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vendredi 16 août 2024

RUGBY : CHALLENGE YVES DU MANOIR POUR L'AVIRON BAYONNAIS LE 8 MARS 1936 (deuxième et dernière partie)

 

LE CHALLENGE YVES DU MANOIR POUR L'AVIRON BAYONNAIS EN 1936.


Le Challenge Yves du Manoir 1935-1936 est la 5ème édition du Challenge Yves du Manoir.





pays basque autrefois rugby aviron bayonnais du-manoir
RUGBY CHALLENGE YVES DU MANOIR 
AVIRON BAYONNAIS - USAP PERPIGNAN 8 MARS 1936
PHOTO  PARIS-SOIR


Il met aux prises 22 équipes, désignées par invitation, et réparties en 2 poules.

Les vainqueurs de chaque poule s'affrontent en finale pour l'obtention du titre.

La compétition est remportée par l'Aviron Bayonnais.



Voici ce que rapporta à ce sujet le quotidien Paris-Soir, le 9 mars 1936, sous la plume de Gaston 

Bénac :



"... Deux méthodes, deux valeurs.



Deux méthodes s'opposèrent à une cadence précipitée, avec une ardeur égale. D'un côté, Bayonne ouvrait à tour de bras, en toutes occasions, sur des lignes arrières adroites, perçantes, rapides, jouant suivant la tradition basque. De l'autre, Perpignan profitait de toutes les fautes basques, de toutes les fissures dans le jeu bayonnais pour contre-attaquer, pour percer.



D'un côté des athlètes ignorant la fatigue, l'essoufflement, de l'autre des jongleurs de balle virtuoses du hand-ball. Vigneau, Bergèze, Cunibert, Elissalde, Celhay. Ainciart se mettent en vedette d'un côté ; de l'autre, Desclaux, Bails, le demi de mêlée Vails, Raynal, étaient le plus souvent en évidence. Mais pas de trou, pas le moindre joueur insuffisant dans ces deux formations-types, dignes toutes deux de figurer au palmarès du Du-Manoir.




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PHOTO MIDI OLYMPIQUE 9 MARS 1936
MATCH RUGBY AVIRON BAYONNAIS-USAP



Les Catalans marquent.



Et c'est aussi Perpignan qui domina vers la fin de la mi-temps.

La belle explication ne languit jamais, et laissa, à l'entr'acte, les supporters des deux équipes aussi confiants qu'au début car, sur une riposte d'Abat, interceptant, l'essai fut raté de peu mais aussitôt après, sur passe de Roger Vails, Raynal marquait un bel essai pour les Catalans.



Et voici qu'à son tour, Bayonne ripostait. L'essai semblait être marqué, mais Celhay était écroulé à quelques centimètres de la ligne.



Que d'émotions en 40 minutes !



Les avants perpignanais suivent mieux.



Si Bayonne est bien plus dangereux que son rival en lignes arrière, par contre, les avants catalans suivent mieux. Ils sont plus ardents, plus fougueux, souvent mieux groupés. Arotça est le meilleur avant bayonnais. Quelques autres traînent un peu.



Par contre, quelle virtuosité en ligne arrière, surtout du côté de Bergèze, Vigneau et Elissalde. L'arrière Inthamoussou était, lui aussi, extraordinaire.



Mais quel perçant, en face, en Raynal, Palat, Danoy, Bails aussi !



Rythme accéléré.



A la reprise, Bergèze essaye de percer, mais il est correctement descendu et les Basques doivent remettre à plus tard la réussite escomptée. Les Basques jonglent avec la balle devant les buts catalans bien défendus, mais rien ne passe. Les rouges ripostent furieusement.



Le match continue à une cadence forcenée, faite d'offensives et de contre-attaques incessantes. Ah ! le public ne s'ennuie pas aujourd'hui à Toulouse. Desclaux réussit de formidables dégagements qui font se pâmer sur la touche les jolies Catalanes en déplacement.



Mais sur ses buts, Arotça, décidément magnifique aujourd'hui de bout en bout, perce toutes les lignes rouges et, donne au-dessus de l'arrière un petit coup de pied à suivre, non repris d'ailleurs. Mais quel joli mouvement offensif que celui de cet extraordinaire avant !



Cunibert essaye, sur sortie de mêlée, de lancer ses avants sur coup de pied à suivre, mais Porrical reprend parfaitement.



Et le match continue très serré avec égalité de chance, semble-t-il, mais différence de moyens.


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PHOTO MIDI OLYMPIQUE 9 MARS 1936
MATCH RUGBY AVIRON BAYONNAIS-USAP



Le film du match.

Les équipes.



