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jeudi 7 mai 2026

UNE ÉTUDE GÉOLOGIQUE AU PAYS BASQUE EN 1840 (troisième partie)

UNE ÉTUDE GÉOLOGIQUE AU PAYS BASQUE EN 1840.


En 1840, un ingénieur civil fait une étude géologique, en Pays Basque Nord.



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MEMOIRE GEOLOGIQUE SUR LES ENVIRONS DE BAYONNE
DE JULES GINDRE 1840



Voici ce que rapporta Jules Gindre, Ingénieur civil des Mines, en 1840, dans son Mémoire 

géologique sur les environs de Bayonne et sur la non-possibilité d'y trouver de la houille :




"... En subissant quelques modifications dans leur aspect et dans leur composition, ces calcaires compactes s'étendent jusqu'au delà de Saint-Jean-Pied-de-Port, dans les communes de Lacare, de Lecumberry, de Mendive, et constituent les groupes des montagnes de Lacarramendi, Béorlégui, etc. Les bancs de calcaires susceptibles de fournir de beaux blocs de marbre colorés et veinés, propres à être débités en dessus de tables, en chambranles de cheminées, etc., y sont tout aussi communs que dans les montagnes d'Isturitz et de Saint-Martin ; mais il n'est point rare que des bancs d'une belle apparence et d'une exploitation facile doivent être abandonnés, parce que la pâte renferme une foule de grains de quartz hyalin, qui opposent un obstacle insurmontable pour le polissage, sinon pour le sciage des blocs.



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VUE GENERALE QUARTIER EGLISE ISTURITS
PAYS BASQUE D'ANTAN



Ces groupes calcaires ou marneux postérieurs à la craie, qui se succèdent sans discontinuité sur une grande étendue, dans une direction qui est à peu près nord-ouest sud-est, me paraissent représenter incontestablement le terrain du lias, ce que du reste je préciserai mieux plus loin ; et le groupe du keuper, ou des marnes irisées, s'y trouve également représenté, de manière à ce que non-seulement il est possible de constater ses relations habituelles avec le lias, mais aussi son indépendance comme étage géologique ; ce sont des marnes rougeâtres, bleuâtres ou jaunes, qui se succèdent en alternant avec des calcaires compactes argileux, et avec des couches minces de marnes argileuses légèrement bitumineuses.



Les marnes irisées sont surtout développées dans les environs de Saint-Pée au quartier d'Ibarondoa, à Sare, et dans la vallée de Saint-Jean-Pied-de-Port et de Lécumberry : elles renferment partout des amas de gypse fibreux et strié gris et blanc, qu'on exploite pour les constructions, et les gisements de cette utile matière, dont on reconnaît presque toujours la présence lorsque les marnes irisées paraissent au jour, sont assez multipliées pour que l'agriculture pût y puiser de précieux secours. L'existence d'un grand dépôt de sel gemme, bien constatée par des sondages et des puits, à Villefranque, Briscous, Oraas, etc. , doit faire placer le terrain du keuper de cette contrée au nombre des formations salifères les plus importantes. Les usines établies à Briscous, Urcuit, Salies, etc., exploitent ce dépôt en évaporant des eaux salées à 20 degrés environ, qu'elles retirent de puits creusés dans les marnes et les argiles salifères. Entre la vallée de Saint-Pée et Villefranque et Briscous, le keuper est recouvert par les marnes et les calcaires du lias ; dans ces dernières localités il n'est apparent qu'au fond des vallées, surmonté qu'il est par la formation crétacée, et on le retrouve découvert sur plusieurs points des vallées de Saint-Jean-Pied-de-Port et de Baigorry. Du reste, sauf quelques déviations commandées par les contours des terrains granitoïdes et de transition, la direction générale de la formation salifère est à peu près parallèle à celle des Pyrénées.



Les calcaires et les marnes qui sont dans la vallée de la Nive entre Ossez et Saint-Jean-Pied-de-Port, et qui se rapportent à la partie moyenne du lias, diffèrent par leurs caractères minéralogiques et leur aspect, des roches de cette formation aux environs de Saint-Pée et d'Espelette. Des calcaires jaunes, magnésiens, caverneux, et de fortes couches de dolomie alternent avec des calcaires marneux gris, surtout sur la rive droite de la Nive ; ils se rattachent sans interruption aux marnes et aux calcaires qui reposent sur les schistes et les quartzites de Baigoura, et ils vont s'appuyer sur les couches de grès rouge de la montagne d'Arradoy, au nord de Saint-Jean-Pied-de-Port.



