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jeudi 31 octobre 2024

LES SPORTS À BILBAO EN BISCAYE AU PAYS BASQUE EN 1950

SPORTS À BILBAO EN 1950.


Dans les années 1950, le Pays Basque Sud, et en particulier la Biscaye, est une terre de sportifs.



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EQUIPE ATHLETIC BILBAO 1950
PAYS BASQUE D'ANTAN



Voici ce que rapporta à ce sujet le quotidien Paris Presse L'Intransigeant, le 15 septembre 1950 :



"Records à Bilbao où l'on veut préparer une équipe d'Espagne pour le "Tour 51".

Bilbao.

(De notre envoyé spécial).



Dans Bilbao, ville de 250 000 habitants, la plus industrielle d'Espagne, largement pavoisée, hier, à l'occasion de l'entrée du premier évêque — Mgr Morcillo devant y résider (car Bilbao comme Saint-Sébastien dépendaient, jusqu'ici, de l'évêché de Victoria) — il est surtout question de football.



L'Athletic, champion d'Espagne 1950 et, pour les Espagnols, le vainqueur de la Coupe est considéré comme le seul et vrai champion ; il recevait, pour ses débuts en Championnat, l'Atlético de Madrid, avec ses Ben Barek et Domingo.



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ATHLETIC DE BILBAO MAI 1950
VAINQUEUR DE LA COUPE D'ESPAGNE


— Vous savez comment on désigne ici les deux Atleticos ? Le nombre est l'Atletico B, c'est-à-dire l'Atletico Bon ; celui de Madrid est l'Atletico M, c'est-à-dire l'Atletico Mauvais.



Le football roi.



L'Athletic de Bilbao s'est toujours placé au sommet de la première division depuis sa fondation en 1898 et c'est la seule équipe qui ait gagné en toute propriété trois Coupes d'Espagne trois fois consécutives (Coupe Alphonse-XIII 1914, 1915, 1916, Coupe nationale 1930, 1931, 1932, Coupe Franco 1943, 1944, 1945), ce qui constitue un véritable record.



C'est aussi l'unique équipe gagnante en toute propriété du premier Trophée de la Ligue, vainqueur simultanément de la Ligue et de la Coupe, trois fois : en 1930, 1931 et 1945. Elle a participé vingt-trois fois à la finale de la Coupe d'Espagne.



Qui peut dire mieux dans n'importe quel pays au monde ?



Son terrain de Saint-Mamès, au coeur même de la ville et qui peut accueillir trente-cinq mille spectateurs, est en instance d'agrandissement pour en recevoir cinquante mille.



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SAN MAMES BILBAO 1950
PAYS BASQUE D'ANTAN



Le football est roi à Bilbao, où l'on se montre fier de posséder une équipe 100 p. 100 basque, pépinière, hier comme aujourd'hui, de l'équipe nationale. Gainza, l'ailier gauche ; Zarra, l'avant centre ; Panizo, intérieur gauche, ne furent-ils pas la base de l'équipe espagnole dans la Coupe du Monde, au Brésil ? Nando, demi volant gauche, qui opéra également au Brésil, et Lezana, gardien de but, figurent aussi au rang des "nationaux" opérant à Bilbao.




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AFFICHE COUPE DU MONDE BRESIL 1950


Record du monde.



Bilbao vient d'avoir son record du monde mais ni en athlétisme, ni en natation, ni en cyclisme ; mais... en hippisme. En effet, le cheval Balsamo, monté par le colonel Nogueras, a battu de plusieurs centimètres le record mondial en franchissant 8 m. 20 en longueur. Un peu mieux que Jess Owens. Il est à remarquer, d'ailleurs, que le cheval précède de peu — mais assez nettement — l'athlète humain dans les sauts en hauteur et en longueur... sans tremplin, évidemment.



Si la Biscaye et sa capitale ne réalisent que peu d'exploits valables sur le plan international aussi bien en natation, qu'en athlétisme, qu'en boxe, qu'en aviron où seules les courses de croisières obtiennent un grand succès, la pelote basque est très prisée. Les meilleurs joueurs professionnels du monde à part Bégonès V, le plus jeune d'une dynastie de pelotaris, Aguirrebengoa, Baracaldo II, Ituarte, Ermua, remplissent les frontons à chacune de leurs sorties.


