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jeudi 23 juillet 2026

HENDAYE EN LABOURD AU PAYS BASQUE EN 1912

HENDAYE EN 1912.


En 1912, la commune d'Hendaye compte environ 4 200 habitants et est administrée par M. Ferdinand Camino, vainqueur des élections municipales de mai 1912.




pays basque labourd frontière 1912
VUE GENERALE HENDAYE 1912
PAYS BASQUE D'ANTAN



Voici ce que rapporta un électeur Hendayais dans l'hebdomadaire La Frontière du Sud-Ouest, le 

17 mars 1912 :



"Hendaye.



Quelques mois à peine nous séparent des nouvelles élections municipales de mai. Alors que dans nombre de communes environnantes, les différents partis politiques cherchent, les uns à conserver les positions acquises, les autres à prendre la direction du pouvoir, à Hendaye, règne le pouvoir le plus absolu. Comment en serait-il autrement ? Après l’accomplissement d’un programme si chargé, notre municipalité n’aurait-elle n’aurait-elle le droit vie se reposer, et l’électeur jetant un regard sur les quatre années écoulées ne serait-il point satisfait des travaux exécutés ou des projets en voie d’exécution?



Ils seraient bien ingrats, ceux qui ne seraient pas satisfaits et ils devraient bien comprendre qu’en affaires communales de même qu’en affaires particulières, des empêchements viennent mettre opposition à la prompte réalisation des meilleures idées, et tout ne peut se faire à la fois.



Nous allons reprendre une à une les différentes questions portées sur la profession de foi de notre municipalité et de la sorte, avoir une idée bien établie sur le chemin parcouru et les avantages acquis par une municipalité qui porte haut et ferme le drapeau républicain.



pays basque labourd frontière 1912
HENDAYE - HENDAIA 1912
PAYS BASQUE D'ANTAN


En premier lieu, examinons la question des écoles.



Depuis une vingtaine d’années, ce projet est à l’étude et ne paraît pas résolu de sitôt. Cela coûte si cher ! Malgré les bonnes finances faites par la ville et le concours de l’Etat, il est impossible de caresser de trop près ce rêve. En attendant nos élèves et ceux de la nation voisine ne sont pas si mal que cela. N’ont ils pas dans la mairie de vastes salles de classe et pour les moments de récréation de grands préaux les mettant à l’abri du mauvais temps ?



pays basque labourd frontière 1912
HENDAYE - HENDAIA 1912
PAYS BASQUE D'ANTAN


Pourquoi d’ailleurs se presser ?



Les résultats acquis, sous une haute direction, ne viennent-ils pas satisfaire les plus mécontents ?



Le cours complémentaire n’obtient-il pas chaque année une série de réussites à en rendre jaloux le personnel enseignant du département ? Il faut être bien grincheux pour songer à envoyer les enfants, à Saint-Jean-de-Luz, Bayonne, ou à Dax. C’est méconnaître le zèle et le dévouement apportés dans la direction de ce cours. D’ailleurs des communes plus petites que Hendaye ont réussi à créer des oeuvres post-scolaires, telles que Guéthary etc... C’est que la municipalité y était plus pressée, et le nombre d’élèves plus élevé que chez nous, voilà tout !



pays basque labourd frontière 1912
HENDAYE - HENDAIA 1912
PAYS BASQUE D'ANTAN


La création promise d’une école dans le quartier du Subernoa est un grand point acquis. Par le choix de la première titulaire installée à ce poste, on voit bien que cette question n’a été réglée aussi rapidement que grâce au souci constant qu’a notre municipalité d’être agréable... aux pères de famille habitant ce quartier.



Sur la question de l’abattoir, il y a aussi un projet.



Il est vrai que rien ne presse, le local actuel remplissant toutes les conditions d’hygiène, si ce n’est toutefois sa proximité de la route qui va à la plage.



pays basque labourd frontière 1912
HENDAYE - HENDAIA 1912
PAYS BASQUE D'ANTAN


Mais quoi ? Ce n’est que rarement en pleine saison, que les touristes sont avertis par le beuglement du bétail renfermé, ou... par les parfums spéciaux.


Il est vrai qu’à Hendaye, nos braves bouchers, abattent un peu dans tous les quartiers, quittes à faire ensuite leur déclaration à la mairie (lorsqu’ils ne l’oublient pas) pour la perception de la taxe. Quant à la vérification de la viande, les habitants sont également à l’abri de toute manoeuvre malhonnête.



Chaque jour le tampon municipal de l’abattoir est apposé par un vétérinaire à deux galons, dont la compétence ne saurait être mise en doute. N’émarge t-il pas pour cette fonction au budget de la ville ?



