetta del Norte", rétablit un temps le Circuit du Nord, mais aujourd'hui tout est à refaire en cyclisme dans ce beau pays.



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AFFICHE TOUR CYCLISTE D'ESPAGNE 1950




Deux causes à ce déclin, momentané, j'en suis sûr, du cyclisme espagnol. Absence de dirigeants cyclistes dynamiques et bien soutenus, et désintéressement à peu près total des grandes marques nationales pour les compétitions importantes.



Il y a bien quelques dévoués de ci de là, M. Dorriga, par exemple, mais ils ne trouvent pas sur le plan commercial l'appui sur lequel ils devaient compter. En ce qui concerne les marques de cycles, elles ne font aucun effort, parce qu'elles travaillent au plein et ne peuvent augmenter leur production, elles jugent inutile d'intensifier leur propagande.



J'ai trouvé pourtant à Bilbao un journaliste spécialisé ayant l'autorité et la compétence nécessaires, décidé à réaliser quelques grands projets. C'est M. Uhieta, rédacteur à la "Gazetta del Norte", qui suivit le Tour de France l'an dernier.



Une grande épreuve et la préparation du Tour de France.




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TOUR DE FRANCE CYCLISTE 1951
MIROIR DES SPORTS



— J'ai l'intention, me disait-il ces jours derniers, d'organiser entre le Tour d'Italie et le Tour de France, une grande épreuve en huit étapes de 200 kilomètres chacune rayonnant autour de Bilbao. Je solliciterai l'engagement des meilleurs Italiens, Français et Belges, tels que Coppi, Bobet, Schotte, Van Stenberggen, par exemple. Cela dans le but de frapper un grand coup et de relancer le cyclisme dans le nord de l'Espagne.



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CARTE TOUR DE FRANCE 1950



M. Uhieta nourrit également un autre projet : 


— Je demanderai à M. Jacques Goddet d'inscrire une équipe de six hommes dans le prochain Tour de France. En lui donnant naturellement toutes les garanties nécessaires. Dès la fin de cette saison, je commencerai à faire préparer quelques jeunes coureurs espagnols en vue de la grande épreuve française. Et au début de 1951, nous opérerons une première sélection.



Dalmacio Langarra est, pour l'instant, le meilleur coureur ; avec lui Langarica et Bernardo Ruiz veulent venger leur échec de 1949 et mettront tout en oeuvre pour se réhabiliter sur nos routes. D'autres jeunes les soutiendront avec des qualités indéniables de grimpeurs.



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COUREUR CYCLISTE DALMACIO LANGARRA 1949



Fait curieux : alors qu'il y avait un vélodrome à Bilbao, en 1898. Il n'y a plus de piste dans la capitale de la Biscaye...



Oui, tout est à refaire. A reconstruire en cyclisme dans cette Espagne qui nous fournit des Luciano Montero, des Trueba, des Ezfuerra, des Canardo et tant d'autres routiers de classe. Mais il faut commencer par le commencement, chercher des dirigeants ayant le feu sacré et l'autorité, et aussi des marques de cycles nationales ayant de larges vues sur l'avenir."



(Source : dalma48-kI1G-U1701108379533KLE-1968x1216@El Correo.jpg (1968×1216) (ppllstatics.com) et Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)











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vendredi 16 août 2024

RUGBY : CHALLENGE YVES DU MANOIR POUR L'AVIRON BAYONNAIS LE 8 MARS 1936 (deuxième et dernière partie)

 

LE CHALLENGE YVES DU MANOIR POUR L'AVIRON BAYONNAIS EN 1936.


Le Challenge Yves du Manoir 1935-1936 est la 5ème édition du Challenge Yves du Manoir.





pays basque autrefois rugby aviron bayonnais du-manoir
RUGBY CHALLENGE YVES DU MANOIR 
AVIRON BAYONNAIS - USAP PERPIGNAN 8 MARS 1936
PHOTO  PARIS-SOIR


Il met aux prises 22 équipes, désignées par invitation, et réparties en 2 poules.

Les vainqueurs de chaque poule s'affrontent en finale pour l'obtention du titre.

La compétition est remportée par l'Aviron Bayonnais.



Voici ce que rapporta à ce sujet le quotidien Paris-Soir, le 9 mars 1936, sous la plume de Gaston 

Bénac :



"... Deux méthodes, deux valeurs.