— Hélas, je ne puis trouver aucun super as pour envoyer à la Havane ou à Mexico en "sesta punta", le jeu le plus spectaculaire, me disait le représentant en Espagne des frontons d'outre-Atlantique, Eloy Gastamendi, d'Irun, car aucun ne possède la virtuosité suffisante. Et cela tient au fait que les professionnels à chistera ne gagnent plus leur vie en Espagne, les recettes et les cachets par contrecoup ayant diminué.



Le cyclisme en déclin.



Mais le pays basque espagnol, pépinière autrefois de grimpeurs, champ de bataille international sur ses routes de Biscaye, de Guipuzcoa, d'Alava, de Navarre, avec une incursion en France, au cours de la Vuelta, qui partait de Bilbao et y revenait, ne vit plus que dans le souvenir des exploits des Frantz, des Leducq, des Verwaecke et tant d'autres routiers. La "Gazetta del Norte", rétablit un temps le Circuit du Nord, mais aujourd'hui tout est à refaire en cyclisme dans ce beau pays.



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AFFICHE TOUR CYCLISTE D'ESPAGNE 1950




Deux causes à ce déclin, momentané, j'en suis sûr, du cyclisme espagnol. Absence de dirigeants cyclistes dynamiques et bien soutenus, et désintéressement à peu près total des grandes marques nationales pour les compétitions importantes.



Il y a bien quelques dévoués de ci de là, M. Dorriga, par exemple, mais ils ne trouvent pas sur le plan commercial l'appui sur lequel ils devaient compter. En ce qui concerne les marques de cycles, elles ne font aucun effort, parce qu'elles travaillent au plein et ne peuvent augmenter leur production, elles jugent inutile d'intensifier leur propagande.



J'ai trouvé pourtant à Bilbao un journaliste spécialisé ayant l'autorité et la compétence nécessaires, décidé à réaliser quelques grands projets. C'est M. Uhieta, rédacteur à la "Gazetta del Norte", qui suivit le Tour de France l'an dernier.



Une grande épreuve et la préparation du Tour de France.




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TOUR DE FRANCE CYCLISTE 1951
MIROIR DES SPORTS



— J'ai l'intention, me disait-il ces jours derniers, d'organiser entre le Tour d'Italie et le Tour de France, une grande épreuve en huit étapes de 200 kilomètres chacune rayonnant autour de Bilbao. Je solliciterai l'engagement des meilleurs Italiens, Français et Belges, tels que Coppi, Bobet, Schotte, Van Stenberggen, par exemple. Cela dans le but de frapper un grand coup et de relancer le cyclisme dans le nord de l'Espagne.



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CARTE TOUR DE FRANCE 1950



M. Uhieta nourrit également un autre projet : 


— Je demanderai à M. Jacques Goddet d'inscrire une équipe de six hommes dans le prochain Tour de France. En lui donnant naturellement toutes les garanties nécessaires. Dès la fin de cette saison, je commencerai à faire préparer quelques jeunes coureurs espagnols en vue de la grande épreuve française. Et au début de 1951, nous opérerons une première sélection.



Dalmacio Langarra est, pour l'instant, le meilleur coureur ; avec lui Langarica et Bernardo Ruiz veulent venger leur échec de 1949 et mettront tout en oeuvre pour se réhabiliter sur nos routes. D'autres jeunes les soutiendront avec des qualités indéniables de grimpeurs.



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COUREUR CYCLISTE DALMACIO LANGARRA 1949



Fait curieux : alors qu'il y avait un vélodrome à Bilbao, en 1898. Il n'y a plus de piste dans la capitale de la Biscaye...



Oui, tout est à refaire. A reconstruire en cyclisme dans cette Espagne qui nous fournit des Luciano Montero, des Trueba, des Ezfuerra, des Canardo et tant d'autres routiers de classe. Mais il faut commencer par le commencement, chercher des dirigeants ayant le feu sacré et l'autorité, et aussi des marques de cycles nationales ayant de larges vues sur l'avenir."



