LA RHUNE EN 1914.
La Rhune (Larrun en Basque) est une montagne de 900 mètres d'altitude, située dans la chaîne des Pyrénées, en Labourd, au Pays Basque.
Voici ce que rapporta à ce sujet la revue mensuelle Pyrénées Magazine, en juin 1914 :
"La Rhune.
Nous lisons dans Pyrénées-Océan la page charmante que voici sur la Rhune :
Vers 1867, le "père Corot" vint au pays basque. Il y fit quelques études, en compagnie de son élève et ami Gustave Colin, et c'est à celui-ci que le célèbre paysagiste fit un jour la réflexion suivante, en regardant la Rhune : "Je n’aime pas cette montagne. A force de regarder la mer, elle a fini par l’imiter. Ce n'est pas une montagne, c’est une vague !" Curieuse réflexion, d’ailleurs exacte, si on admet qu’on se trouve, comme se trouvait le père Corot, sur la côte. Devant la mer, la Rhune a réellement l’allure d’une souple lame du large, qui s’avance en courbant le dos ; mais enfin, le galbe de sa silhouette dépend de l’endroit où on est placé pour l’admirer. En somme, la Rhune vague ou pas vague, est, à distance, de face, de profil ou de trois-quarts, une très jolie montagne, et le grand peintre, dont nous venons de citer la boutade, est bien difficile.
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| PHOTO DE CAMILLE COROT PAR NADAR |
Si on contemple la Rhune avec plaisir de loin, on la pratique aussi volontiers de tout près, et ce sont les joyeuses cavalcades d’Ascain et les retours cahottés par les chemins sauvages d’Olhette qui nous ont fait faire sa connaissance.
Que d’excursions amusantes ! que de pique-nique fameux a vu se succéder sur ses flancs, cette aride sentinelle qui monte la garde devant l’escadron des cimes pyrénéennes !
On partait à l’aube, le long de la Nivelle, par ces matinées de la belle saison où le "Terral", vent de terre qui ne souffle qu’au matin, semble s’être parfumé toute la nuit de l’odeur des bruyères. On faisait halte — première étape — chez le bon hôtelier-pilotari, Borda, à Ascain ; là les dames se hissaient sur les cacolets, et la veste accrochée à l’épaule, le makila en main, on se mettait en route vers l’Ucelhaya, premier plateau du massif, élevé déjà de 380 mètres. C’était la seconde étape. Repos auprès des sources fraîches ; puis venait la véritable ascension par la crête ou les raidillons. Enfin le sommet, étroit plateau surmonté du "Curedent de l’Impératrice" (petit monolithe détruit actuellement), et la Vue, la belle Vue... vue unique sur un océan de nuages, hélas ! trop souvent...
| PROMENADE EN CACOLET PAYS BASQUE D'ANTAN |
N’importe, une fois ou l’autre la chance se mettait avec les montagnards, et le temps restait pur. Quel merveilleux panorama se déroulait alors aux yeux, dans la lumière blonde du Midi !
A l’ouest, le littoral brodé d’écume s’étendant du cap Machicaco, à l’embouchure de l’Adour et aux dunes de Cap-Breton ; au sud-ouest, au sud et à l’est, un multiple rang de montagnes s’étageant du Pic du Midi de Bigorre à la crête dentelée des Trois-Couronnes. On voyait au loin le col de Velate, au bout du mince ruban qu’était la route de Pampelune ; quant aux vallées de l’Adour, de la Nive et de la Nivelle elles présentaient une carte en relief d’une bonne partie du Pays Basque et d’un fragment du Béarn. Et puis, le repas, en plein air, à l’ombre d’une anfractuosité rocheuse, succédait à la période admirative.
Sait-on qu’outre les ruines de la Redoute où les Français et les Alliés se livrèrent le 7 octobre 1813 une bataille sanglante, il y a, près du sommet de la Rhune, une autre ruine assez curieuse : celle d’un ermitage, jadis entretenu par trois communes françaises et une commune espagnole ?
Les enfants de Sare, avant 1793, y avaient leur école et s’y rendaient avec des vivres pour plusieurs jours. La Rhune a toujours été plus ou moins la montagne de Sare.
Désormais on ne fera plus la conquête de la Rhune par Ascain, avec des bourriquots et des bâtons. La Compagnie des tramways basques et le funiculaire vont nous y transporter avant peu de temps par un chemin des plus aisés et des plus beaux.
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| ROCHERS ET RUINES DE LA REDOUTE LOUIS 14 ASCAIN PAYS BASQUE AUTREFOIS |
Même magnifique spectacle, mais véhicule de premier choix, sans compter que l’on trouvera "à boire, là-haut" chose que tant de pauvres excursionnistes altères ont réclamé à grands cris si souvent.
Constatons aussi qu’on pourra mieux choisir son temps et son heure. Tout va donc à souhait pour favoriser une des plus jolies ascensions du Pays Basque. Hourrah ! pour le tramway de la Rhune."
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| TRAMWAY DE LA RHUNE PAYS BASQUE D'ANTAN |





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