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vendredi 18 septembre 2026

LES HÔPITAUX DU PÈLERINAGE DE SAINT JACQUES DE COMPOSTELLE AU PAYS BASQUE EN 1900 (troisième partie)

 

LES HÔPITAUX DU PÈLERINAGE DE SAINT JACQUES DE COMPOSTELLE AU PAYS BASQUE AUTREFOIS.


Le pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle a été créé et instauré au début du 9ème siècle.



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LES CHEMINS DE SAINT-JACQUES-DE-COMPOSTELLE


Voici ce que rapportèrent à ce sujet l'abbé V. Dubarat (Aumônier du Lycée de Pau) et l'abbé P. 

Haristoy (Curé de Ciboure), dans le numéro de janvier 1900 des Etudes historiques et religieuses 

du Diocèse de Bayonne :


"Pèlerinage de Saint Jacques de Compostelle.


... III Canton d'Espelette.



Dans l'itinéraire de M. Camille Daux, Espelette est porté comme une étape des pèlerins ce qui indiquerait qu'il y avait un hôpital ou hôtellerie pour les pieux voyageurs. La situation topographique de cette paroisse sur le chemin d'Ainhoa... Urdach (Espagne) confirme cette opinion.


Ainhoa (Noster Dame d'ainhoe (1515) (charte de l'abbaye de Sainte-Claire de Bayonne). Vu la position de cette localité-frontière pour passer en Navarre, vu aussi le droit de présentation à la cure de cette paroisse par l'abbaye d'Urdach, nous croyons aussi qu'à Ainhoa il y avait un hôpital ou hôtellerie pour les pèlerins. De là ils allaient au monastère-hôpital d'Urdach (Espagne) fondé, d'après les historiens Marca et Pellicer, par Sanche-Mitarra. D'autres auteurs font remonter son origine jusqu'à l'année 430, époque où, disent-ils, il était servi par des chanoines réguliers, remplacés en 840 par les Bénédictins, relevés aussi successivement par les Augustins et les Prémontrés en 1210. Ce couvent est mentionné dans le testament de Dominique de Manx. L'abbé avait une juridiction épiscopale dans le village d'Urdach et, avons-nous dit, le droit de présentation à la cure d'Ainhoa. Nul doute que ce grand monastère n'eut un asile pour les pèlerins dans cette paroisse comme chez lui. L'ancienne chapelle de l'abbaye sert aujourd'hui d'église paroissiale, le reste offre le triste spectacle d'une maison au lendemain d'une révolution.


Cambo : Errecaldea, commanderie avec hôpital appartenant à l'évêque et au chapitre de Bayonne (pouillé du diocèse).


Souraïde : C'était un ancien prieuré avec hôpital dédié à Saint-Jacques, sanctus Jacobus de Souraïde (Gostoro) 1693 (Coll. du diocèse). 


Oxance : Hameau de Souraïde ; Prioratus sanctae Mariae Magdalanaee. Ce prieuré avec oratoire et hôpital, élevé sur une ancienne construction romaine paraît remonter au Xie siècle. Après avoir été une dépendance du prieuré de Souraïde, puis de cette paroisse, il a été démoli en 1793. — Des fouilles pratiquées assez récemment y ont fait découvrir des ossements humains que l'on croit être ceux des membres de l'antique prieuré et des pèlerins.



IV Canton de Hasparren.


Hasparren : Tout le monde connait l'inscription romaine que l'on voit encore dans la sacristie de l'église paroissiale. Cette localité était près, sinon sur la route romaine de Bayonne à Saint-Jean-Pied-de-Port. Sa cure était à la présentation du commandeur de Bonloc dépendant lui-même du monastère de Roncevaux. Hasparren avait son hôpital. Une maison porte encore de nos jours le nom d'Ospitalea. 



PIERRE ROMAINE HASPARREN
PAYS BASQUE D'ANTAN



Bonloc : Ecclesia de Bono loco 1186 (cart. de Bayonne) était une commanderie avec oratoire et hôpital dépendant de l'abbaye de Roncevaux, ainsi que nous l'avons dit à l'article Bayonne. Voyez des détails sur cet établissement dans nos Recherches historiques et dans les Etudes d'Histoire locale par M. l'abbé Dubarrat. 