(Source : dalma48-kI1G-U1701108379533KLE-1968x1216@El Correo.jpg (1968×1216) (ppllstatics.com) et Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)











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vendredi 25 octobre 2024

L'IMPÉRATRICE ZITA DE BOURBON-PARME AU PAYS BASQUE EN 1922

L'IMPÉRATRICE ZITA DE BOURBON-PARME AU PAYS BASQUE EN 1922.


Zita de Bourbon, princesse de Parme puis, par son mariage, impératrice d'Autriche et reine de Hongrie, est née le 9 mai 1892 à Camaiore, en Italie, et morte le 14 mars 1989 à Zizers, en Suisse.



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ZITA DE BOURBON-PARME


Epouse de l'empereur Charles 1er, elle est la dernière impératrice d'Autriche, reine de Hongrie et reine de Bohême. 

L'Eglise catholique la considère comme servante de Dieu.





Voici ce que rapporta à son sujet le quotidien local, la Gazette de Bayonne, de Biarritz et du Pays 

basque, le 11 février 1929, sous la plume de Renée Dominique :



"L'Impératrice Zita et la question de la paix séparée.


Conférence de M. Antoine Rédier.



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ANTOINE REDIER




La fâcheuse grippe, qui sévit avec intensité à Paris, a empêché M. Edouard Helsey de nous faire samedi sa conférence sur le Président Hindenburg. Mais un autre conférencier prit le train à sa place, et ce conférencier, d'ailleurs inscrit au programme des samedis littéraires, n'était autre que M. Antoine Rédier. Donc, s'il y eut tout d'abord un peu de désappointement, le seul nom de M. Antoine Rédier enchanta tous les auditeurs, malheureusement un peu clairsemés, — est-ce le beau temps ? ou bien plutôt abondance de conférences ? — tant pis pour les absents !



Tout le monde connaît au moins, de M. Antoine Rédier, ce livre admirable qu'est "La Guerre des Femmes" et qui nous valut naguère, à Biarritz-Association, une bien émouvante conférence. Ce n'est pas de la guerre des femmes que nous a parlé samedi M. Rédier, mais d'une femme de guerre, — ou plutôt d'une femme de la paix — d'une femme dont le rôle sublime fut de mettre fin à l'atroce tuerie, d'une femme qui mit tout en oeuvre pour y parvenir, mais dont la pensée ne fut pas comprise de ceux vers qui allait son noble coeur de fille de France.



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LIVRE LA GUERRE DES FEMMES
D'ANTOINE REDIER



Cette femme, héroïne douloureuse, mais jamais brisée, de la plus épouvantable des tragédies ; cette femme, épouse et mère admirable devant qui toutes les mères s'inclinent respectueusement ; cette femme, dont le front pur a porté la double couronne d'impératrice et de reine, cette femme vit tout près de nous, dans un petit village basque, de l'autre côté de la frontière, une existence des plus modestes avec les huit enfants que le ciel lui a donnés et auxquels elle consacre les trésors de son intelligence et de son coeur.



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ZITA DE BOURBON-PARME A LEQUEITIO EN 1925



Oui, c'est de l'impératrice Zita que M. Antoine Rédier nous a parlé, et il l'a fait avec une telle émotion, une telle piété que bien souvent nous en avons eu les larmes aux yeux et que nous avons revue, grandie encore et magnifiée, celle qui nous apparut, un jour de décembre dernier, si belle, si noble et si délicatement bonne et simple. Et M. Rédier nous a conté l'histoire la plus prodigieuse qui soit, une histoire qu'on croirait tirée de la légende, une histoire qui n'est que de l'Histoire pourtant et où l'imagination n'a rien ajouté.



Hier, à Sainte-Eugénie, nos regards et notre pensée ne pouvaient se détacher de cette frise des saintes où sainte Zita, sa jolie tête inclinée, son bras portant la lourde cruche, symbolise si bien la devise : "Les mains au travail, le coeur à tout." Elle est la sainte vénérée des habitants de Lucques, en Toscane, où naquit en 1892, une petite princesse, qui reçut son nom. La petite princesse Zita était fille du prince Robert de Bourbon-Parme et de la princesse Maria-Antonia de Portugal. Elle descendait de Louis XIV par les Bourbons d'Espagne, une fille de Louis XV était parmi ses aïeules, et sa grand'mère n'était autre que la fille de Charles X, soeur du comte de Chambord.