Deux méthodes s'opposèrent à une cadence précipitée, avec une ardeur égale. D'un côté, Bayonne ouvrait à tour de bras, en toutes occasions, sur des lignes arrières adroites, perçantes, rapides, jouant suivant la tradition basque. De l'autre, Perpignan profitait de toutes les fautes basques, de toutes les fissures dans le jeu bayonnais pour contre-attaquer, pour percer.



D'un côté des athlètes ignorant la fatigue, l'essoufflement, de l'autre des jongleurs de balle virtuoses du hand-ball. Vigneau, Bergèze, Cunibert, Elissalde, Celhay. Ainciart se mettent en vedette d'un côté ; de l'autre, Desclaux, Bails, le demi de mêlée Vails, Raynal, étaient le plus souvent en évidence. Mais pas de trou, pas le moindre joueur insuffisant dans ces deux formations-types, dignes toutes deux de figurer au palmarès du Du-Manoir.




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PHOTO MIDI OLYMPIQUE 9 MARS 1936
MATCH RUGBY AVIRON BAYONNAIS-USAP



Les Catalans marquent.



Et c'est aussi Perpignan qui domina vers la fin de la mi-temps.

La belle explication ne languit jamais, et laissa, à l'entr'acte, les supporters des deux équipes aussi confiants qu'au début car, sur une riposte d'Abat, interceptant, l'essai fut raté de peu mais aussitôt après, sur passe de Roger Vails, Raynal marquait un bel essai pour les Catalans.



Et voici qu'à son tour, Bayonne ripostait. L'essai semblait être marqué, mais Celhay était écroulé à quelques centimètres de la ligne.



Que d'émotions en 40 minutes !



Les avants perpignanais suivent mieux.



Si Bayonne est bien plus dangereux que son rival en lignes arrière, par contre, les avants catalans suivent mieux. Ils sont plus ardents, plus fougueux, souvent mieux groupés. Arotça est le meilleur avant bayonnais. Quelques autres traînent un peu.



Par contre, quelle virtuosité en ligne arrière, surtout du côté de Bergèze, Vigneau et Elissalde. L'arrière Inthamoussou était, lui aussi, extraordinaire.



Mais quel perçant, en face, en Raynal, Palat, Danoy, Bails aussi !



Rythme accéléré.



A la reprise, Bergèze essaye de percer, mais il est correctement descendu et les Basques doivent remettre à plus tard la réussite escomptée. Les Basques jonglent avec la balle devant les buts catalans bien défendus, mais rien ne passe. Les rouges ripostent furieusement.



Le match continue à une cadence forcenée, faite d'offensives et de contre-attaques incessantes. Ah ! le public ne s'ennuie pas aujourd'hui à Toulouse. Desclaux réussit de formidables dégagements qui font se pâmer sur la touche les jolies Catalanes en déplacement.



Mais sur ses buts, Arotça, décidément magnifique aujourd'hui de bout en bout, perce toutes les lignes rouges et, donne au-dessus de l'arrière un petit coup de pied à suivre, non repris d'ailleurs. Mais quel joli mouvement offensif que celui de cet extraordinaire avant !



Cunibert essaye, sur sortie de mêlée, de lancer ses avants sur coup de pied à suivre, mais Porrical reprend parfaitement.



Et le match continue très serré avec égalité de chance, semble-t-il, mais différence de moyens.


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PHOTO MIDI OLYMPIQUE 9 MARS 1936
MATCH RUGBY AVIRON BAYONNAIS-USAP



Le film du match.

Les équipes.



U. S. A. Perpignan. — Arrière Porrical ; trois-quarts : Abat, Desclaux (cap.), Barrère. Olive ; demis : (o) Bails ; (m) Roger Vails ; avants : Raynal, Gras, Palat, Danoy, Bousquet ; Casenove, Georges Vails, Moliner.



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RUGBY USAP 1938



Aviron Bayonnais. — Arrière Inthamoussou ; trois-quarts : Vigneau, Bergèze, Zabaletta, Celhay ; demis : (o) Elissalde, (m) Cunibert ; avants : Darant, Ladeuch, Arotça ; Chirles, Brouzeng II ; Haitre, Ainciart. Brouzeng I.



La partie.



