PROVERBE DU 9 MAI 2026 (SAINTE CAROLINE) (SAINT PACÔME) (GERGORI).
CAROLINE : Karolina Gerhardinger naît à Ratisbonne (Bavière, Allemagne) le 20 juin 1797.
9 MAI SAINTE CAROLINE
Caroline est une religieuse allemande, reconnue bienheureuse par l'Eglise catholique.
Caroline fonde les pauvres soeurs des écoles de Notre-Dame, congrégation de soeurs vouées à l'éducation des jeunes filles ; cet ordre, au sein duquel elle avait pris le nom de religieuse de Marie-Thérèse de Jésus est aujourd'hui répandu dans les cinq continents, avec plus de 4 000 religieuses.
Caroline meurt le 9 mai 1879 à Munich (Bavière, Allemagne).
Caroline est béatifiée par le pape Jean-Paul II le 17 novembre 1985.
(...) Gergori - Gregorio izenaren aldaera. Iruñeko euskaldunek San Gregorioko dorreari Done Gergori estaen zioten. S. Aranak Sabino Aranak eta Koldo Elizaldek argitaratuko Santu Izendegian-n bildu zuen izen hau ikus (...)
(...) Gregorio (es), Grégoire (fr), Gregory (en), Gregorius (la).
Grezierako Gregorios "iratzarria", "emea" izenetik dator, latineko Gregorius bitarteko dela. Izen hau izan duten santu eta aita santu asko daude, baina ezagunena Tourskoa da. Hau "Frantziako historiaren" aita deitu izan da, egin zituen idazkiengatik. Santuaren eguna azaroaren 17an da.
Une naissance du 9 mai : Zita Maria delle Grazie Adelgonda Micaela Raffaela Gabriella Giuseppina Antonia Luisa Agnese di Borbone-Parma, connue sous le nom de Zita de Bourbon, princesse de Parme, puis, par son mariage, impératrice d'Autriche et reine de Hongrie.
PHOTO DE ZITA DE BOURBON-PARME 191 REINE DE HONGRIE
Née le 9 mai 1892 à Camaiore (Toscane, Italie) - Morte le 14 mars 1989 à Zizers (Grisons, Suisse).
Epouse de l'empereur Charles 1er, elle est la dernière impératrice d'Autriche, reine de Hongrie et reine de Bohême.
L'Eglise catholique la considère comme servante de Dieu.
Elle est la 3ème fille et le 5ème enfant de l'ancien duc souverain de Parme Robert 1er et d'Antonia de Bragance.
La famille passe la majeure partie de l'année en Autriche et ne descend en Toscane que pour l'hiver.
Ils effectuent le voyage dans un train de 16 wagons, spécialement aménagé pour accommoder la famille, sa suite et ses biens.
Zita, ses frères et soeurs apprennent à parler italien, français, allemand, espagnol, portugais et anglais.
A 10 ans, elle est envoyée en pension chez les Soeurs de la Visitation à Zangberg, en Haiute-Bavière.
A l'automne 1907, à la mort de son père, elle est rappelée à la maison.
Elle termine son éducation dans un couvent bénédictin de l'île de Wight (Angleterre).
Elevés dans la foi catholique, les enfants Parme accomplissent de bonnes oeuvres pour les démunis, Zita et sa soeur Françoise distribuant personnellement nourriture, vêtements et médicaments aux nécessiteux de Pianore.
Durant toute une période, la santé de Zita décline et elle est envoyée suivre une cure dans un spa européen pendant 2 ans.
Après des fiançailles en juin 1911, elle épouse l'archiduc Charles, deuxième dans l'ordre de succession au trône d'Autriche, avec lequel elle aura 8 enfants.
Après l'attentat de Sarajevo, le 28 juin 1914, et l'assassinat de l'archiduc François-Ferdinand et de son épouse Sophie, suit la mort de l'empereur François-Joseph, le 21 novembre 1916.
Charles devient empereur d'Autriche et Zita impératrice consort.
Ils sont aussi couronnés roi et reine de Hongrie, le 30 décembre 1916.
Après l'armistice du 11 novembre 1918, la République d'Autriche allemande est proclamée.
La famille impériale est contrainte à l'exil, tout d'abord en Suisse.
Charles tente par deux fois de reprendre le pouvoir en Hongrie, en mars et octobre 1921, mais sans succès.