Son enfance se passa en partie en France, avec ses nombreux frères et soeurs, en particulier à Chambord. Elle n'entendait parler que français et l'étude de l'allemand lui fut un véritable supplice. Elle était franche et gaie, d'esprit primesautier et parfois gamin.



A 13 ans, elle va chez les Bénédictines de Solesmes, à l'île de Wright. Elle passera là trois ans au milieu de moniales françaises et de jeunes compagnes venues de France. Puis elle revient dans sa famille. Son père meurt et le 21 octobre 1911, elle épousait l'Archiduc Charles d'Autriche. Ce fut un mariage d'amour. La politique, elle, avait bien d'autres vues pour le jeune archiduc et une alliance allemande, ou tout au moins agréable à Berlin, lui aurait souri. Mais cette fois, la politique fut vaincue par un regard de femme.




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CHARLES D'AUTRICHE ET ZITA DE BOURBON-PARME



Le mariage fut célébré en grande pompe et le vieil empereur François-Joseph fit à la jeune archiduchesse le plus aimable accueil. Les premières années du jeune ménage se passent en Galicie orientale où le premier enfant, l'archiduc Othon, vient au monde ; puis en Syrie où l'archiduc Charles commande un régiment et où la nouvelle de l'assassinat de son oncle, l'archiduc François-Ferdinand, vient le surprendre. Il reste d'ailleurs en Syrie et ne prend aucune part aux intrigues qui vont aboutir à la guerre.



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ATTENTAT DE SARAJEVO
28 JUIN 1914



Après la mort de François-Joseph, le 21 novembre 1916, le premier acte du jeune empereur est un message à son peuple pour souhaiter la paix, et l'Impératrice va le seconder de tous ses efforts pour réaliser cette paix. Mais il faut d'abord aller à Budapest ceindre la couronne de Saint-Etienne : le patriotisme commande de fortifier la dynastie pour empêcher le démembrement de la patrie.



Toute la Hongrie a oublié la guerre pour ne songer qu'au couronnement. C'est en effet un spectacle unique que celui du sacre. Après qu'il a reçu l'onction sainte, le roi, couronne en tête, sur son cheval blanc, doit monter au mont Royal. Il faut que, parvenu au sommet, son cheval se cabre quatre fois et que quatre fois le roi prête serment.




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CHARLES D'AUTRICHE ET ZITA DE BOURBON-PARME ET OTHON


La reine Zita, parée d'une robe merveilleuse sur laquelle brillent plus de six millions de joyaux, est demeurée pendant ce temps, avec sn fils Othon, entourée d'une cour étincelante et de tous les évêques à cheval, selon l'antique tradition. Ce fut pour elle un moment d'effroyable méditation. Les fêtes du sacre doivent durer plusieurs jours, mais la reine a décidé avec le roi, sans en rien dire, pour ne pas jeter à l'avance un voile sur la joie des Hongrois, de n'en pas attendre la fin, car ils n'ont pas oublié, eux, les souverains, en ces heures d'apothéose, le drame qui se joue sur les champs de bataille. On ne pardonna pas à la reine ce départ prématuré.



Charles a disgracié le généralissime, l'Archiduc Frédéric et pris lui-même en mains le commandement en chef des armées ; il a éloigné l'entourage pro-allemand du défunt empereur qui déteste la jeune impératrice : elle est belle, bonne, fine, c'est assez pour déchaîner la haine des méchants et des laids. On la surnomme "la Française" comme la fille de Marie-Thérèse fut jadis surnommée "l'Autrichienne".



L'Impératrice Zita n'a pas gouverné l'Autriche, mais elle a ajouté son âme à celle du prince dont elle est l'épouse ; elle n'a pas imposé sa politique, c'est l'héritier de la couronne qui a donné à l'Autriche une impératrice de son choix.



Dès le lendemain du couronnement, l'empereur a rejoint le grand quartier général, l'impératrice est revenue à Vienne.



Et M. Rédier nous fait le récit palpitant de ces appels de l'Impératrice à son frère, le prince Sixte, qui combat alors en Belgique avec les alliés ; de vos allées et venues entre Neuchâtel et Vienne et entre Neuchâtel et Paris ; de l'entrevue de l'empereur et du prince Sixte, enfin des propositions de paix séparée.