U. S. A. Perpignan. — Arrière Porrical ; trois-quarts : Abat, Desclaux (cap.), Barrère. Olive ; demis : (o) Bails ; (m) Roger Vails ; avants : Raynal, Gras, Palat, Danoy, Bousquet ; Casenove, Georges Vails, Moliner.



pays basque autrefois rugby aviron bayonnais du-manoir
RUGBY USAP 1938



Aviron Bayonnais. — Arrière Inthamoussou ; trois-quarts : Vigneau, Bergèze, Zabaletta, Celhay ; demis : (o) Elissalde, (m) Cunibert ; avants : Darant, Ladeuch, Arotça ; Chirles, Brouzeng II ; Haitre, Ainciart. Brouzeng I.



La partie.



A leur entrée sur le terrain, les deux équipes sont follement ovationnées. C'est l'Aviron qui botte le coup d'envoi. Aussitôt, il s'installe dans les 22 catalans, d'où Elissalde déclenche une splendide attaque suivie d'une percée de Celhay. Sur la mêlée qui suit, Porrlcal doit toucher dans ses buts.



Les avants catalans, fougueux comme toujours, dominent à la touche. Mais Desclaux, malgré cet avantage, veille et est assez heureux pour stopper une comtre-offensive bien amenée. Perpignan cependant revient à la charge et, sur petit coup de pied à suivre de Barrère, Inthamoussou est à l'ouvrage. Du coup, Perpignan opère dans les 10 mètres bayonnais où une mêlée est jouée. Bails, servi, troue et devant Inthamoussou passe à Raynal qui, hélas ! manque la balle à l'essai.



Perpignan, semble-t-il, a le vent en poupe. Il ouvre superbement. Hélas ! Arotça intervient et dégage aux 50. La seconde d'après, les avants catalans, par affolement, manquent un essai imparable. En somme, pendant les dix premières minutes de jeu, l'Aviron a été manoeuvré et parfois fortement pressé.



Les Basques semblent maintenant se retrouver. Les touches longues leur sont d'ailleurs favorables et les voici installés dans les 10 mètres catalans où ils bénéficient d'un coup franc. Zabaletta tente le drop et le manque. Perpignan veut dégager à la main. Mauvaise opération, car les Basques reprennent la balle ; ils amorcent un mouvement splendide qui soulève à juste titre l'enthousiasme du public.



Bayonne marque.



L'essai est d'ailleurs manqué d'un souffle. L'alerte a cependant été chaude. Un drop manqué d'Elissalde, une nouvelle offensive des Basques, un dégagement de Desclaux et le public vibre de plus en plus. Sur hors jeu de Vails, Perpignan amorce un mouvement dangereux. Une mêlée est jouée à 10 mètres des buts de Bayonne. La balle sort aux Basques qui crânement attaquent. Elissalde ouvre, sert Zabaletta qui troue puis lance Bergèze. Celui-ci continue le mouvement pour ensuite recentrer à Celhay qui sert Vigneau devant Porrical. Une course folle de 50 mètres et c'est l'essai follement applaudi, marqué au pied des poteaux.


Bayonne, 5 ; Perpignan, 0.



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PHOTO MIROIR DES SPORTS 10 MARS 1936
MATCH RUGBY AVIRON BAYONNAIS -USAP



Les trois-quarts catalans veulent à leur tour attaquer. Ils ne percent ni n'avancent. Desclaux sent que ça ne va pas.



Il cherche et trouve la touche. Peu après, Desclaux tente en vain un but sur coup franc puis tape à suivre sur attaque classique. Inthamoussou est débordé. Celhay surgit et dégage aux 22. Les Catalans se font maintenant de plus en plus dangereux. Sur touche, ils amorcent un beau mouvement que Bergèze parvient à maîtriser. Perpignan revient à la charge. Celhay, cette fois, est là. D'un coup de botte il ramène le jeu aux 50. La partie est vraiment de toute beauté et l'effort des Catalans admirable.



Sur attaque des Basques, Abat intercepte, fonce à toute allure, tape à suivre et Perpignan rate l'essai d'un rien.



Mais sur la mêlée qui suit, Valls s'échappe, passe à Raynal qui marque.


Bayonne, 5 ; Perpignan, 3.



Dès la remise en jeu l'Aviron d'un souffle manque un essai et c'est le repos.



A la mi-temps : Bayonne 5, Perpignan 3.




pays basque autrefois rugby aviron bayonnais du-manoir
PHOTO MIROIR DES SPORTS 10 MARS 1936
MATCH RUGBY AVIRON BAYONNAIS -USAP




La deuxième mi-temps.



