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samedi 26 septembre 2026

LE RÔLE POLITIQUE DE DOMINIQUE GARAT D'USTARITZ PENDANT LA RÉVOLUTION FRANÇAISE (septième partie)


DOMINIQUE GARAT ET LA RÉVOLUTION FRANÇAISE.


Dominique Garat dit "Garat-Aîné", né le 12 décembre 1735 à Ustaritz (Royaume de France) - Mort à Bassussary (Basses-Pyrénées) est un avocat et homme politique français d'origine Basque.




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DOMINIQUE GARAT "AÎNE"


Voici ce que rapporta Michel Etcheverry à son sujet dans le Bulletin de la Société des Sciences, 

Arts & Lettres de Bayonne, en janvier 1930 :



"Le rôle politique de Dominique Garat. 



... Hélas ! tout ce zèle n'empêcha point le mal d'aller s'aggravant sans cesse. Garat attribuait l'audace des malfaiteurs à la mauvaise organisation de la justice. Le 15 Messidor an IV (3 juillet 1796) il écrit à la Centrale.


"Nous avons reçu votre lettre du 1er de ce mois concernant le nouveau choix à faire des jurés parmi les citoyens de notre canton d'après la circulaire du ministre de la police générale qui y était jointe.


Tout ce qui se passe autour de nous depuis quelque temps, un grand nombre de criminels découverts, arrêtés et traduits devant les tribunaux et renvoyés libres de là bientôt après pour nous effrayer par de nouveaux crimes nous avaient préparés à sentir vivement la vérité des réflexions du ministre et des vôtres sur le nouveau choix à faire des jurés.


Veuillez donc être bien convaincus, administrateurs citoyens, que nous serons soigneusement attentifs à ne faire entrer dans la nouvelle liste que des hommes qui nous soient bien connus, également purs et de tout esprit de royalisme, et de tout esprit d'anarchie.


Nous sommes sûrs d'éviter toute méprise sur les premiers ; car ceux mêmes que nous aurions pu soupçonner autrefois ne désirent aujourd'hui que le règne tranquille de la constitution du 5 Fructidor dernier et de toutes les lois qui déjà se sont modelées et se modèleront encore sur elle.


Les méprises nous seront moins faciles à éviter quand aux seconds. Car la tyrannie a laissé dans notre canton comme partout ailleurs un nombre malheureusement trop considérable de coquins qui, habitués par elle au vol et au pillage, n'en peuvent perdre le goût et qui, s'ils souillaient la liste des jurés, y seraient comme de raison les protecteurs de tous les voleurs leurs camarades traduits aux tribunaux d'accusation et de jugement. Mais nous les connaissons tous à peu près et nous ferons en sorte qu'ils ne déshonorent pas notre liste".



L'impunité dont ils bénéficiaient encourageait les détrousseurs de tout acabit. Ils se formèrent en une puissante association et, à partir de Brumaire an V, se livrèrent à une foule d'attentats concertés contre les personnes et les biens. Ils ne reculèrent pas devant le meurtre. Nous ne rappellerons que pour mémoire le plus féroce et le plus célèbre de ces actes de cruauté : dans la nuit du 26 au 27 Brumaire an V (16 au 17 novembre 1796) une troupe armée forçait et saccageait la maison de Mondutéguy à Arraunts et le tuait lui-même à coups de fusil.



Ce tragique événement eut sa répercussion au sein de l'administration municipale. Le 7 Frimaire (27 Novembre) André Haitze commandant les gardes nationales du chef-lieu vient réclamer un supplément d'hommes et de munitions "pour suivre, dit-il, les patrouilles de nuit commencées par nos gardes nationales contre les brigands qui nous infestent et qui déjà ont commis tant de crimes chez nos voisins et chez nous". On accède à ses désirs ; il sera établi un corps de garde en chacun des quatre quartiers avec 15 fusils et 250 cartouches, qu'on demandera au général en chef.