En novembre 1921, ils sont exilés à Madère.
Charles, qui a depuis longtemps une mauvaise santé, meurt l 1er avril 1922, des suites d'une bronchite dégénérée en pneumonie.
Zita, veuve à 28 ans, décide de porter le deuil de Charles pour le reste de sa vie et ne se remariera pas.
Le roi Alphonse XIII d'Espagne accepte de l'accueillir, avec ses 7 enfants, en Espagne, à Lekeitio, en Biscaye, où ils vont rester 6 ans.
En 1929, la famille déménage en Belgique.
Après l'invasion de la Belgique par les Allemands le 10 mai 1940, Zita et sa famille se réfugient en France, ensuite en Espagne, au Portugal puis aux Etats-Unis, où ils arrivent le 27 juillet 1940.
Finalement ils s'installent au Québec.
A partir de la fin de la guerre (8 mai 1945), elle passe deux ans à faire le tour des Etats-Unis et du Canada pour récolter des fonds pour l'Autriche et la Hongrie, ravagées par la guerre.
Après être revenue en Europe plusieurs fois pour les mariages e ses enfants, elle revient définitivement en Europe en 1952 pour s'occuper de sa mère qui meurt en 1959, à 96 ans.
Zita passe les dernières années de sa vie avec sa famille.
Elle s'implique aussi dans le processus de béatification de son défunt époux.
Après ses 90 ans, Zita voit sa bonne santé commencer à diminuer.
Elle meurt le 14 mars 1989, à 96 ans.
ZITA DE BOURBON-PARME A LEQUEITIO EN 1925
Voici le proverbe du samedi 9 mai 2026 :
MAIATZAREN ERDIE OTZAK ILTZEN, BESTE ERDIE EGUZKIK KIXKALTZEN.
Moitié de mai on meurt de froid, l'autre moitié le soleil vous fait griller.
MOIS DE MAI ILLUST D BELLINI
(Source : https://www.herodote.net/ et WIKIPEDIA et https://www.euskaltzaindia.eus/)
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L'IMPÉRATRICE ZITA DE BOURBON-PARME AU PAYS BASQUE EN 1924.
Zita de Bourbon, princesse de Parme puis, par son mariage, impératrice d'Autriche et reine de Hongrie, est née le 9 mai 1892 à Camaiore, en Italie, et morte le 14 mars 1989 à Zizers, en Suisse.
ZITA DE BOURBON-PARME
Epouse de l'empereur Charles 1er, elle est la dernière impératrice d'Autriche, reine de Hongrie et
reine de Bohême.
L'Eglise catholique la considère comme servante de Dieu.
Voici ce que rapporta à son sujet Henry Vidal dans le quotidien Le Figaro, le 21 juin 1924 :
Nonchalante dans une baie, courroucée dans la baie voisine où elle brûle de ses embruns les noyers et les châtaigniers qui descendent à elle, cette mer des Contabres est une mer de contradictions. Elle baigne vingt villes à peu près inconnues des touristes français : Zaraus,Ondaoa, Motrico, Guétaria, tant d'autres à la fois maritimes et montagnardes, qui jusqu'à Santander perpétuent, gardées par leurs cathédrales antiques au long desquelles sèchent des filets de pêcheurs, les traditions et les coutumes basques.
DETAIL DU PORT LEQUEITIO BISCAYE PAYS BASQUE D'ANTAN
Il est un de ces bourgs que chanta Miguel de Unamuno, le poète de la Biscaye, où les roses semblent plus qu'ailleurs roses, où les acacias, plus qu'ailleurs, chargent l'air de parfums. C'est Léquéitio.
A Léquéitio, le soleil de juin est si généreux que le dimanche les guipuzcoans, après avoir attaché aux balcons, avec les palmes blanches, des banderoles rouges et jaunes, se retirent dans leurs maisons fraîches comme l'aurore. Ainsi les rues étaient désertes, hier, et seules, quelques petites filles à l'abri de l'église jouaient au diabolo ou chantaient d'éternelles rondes auxquelles prenaient part les hirondelles folles, là-haut, près du clocher.
Elles jouaient, ces petites filles, devant le portail grand ouvert de la villa Uribarren que surmontent un tortil et un chiffre de fer. Mais tout à coup, leurs chants cessèrent car les cloches sonnaient, voix familières et très vieilles — un peu cassées.