A leur entrée sur le terrain, les deux équipes sont follement ovationnées. C'est l'Aviron qui botte le coup d'envoi. Aussitôt, il s'installe dans les 22 catalans, d'où Elissalde déclenche une splendide attaque suivie d'une percée de Celhay. Sur la mêlée qui suit, Porrlcal doit toucher dans ses buts.



Les avants catalans, fougueux comme toujours, dominent à la touche. Mais Desclaux, malgré cet avantage, veille et est assez heureux pour stopper une comtre-offensive bien amenée. Perpignan cependant revient à la charge et, sur petit coup de pied à suivre de Barrère, Inthamoussou est à l'ouvrage. Du coup, Perpignan opère dans les 10 mètres bayonnais où une mêlée est jouée. Bails, servi, troue et devant Inthamoussou passe à Raynal qui, hélas ! manque la balle à l'essai.



Perpignan, semble-t-il, a le vent en poupe. Il ouvre superbement. Hélas ! Arotça intervient et dégage aux 50. La seconde d'après, les avants catalans, par affolement, manquent un essai imparable. En somme, pendant les dix premières minutes de jeu, l'Aviron a été manoeuvré et parfois fortement pressé.



Les Basques semblent maintenant se retrouver. Les touches longues leur sont d'ailleurs favorables et les voici installés dans les 10 mètres catalans où ils bénéficient d'un coup franc. Zabaletta tente le drop et le manque. Perpignan veut dégager à la main. Mauvaise opération, car les Basques reprennent la balle ; ils amorcent un mouvement splendide qui soulève à juste titre l'enthousiasme du public.



Bayonne marque.



L'essai est d'ailleurs manqué d'un souffle. L'alerte a cependant été chaude. Un drop manqué d'Elissalde, une nouvelle offensive des Basques, un dégagement de Desclaux et le public vibre de plus en plus. Sur hors jeu de Vails, Perpignan amorce un mouvement dangereux. Une mêlée est jouée à 10 mètres des buts de Bayonne. La balle sort aux Basques qui crânement attaquent. Elissalde ouvre, sert Zabaletta qui troue puis lance Bergèze. Celui-ci continue le mouvement pour ensuite recentrer à Celhay qui sert Vigneau devant Porrical. Une course folle de 50 mètres et c'est l'essai follement applaudi, marqué au pied des poteaux.


Bayonne, 5 ; Perpignan, 0.



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PHOTO MIROIR DES SPORTS 10 MARS 1936
MATCH RUGBY AVIRON BAYONNAIS -USAP



Les trois-quarts catalans veulent à leur tour attaquer. Ils ne percent ni n'avancent. Desclaux sent que ça ne va pas.



Il cherche et trouve la touche. Peu après, Desclaux tente en vain un but sur coup franc puis tape à suivre sur attaque classique. Inthamoussou est débordé. Celhay surgit et dégage aux 22. Les Catalans se font maintenant de plus en plus dangereux. Sur touche, ils amorcent un beau mouvement que Bergèze parvient à maîtriser. Perpignan revient à la charge. Celhay, cette fois, est là. D'un coup de botte il ramène le jeu aux 50. La partie est vraiment de toute beauté et l'effort des Catalans admirable.



Sur attaque des Basques, Abat intercepte, fonce à toute allure, tape à suivre et Perpignan rate l'essai d'un rien.



Mais sur la mêlée qui suit, Valls s'échappe, passe à Raynal qui marque.


Bayonne, 5 ; Perpignan, 3.



Dès la remise en jeu l'Aviron d'un souffle manque un essai et c'est le repos.



A la mi-temps : Bayonne 5, Perpignan 3.




pays basque autrefois rugby aviron bayonnais du-manoir
PHOTO MIROIR DES SPORTS 10 MARS 1936
MATCH RUGBY AVIRON BAYONNAIS -USAP




La deuxième mi-temps.



L'Aviron Bayonnais va maintenant opérer avec le vent et le soleil dans le dos. Il pousse d'ailleurs aussitôt une pointe, qui met Porrical à l'ouvrage. Les buts catalans sont de plus en plus pressés et seul un miracle les sauve. Les attaques basques ne cessent de fuser. Bergèze trouve, recentre. Hélas ! sa passe n'est pas reprise. Des 30 mètres, Elissalde tente un drop sur coup franc. Il le manque et Desclaux dégage loin, très loin, aux 40 mètres basques.