La série rouge qui désolait notre pays soulevait jusque dans Paris une émotion plus ou moins sincère. Par une interprétation inexacte et sans doute volontairement erronée de ces excès lamentables, l'Ami des Lois annonça dans son n° 73 (Décembre 1796) qu'il se constituait une "petite Vendée" en terre Basque. Ustaritz avait déjà, le 14 Frimaire (4 décembre) saisi la Centrale des affreux déportements de la bande sinistre. Fallait-il s'en tenir là ? Laborde, commissaire du pouvoir exécutif, proposa de relever la "calomnie" du journal parisien. Garat et ses collègues prirent alors la délibération suivante (28 Frimaire, 18 décembre) :


"L'Administration municipale, considérant qu'il est de son devoir d'instruire le citoyen ministre de la police générale des faits et des circonstances des vols et assassinats qui ont été commis dans le présent district depuis environ 2 mois a délibéré de lui faire une adresse pour effacer les impressions que le rédacteur de l'Ami des Lois a cherché à répandre dans son numéro 73 et de transmettre une copie double au département central des Basses-Pyrénées de la même adresse pour lui rendre compte de notre conduite à cet égard."


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JOURNAL L'AMI DES LOIS
24 JANVIER 1798





Tout porte à croire qu'une accalmie momentanée hélas ! — se produisit les mois suivants. 26 arrestations avaient été opérées après l'attentat d'Arraunts. 18 individus, inculpés pour la même affaire, avaient pris la fuite. La Maffia était désorganisée. D'autre part les gardes nationales s'acquittaient de leur besoin de police nocturne avec zèle, malgré les fatigues du jour dans les champs. A une époque que nous ne pouvons préciser, des détachements de soldats vinrent leur prêter main forte et ces efforts combinés rendirent un peu de sécurité à nos populations affolées.



Le problème qui troubla le plus les veilles de Garat et de ses collègues fut l'attitude de leurs administrés devant le devoir militaire. Depuis 1794 la discipline s'était fortement relâchée dans les armées de la République ; les désertions à l'intérieur devinrent pratique courante. En 1795 la situation empira et c'est par bandes qu'on enregistrait les exodes. Ce fut, dit un historien (Pariset), "une démobilisation spontanée." L'épidémie gagna les valeureux Basques et provoqua dans les rangs des 4 Bataillons en garnison à Bayonne d'assez nombreuses défections. les chasseurs, partis en congé régulier, ne rentraient plus. D'autres quittaient le corps sans autorisation. L'insoumission s'ajouta enfin à toutes ces misères.



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CHASSEURS A PIED BASQUES 1794



Les pouvoirs publics essayaient de conjurer le fléau. Le 4 Frimaire an IV (25 Novembre 1795) fut votée une loi qui contenait des dispositions sévères contre les déserteurs fugitifs et réfractaires : la force armée devait les arrêter et les traduire à la maison d'arrêt du chef-lieu du département. Deux "Agents du Gouvernement", Fouché et Ferry, venus dans notre région avec ordre de faire exécuter cette loi, édictaient le 6 Pluviôse (26 Janvier) les mesures de détail propres à en assurer l'application. Le 4 Ventôse (23 Février) le Directoire Exécutif, continuant sa politique de rigueur, supprime toutes les exemptions accordées aux jeunes gens de la 1re réquisition.



Le commandement était donc officiellement poussé vers un système de contrainte. Plus surpris qu'indigné de la défaillance des Basques, il voulut malgré tout essayer de la douceur. Il avait eu tant d'occasions d'admirer les qualités guerrières de nos compatriotes ! Pour ramener les égarés, le procédé que conseillaient la sagesse et la reconnaissance était, croyait-il, le recours à la persuasion. Il réussit à faire partager ces vues à Paris.