L'Aviron Bayonnais va maintenant opérer avec le vent et le soleil dans le dos. Il pousse d'ailleurs aussitôt une pointe, qui met Porrical à l'ouvrage. Les buts catalans sont de plus en plus pressés et seul un miracle les sauve. Les attaques basques ne cessent de fuser. Bergèze trouve, recentre. Hélas ! sa passe n'est pas reprise. Des 30 mètres, Elissalde tente un drop sur coup franc. Il le manque et Desclaux dégage loin, très loin, aux 40 mètres basques.



Sur simple dégagement d'Inthamoussou, Vails amorce une contre-attaque qui ramène le jeu dans les 22 basques. Mais Arotça s'empare d'une balle perdue, traverse toutes les lignes catalanes, puis tape à suivre. Du coup le jeu est reporté dans les 10 mètres perpignanais où une mêlée est jouée. Les trois quarts bayonnais sont servis. Ils paraissent devoir déborder. Hélas, Vigneau manque la balle.



Une erreur d'Inthamoussou et voici le jeu aux 50 où ce même Inthamassou amorça une contre-attaque.



Elissalde blessé. Arotça ouverture.



Peu après, sur mêlée, Cunibert met Porrical en difficulté. Elssalde, blessé, doit quitter le terrain. Il est remplacé par Arotça.



Finalement, Aviron Bayonnais bat Perpignan : 9-3."




(Source : Perpignan Rugby - Club, palmarès, effectif - RugbyZap et Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)




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mardi 16 juillet 2024

RUGBY : CHALLENGE YVES DU MANOIR POUR L'AVIRON BAYONNAIS LE 8 MARS 1936 (première partie)

LE CHALLENGE YVES DU MANOIR POUR L'AVIRON BAYONNAIS EN 1936.


Le Challenge Yves du Manoir 1935-1936 est la 5ème édition du Challenge Yves du Manoir.





pays basque autrefois rugby aviron bayonnais usap perpignan
RUGBY CHALLENGE YVES DU MANOIR 
AVIRON BAYONNAIS - USAP PERPIGNAN 8 MARS 1936
PHOTO PARIS-SOIR


Il met aux prises 22 équipes, désignées par invitation, et réparties en 2 poules.

Les vainqueurs de chaque poule s'affrontent en finale pour l'obtention du titre.

La compétition est remportée par l'Aviron Bayonnais.



Voici ce que rapporta à ce sujet le quotidien Paris-Soir, le 9 mars 1936, sous la plume de Gaston 

Bénac :



"A Bayonne, le Challenge Du Manoir.

Les Basques de l'Aviron, par 9 points à 3, ont ravi le trophée aux Catalans, devant 20 000 spectateurs enthousiastes. Un match splendide.

(De notre envoyé spécial Gaston Bénac)


Le joli spectacle.

Toulouse, 8 Mars (par téléph.) 



Toulouse s'est éveillé sous les promesses d'un ciel de printemps et le soleil qui brille au-dessus des toits rouges de la cité de Clémence Isaure semble avoir ramené la "fièvre du rugby" autour des immenses terrasses des cafés, orgueil de la capitale du rugby, forum brillant et coloré du sport dans le Sud-Ouest. On retrouvait vers midi l'atmosphère des grandes assemblées sportives d'autrefois, et bientôt les Parisiens que nous sommes, habitués aux matches froids et tristes disputés devant des assemblées squelettiques se demandèrent si la crise du rugby existait bientôt ailleurs que dans l'Ile-de-France. Mêmes cris, mêmes chants, mêmes discussions qu'autrefois. Même enthousiasme, même passion sans enjeu, même parti-pris !



Je me frotte les yeux. Je ne rêve pas. Le rugby est toujours puissant sur les terres du Sud-Ouest, surtout lorsque Perpignan et Bayonne, les "équipes reines" du ballon ovale, entrent en lice avec tous leurs éléments, ce qui est le cas aujourd'hui. L'absence du match international est ici moins sensible qu'ailleurs. On vit avec l'esprit régionaliste, avec l'esprit de club, à l'ombre de ces deux glorieuses bannières qui depuis trente ans mènent aux batailles du rugby, des jeunesses catalanes et basques ardentes, appliquées, qui croient en leurs méthodes, qui cultivent encore cette fleur devenue si rare : la tradition.


— On vit sur soi-même, me disait un dirigeant du Sud-Ouest avant le match.


En effet.



Ah ! le joli spectacle de ces maillots bleus et de ces maillots rouges évoluant dans cette ambiance extraordinaire que Toulouse nous donne dans les grandes circonstances. Comme le soleil est de la fête, un soleil éclatant, Joyeux, presque hors de saison, que l'on crie, que l'on applaudit sur les touches !