Meharin et Saint Esteben : M. C. Daux dans son itinéraire des pèlerins porte ces deux localités comme deux étapes de voyageurs de Saint Jacques. Mais il se trompe quand il donne comme suite d'étapes : "Urrugne, St Pée, Espelette, Saint Esteben, Meharin et Saint Palais." Les chemins de raccourci qu'il faut établir sont : 1° St Palais, Garris, Meharin, St Esteben, Bonloc, etc. ; 2° Bidarray, Espelette, Souraïde, St Pée, Serres, St-Jean-de-Luz, etc.



V Canton d'Ustaritz.


Ustaritz : Sanctus Vincentius d'Ustariz 1186 ; — Ustaritz 1194 (cartulaire de Bayonne fos 32 et 35) avait son hôpital en dehors de la ville, du côté de Larressore, où les pèlerins étaient hébergés. Une maison porte encore son nom.


La chapelle de Sainte Barbe, à Arruntz, quartier d'Ustaritz s'appelait il y a plus de six siècles Sansanocoitz— Dans une transaction du 26 août 1573, il fut décidé que l'évêque et le chapitre de Bayonne auraient droit à la dime depuis Samotzena (?), à Arruntz, jusqu'à Bayonne.


Larressore : Ancienne annexe de Cambo il y avait un hôpital dont le nom se conserve encore dans la maison Ospitalea.


Dans la même commune, hameau d'Andariette, il y avait le prieuré de ce nom XIIIe Se (Charte des Carmes de Bayonne). Il consistait en deux modestes bâtisses, un oratoire et un hôpital. C'est là qu'au mois de novembre, en 1732, l'abbé Daguerre fondateur du petit séminaire de Larressore commença à réunir quelques jeunes gens.


Saint-Pée-sur-Nivelle : Sanctus Petrus d'Ibarron 1253 (cart. de Bayonne fos 18 et 57). — Saint-Pée-de-Labour 1690 (cart. de Cassini) est porté par M. C. Daux comme une étape de pèlerins son hôpital était entre Souraïde et Serres d'un côté et de l'autre N. D. d'Oxance. 



VI Canton d'Iholdy.


Asme : Au hameau de Harambeltz : Hospitale Sancti Nicolaï de Arambels quod est situm prope Ostavayll. Coll. Duchesne V. CXIV fo 161 Harambels, 1462 (not. d'Oloron n. 4 fo 10). Cette antique commanderie-hôpital au hameau dit Harambeltz non loin d'Ostabat, étant situé sur la voie romaine et servi, pour les hommes, par des donats (donati) et pour les femmes, par des beates, benoîtes, élus par le prieur entre les mains duquel ils faisaient les trois voeux simples d'obéissance, de pauvreté et de chasteté viduelle. Pour plus amples détails, nous renvoyons le lecteur à nos Recherches historiques.


Vers 1039 Eneco Vicente, vicomte de Baïgorry, avec son épouse et son fils Garcia, dota cet hôpital d'une rente annuelle de morlans à prélever sur les terres d'Ostabarret.


Dans son testament du 31 mars 1312, Armand-Raymond, vicomte de Tartas, laissa au même hôpital et à celui de la Guarriague (?) à chacun 50 sols morlans. Le même prince donna par le même testament, à chacune des églises de Mixe et d'Ostabarret 30 sols morlans et à celle de son Paul de sent Palay, 100 sols. La dame Gensac Lambert, mère du vicomte, ne s'était pas montrée moins généreuse que son fils. Pès de Laxague de son côté, par testament du 12 février 1392, favorisa les hôpitaux d'Utziat-Asme, c'est-à-dire de Harambels, les églises de ces localités et autres établissements hospitaliers.


L'hôpital de Harambels possédait une maison prieuriale avec plusieurs dépendances devenues, à la Révolution, des propriétés particulières. On ne voit aujourd'hui que quelques pans de murs de l'oratoire.