PALAIS URIBARREN LEQUEITIO BISCAYE PAYS BASQUE D'ANTAN
Alors, de la villa Uribarren sortit une ombre. Couverte de crêpes, elle descendit les degrés du perron, traversa le jardin et entra dans l'église — dans l'église gothique au maître-autel filigrané où sur les dalles, devant chaque prie-Dieu, brûle, petite flamme d'or, un rat de cave jaune. L'ombre qui s'empressait de la sorte aux offices était S. M. la reine de Hongrie et impératrice d'Autriche.
Les fillettes qui s'étaient tues à son passage recommencèrent de jouer. Elles lançaient leur diabolo dans les magnolias et, quelquefois, la toupie dans sa course frappait une fleur blanche dont les pétales détachés étaient, par les enfants, transformés en diadème.
J'entrai dans le jardin où tout le monde peut entrer. J'essayai de m'intéresser aux statues de l'escalier, aux troupes de frelons à qui, dans les giroflées odorantes, des moineaux déclaraient la guerre ; je voulus voir si dans la vasque il y avait des poissons argentés. Mais rien ne savait me distraire. Les voiles noirs avaient tout obscurci, la mer n'était plus aussi bleue, les roses aussi rouges, l'air aussi fluide et embaumé...
Dans la villa Uribarren, à Léquéitio, sur la côte cantabrique, s'achève silencieusement un drame qui commença à l'automne de 1918.
L'armistice signé, l'empire austro-hongrois démembré, Charles de Habsbourg, la reine Zita et leurs enfants se réfugièrent à Prangins, dans la Suisse hospitalière aux détresses politiques. Pendant un long temps le monde ne s'occupa plus de ces souverains détrônés qui, d'ailleurs, semblaient se résigner à leur sort et se plaisaient, disait-on, dans l'oubli. Et puis, au printemps de 1921, soudain, l'on apprit que Charles de Habsbourg était rentré dans ses domaines. Le jour de Pâques, il s'efforça, à Budapest, de reconquérir le pouvoir. Il échoua, se retira dans le palais épiscopal de Szombathély où, malgré tout, durant une semaine, il refusa de croire à l'effondrement de son rêve. La Hongrie occidentale, lui assurait-on, faisait sienne la cause de son ancien roi. Le colonel Lehar et quarante mille hommes se disposaient à investir la capitale. Szombathély était en fête. On espérait... Mais au bout de huit jours, on sut que la Petite-Entente mobilisait ses divisions pour chasser Charles VI, on sut que le régent avait fait bon marché de ses convictions monarchiques, on sut enfin que les ambassadeurs, conférant à Paris, lui rappelaient les termes d'une déclaration prononçant l'exclusive contre la dynastie.
Charles de Habsbourg reprit le chemin de la Suisse. A Szonbathély, il fit à un peuple vibrant des adieux attristés, mais il se proclama quand même roi de Hongrie, roi couronné...
Puis un été passa. Fixé à Hertenstein, sur le lac des Quatre-Cantons, l'Empereur occupait avec sa famille une maison cachée dans les fleurs et les frondaisons. Un jour — c'était le 20 octobre — un avion géant monta de Dubendorf, se mira dans l'eau de Constance, disparut dans la rue, franchit d'un bond les montagnes bernoises et, à la nuit, atterrissait près d'Oedembourg, dans le célèbre vignoble hongrois. Une femme était du voyage. Le château de Csirsky donna asile à ces augustes pèlerins. Le lendemain, le Roi en repartait pour Budapest, dans un wagon blindé, suivi par trois trains militaires.
CHARLES 1ER ZITA ET LEURS ENFANTS A HERSTENSTEIN SUISSE 1921 Par Auteur inconnu — Imperial Twilight by Bertita Harding pg 219, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=11340464
Aux portes de la capitale ses troupes se heurtèrent aux troupes du régent. Le sang coula — très peu. Charles VI hésita... Avec l'Impératrice il fut fait prisonnier à Papatovaros, avec elle interné dans l'abbaye de Thiany, sur le lac Balatos.
L'Europe s'irrita de son obstination. Elle décida, par la voix de ses diplomates, l'éloignement définitif du prince qui ne voulait pas renoncer. Ce fut l'embarquement sur le vapeur Cardiff, l'exil dans une "Sainte-Hélène en rose".