Dès le premier appel de Vienne, au début de 1917, le Président Poincaré avait senti que la solution pouvait venir de là et il ne douta point de la loyauté des jeunes souverains. L'intérêt de la France, pensa-t-il alors, est non seulement de maintenir l'Autriche, mais de l'agrandir au détriment de l'Allemagne. En Angleterre, Lloyd George voit là une jolie partie à jouer, la Belgique acquiesce et l'Italie est toute prête à écouter des propositions. Mais la France ne croit pas à cette paix, car la France alors, ce n'est pas Poincaré — il n'est que le Président de la République — mais c'est Ribot qui, à la tribune de la Chambre, parlera d'une offre "louche et détournée"...



Le rêve humain de l'impératrice Zita s'est écroulé. Pendant 18 mois encore, de jeunes hommes vont continuer de souffrir et de mourir par milliers et par milliers, et pour quels décevants résultats ! Et l'on verra celui qui a voulu la guerre fêter avec éclat ses 70 ans, alors que celle qui voulut la paix mène en exil une vie si misérable.



On devine ce que durent être pour l'impératrice les derniers mois de la guerre au milieu d'alliés dont elle se sent exécrée. Et c'est l'armistice. Charles et Zita restent à Schoenbrunn isolés dans la débâcle, mais en soutenant l'un l'autre de leur amour et de leur foi. Puis c'est la vie à Prangins en Suisse que l'empereur ne va pas tarder à quitter, seul, pour reconquérir son royaume. Il échoue. La seconde fois, l'impératrice sera du voyage. Elle attend un nouvel enfant, mais qu'importe ! Ils partiront tous deux en avion, malgré le froid qui les glace, et ils atterriront en Hongrie. Nouvel échec.



Et c'est alors l'exil à Madère. Ils refusent une demeure trop luxueuse pour leurs ressources et s'en vont dans la montagne vivre dans une petite maison dont l'installation est des plus sommaires. Le climat est humide, malsain. L'empereur tombe gravement malade, l'impératrice est son infirmière attentive et inlassable. Et un jour d'avril 1922, la tête appuyée sur l'épaule de l'incomparable épouse que son coeur choisit, il parle longuement de son peuple, de ses enfants et il meurt sans une plainte..



... Le roi Alphonse XIII offre l'hospitalité du château de Pardo à la jeune veuve, qui accouche de son huitième enfant une semaine après. Mais l'entretien du château est trop coûteux. Les habitants de la petite ville basque de Lequeitio se cotisent pour aménager une petite villa où l'impératrice Zita et ses enfants s'installent d'abord pour l'été, puis, s'y trouvant bien, en font leur résidence.



Parfois, ils traversent le Pays Basque français, l'Impératrice se rend presque chaque année à Lourdes avec ses enfants dont quelques-uns ont fait plusieurs saisons à Salies-de-Béarn. Celle que certains se rappellent avoir vue jadis jouer avec ses frères sur la plage de Biarritz, est ici l'objet de l'unanime respect. Chacun s'incline devant la mère admirable, devant l'épouse meurtrie, devant la souveraine infortunée dont le rêve magnifique fut de mettre un terme à la plus terrible des guerres.



Avec M. Antoine Rédier, qui a si lumineusement mis en relief le caractère et l'attitude de l'Impératrice Zita, qui nous a donné tant de précieux détails, de charmantes anecdotes, et dont nous n'avons pu que si imparfaitement traduire la pensée, disons :


"Ce que l'avenir réserve à cette admirable femme, c'est le secret de Dieu, mais quoi qu'il advienne, son nom est inscrit dans l'Histoire, et un jour viendra où l'on reconnaîtra que, dans l'ordre politique, cette jeune femme de vingt-six ans a été le seul homme de la guerre."


(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)


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mardi 27 septembre 2022

L'OPÉRA LYRIQUE "GUERNICA" DE PEDRO GAILHARD ET DE PIERRE-BARTHÉLEMY GHEUSI EN 1895

L'OPÉRA "GUERNICA" EN 1895.


"Guernica" est un opéra lyrique en 3 actes, écrit en 1895 par P. Gailhard et P.B. Gheusi, avec une musique de Paul Vidal.