Sur simple dégagement d'Inthamoussou, Vails amorce une contre-attaque qui ramène le jeu dans les 22 basques. Mais Arotça s'empare d'une balle perdue, traverse toutes les lignes catalanes, puis tape à suivre. Du coup le jeu est reporté dans les 10 mètres perpignanais où une mêlée est jouée. Les trois quarts bayonnais sont servis. Ils paraissent devoir déborder. Hélas, Vigneau manque la balle.



Une erreur d'Inthamoussou et voici le jeu aux 50 où ce même Inthamassou amorça une contre-attaque.



Elissalde blessé. Arotça ouverture.



Peu après, sur mêlée, Cunibert met Porrical en difficulté. Elssalde, blessé, doit quitter le terrain. Il est remplacé par Arotça.



Finalement, Aviron Bayonnais bat Perpignan : 9-3."




(Source : Perpignan Rugby - Club, palmarès, effectif - RugbyZap et Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)




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mardi 16 juillet 2024

RUGBY : CHALLENGE YVES DU MANOIR POUR L'AVIRON BAYONNAIS LE 8 MARS 1936 (première partie)

LE CHALLENGE YVES DU MANOIR POUR L'AVIRON BAYONNAIS EN 1936.


Le Challenge Yves du Manoir 1935-1936 est la 5ème édition du Challenge Yves du Manoir.





pays basque autrefois rugby aviron bayonnais usap perpignan
RUGBY CHALLENGE YVES DU MANOIR 
AVIRON BAYONNAIS - USAP PERPIGNAN 8 MARS 1936
PHOTO PARIS-SOIR


Il met aux prises 22 équipes, désignées par invitation, et réparties en 2 poules.

Les vainqueurs de chaque poule s'affrontent en finale pour l'obtention du titre.

La compétition est remportée par l'Aviron Bayonnais.



Voici ce que rapporta à ce sujet le quotidien Paris-Soir, le 9 mars 1936, sous la plume de Gaston 

Bénac :



"A Bayonne, le Challenge Du Manoir.

Les Basques de l'Aviron, par 9 points à 3, ont ravi le trophée aux Catalans, devant 20 000 spectateurs enthousiastes. Un match splendide.

(De notre envoyé spécial Gaston Bénac)


Le joli spectacle.

Toulouse, 8 Mars (par téléph.) 



Toulouse s'est éveillé sous les promesses d'un ciel de printemps et le soleil qui brille au-dessus des toits rouges de la cité de Clémence Isaure semble avoir ramené la "fièvre du rugby" autour des immenses terrasses des cafés, orgueil de la capitale du rugby, forum brillant et coloré du sport dans le Sud-Ouest. On retrouvait vers midi l'atmosphère des grandes assemblées sportives d'autrefois, et bientôt les Parisiens que nous sommes, habitués aux matches froids et tristes disputés devant des assemblées squelettiques se demandèrent si la crise du rugby existait bientôt ailleurs que dans l'Ile-de-France. Mêmes cris, mêmes chants, mêmes discussions qu'autrefois. Même enthousiasme, même passion sans enjeu, même parti-pris !



Je me frotte les yeux. Je ne rêve pas. Le rugby est toujours puissant sur les terres du Sud-Ouest, surtout lorsque Perpignan et Bayonne, les "équipes reines" du ballon ovale, entrent en lice avec tous leurs éléments, ce qui est le cas aujourd'hui. L'absence du match international est ici moins sensible qu'ailleurs. On vit avec l'esprit régionaliste, avec l'esprit de club, à l'ombre de ces deux glorieuses bannières qui depuis trente ans mènent aux batailles du rugby, des jeunesses catalanes et basques ardentes, appliquées, qui croient en leurs méthodes, qui cultivent encore cette fleur devenue si rare : la tradition.


— On vit sur soi-même, me disait un dirigeant du Sud-Ouest avant le match.


En effet.



Ah ! le joli spectacle de ces maillots bleus et de ces maillots rouges évoluant dans cette ambiance extraordinaire que Toulouse nous donne dans les grandes circonstances. Comme le soleil est de la fête, un soleil éclatant, Joyeux, presque hors de saison, que l'on crie, que l'on applaudit sur les touches !



Les phases les plus émouvantes, les plus belles journées du rugby inter-clubs revivent devant nous, devant une assistance radieuse. Dans les tribunes, quelle magnifique brochette d'anciens internationaux avec les Puech, Pons, Alex Bioussa, Clovis Bioussa, Raymond Bayard, Galau, Pépion, Pailassie, Lanusse.