Quelques mois encore de silence. Et le 1er avril, un après que le cloches de Pâques avaient sonné joyeusement, l'empereur Charles de Habsbourg mourait dans cette villa de Madère que lui avait ouverte un noble portugais.
Les tentatives du monarque déchu, ses ambitions pour recouvrer une couronne qu'il estimait avoir perdue au mépris de toute justice, avaient été brisées par la volonté des nations alliées, sans doute, mais aussi par cela que Charles Vi ne possédait pas les sommes d'argent nécessaires à de pareilles entreprises.
Ce n'est point un secret que le couple royal, quand il s'établit à Prangins, connut tout de suite la gêne. Quelques partisans apportèrent au prince leurs revenus diminués, mais lorsqu'il résolut de rentrer en Hongrie, il dut abandonner à d'âpres négociants une part des joyaux venant de la Couronne. Au lendemain de son dernier revers, il ne restait au Roi que son bagage d'émigrant. A ses projets très chers il avait tout sacrifié.
De quoi vécurent, à Funchal, les souverains proscrits ? Des journaux autrichiens, attentifs à combler la curiosité populaire, ont imprimé alors mille fausses nouvelles. Ils nous ont dit que des accords s'étaient conclus entre l'empereur Charles et le gouvernement tchécoslovaque pour la liquidation de terres séquestrées ; ils nous ont dit que dans les Amériques des quêtes étaient faites au profit des réfugiés. Plus tard, après les obsèques, à Do Monte, quand la courageuse impératrice vint habiter l'Espagne, les gazettes nous firent de l'indigence dans laquelle se trouvait cette princesse infortunée, des récits émouvants. Hélas ! ils contenaient beaucoup de vérité. Il est exact que, depuis les jours de Madère et jusqu'aux jours présents, les errants que sont les Habsbourg vivent non pas d'aumônes, mais de pieuses offrandes. De fidèles Hongrois fauchent chaque an, à l'intention de l'Exilée, une part de leurs céréales — pour Elle, pour l'Impératrice, pour Lui, le prince Otto, leur petit Roi.
Parfois aussi arrive, dans le port, quelque envoi anonyme : une maman française adresse à l'héritier de l'Empire d'Autriche un modeste cadeau. Et, ce soir-là, c'est pour la France que prient les archiducs et les archiduchesses. La France !... Notre sol leur est défendu — notre sol seulement. S'ils ne le peuvent pas fouler, du moins, à l'heure où le jour meurt, écoutent-ils des voix qui, par-dessus la mer, leur viennent de Paris. C'est leur seul luxe, à ces enfants de Roi : un appareil téléphonique avec lequel ils captent des chansons et des musiques aériennes. "C'est la Tour ! Ecoutons..."
J'ai lu, dans un journal romain, que ces petits bannis allaient être moins pauvres. La Reine, assurait-on, va pouvoir retirer la "rose Florentine" que détenait une banque de Berne.
Le "Florentin" fameux ne verra pas l'encan pour la raison qu'il n'est pas plus en possession d'un banquier suisse qu'il ne sera rendu à la reine Zita. Cette gemme, qui appartint au Téméraire et eut de belles aventures, est détenue par un inconnu. Quelques heures avant sa fin, Charles VI parla d'elle :
— Le "Florentin", dit-il, a été confié au plus zélé de nos amis. Le jour même où Otto recevra la couronne, le diamant lui sera remis.
Il n'en a pas dit davantage. L'Impératrice s'est inclinée. Le diamant est sous bonne garde. Elle n'a pas à y songer. Mais ses pensées, par contre, elle les donne toutes à l'éducation de son fils — son fils qui doit régner.
Le jeune prince Otto est un vaillant garçon. Sa mère dit de lui qu'il est prudent et sage. Sous la direction de personnes pour qui la charge est un apostolat, il étudie les langues, les sciences, les arts. A onze ans et demi, il sait beaucoup de choses. L'Impératrice, elle, s'est réservé de cultiver son coeur. Elle est assez bonne, et sensible, et brave pour faire de son Roi le plus digne des Rois.