Irissarry. Ancienne commanderie de Malte avec hôpital. Hospitale et Oratorium de Irizuri 1186 (cart. de Bayonne fo 32) — Irissarri 1352 (coll. Duch. CXIV fo 186) ; — Ospital de Sent-Johan de Irissarri 1518 (ch. du chapitre de Bayonne). Cet établissement est mentionné dans la bulle de Célestin III. Le 12 mai 1469, dans l'Assemblée provinciale de Malte à Olite (Espagne), fut dressé l'acte de fondation du couvent-hôpital de Saint-Jean dite du crucifix, de Puente la Reina près de Pampelune. A cette assemblée prirent part, frère Ménaut de Ruthie, commandeur d'Irissarry et frère Martin de la Lanne, commandeur d'Aphat-Ospital et de Lamilaiz (?) (Ann. de Navarre liv. 34). Le commandeur présentait aux cures d'Irissarry et de Jaxu, près de St-Jean-Pied-de-Port. L'ancien hôpital fut remplacé en 1606 par une immense bâtisse à trois ou quatre étapes, à deux égouts, avec galeries ou machicoulis aux quatre angles, qui domine encore le bourg. Jusqu'à la Révolution, il possédait deux moulins et plusieurs domaines devenus depuis des propriétés particulières. Les archives départementales possèdent de riches documents sur cet établissement, dont plusieurs commandeurs furent des basques espagnols.


Ostabat : Ostebad 1167 (cart. de Sordes p. 45) : — Ostavayll XIIe Se (coll. Duch. vol. CXIV fo 161) — Aussebat 1243 (rôles gascons) Sent Johan d'Ostabat 1469 (ch. du chap. de Bayonne) ;  Nostre Done de l'ospitau d'Ostabat 1518 (ibid.). Ancien prieuré hôpital très fréquenté durant tout le moyen-âge et même depuis est aujourd'hui réduit à un modeste village de 3 à 400 âmes. Nous avons déjà dit qu'il était situé sur la route romaine d'Astorga ad Burdigaliam et que c'était le lieu de jonction du 2e, 3° et 4° chemin du codex des pèlerins sans parler d'autres chemins romains de raccord, entre autres de celui qui venait de Mauléon par Ordiarp, St Just et Utziat. 


Les pèlerins y trouvaient deux ou trois hôpitaux sans compter ceux du voisinage ceux de Harambeltz et d'Utziat. 


Hosta : Il y avait un hôpital ; on le trouve mentionné et doté dans le testament du 9 septembre 1472 d'Arnaud Guilhen, Sgr de Domezain.


Saint-Just : Sent Just deu pays d'Ostabarres 1477 (contrats d'Ohix fo 18) ; — Saint-Just 1513 (ch. de Pampelune), son église fut donnée à l'abbaye de Sordes en 1135 par Pierre Uhart et Loup d'Ainhice. On croit que les moines de Sordes furent les premiers fondateurs de la colonie de Saint-Just. M. Raymond dit qu'il finit par être servi par les Prémontrés, sans nous apprendre comment il passa entre leurs mains. Cet hôpital était des mieux situés pour les pèlerins qui de Mauléon voulaient passer à ceux d'Utziat et de Harambeltz pour aller au port de Cise.


Utziat : A Cibits, annexe de Larceveau : Utziat 1227 (Gall. Christ. Instrum. Bayonne n. 5) ; — La Magdeeine de l'ospitau d'Utziat 1441. (not. de la Bastide Villefrance n. 1 fo 35). — C'était un ancien prieuré avec hôpital, dont le titulaire siégeait aux états de Navarre. Ainsi, parmi les prieurs de cet établissement, ainsi que parmi ceux de Harambeltz, nous trouvons des ecclésiastiques des premières familles de la Navarre.


En 1227, son prieur était Pierre de Gramont. Péré de Laxague, par son testament du 12 février 1392, légua une somme de 500 florins à cet hôpital. Supprimé par lettres patentes du mois de novembre de 1787, avec ses dépendances, il fut affecté à celui de Saint-Palais. Deux ans après, la maison prieuriale fut incendiée et aujourd'hui il ne reste que quelques pans de murs de l'oratoire qui disparaitra bientôt."



A suivre...




(Source : Wikipédia et gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France et L'apogée de la Maison Gramont)




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