Cet opéra a été présenté pour la première fois à l'Opéra-comique le 5 juin 1895.




opera comique guernica 1895
DRAME LYRIQUE GUERNICA 1895



Voici ce que rapporta le quotidien Le Mot d'Ordre, le 10 juin 1895 :



"Opéra-Comique, — Guernica, drame lyrique en trois actes, de MM. Gailhard et Gheusi, musique de M. Vidal. 



Deux poètes, MM. Gailhard et Gheusi, inspirés d’excellentes intentions, ont élu un sujet héroïque et quasi cornélien dans un cadre ornementé par maints souvenirs d’opéra ; un musicien a déchaîné dans l'orchestre, à travers les voix des personnages, le torrent d’une musique de cuivre. Mais l’héroïsme de l’action retentit en ferblanterie comme les tonnerres de théâtre, singes de la foudre ; mais la prétention au drame lyrique du jeune compositeur toulousain se résout en un opéra romanesque de la plus vieille façon.



L’argument du poème est d'une extrême banalité : une jeune ville basque aime un capitaine de l’armée régulière espagnole ; bientôt elle doit convoler avec le "coquet guerrier", mais le frère de l'héroïne, engagé dans les rangs carlistes, combat pour l'indépendance communale des provinces basques. Ainsi il se trouve aux prises avec les troupes espagnoles et tombe sous les balles des soldats du fiancé de sa sœur. Celle-ci, séparée de son officier par le trépas de son frère, ne peut plus que "se vouer à Dieu" ; quant au capitaine, il décide de se faire tuer à la première affaire, il y a aussi un petit Perico, fils de Siebel, sans doute, pauvre garçon qui, énamouré en secret de la sœur, meurt généreusement à côté du frère.



S'il était d'aucune utilité de débattre avec les auteurs, peut-être essaierais-je d'indiquer que cette histoire des fueros et du Parlement basque de Guernica, sans doute importante à Toulouse, est dépourvu pour nous du moindre intérêt. Je piquerais le ballon des personnages, privés de vie autant que de passion, s’agitant vainement, hors du magasin de décors d'où ils proviennent. Comment une musique, forme d’art complète et concrète, pourrait-elle s'appliquer à de tels poncifs ? Ni la facilité, ni l’habileté, ni mime l’improvisation mélodique ne font défaut à la bruyante partition. Mais est-il rien qui vaille la peine d’être retenu dans la banalité tonitruante des trois actes ? faut-il ajouter du prix à des motifs mélodiques qui n’appartiennent pas à la situation et sont plaqués au petit bonheur ? Accordons une mention au duo d'amour, à la chanson de muletier, à la mélodie sur la montagne, ingrédients cuits à point de ce cassoulet lyrique.



Par exemple, nos poètes ont saisi l’occasion d'évacuer un lyrisme trop longtemps continu. Au deuxième acte, l'insurgé carliste déclame des strophes enflammées par la patrie et la liberté qui méritent d'être lues à tête reposée. Ce premier soir, elles durèrent et causèrent quelque émoi.



Les trois auteurs dont la modestie s’est contrainte à un effort de publicité, après s'être présentés eux-mêmes au public, l'ont renseigné sur leurs interprètes. Ils nous ont appris ainsi que Mlle Lafargue "réalisait l’idée complète de son rôle" puisqu’elle est originaire de Biscaye ; que Mlle Elven est "originaire de la région basque" ; qu’enfin Mlle Thévenet, qui chante dans la coulisse, est une Espagnole des Flandres. Sous l'empire de ces détails biographiques, nous rendrons hommage aux promesses de talent dramatique et à la voix ample et timbrée de Mlle Lafargue. Nous noterons une fois encore l’accent dramatique de M. Bouvet ; nous célébrerons l’agrément du ténorino de M. Jérôme et d’un ramage supérieur au plumage. Je parle de la suprématie de l’organe sur l’uniforme.


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PORTRAIT DE MLE LAFARGUE
PAR REUTLINGER


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SUZANNE ELVEN





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PHOTOGRAPHIE DE MAX BOUVET
PAR L'ATELIER NADAR



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 HENRI JEROME


La soirée s’ouvrait par Pris au piège. C'est un badinage sans prétention, comme on dit, une réduction en bluette et en musiquette du Barbier. Le parolier et le musicien y collaborèrent gentiment.