De temps à autre d’ailleurs, le vétérinaire principal qui habite Saint-Jean-de-Luz, vient voir si tout est en règle. Que veut-on de plus ? nous sommes sûrs de ne manger que de bonne viande.



Nous voyons également parmi les promesses faites par nos édiles, la question du plaçage et des améliorations à apporter à ce service.



Où en sommes-nous ? a-t-on cherché un système meilleur de perception, soit par adjudication, soit autrement, comme cela se fait à Hasparren, Espelette, Saint-Jean-Pied-de-Port, etc. ?



Non, on s’est contenté de mettre un percepteur de plus, grevant ainsi le budget de ce chapitre. Il est vrai que l’autorité et le prestige y gagnent, car les règlements appliqués par deux fonctionnaires empanachés de galons de lieutenant, ne peuvent qu’être bien appliqués.



Pour la question de l’eau potable nécessaire à la population rurale, il nous reste également à féliciter notre municipalité de sa bonne volonté à se procurer et à répartir cet élément si nécessaire. Il est cependant regrettable que le captage des eaux de la ville n’ait servi qu’à pourvoir le sanatorium et la plage, alors que la population rurale se voit réduite à n’utiliser que le superflu. C’est d’ailleurs ce qui légitime le zèle apporté durant la saison d’été, à la fermeture des bornes fontaines.



Est-ce tout ? Non. Bien d’autres questions aussi vitales que les précédentes mériteraient notre attention, mais pour aujourd’hui nous arrêtons là l’énumération.



Pour finir sur une note plus gaie, disons qu’une mention toute particulière doit être décernée pour la bonne organisation de notre musique municipale. Cette phalange sous la haute direction du comité des fêtes, suit également une marche ascendante et de jour en jour nous fait admirer les progrès accomplis.



Il va de soi — vous le savez d’avance — que le programme du mois de mai prochain, sera en tous points, semblable au dernier.



pays basque labourd frontière 1912
HENDAYE - HENDAIA 1912
PAYS BASQUE D'ANTAN


Si tous les imprimés n’ont pas été utilisés, il y a quatre ans, il serait économique de les apposer cette année encore, de façon que l’électeur apprenne par coeur les désidérata d’une municipalité républicaine.


Un électeur Hendayais."


(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)








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samedi 13 juin 2026

LE GROUPE GAZTELU-ZAHAR D'HENDAYE À PARIS EN JUIN 1949 (deuxième et dernière partie)

LE GROUPE GAZTELU-ZAHAR À PARIS EN JUIN 1949. 



Le choeur d'hommes Gaztelu Zahar d'Hendaye a été fondé en septembre 1945 par Pepito Alonso.



pays basque chants chorale labourd hendaye
LOGO DE GAZTELU ZAHAR D'HENDAYE







Voici ce que rapporta à ce sujet Elgar, le Bulletin d'information des Basques de Paris, en juillet 

1949 :


"... Le beau voyage du groupe Gaztelu-Zahar d'Hendaye, à Paris.


Le point de vue du critique musical.




Le groupe Gaztelu-Zahar d'Hendaye, se présente très bien, dans l'accoutrement pittoresque des mendigoizales : pantalons à rayures pris dans de grosses chaussettes de laine, sandales à lacets noirs, ceinture noire, chemise noire, béret.



Les voix sont bonnes ; parmi les ténors, le timbre agréable de Célestin Eguiazabal. Les seconds ténors, assez intimidés, mais chantant juste et nuancé, ce qui est rare. Les barytons, bien. Et un étonnant pupitre de basses, descendant facilement au contre-do.



Du côté équilibre, c'est parfait. Peut-être manque-t-il un premier ténor dans certains passages "forte". Mais toutes les voix sont fondues et disciplinées.



Le répertoire est joli. Il devra se développer dans la recherche de belles chansons, notamment dans la mine d'or qu'est la Soule, où je suis certain qu'on pourrait harmoniser pour ce groupe d'hommes de très vieux airs.



Une critique amicale. Pourquoi chanter du russe ou du suédois ? Le folklore basque n'est-il pas assez riche ? Je me suis régalé en écoutant "O Pepita", dont l'exécution est vraiment de très grande classe ; mais il y a tant et tant de jolies mélodies euskariennes ? Il ne faut pas suivre l'exemple de ces groupements péninsulaires, forts de 150 ou 180 exécutants qui, au lieu de chanter leur répertoire national, veulent démontrer qu'ils connaissent Monteverde, Bach ou Honegger, et, dans ce cas, ne font pas mieux que les grandes chorales françaises ou espagnoles.