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L'ARRADOY SAINT-JEAN-PIED-DE-PORT
PAYS BASQUE D'ANTAN



Les marnes avec gypse du fond des vallées de Saint-Jean-Pied-de-Port et de Baigorry, sont associées à plusieurs couches de 50 centimètres à un mètre d'épaisseur de fer oligiste terreux, d'une richesse variable ; quelques-unes renferment du minerai compacte à cassure brillante, et alors elles sont susceptibles d'être exploitées. Le fer oligiste en petites paillettes ou pulvérulent y forme également des amas isolés ou disposés à la suite les uns des autres en forme de chapelet, et ayant depuis dix centimètres jusqu'à deux ou trois mètres de diamètre. Ce dernier minerai dont le gisement et la contexture ont assez de singularité, et auquel il est difficile de ne pas attacher des idées de sublimation, est surtout très-commun dans la vallée d'irruléguy et de Baigorry ; il est recherché et exploité avec soin, sans que jamais pourtant il puisse donner lieu à des travaux réguliers et de quelque durée.



Le fer hydroxydé compacte caverneux, est très-répandu dans le terrain supérieur au Keuper ; sur plusieurs points des vallées de Lecumberry, de Mendive, de Lacarre, il forme des amas, des couches et des filons dont l'importance est telle qu'ils sont presque toujours exploitables, et la multiplicité de ces gîtes donne aux terrains des environs de Saint-Jean-Pied-de-Port un caractère éminemment ferrifère. Ces minerais sont généralement purs, le fer qui résulte de leur mélange avec les oligistes compactes ou pulvérulents, est d'une excellente qualité.



Dans la vallée d'Arnéguy sur la rive droite de la rivière, les calcaires argileux et les marnes grises du lias, composent seuls les montagnes qui bordent la route d'Espagne, et ces roches dont l'ensemble atteint une grande puissance, ont une contexture si serrée et un aspect si différent de celui qui est habituel au lias des vallées de Saint-Pée, de Saint-Jean-Pied-de-Port, etc., que de loin on serait tenté de les prendre pour des schistes ardoisiers de transition. Le terrain de la vallée d'Arnéguy offre un exemple saillant des aspects et des caractères tout particuliers que peut prendre une formation dans la même contrée et sur des points très-rapprochés les uns des autres.



De l'autre côté des montagnes de schistes de transition de Baigorry et de Banca, dans la vallée des Aldudes, le terrain du lias se retrouve dans des conditions trop remarquables pour que je ne doive pas le comprendre dans la description succincte des formations des environs de BayonneLes calcaires marneux, les marnes schisteuses, grises, noires et jaunâtres sont fort développés dans la direction de Roncevaux et du côté de la vallée de Bastan, et le terrain y prend un caractère métallifère assez prononcé pour qu'à plusieurs reprises il ait attiré sur lui une vive attention. Dans les montagnes d'Esne - Célayeta on rencontre fréquemment au milieu des marnes noires et jaunes, des nids ou rognons de plomb sulfuré à moyennes facettes, qui remplit également des fissures dans un grès calcaire associé à ces marnes, et qu'on doit, je crois, rapporter au grès du lias. Ces nids et petits filons de galène, d'un volume toujours extrêmement restreint, ont une manière d'être fort irrégulière ; leur gisement soit dans les marnes, soit dans le grès macigno, est à peu près insaisissable, et on ne peut même leur reconnaître l'apparence de régularité des filons les plus irréguliers ; ils sont exploités par les bergers français et espagnols, qui en vendent le minerai pour alquifoux aux potiers du pays.



Dans le terrain du lias qui sépare la vallée des Aldudes de celle de Bastan, le plomb sulfuré est remplacé par du minerai de cuivre pyriteux et de cuivre gris dont on trouve fréquemment des indices, et plus particulièrement sur le versant espagnol. Le minerai le plus répandu, celui qui a le plus contribué à appeler l'attention sur ce canton, est du cuivre gris non argentifère, de composition et de richesse très-variables, déposé en nids, rognons et petits filons. La montagne de Basséguy est le point qui renferme le plus grand nombre de ces gîtes de minerai ; les uns et les autres sont toujours fort peu importants, très-irréguliers, soit qu'ils remplissent des fentes perpendiculaires aux lits du calcaire, soit qu'ils forment des lits parallèles aux couches. Au-dessus des bergeries de Basséguy, les calcaires argileux et les marnes grises renferment un amas de marnes ocracées, spongieuses, dans lesquelles se trouvent des plaques et des nodules de cuivre gris, de cuivre pyriteux et de fer sulfuré, accompagnés de quelques gros rognons de calcaire siliceux imprégnés ou enveloppés de cuivre gris ; mais cet amas de marnes argileuses a des limites fort restreintes, et sa position tout à fait accidentelle à la surface du terrain du lias, le mettrait au rang des gîtes de nulle importance, alors même que les minerais seraient plus riches et de meilleure qualité. Au nord de Basseguy, le cuivre gris forme dans un banc fracturé de calcaire siliceux, plusieurs petits amas de quelques décimètres d'épaisseur en tous sens, dont l'ensemble est fait pour donner au premier abord l'idée d'un gîte important ; mais là encore il est facile de s'assurer que les limites en sont fort restreintes en même temps que très-bien définies."



A suivre...



(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)


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