Montera-t-il quelque jour sur le trône ? L'Impératrice en a la certitude. Elle croit que si Dieu l'a durement frappée, il la récompensera dans son fils. Elle s'étonne que les hommes aient été si cruels, qu'ils aient été impitoyables à l'égard du "Mort de Madère" que la tuerie des peuples révoltait, et généreux pour les coupables. Elle ne comprend pas "qu'avoir voulu la paix" mérite une plus rude peine qu'avoir voulu "la fraîche et la joyeuse guerre"...
Son fils ! "Dieu le regarde !" répète-t-elle en contemplant son front et ses grands yeux de nuit où brillent des lumières. "Dieu le regarde !"...
AUTEL MAJEUR EGLISE LEQUEITIO BISCAYE PAYS BASQUE D'ANTAN
Et puis, et, puis !... il y a dans l'adorable église de Léquéitio une vierge de pierre qu'un enfant de onze ans trouva dans un buisson par un avril vieux de sept siècles. Elle a fait cent miracles, et la Reine la prie..."
(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)
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L'IMPÉRATRICE ZITA DE BOURBON-PARME AU PAYS BASQUE EN 1922.
Zita de Bourbon, princesse de Parme puis, par son mariage, impératrice d'Autriche et reine de Hongrie, est née le 9 mai 1892 à Camaiore, en Italie, et morte le 14 mars 1989 à Zizers, en Suisse.
ZITA DE BOURBON-PARME
Epouse de l'empereur Charles 1er, elle est la dernière impératrice d'Autriche, reine de Hongrie et reine de Bohême.
L'Eglise catholique la considère comme servante de Dieu.
Voici ce que rapporta à son sujet le quotidien local, la Gazette de Bayonne, de Biarritz et du Pays
basque, le 11 février 1929, sous la plume de Renée Dominique :
"L'Impératrice Zita et la question de la paix séparée.
Conférence de M. Antoine Rédier.
ANTOINE REDIER
La fâcheuse grippe, qui sévit avec intensité à Paris, a empêché M. Edouard Helsey de nous faire samedi sa conférence sur le Président Hindenburg. Mais un autre conférencier prit le train à sa place, et ce conférencier, d'ailleurs inscrit au programme des samedis littéraires, n'était autre que M. Antoine Rédier. Donc, s'il y eut tout d'abord un peu de désappointement, le seul nom de M. Antoine Rédier enchanta tous les auditeurs, malheureusement un peu clairsemés, — est-ce le beau temps ? ou bien plutôt abondance de conférences ? — tant pis pour les absents !
Tout le monde connaît au moins, de M. Antoine Rédier, ce livre admirable qu'est "La Guerre des Femmes" et qui nous valut naguère, à Biarritz-Association, une bien émouvante conférence. Ce n'est pas de la guerre des femmes que nous a parlé samedi M. Rédier, mais d'une femme de guerre, — ou plutôt d'une femme de la paix — d'une femme dont le rôle sublime fut de mettre fin à l'atroce tuerie, d'une femme qui mit tout en oeuvre pour y parvenir, mais dont la pensée ne fut pas comprise de ceux vers qui allait son noble coeur de fille de France.
LIVRE LA GUERRE DES FEMMES D'ANTOINE REDIER
Cette femme, héroïne douloureuse, mais jamais brisée, de la plus épouvantable des tragédies ; cette femme, épouse et mère admirable devant qui toutes les mères s'inclinent respectueusement ; cette femme, dont le front pur a porté la double couronne d'impératrice et de reine, cette femme vit tout près de nous, dans un petit village basque, de l'autre côté de la frontière, une existence des plus modestes avec les huit enfants que le ciel lui a donnés et auxquels elle consacre les trésors de son intelligence et de son coeur.
ZITA DE BOURBON-PARME A LEQUEITIO EN 1925
Oui, c'est de l'impératrice Zita que M. Antoine Rédier nous a parlé, et il l'a fait avec une telle émotion, une telle piété que bien souvent nous en avons eu les larmes aux yeux et que nous avons revue, grandie encore et magnifiée, celle qui nous apparut, un jour de décembre dernier, si belle, si noble et si délicatement bonne et simple. Et M. Rédier nous a conté l'histoire la plus prodigieuse qui soit, une histoire qu'on croirait tirée de la légende, une histoire qui n'est que de l'Histoire pourtant et où l'imagination n'a rien ajouté.