Les phases les plus émouvantes, les plus belles journées du rugby inter-clubs revivent devant nous, devant une assistance radieuse. Dans les tribunes, quelle magnifique brochette d'anciens internationaux avec les Puech, Pons, Alex Bioussa, Clovis Bioussa, Raymond Bayard, Galau, Pépion, Pailassie, Lanusse.


STADE ERNEST WALLON PONTS JUMEAUX
31 TOULOUSE


Les personnalités.



Perpignan et Bayonne ont mobilisé tous leurs dirigeants et leurs anciennes gloires. Voici M. Frois, président de l'Aviron Bayonnais ; Darhan, Guillaud, Dr Dubost, MM. Alfred Eluère, Lanothe, d'un côté ; le Dr Vancel, Izern, Jep-Xambo, Vaqué, Baria, Brutus, de l'autre. Parmi les neutres, on remarque les docteurs Voivenel et Ginesty, etc...



En attendant les ténors de Bayonne et de Perpignan, les juniors basques et toulousains s'expliquent avec une virtuosité qui ravit les spectateurs. Les jeunes Bayonnais triomphent par 6 à 3, grâce à leur sens inné de la contre-attaque, et parmi eux le jeune arrière Ehendenhaigt, fils d'un joueur de la grande équipe de 1914, et le demi Tastet se font remarquer par t'adresse et l'à-propos de leurs offensives.



Le haut-parleur annonce la présence de Maurice Chevalier, mais le grand fantaisiste est absent, Il se fait remplacer simplement par un disque, ou plutôt par plusieurs disques.



Lorsque le coup d'envoi est sifflé, Il y a bien 18 000 spectateurs autour des touches, et la recette dépasse 120 000 francs.



Les équipes se donnent à fond à fond.



Quel joli coup d'oeil, du haut des tribunes. Le stade des Pont-Jumeaux, le plus grand stade provincial de rugby actuel est archi-comble. Cette humanité passionnée s'agite, fait de grands gestes. La houle populaire semble devoir rompre par instant les lignes inviolables de touches, frontière fixée aux belligérants.



STADE PONTS JUMEAUX 31 TOULOUSE 1919



Bleus bayonnais et rouges perpignanais pénètrent ensemble sur le terrain et les Basques ayant gagné le coup d'envol, amorcent de belles attaques à la main. Celhay perce, mais la belle passe de l'allier n'est pas reprise et c'est maintenant Perpignan qui fait donner ses avants.



Quelle jolie palette avec ses heurts violents de couleurs si vives semblant se détacher en relief sur le gazon vert, inondé de soleil.



Dès le début, les petits jongleurs bleus percent les lignes rouges, mais le sifflet de l'arbitre les arrête. Ils étaient partis "en avant " et les rouges Catalans, profitant des témérités basques, contre-attaquent de façon sobre mais classique. Le demi d'ouverture Bails va très près de l'essai. La galerie perpignanaise crie : "U.S.A.P. !" "U.S.A.P. !"



Arotça a dégagé et les deux équipes continuent à s'empoigner furieusement. Les Basques se livrent à fond et les Catalans profitent de toutes leurs fautes avec un à-propos remarquable.




DESSIN AVIRON BAYONNAIS - USAP
LE PETIT PROVENCAL 9 MARS 1936



Ah ! l'admirable essai !



Bayonne domine dès que Perpignan joue avec ses lignes arrière. Pour l'instant, ces dernières n'avancent pas.



Ah ! le beau mouvement des Basques lançant une offensive endiablée sur un coup franc raté.



Parlons des passes. Le ballon file vers l'aile gauche, Vigneaux déplace au centre, les avants repartent et l'essai est manqué d'un cheveu. Le match continue à une allure folle. Tous en jeu à la main.



Et voici que, tout à coup, près de ses buts, Bayonne réalise un des plus beaux essais que l'on puisse voir. Ah, ! l'admirable mouvement des trois-quarts basques, les musclés tendus vers les buts adverses !



Elisalde perce, passe à Arotça qui transmet à Bergèse. Ce dernier recentre à Celhay et l'ailler droit lance le bolide Vigneau qui s'en va en belles foulées de sprinter vers l'essai.



La magnifique vision, le beau tableau que nous livre aujourd'hui le rugby.


— Çà, c'est un essai, s'exclame le Dr Voivenel !



PAUL VOIVENEL 1917



Le ballon était transmis avec une belle précision, une telle netteté qu'on a cru voir du travail de manège. Un essai comme celui-ci réconcilierait les plus réfractaires avec le rugby moderne."



A suivre...



(Source : Wikipédia et Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)




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