DOMINIQUE GARAT ET LA RÉVOLUTION FRANÇAISE.
Dominique Garat dit "Garat-Aîné", né le 12 décembre 1735 à Ustaritz (Royaume de France) - Mort à Bassussary (Basses-Pyrénées) est un avocat et homme politique français d'origine Basque.
Voici ce que rapporta Michel Etcheverry à son sujet dans le Bulletin de la Société des Sciences,
Arts & Lettres de Bayonne, en janvier 1930 :
"Le rôle politique de Dominique Garat.
... Hélas ! tout ce zèle n'empêcha point le mal d'aller s'aggravant sans cesse. Garat attribuait l'audace des malfaiteurs à la mauvaise organisation de la justice. Le 15 Messidor an IV (3 juillet 1796) il écrit à la Centrale.
"Nous avons reçu votre lettre du 1er de ce mois concernant le nouveau choix à faire des jurés parmi les citoyens de notre canton d'après la circulaire du ministre de la police générale qui y était jointe.
Tout ce qui se passe autour de nous depuis quelque temps, un grand nombre de criminels découverts, arrêtés et traduits devant les tribunaux et renvoyés libres de là bientôt après pour nous effrayer par de nouveaux crimes nous avaient préparés à sentir vivement la vérité des réflexions du ministre et des vôtres sur le nouveau choix à faire des jurés.
Veuillez donc être bien convaincus, administrateurs citoyens, que nous serons soigneusement attentifs à ne faire entrer dans la nouvelle liste que des hommes qui nous soient bien connus, également purs et de tout esprit de royalisme, et de tout esprit d'anarchie.
Nous sommes sûrs d'éviter toute méprise sur les premiers ; car ceux mêmes que nous aurions pu soupçonner autrefois ne désirent aujourd'hui que le règne tranquille de la constitution du 5 Fructidor dernier et de toutes les lois qui déjà se sont modelées et se modèleront encore sur elle.
Les méprises nous seront moins faciles à éviter quand aux seconds. Car la tyrannie a laissé dans notre canton comme partout ailleurs un nombre malheureusement trop considérable de coquins qui, habitués par elle au vol et au pillage, n'en peuvent perdre le goût et qui, s'ils souillaient la liste des jurés, y seraient comme de raison les protecteurs de tous les voleurs leurs camarades traduits aux tribunaux d'accusation et de jugement. Mais nous les connaissons tous à peu près et nous ferons en sorte qu'ils ne déshonorent pas notre liste".
L'impunité dont ils bénéficiaient encourageait les détrousseurs de tout acabit. Ils se formèrent en une puissante association et, à partir de Brumaire an V, se livrèrent à une foule d'attentats concertés contre les personnes et les biens. Ils ne reculèrent pas devant le meurtre. Nous ne rappellerons que pour mémoire le plus féroce et le plus célèbre de ces actes de cruauté : dans la nuit du 26 au 27 Brumaire an V (16 au 17 novembre 1796) une troupe armée forçait et saccageait la maison de Mondutéguy à Arraunts et le tuait lui-même à coups de fusil.
Ce tragique événement eut sa répercussion au sein de l'administration municipale. Le 7 Frimaire (27 Novembre) André Haitze commandant les gardes nationales du chef-lieu vient réclamer un supplément d'hommes et de munitions "pour suivre, dit-il, les patrouilles de nuit commencées par nos gardes nationales contre les brigands qui nous infestent et qui déjà ont commis tant de crimes chez nos voisins et chez nous". On accède à ses désirs ; il sera établi un corps de garde en chacun des quatre quartiers avec 15 fusils et 250 cartouches, qu'on demandera au général en chef.
La série rouge qui désolait notre pays soulevait jusque dans Paris une émotion plus ou moins sincère. Par une interprétation inexacte et sans doute volontairement erronée de ces excès lamentables, l'Ami des Lois annonça dans son n° 73 (Décembre 1796) qu'il se constituait une "petite Vendée" en terre Basque. Ustaritz avait déjà, le 14 Frimaire (4 décembre) saisi la Centrale des affreux déportements de la bande sinistre. Fallait-il s'en tenir là ? Laborde, commissaire du pouvoir exécutif, proposa de relever la "calomnie" du journal parisien. Garat et ses collègues prirent alors la délibération suivante (28 Frimaire, 18 décembre) :
"L'Administration municipale, considérant qu'il est de son devoir d'instruire le citoyen ministre de la police générale des faits et des circonstances des vols et assassinats qui ont été commis dans le présent district depuis environ 2 mois a délibéré de lui faire une adresse pour effacer les impressions que le rédacteur de l'Ami des Lois a cherché à répandre dans son numéro 73 et de transmettre une copie double au département central des Basses-Pyrénées de la même adresse pour lui rendre compte de notre conduite à cet égard."
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| JOURNAL L'AMI DES LOIS 24 JANVIER 1798 |
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