La soirée.



Comme on me prévient que je n’ai pas beaucoup de place, ce soir, à ma disposition, je supprime tout préambule, et même je ne vous dis qu’un mot de celui de Guernica, on y entend l’Hymne carliste que l’on entendra de nouveau toutes les fois qu’il sera question, dans l’ouvrage, de fueros, d’indépendance, de patrie ; or on ne parle guère d’autre chose dans Guernica. Concluez.



M. Carpezat a construit, au premier acte, la maison Marco, toute garnie de guirlandes et de bouquets ; la Madone en a sa part : on peut dire que cette Vierge-là loge en autel garni ! Nella, toute noire et toute fleurie d’oeillets rouges, —- comme le cheval du général Boulanger, — écoute des mandolinistes et des joueurs de tutu-panpan lui jouer, dans le patio, une aubade qui reste trop peu de temps en fa dièze mineur pour s’encanailler en un petit allegretto bien connu, si connu ! Mon voisin exulte en voyant, au mur, une effigie de saint. Je lui demande pourquoi. Il me répond. "Chouette ! c’est saint Antoine ! Peut-être qu’on va nous montrer quelque chose de cochon !"



M. Mondaud a l’air d’un de ces vieux modèles italiens qui posent pour le Père Eternel chez les peintres pompiers ; mais ça n’empêche pas les sentiments, et il écoute avec une majesté condescendante les aveux de sa fille, Mon amour pour l’épouse que tu m’as destiné... motif qui reviendra dès que cette jeune personne parlera de son fiancé.


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ACTEUR OPERA FRANCOIS MONDAUD 


Le voilà, le fiancé : il n’est pas joli ! Bien que ce capitaine Mariano, du 46e, soit l’un des plus joyeux lurons de Bilbao, — sans doute un fort joueur de bilbaoquet, — je sens que, l’épousant, j'aurais du mal à lui être fidèle ; au lieu de boire du vin de coca Mariani. il lui faudrait se mettre au vin de cocu Mariano.



Dans la coulisse, M. Ragueneau chante l'Hymne carliste, dont voici le début en langue basque : Guernikako arbola, Dabede incatuba, Euskaldunen artean, Gustisz maitatuba ; ça n’est pas très clair, mais c’est si doux à l’oreille !




pais vasco antes vizcaya canto himno nacional
CHANSON GUERNICACO ARBOLA

Habanera où les choristes déclarent que les amoureux vont "chercher la lune". C’est un peu grivois. Je ne dirai pas que cet épisode m’a paru comme la lune, et je passe au second acte.



Là plus de musique du tout ! Bouvet parle tout le temps, devant une petite Bourse, installe dans la corbeille des agents de change, pendant que les religieuses du voisinage égrènent des Ave Maria et finissent, émoustillées par l'éloquence de Bouvet, par entonner, elles aussi, Guernikako, Guernikaka. Quel drôle de pays !



Le troisième acte nous montre des soldats couchés avec leurs limousines, bien que la scène ne se passe pas dans la Haute-Vienne. La mignonne Elven, sous le travesti de Perica, impressionne favorablement les fauteuils d'orchestre. Coups de fusil, roulements de timbales. Le capitaine Mariano s’est orné d'une splendide paire d’éperons qui doit être bien commode pour courir dans les rocs (peut-être qu'il s'en sert pour piquer les croupes des monts ?).



Sur le cadavre de ce pauvre Juan (à qui tout à l'heure elle criait : Viens à moi, tout mon cœur t’appelle, avec une quinte augmentée assez poignante), Mlle Lafarge se lamente. Son motif de tendresse, qui a déjà fait les frais du dernier prélude, pleure encore à l'orchestre, haché par les rappels de l’hymne basque. La toile tombe.



pais vasco antes canto himno nacional
CHANT "GUERNIKAKO ARBOLA"
PAYS BASQUE D'ANTAN


Ouvreuse loyale, je confesse qu’à la sortie le livret de MM. Gailhard et Gheusi est peu favorablement apprécié ; on lui attribue l'incertitude du succès, car enfin la pièce a marché gheusi-couça. On trouve que le directeur de l'Opéra aurait mieux fait de s’en tenir à ses attributions.



Chacun son métier, les Basques seront bien gardés."


(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)




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