Nous avons cru devoir, en raison des nombreuses manifestations qui ont eu lieu en juin, publier un numéro spécial de juillet, et à la demande de nos lecteurs, insister sur l'excellente propagande faite à Paris par le groupe "Gaztelu-Zahar" d'Hendaye.
Et voici le groupe Gaztelu-Zahar.
Son chef :
Pepito Alonso, pâtissier-acteur-chanteur-chef de chorale, grand mangeur devant l'Eternel, basque carliste et coeur d'or.
Ses basses :
André Bidegaray, contrebasse de fort volume et voix chaude, quoique marchand de glace.
Pierre Etchenausia, fils de l'adjoint au maire d'Hendaye, la voix de son père, le caractère de... lui-même, joue du txistu et très joliment.
J. B. Etchenausia. C'est son frère. En plus, il danse à ravir.
Pierre Etchenausia. Le fils de Dominique. La carrure des Eguiazabal. Et quel timbre ! Et c'est lui le trésorier. Plus avare qu'Havard numéro 2.
GROUPE GAZTELU-ZAHAR D'HENDAYE
Ses barytons :
Manolito Curutchet, dit Havard numéro 2, ancien trésorier, plus avare qu'Havard numéro 1, masseur-pédicure, vedette de chant, a chanté à Berlin devant 500 000 personnes ; le charme de la quarantaine et l'ardeur de don Juan Tenorio.
Georges Cazeaux, Iñaki Uriarte, Luis Ecenarro, chanteurs, siffleurs, gastronomes.
Ses deuxièmes Ténors :
Ils sont deux : José Luis Sarrasqueta et Lorentzo Etxarri, deux figures de Basques magnifiques, joyeux de vivre et de de chanter.
Ses premiers Ténors :
Célestin Eguiazabal, joueur de rugby, pelotari, danseur de fandango, soliste à la voix de cristal, maître de chai chez le frère Ganich. Le corps d'Hercule et l'âme célestine. N'est pas content qu'on parle des contrebandiers d'Hendaye.
Maurice Hozera promène sa stature et son calme sans s'étonner de rien. Bon appétit.
Louis Provost. Hôtelier-poète, élégant, a réussi à séduire Paris par son charme filiforme et personnel.
Guy Phocas, dit Phoscao, celui dont les Parisiennes se souviennent. Pas impressionné par Paris, mais pas du tout. Trouve que c'est un peu cher. Homme-protée, se charge de parler, danser, chanter, faire le saut périlleux, lever les poids et faire la quête.
Et n'oublions pas Gaby Altuña et Jean Hirigoyen, txistu et atabalero, jeunes et candides, d'abord impressionnés par la Ville-Lumière, puis complétement à l'aise.
Et voilà Gaztelu-Zahar.
GROUPE GAZELU-ZAHAR D'HENDAYE SEPTEMBRE 1945 ET JANVIER 1946
Après le départ bruyant, sensationnel, des Hendayais, je me suis demandé pour quelles raisons cette chorale a laissé à Paris d'une part une excellente impression, d'autre part des regrets.
Et j'ai médité, rétroactivement, sur les faits et gestes de ces 17 garçons, jeunes ou demi-jeunes, pendant dix jours à Paris.
J'ai observé, d'abord, que ce groupe artistique est simple. Pepito est simple, Célestin est simple, Bidegaray est simple. Il n'y a, nulle part, la moindre trace de cabotinage. Sans fracas, sans attitudes, sans les allures préoccupées ou faussement absorbées qu'ont certains groupes folkloriques, ces garçons présentent tout bonnement une production, d'ailleurs soigneusement préparée. Et c'est très bien ainsi.
Autre caractère. Ils sont Basques. C'est-à-dire francs buveurs, solides mangeurs, et gais naturellement, mais tout cela dans la dignité. Pas d'excès, pas de démonstrations ridicules, pas d'exhibitionnisme. Tous, sans exception, ont donné, en quelque endroit qu'ils se trouvent, un bel exemple de bonne tenue. Au travail, une attention soutenue, les yeux fixés sur leur chef, désireux de faire au mieux. Et après, toujours gentils, corrects et en même temps amusants comme Phoscao et Prouvost, toujours dans les limites convenables.
Et encore ils sont aimables. Surpris au début par l'accueil qui leur a été fait, ils ont tout de suite sympathisé avec leurs compatriotes de Paris. Des amitiés durables sont nées pendant ce séjour ; ils ont su faire comprendre qu'ils étaient sensibles à l'effort parisien, ils l'ont dit.
Je suis tranquille : qu'une seule ou qu'un seul de chez nous se présente à la pâtisserie de Pepito, au chai de Célestin, à l'hôtel de Prouvost, sur le bateau d'Echarri, il verra tout de suite le sourire se dessiner sur le visage de l'Hendayais.
Il faut souhaiter que des échanges de ce genre aient lieu entre les groupes folkloriques basques. Ici, à Paris, nous sommes prêts à aider tout le monde. Mais il arrive qu'on croit ne pas devoir nous demander cette aide, et il arrive aussi, disons-le franchement, que lorsque nous allons dans notre pays basque, notre qualité de chanteur ou danseur du groupe de Paris ne nous vaille aucune sympathie, parfois même au contraire.
Pour Hendaye, la question est réglée. Ils ont véritablement séduit Paris par leur simplicité et le charme cordial qu'ils dégagent et qu'ils inspirent. Je ne sais pas s'ils reviendront. Mais je sais bien qu'en groupe ou isolément, ils peuvent compter sur l'amitié des Basques de Paris.
Jean Havard."
GROUPE GAZTELU-ZAHAR D'HENDAYE
P.S. : une pensée pour Peio Macicior (récemment disparu) et pour sa famille...
A suivre...
(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)
(Merci à Maika pour le document original)
Merci ami(e) lecteur (lectrice) de m'avoir suivi dans cet article.
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Milesker pour votre joli article.
RépondreSupprimerCe voyage ,avec son lot d' anectode, est resté ancré à jamais dans la mémoire collective du Gaztelu Zahar.