Hier, à Sainte-Eugénie, nos regards et notre pensée ne pouvaient se détacher de cette frise des saintes où sainte Zita, sa jolie tête inclinée, son bras portant la lourde cruche, symbolise si bien la devise : "Les mains au travail, le coeur à tout." Elle est la sainte vénérée des habitants de Lucques, en Toscane, où naquit en 1892, une petite princesse, qui reçut son nom. La petite princesse Zita était fille du prince Robert de Bourbon-Parme et de la princesse Maria-Antonia de Portugal. Elle descendait de Louis XIV par les Bourbons d'Espagne, une fille de Louis XV était parmi ses aïeules, et sa grand'mère n'était autre que la fille de Charles X, soeur du comte de Chambord.
Son enfance se passa en partie en France, avec ses nombreux frères et soeurs, en particulier à Chambord. Elle n'entendait parler que français et l'étude de l'allemand lui fut un véritable supplice. Elle était franche et gaie, d'esprit primesautier et parfois gamin.
A 13 ans, elle va chez les Bénédictines de Solesmes, à l'île de Wright. Elle passera là trois ans au milieu de moniales françaises et de jeunes compagnes venues de France. Puis elle revient dans sa famille. Son père meurt et le 21 octobre 1911, elle épousait l'Archiduc Charles d'Autriche. Ce fut un mariage d'amour. La politique, elle, avait bien d'autres vues pour le jeune archiduc et une alliance allemande, ou tout au moins agréable à Berlin, lui aurait souri. Mais cette fois, la politique fut vaincue par un regard de femme.
CHARLES D'AUTRICHE ET ZITA DE BOURBON-PARME
Le mariage fut célébré en grande pompe et le vieil empereur François-Joseph fit à la jeune archiduchesse le plus aimable accueil. Les premières années du jeune ménage se passent en Galicie orientale où le premier enfant, l'archiduc Othon, vient au monde ; puis en Syrie où l'archiduc Charles commande un régiment et où la nouvelle de l'assassinat de son oncle, l'archiduc François-Ferdinand, vient le surprendre. Il reste d'ailleurs en Syrie et ne prend aucune part aux intrigues qui vont aboutir à la guerre.
ATTENTAT DE SARAJEVO 28 JUIN 1914
Après la mort de François-Joseph, le 21 novembre 1916, le premier acte du jeune empereur est un message à son peuple pour souhaiter la paix, et l'Impératrice va le seconder de tous ses efforts pour réaliser cette paix. Mais il faut d'abord aller à Budapest ceindre la couronne de Saint-Etienne : le patriotisme commande de fortifier la dynastie pour empêcher le démembrement de la patrie.
Toute la Hongrie a oublié la guerre pour ne songer qu'au couronnement. C'est en effet un spectacle unique que celui du sacre. Après qu'il a reçu l'onction sainte, le roi, couronne en tête, sur son cheval blanc, doit monter au mont Royal. Il faut que, parvenu au sommet, son cheval se cabre quatre fois et que quatre fois le roi prête serment.
CHARLES D'AUTRICHE ET ZITA DE BOURBON-PARME ET OTHON
La reine Zita, parée d'une robe merveilleuse sur laquelle brillent plus de six millions de joyaux, est demeurée pendant ce temps, avec sn fils Othon, entourée d'une cour étincelante et de tous les évêques à cheval, selon l'antique tradition. Ce fut pour elle un moment d'effroyable méditation. Les fêtes du sacre doivent durer plusieurs jours, mais la reine a décidé avec le roi, sans en rien dire, pour ne pas jeter à l'avance un voile sur la joie des Hongrois, de n'en pas attendre la fin, car ils n'ont pas oublié, eux, les souverains, en ces heures d'apothéose, le drame qui se joue sur les champs de bataille. On ne pardonna pas à la reine ce départ prématuré.
Charles a disgracié le généralissime, l'Archiduc Frédéric et pris lui-même en mains le commandement en chef des armées ; il a éloigné l'entourage pro-allemand du défunt empereur qui déteste la jeune impératrice : elle est belle, bonne, fine, c'est assez pour déchaîner la haine des méchants et des laids. On la surnomme "la Française" comme la fille de Marie-Thérèse fut jadis surnommée "l'Autrichienne".
L'Impératrice Zita n'a pas gouverné l'Autriche, mais elle a ajouté son âme à celle du prince dont elle est l'épouse ; elle n'a pas imposé sa politique, c'est l'héritier de la couronne qui a donné à l'Autriche une impératrice de son choix.