Les pots-pourris, très allègres, mais ils gagneraient à être mieux harmonisés. Souvent la basse, au lieu de donner la note fondamentale de l'accord, donne à l'octave, la tierce. C'est un péché mortel en harmonie.



Reste le résultat.



Il est vraiment, et je pèse mes mots, extraordinaire. On se demande comment 15 amateurs, dont la plupart, sans doute, ne sont pas musiciens d'école, dirigés par un amateur qui n'est pas un spécialiste de la fugue et du contrepoint, sont arrivés à donner des auditions où les attaques sont 100 pour 100 précises, les modulations archi-justes, les forte homogènes, les pianos superbement soutenus, les conclusions précises. Cette chorale s'apparente aux ensembles russes et ukrainiens, qui, quoique professionnels, ne donnaient pas une plus forte impression d'ensemble.



Il est dommage, très dommage, que Paris n'ait pas entendu Gaztelu-Zahar à Gaveau, ou à Pleyel-Chopin. C'eût été un régal.



Et c'est une oeuvre admirable, qui n'a pu arriver à ce point de perfection que grâce à un labeur inouï du chef, le talentueux et ardent Pepito Alonso, à une volonté acharnée de tous les chanteurs, le tout dans un amour efficace du folklore de leur Pays Basque.


Merci et bravo !


Jacques Perré."



pays basque chants chorale labourd hendaye
GROUPE GAZTELU-ZAHAR D'HENDAYE

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pays basque chants chorale labourd hendaye
GROUPE GAZELU-ZAHAR D'HENDAYE
SEPTEMBRE 1945 ET JANVIER 1946


"Merci, Gaztelu-Zahar !



Le groupe hendayais est resté onze jours parmi nous.



Certes, nous avons veillé à ce que de l'arrivée au départ, tout soit prêt pour que nos amis soient contents de nous.



pays basque chants chorale labourd hendaye
GROUPE GAZTELU-ZAHAR D'HENDAYE


Ils l'ont été et nous ont remercié, officiellement, officieusement, par des mots ou des gestes dont certains, sur le quai d'Austerlitz, étaient émouvants.



Et pourtant, c'est nous qui leur disons merci.



Merci pour la propagande énorme qu'ils ont faite pour le Pays Basque et l'art folklorique basque. Partout leur présentation a été impeccable. Partout leur prestation musicale a été parfaite. J'ai vu des spécialistes étonnés de la mise au point des voix, de l'ensemble des attaques, des nuances, et du style d'interprétation.



Et merci aussi pour l'exemple double qu'ils ont donné aux Basques de Paris. On a tendance, ici, à croire qu'un Basque doit hurler dès les hors-d'oeuvre dans les banquets, et se donner en spectacle au dessert. Les Hendayais ont donné une belle leçon à quelques chevaux échappés que nous avons ici, à savoir qu'ils ont mangé et bu tout autant, et qu'ils se sont tenus beaucoup mieux. Sujet de méditation, dont nous dégagerons les conclusions plus tard.



Pour cet exemple, pour cette propagande, c'est nous qui disons merci aux Hendayais, de tout coeur, et qui sommes fiers de les avoir reçus, si simples, si gentils, si peu cabotins, si éloignés des manifestations de cirque basques, si purement dans les traditions d'Eskual-Herria.




pays basque chants chorale labourd hendaye
GROUPE GAZTELU-ZAHAR D'HENDAYE


Merci, Gaztelu-Zahar, et au revoir...


Legarralde"








P.S. : une pensée pour Peio Macicior (récemment disparu) et pour sa famille...





(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)

(Merci à Maika pour le document original)








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mercredi 13 mai 2026

LE GROUPE GAZTELU-ZAHAR D'HENDAYE À PARIS EN JUIN 1949 (première partie)

LE GROUPE GAZTELU-ZAHAR À PARIS EN JUIN 1949.

 



Le choeur d'hommes Gaztelu Zahar d'Hendaye a été fondé en septembre 1945 par Pepito Alonso.



pays basque chants chorale labourd hendaye
LOGO DE GAZTELU ZAHAR D'HENDAYE






Voici ce que rapporta à ce sujet Elgar, le Bulletin d'information des Basques de Paris, en juillet 

1949 :


"Le beau voyage du groupe Gaztelu-Zahar d'Hendaye, à Paris.