STADE ERNEST WALLON PONTS JUMEAUX
31 TOULOUSE


Les personnalités.



Perpignan et Bayonne ont mobilisé tous leurs dirigeants et leurs anciennes gloires. Voici M. Frois, président de l'Aviron Bayonnais ; Darhan, Guillaud, Dr Dubost, MM. Alfred Eluère, Lanothe, d'un côté ; le Dr Vancel, Izern, Jep-Xambo, Vaqué, Baria, Brutus, de l'autre. Parmi les neutres, on remarque les docteurs Voivenel et Ginesty, etc...



En attendant les ténors de Bayonne et de Perpignan, les juniors basques et toulousains s'expliquent avec une virtuosité qui ravit les spectateurs. Les jeunes Bayonnais triomphent par 6 à 3, grâce à leur sens inné de la contre-attaque, et parmi eux le jeune arrière Ehendenhaigt, fils d'un joueur de la grande équipe de 1914, et le demi Tastet se font remarquer par t'adresse et l'à-propos de leurs offensives.



Le haut-parleur annonce la présence de Maurice Chevalier, mais le grand fantaisiste est absent, Il se fait remplacer simplement par un disque, ou plutôt par plusieurs disques.



Lorsque le coup d'envoi est sifflé, Il y a bien 18 000 spectateurs autour des touches, et la recette dépasse 120 000 francs.



Les équipes se donnent à fond à fond.



Quel joli coup d'oeil, du haut des tribunes. Le stade des Pont-Jumeaux, le plus grand stade provincial de rugby actuel est archi-comble. Cette humanité passionnée s'agite, fait de grands gestes. La houle populaire semble devoir rompre par instant les lignes inviolables de touches, frontière fixée aux belligérants.



STADE PONTS JUMEAUX 31 TOULOUSE 1919



Bleus bayonnais et rouges perpignanais pénètrent ensemble sur le terrain et les Basques ayant gagné le coup d'envol, amorcent de belles attaques à la main. Celhay perce, mais la belle passe de l'allier n'est pas reprise et c'est maintenant Perpignan qui fait donner ses avants.



Quelle jolie palette avec ses heurts violents de couleurs si vives semblant se détacher en relief sur le gazon vert, inondé de soleil.



Dès le début, les petits jongleurs bleus percent les lignes rouges, mais le sifflet de l'arbitre les arrête. Ils étaient partis "en avant " et les rouges Catalans, profitant des témérités basques, contre-attaquent de façon sobre mais classique. Le demi d'ouverture Bails va très près de l'essai. La galerie perpignanaise crie : "U.S.A.P. !" "U.S.A.P. !"



Arotça a dégagé et les deux équipes continuent à s'empoigner furieusement. Les Basques se livrent à fond et les Catalans profitent de toutes leurs fautes avec un à-propos remarquable.




DESSIN AVIRON BAYONNAIS - USAP
LE PETIT PROVENCAL 9 MARS 1936



Ah ! l'admirable essai !



Bayonne domine dès que Perpignan joue avec ses lignes arrière. Pour l'instant, ces dernières n'avancent pas.



Ah ! le beau mouvement des Basques lançant une offensive endiablée sur un coup franc raté.



Parlons des passes. Le ballon file vers l'aile gauche, Vigneaux déplace au centre, les avants repartent et l'essai est manqué d'un cheveu. Le match continue à une allure folle. Tous en jeu à la main.



Et voici que, tout à coup, près de ses buts, Bayonne réalise un des plus beaux essais que l'on puisse voir. Ah, ! l'admirable mouvement des trois-quarts basques, les musclés tendus vers les buts adverses !



Elisalde perce, passe à Arotça qui transmet à Bergèse. Ce dernier recentre à Celhay et l'ailler droit lance le bolide Vigneau qui s'en va en belles foulées de sprinter vers l'essai.



La magnifique vision, le beau tableau que nous livre aujourd'hui le rugby.


— Çà, c'est un essai, s'exclame le Dr Voivenel !



PAUL VOIVENEL 1917



Le ballon était transmis avec une belle précision, une telle netteté qu'on a cru voir du travail de manège. Un essai comme celui-ci réconcilierait les plus réfractaires avec le rugby moderne."



A suivre...



(Source : Wikipédia et Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)




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