Dès le lendemain du couronnement, l'empereur a rejoint le grand quartier général, l'impératrice est revenue à Vienne.
Et M. Rédier nous fait le récit palpitant de ces appels de l'Impératrice à son frère, le prince Sixte, qui combat alors en Belgique avec les alliés ; de vos allées et venues entre Neuchâtel et Vienne et entre Neuchâtel et Paris ; de l'entrevue de l'empereur et du prince Sixte, enfin des propositions de paix séparée.
Dès le premier appel de Vienne, au début de 1917, le Président Poincaré avait senti que la solution pouvait venir de là et il ne douta point de la loyauté des jeunes souverains. L'intérêt de la France, pensa-t-il alors, est non seulement de maintenir l'Autriche, mais de l'agrandir au détriment de l'Allemagne. En Angleterre, Lloyd George voit là une jolie partie à jouer, la Belgique acquiesce et l'Italie est toute prête à écouter des propositions. Mais la France ne croit pas à cette paix, car la France alors, ce n'est pas Poincaré— il n'est que le Président de la République — mais c'est Ribot qui, à la tribune de la Chambre, parlera d'une offre "louche et détournée"...
Le rêve humain de l'impératrice Zita s'est écroulé. Pendant 18 mois encore, de jeunes hommes vont continuer de souffrir et de mourir par milliers et par milliers, et pour quels décevants résultats ! Et l'on verra celui qui a voulu la guerre fêter avec éclat ses 70 ans, alors que celle qui voulut la paix mène en exil une vie si misérable.
On devine ce que durent être pour l'impératrice les derniers mois de la guerre au milieu d'alliés dont elle se sent exécrée. Et c'est l'armistice. Charles et Zita restent à Schoenbrunn isolés dans la débâcle, mais en soutenant l'un l'autre de leur amour et de leur foi. Puis c'est la vie à Prangins en Suisse que l'empereur ne va pas tarder à quitter, seul, pour reconquérir son royaume. Il échoue. La seconde fois, l'impératrice sera du voyage. Elle attend un nouvel enfant, mais qu'importe ! Ils partiront tous deux en avion, malgré le froid qui les glace, et ils atterriront en Hongrie. Nouvel échec.
Et c'est alors l'exil à Madère. Ils refusent une demeure trop luxueuse pour leurs ressources et s'en vont dans la montagne vivre dans une petite maison dont l'installation est des plus sommaires. Le climat est humide, malsain. L'empereur tombe gravement malade, l'impératrice est son infirmière attentive et inlassable. Et un jour d'avril 1922, la tête appuyée sur l'épaule de l'incomparable épouse que son coeur choisit, il parle longuement de son peuple, de ses enfants et il meurt sans une plainte..
... Le roi Alphonse XIII offre l'hospitalité du château de Pardo à la jeune veuve, qui accouche de son huitième enfant une semaine après. Mais l'entretien du château est trop coûteux. Les habitants de la petite ville basque de Lequeitio se cotisent pour aménager une petite villa où l'impératrice Zita et ses enfants s'installent d'abord pour l'été, puis, s'y trouvant bien, en font leur résidence.
Parfois, ils traversent le Pays Basque français, l'Impératrice se rend presque chaque année à Lourdes avec ses enfants dont quelques-uns ont fait plusieurs saisons à Salies-de-Béarn. Celle que certains se rappellent avoir vue jadis jouer avec ses frères sur la plage de Biarritz, est ici l'objet de l'unanime respect. Chacun s'incline devant la mère admirable, devant l'épouse meurtrie, devant la souveraine infortunée dont le rêve magnifique fut de mettre un terme à la plus terrible des guerres.
Avec M. Antoine Rédier, qui a si lumineusement mis en relief le caractère et l'attitude de l'Impératrice Zita, qui nous a donné tant de précieux détails, de charmantes anecdotes, et dont nous n'avons pu que si imparfaitement traduire la pensée, disons :
"Ce que l'avenir réserve à cette admirable femme, c'est le secret de Dieu, mais quoi qu'il advienne, son nom est inscrit dans l'Histoire, et un jour viendra où l'on reconnaîtra que, dans l'ordre politique, cette jeune femme de vingt-six ans a été le seul homme de la guerre."
(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)
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