Nous avons cru devoir, en raison des nombreuses manifestations qui ont eu lieu en juin, publier un numéro spécial de juillet, et à la demande de nos lecteurs, insister sur l'excellente propagande faite à Paris par le groupe "Gaztelu-Zahar" d'Hendaye.



Et voici le groupe Gaztelu-Zahar.


Son chef

Pepito Alonso, pâtissier-acteur-chanteur-chef de chorale, grand mangeur devant l'Eternel, basque carliste et coeur d'or.


Ses basses :

André Bidegaray, contrebasse de fort volume et voix chaude, quoique marchand de glace.


Pierre Etchenausia, fils de l'adjoint au maire d'Hendaye, la voix de son père, le caractère de... lui-même, joue du txistu et très joliment.


J. B. Etchenausia. C'est son frère. En plus, il danse à ravir.


Pierre Etchenausia. Le fils de Dominique. La carrure des Eguiazabal. Et quel timbre ! Et c'est lui le trésorier. Plus avare qu'Havard numéro 2.




pays basque chants chorale labourd hendaye
GROUPE GAZTELU-ZAHAR D'HENDAYE




Ses barytons :


Manolito Curutchet, dit Havard numéro 2, ancien trésorier, plus avare qu'Havard numéro 1, masseur-pédicure, vedette de chant, a chanté à Berlin devant 500 000 personnes ; le charme de la quarantaine et l'ardeur de don Juan Tenorio.


Georges Cazeaux, Iñaki Uriarte, Luis Ecenarro, chanteurs, siffleurs, gastronomes.


Ses deuxièmes Ténors :


Ils sont deux : José Luis Sarrasqueta et Lorentzo Etxarri, deux figures de Basques magnifiques, joyeux de vivre et de de chanter.


Ses premiers Ténors :


Célestin Eguiazabal, joueur de rugby, pelotari, danseur de fandango, soliste à la voix de cristal, maître de chai chez le frère Ganich. Le corps d'Hercule et l'âme célestine. N'est pas content qu'on parle des contrebandiers d'Hendaye.


Maurice Hozera promène sa stature et son calme sans s'étonner de rien. Bon appétit. 


Louis Provost. Hôtelier-poète, élégant, a réussi à séduire Paris par son charme filiforme et personnel.


Guy Phocas, dit Phoscao, celui dont les Parisiennes se souviennent. Pas impressionné par Paris, mais pas du tout. Trouve que c'est un peu cher. Homme-protée, se charge de parler, danser, chanter, faire le saut périlleux, lever les poids et faire la quête.


Et n'oublions pas Gaby Altuña et Jean Hirigoyen, txistu et atabalero, jeunes et candides, d'abord impressionnés par la Ville-Lumière, puis complétement à l'aise.


Et voilà Gaztelu-Zahar.



pays basque chants chorale labourd hendaye
GROUPE GAZELU-ZAHAR D'HENDAYE
SEPTEMBRE 1945 ET JANVIER 1946



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pays basque chants chorale labourd hendaye
GROUPE GAZTELU-ZAHAR D'HENDAYE




J'ai observé Gaztelu-Zahar...



Après le départ bruyant, sensationnel, des Hendayais, je me suis demandé pour quelles raisons cette chorale a laissé à Paris d'une part une excellente impression, d'autre part des regrets.


Et j'ai médité, rétroactivement, sur les faits et gestes de ces 17 garçons, jeunes ou demi-jeunes, pendant dix jours à Paris.


J'ai observé, d'abord, que ce groupe artistique est simple. Pepito est simple, Célestin est simple, Bidegaray est simple. Il n'y a, nulle part, la moindre trace de cabotinage. Sans fracas, sans attitudes, sans les allures préoccupées ou faussement absorbées qu'ont certains groupes folkloriques, ces garçons présentent tout bonnement une production, d'ailleurs soigneusement préparée. Et c'est très bien ainsi.


Autre caractère. Ils sont Basques. C'est-à-dire francs buveurs, solides mangeurs, et gais naturellement, mais tout cela dans la dignité. Pas d'excès, pas de démonstrations ridicules, pas d'exhibitionnisme. Tous, sans exception, ont donné, en quelque endroit qu'ils se trouvent, un bel exemple de bonne tenue. Au travail, une attention soutenue, les yeux fixés sur leur chef, désireux de faire au mieux. Et après, toujours gentils, corrects et en même temps amusants comme Phoscao et Prouvost, toujours dans les limites convenables.


Et encore ils sont aimables. Surpris au début par l'accueil qui leur a été fait, ils ont tout de suite sympathisé avec leurs compatriotes de Paris. Des amitiés durables sont nées pendant ce séjour ; ils ont su faire comprendre qu'ils étaient sensibles à l'effort parisien, ils l'ont dit.