Garat et ses collègues aidèrent de leur mieux l'autorité militaire dans sa tâche délicate. Le 23 Ventôse (13 Mars) on assemble les jeunes gens de la 1re réquisition, leurs parents, leurs logeurs, et on donne lecture d'une lettre de Junker, Adjudant Général, Chef d'état-major de la 11e Division Militaire, datée du 16 Ventôse où celui-ci invite les coupables à rejoindre, promettant au nom du Général en chef de larges permissions. Le 21 Germinal (10 Avril) on décide d'adresser des remerciements au Général Moncey pour "sa belle et touchante proclamation" du 26 Ventôse (16 Mars),  et de la publier dans les 4 communes avec toute la solennité possible. On invitera aussi la population à entendre un commentaire — où l'on mettra toute son âme — de l'émouvant manifeste.



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MARECHAL BON-ADRIEN JEANNOT DE MONCEY


Cet appel aux bons sentiments ne produit guère de résultats. En vain on procède à une seconde criée de la proclamation Moncey en faisant accompagner le héraut de l'agent municipal. Les conversions sont nulles. Et les semaines passent sans amener de changement. Le 13 Floréal (2 Mai) l'Administration centrale écrit qu'elle a reçu une plainte d'Harispe au sujet des désertions survenues dans la 12e Brigade qu'il commande ; elle adjure les administrations municipales d'agir.



Celle d'Ustaritz s'y employait, certes, de tout coeur. Elle redouble d'effort. Hélas ! toute cette activité n'aboutit à presque rien. Quinze jours après, le 28 Floréal (15 Mai), le bilan est si pauvre que nos édiles, découragés, insistent pour l'envoi d'une brigade de gendarmerie "seule force capable d'assurer parmi nous celle de la loi sur cet objet". Elle revient à la charge le 10 Prairial (29 Mai) sans succès cette fois encore. Craignait-on que l'apparition du tricorne, de tout temps antipathique aux Basques, n'aggravât la douloureuse réalité au lieu de l'améliorer ? Les registres de Baïgorry et de Labastide-Clairence nous apprennent qu'en Vendémiaire l'épidémie sévissait toujours. Le 24 de ce mois (15 Octobre 1796) un groupe assez compact de chasseurs a encore déserté. "Mais aussi, ajoutent les braves magistrats de cette dernière ville, les chasseurs Basques sont seuls à Bayonne et constamment de garde. C'est un service accablant."



Voici cependant une note nouvelle dans les cahiers d'Ustaritz. Le 10 Nivôse an V (30 Décembre 1796) la municipalité ose émettre cette affirmation optimiste : "Il est de la connaissance de l'Administration municipale qu'une grande partie si ce n'est même la totalité des réquisitionnaires, cédant aux moyens de persuasion et d'amitié employés vis à vis d'eux ont déjà rejoint leurs drapeaux". Il en reste peut-être quelques-uns, avoue-t-on prudemment. Pour ramener ceux-ci, on publiera dans les 4 communes une nouvelle proclamation que Moncey vient de lancer (à la suite sans doute de l'affaire de Vendémiaire) et qui est conçu aussi dans un esprit très conciliant. Les bons conseillers se faisaient encore illusion sur la valeur du système, peut-être aussi sur le nombre des récalcitrants. Le 1er Ventôse an V (19 Février 1797) nous cueillons en effet dans le registre ce procès-verbal : "l'agent d'Ustaritz (Bernard Duhalde) ayant annoncé que ceux des chasseurs de cette commune qui s'y trouvaient et pour la recherche desquels une colonne mobile, commandée par le citoyen Harispe s'y était transportée, s'étaient rendus à Bayonne sous leurs drapeaux et qu'en conséquence le commandant devait le lendemain quitter cette commune avec sa colonne. Il a été délibéré d'écrire au citoyen Moncey général en chef une lettre pour le remercier de ses procédés paternels envers les chasseurs Basques trop souvent fugitifs de leurs drapeaux et pour lui rendre témoignage de la bonne conduite que le commandant Harispe, les autres chefs et les soldats de la colonne ont tenue parmi nous."




A suivre...

 

(Source : Wikipédia et Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France et https://www.parismuseescollections.paris.fr/)




 

  







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