Je suis tranquille : qu'une seule ou qu'un seul de chez nous se présente à la pâtisserie de Pepito, au chai de Célestin, à l'hôtel de Prouvost, sur le bateau d'Echarri, il verra tout de suite le sourire se dessiner sur le visage de l'Hendayais.


Il faut souhaiter que des échanges de ce genre aient lieu entre les groupes folkloriques basques. Ici, à Paris, nous sommes prêts à aider tout le monde. Mais il arrive qu'on croit ne pas devoir nous demander cette aide, et il arrive aussi, disons-le franchement, que lorsque nous allons dans notre pays basque, notre qualité de chanteur ou danseur du groupe de Paris ne nous vaille aucune sympathie, parfois même au contraire.


Pour Hendaye, la question est réglée. Ils ont véritablement séduit Paris par leur simplicité et le charme cordial qu'ils dégagent et qu'ils inspirent. Je ne sais pas s'ils reviendront. Mais je sais bien qu'en groupe ou isolément, ils peuvent compter sur l'amitié des Basques de Paris.


Jean Havard."




pays basque chants chorale labourd hendaye
GROUPE GAZTELU-ZAHAR D'HENDAYE


P.S. : une pensée pour Peio Macicior (récemment disparu) et pour sa famille...



A suivre...





(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)

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vendredi 2 janvier 2026

LE GOLF-CLUB D'HENDAYE EN LABOURD AU PAYS BASQUE EN 1912

LE GOLF-CLUB D'HENDAYE EN 1912.


En 1910, fut créé, par la société Foncière à Hendaye un golf avec un parcours de 18 trous, autour du  Château d'Abbadia et de son domaine de 70 hectares.



pays basque labourd golf
GOLF D'ABBADIA HENDAYE
PAYS BASQUE D'ANTAN



Voici ce que rapporta à ce sujet la revue hebdomadaire Pyrénoéa, le 1er décembre 1912 :


"Le Golf-Club d'Hendaye.



Peu de sports se sont développés en France comme le Golf, dans ces dernières années.



Le Sud-Ouest de la France devait à son public d'hivernants, en particulier, aux clientèles anglaise, américaine, espagnole et russe qui, avec la clientèle française, lui sont si fidèlement attachées, d'installer des Golfs Links dans ses principales stations, telles que Pau, Biarritz, Saint-Jean-de-Luz.



Hendaye, dernière venue sur la côte basque, dont le passé historique ne pouvait songer à rivaliser avec Saint-Jean-de-Luz, si pleine de souvenirs archaïques, dont le passé mondain ne pouvait porter ombrage à Biarritz, si fière de ses hôtes royaux, Hendaye devait à la splendeur de son site de forcer à son tour l'attention des visiteurs et des touristes. Non contente de la beauté de sa plage et du décor incomparable dont Pierre Loti a écrit le charme prenant, Hendaye, par une innovation dont on chercherait vainement ailleurs un autre exemple a su mériter le nom de "Cité des Sports".



Placée à mi-chemin entre Biarritz et Saint-Sébastien, Hendaye est desservie par les grands express des chemins de fer français et espagnols et les trains de luxe de la Cie Internationale des Wagons-Lits. Distante de quelques centaines de mètres seulement de Fontarabie et d'Irun, et située entre Bayonne, Biarritz et Saint-Sébastien, les aficionados qui auront choisi cette station délicieuse seront tout transportés pour assister dans les arènes aux magnifiques courses de taureaux qui se donnent pendant la saison.



pays basque labourd golf
AFFICHE COMPAGNIE INTERNATIONALE DES WAGONS-LITS



Comme transition au sport aimé des Espagnols, Hendaye offre à ses hôtes des murs pour la pelote basque, sport plus paisible qui, avec le tennis et le croquet, est déjà très en honneur. Enfin le Golf, dont nous constatons plus haut la vogue grandissante vient d'être établi à Hendaye (18 trous) dans des conditions telles qu'il est permis de le compter dès à présent, de l'avis des personnes autorisées, parmi les plus beaux du continent.



pays basque labourd golf
CARTE DU GOLF D'HENDAYE PYRENOEA 1 DECEMBRE 1912
PAYS BASQUE D'ANTAN




Dessiné par M. H. S. Colt, le réputé créateur du Sunningdale Golf en Angleterre, dans cet admirable parc d'Abbadia que seuls aujourd'hui quelques privilégiés connaissent, et dont l'étendue est telle qu'un second Golf de 9 trous pourra y être facilement installé, le Golf de Hendaye sera bientôt le rendez-vous de la colonie élégante de toute la côte basque. Les parcours en sont tracés sur de superbes pelouses dont le terrain léger est accidenté à souhait.



pays basque labourd golf
ARCHITECTE PAYSAGISTE DE GOLF HARRY S COLT



La vue, limitée à l'est et au sud par la chaîne des Pyrénées, s'étend sur la mer, de Fontarabie et de l'embouchure de la Bidassoa jusqu'à Biarritz, la barre de l'Adour et la côte des Landes, d'une part et sur la côte Cantabrique, au-delà de Bilbao d'autre part.



Les quelques photographies qui encadrent ce texte font voir, mieux que toutes les descriptions, la situation unique de ce beau domaine, dont la plus grande partie a été acquise récemment de l'Institut de France par La Foncière de Hendaye et du Sud-Ouest, et le surplus a été pris en location pour une très longue période.



pays basque autrefois hendaye plage golf
ACTION DE CENT FRANCS
LA FONCIERE DE HENDAYE ET DU SUD-OUEST


Les amateurs de Golf qui auront ainsi la chance de trouver réunis, à moins de 25 kilomètres, les Golfs de Biarritz, de Saint-Jean-de-Luz et Hendaye viendront à ce dernier pour l'ingénieuse variété de ses courses.



Les amis de la nature et du paysage y viendront également pour reposer leurs yeux sur des horizons variés à l'infini, qui se trouvent résumé en deux mots : mer et montagne.



Ajoutons qu'Hendaye qui n'était pendant ces dernières années qu'un but d'excursion va devenir cet été, du fait d'importants travaux effectués sur la plage et de la création de nouveaux moyens de communication : pont sur la Bidassoa, entre Hendaye et Irun ; route de Corniche et tramways électriques entre Hendaye et Biarritz ; chemin de fer électrique entre Hendaye et Saint-Sébastien, etc., un véritable centre d'excursion de séjour des plus recherchés.




pays basque autrefois tramways chemins fer électriques basses-pyrénées
OBLIGATION DE 500 FRANCS 1913
CHEMINS DE FER DES TRAMWAYS ELECTRIQUES
DES BASSES-PYRENEES ET PAYS BASQUES


Nombreux étaient les touristes qui déploraient de ne pas trouver à la plage le Grand Hôtel, pourvu de tout le confort moderne, tel que les progrès de l'industrie hôtelière ont su l'imposer dans la plupart des grandes stations. Cette lacune est aujourd'hui comblée. Le Grand Hôtel Basque Eskualduna, complété par de nombreuses villas déjà en construction, Hendaye avec ces bons hôtels existants et les nombreuses villas construites au cours des dernières années, offrira ainsi à ses hôtes des facilités d'habitations dignes de la splendeur de son site."



pays basque labourd hôtel palace
GRAND HÔTEL ESKUALDUNA HENDAYE
PAYS BASQUE D'ANTAN



(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)








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dimanche 9 novembre 2025

LE ROMAN "RAMUNTCHO" DE PIERRE LOTI JOUÉ EN LANGUE BASQUE À HENDAYE EN LABOURD AU PAYS BASQUE EN MARS 1922 (deuxième et dernière partie)

 

"RAMUNTCHO" À HENDAYE EN 1922.


Le 26 mars 1922, est joué à Hendaye, au Théâtre des Variétés, une adaptation théâtrale en langue Basque de "Ramuntcho", le roman de Pierre Loti.



pays basque labourd cinéma hendaye loti decrept
CINEMA LES VARIETES HENDAYE
PAYS BASQUE D'ANTAN




Voici ce que rapporta à ce sujet La Gazette de Biarritz-Bayonne et Saint-Jean-de-Luz, dans 

diverses éditions :



  • le 28 mars 1922 :

"Un grand événement artistique et littéraire à Hendaye.

"Ramuntxo" est joué en langue basque.

M. Etienne Decrept nous parle de la belle adaptation de don Toribio de Alzaga.



Malgré le mauvais temps, un public assez nombreux assistait à la première représentation de Ramuntxo en France. Le traducteur et adaptateur du roman fameux de dirigeait lui-même sa phalange d'artistes-amateurs. Disons tout de suite que le succès a été considérable et bien mérité. L'adaptateur, don Toribio de Alzaga, directeur de l'Académie de Déclamation basque de San Sébastian, est presque un professionnel de l'art dramatique. Il a des oeuvres personnelles à son actif et sa réputation chez les eskualduns transpyrénéens est grande.



Aussi son habileté scénique lui a-t-elle permis de tirer d'un livre, d'où l'action est à peu près bannie, tout ce qu'il comportait d'intérêt théâtral. On sait qu'en général on fait du mauvais théâtre avec le roman.



pays basque autrefois loti ramuntcho
LIVRE RAMUNTCHO DE PIERRE LOTI


Les deux genres sont en quelque sorte deux frères ennemis, le roman analysant presque toujours des situations que le théâtre synthétise. A cause de cette raison profonde, toutes les tentatives faites pour extraire, des livres dont la partie dialoguée est la moins étendue, des pièces où toute vie s'exprime par le dialogue ont échoué lamentablement.



Cette mode n'est, d'ailleurs, pas ancienne et nous la devons à la période naturaliste de notre littérature : c'est entre tous ses lanceurs, Edmond de Goncourt, à l'outrecuidance sans bernes, qui crut plus particulièrement nous doter d'une dramaturgie nouvelle, appelée dans la conviction de son initiateur à supplanter les vieilles formes de notre théâtre classique ou romantique. Et ce fut alors Germinie Lacerteux aux innombrables tableaux défilant avec une rapidité cinématographique ! aux vices plus grands que les pleins ! — je veux dire que les entr'actes y duraient plus — que la pièce — et ce fut aussi l'effondrement !



pays basque labourd cinéma hendaye loti decrept
ROMAN GERMINIE LACERTEUX
PAR EDMOND ET JULES DE GONCOURT



Les auteurs faits pour le théâtre revinrent à la coupe en actes et si quelques-uns s'attardèrent dans la formule Goncurienne, c'est bien par hasard ou avec le désir d'être agréables à des directeurs pour qui tout l'art théâtral tient dans la mise en scène : J'ai nommé M. Antoine, le célèbre M. Antoine qui a — paraît-il — révolutionné le théâtre en France !...



france comédien metteur scène réalisateur critique odéon théâtre
PHOTO D'ANDRE ANTOINE
PAR CHARLES REUTLINGER


C'est lui qui fit mettre Ramuntcho à la scène et ce ne fut pas un succès pour l'Odéon.

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M. Toribio de Alzaga ne s'est pas servi de la pièce française. Il a puisé directement dans le roman. Comme je l'ai dit plus haut, l'ouvrage de Loti n'ayant que peu de substance dramatique ne permettait pas au dramaturge de multiplier les épisodes sensationnels. Celui-ci, très respectueusement, a suivi presque toujours la trame du livre. A peine a-t-il guipuzcoanisé le deuxième acte en y produisant un "ttunttun" et en pourvoyant de chapeaux melon et de apes à l'espagnole les paysans sortant de l'églises. A mon voisin, qui s'effarait devant cet endimanchement inattendu, j'appris que les campagnards basques de là-bas arborent obligatoirement dans les cérémonies religieuses d'un certain ordre la cape et le chapeau haut, hérités de l'Aïeul. C'est ainsi que j'ai de mes yeux vu des Bolivars à soies longues de 1820 voisiner avec des tubes de tous calibres et de toutes silhouettes : Rétrécis par le haut, évasés, droits, à bords plats et à bords relevés. Mon père m'affirmait que vers 1850 il n'était pas rare de rencontrer des tricornes et des bicornes du XVIIe siècle et nul ne songeait à taxer cette exhibition de carnavalade.



pays basque theatre donostia labourd cinéma
TORIBIO DE ALZAGA


Donc, M. de Alzaga a tout simplement fait de la couleur locale en habillant ainsi sa figuration et personne n'a le droit de lui adresser de reproches à ce sujet.



Ce deuxième acte est plein de mouvement ainsi que le troisième tableau, un peu court... et pour cause.



Par contre, dans le quatrième tableau il a fallu faire se succéder trop d'événements dans un laps de temps trop court, mais cet illogisme disparaît sur la scène quand l'action est vivement conduite, et c'est le cas.



Le cinquième tableau est nettement de transition. L'essentiel pourrait y être dit en deux minutes et j'estime que don Toribio de Alzaga pourrait s'arranger de façon à rattacher cet essentiel à la fin du quatrième tableau. Nous y gagnerions de ne pas avoir notre émotion coupée par un monologue de Florentino parfaitement inutile à la marche des événements et qui, du reste, n'est qu'une redite en prose de la chanson d'Elissamburu : Ikhusten duzu goizian. Cousez, don Toribio, cousez.



Le dernier tableau est parfait de composition et de sobriété.



La langue de l'auteur — car ici l'adaptation du drame est vraiment l'auteur de son expression — est d'une élégance et d'une pureté remarquables. Je ne connais rien d'aussi harmonieux que l'eskuarien débarrassé de ces successions d'assonances auxquelles nos baptisants n'attachent, semble-t-il, aucune importance fâcheuse. M. de Alzaga n'est point de ces trop faciles littérateurs, heureusement. Aussi, les belles tirades de Ramuntxo sont-elles un régal pour les oreilles délicates.



Mais, dont Toribio n'a pas mis que de la grâce et de la science linguistique dans ses dialogues. L'esprit, un esprit naturel, bien populaire y éclate spontanément, sans effort, quand la situation l'exige. Le public très compréhensif, accueillit chacune de ces boutades, vraiment de terroir, par des transports de joie.



Il est vrai que les deux artistes qui les lançaient sont exceptionnellement doués pour les rôles comiques : M. Eguilejor (Itxua) et M. Etxeberria (Monsieur le Curé) nous ont rappelé — mais à nous y tromper — des types rigoureusement basques et très souvent rencontrés dans nos promenades à travers Eskual-Herria.



M. Beorlegui a tenu sans défaillance le rôle difficile de Ramuntxo et, à la fin du quatrième tableau, il a su trouver des accents sincères et émouvants.



MM. Lasa et Muxika ont de bonnes figures d'Eskualduns bien sympathiques.



Les rôles de femmes ont moins d'importance que les rôles d'hommes, excepté toutefois celui de Pantxika, la mère de Ramuntxo. Mlle Olaso y fait ressortir de belles qualités de tendresse et de mélancolie.



Maritxo, la fiancée du principal protagoniste, a une interprète ingénue à point dans Mlle Arrieta ; Mlle Areitioaurtena est une Pilar basque à souhait et Mlle Iricoyen une mère religieuse enveloppante et melliflue comme celle de la réalité même. Car la scène finale du roman et de la pièce n'est pas due à l'imagination de Pierre Loti. Elle est authentique. L'un des jeunes gens qui la vécurent — le frère de la religieuse novice — la raconta à l'écrivain pour s'effarer plus tard naïvement de l'effet prodigieux que le récit dégage : Comment, demandait-il à l'un de ses meilleurs amis qui est également un intime de Loti, comment a-t-il pu si bien peindre les sentiments et les attitudes des gens qui prenaient part à cette courte discussion puisqu'il n'y assistât pas ? Ce bon Arroxko ignorait les ressources du génie. Alphonse Daudet, admirable artiste lui-même, aimait par dessus tout cette scène si sobrement tragique. Il la croyait inventée et faisait force compliments à Pierre Loti de cette délicieuse trouvaille : tu es un mage, lui disait-il !



Une vérité se dégage de cette audition théâtrale et, à mon sens, elle a une importance énorme : C'est que les personnages dessinés par Pierre Loti sont de vrais basques et non des fantoches. Si c'étaient là des être artificiels, sans nerfs ni âmes, ce n'est pas en les faisant parler "eskuaraz" que M. de Alzaga leur eût insufflé une vie qui leur manquait.



Ceci soit dit pour le bascophile M. Julien Vinson qui critiqua durement le roman Ramuntcho lors de sa parution.




pays basque 1897 littérature loti labourd
RAMUNTCHO DE PIERRE LOTI
PAYS BASQUE D'ANTAN



Pauvre pays basque ! Chaque étranger qui le découvre croit être le seul à l'avoir découvert et jalouse le nouveau "découvreur" — passez-moi ce vieux mot tombé en désuétude on ne sait pourquoi ; — les anglais plus pratiques l'ont conservé.

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L'Ecole de déclamation de San Sébastian devrait être chère à tous les bascophiles et susciter parmi ceux de ce côté des Pyrénées la volonté d'en créer une semblable. Mais le zèle du théâtre basque ne les dévore pas et l'on voit même l'unique revue littéraire de notre région se refuser à l'insertion de la non moins unique pièce basque que l'on y ait représentée — avec succès du reste. — Il n'y a pas de grande église eskuarienne... non... mais il y a une chapelle avec ses véritables desservants. Soyons gais, mes frères et ne nous frappons pas.

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Je ne veux pas terminer cet article sans adresser mes compliments aux audacieux entrepreneurs de ce spectacle exceptionnel. Ils recommenceront, je l'espère, si le beau temps les favorise, leur théâtre sera trop petit pour contenir la foule accourue."


(Source : Wikipédia et Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)





Merci ami(e) lecteur (lectrice) de m'avoir suivi dans cet article.

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