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mardi 5 mai 2026

L'AVIRON BAYONNAIS EST CHAMPION DE FRANCE DE RUGBY EN MARS 1943 (première partie)

L'AVIRON BAYONNAIS EST CHAMPION DE FRANCE DE RUGBY LE 21 MARS 1943.


Le championnat de France de rugby à XV de division unique de la FFR 1942-1943, 44e édition de la compétition et première édition sous ce format, est remporté par l'Aviron Bayonnais qui bat le SU Agen en finale : 3 à zéro.



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EQUIPE DE RUGBY AVIRON BAYONNAIS 1942-1943



Après trois saisons de compétitions non officielles, la FFR décide de rétablir le championnat de France sous forme de "division unique".



Divisée en deux par l'armistice de 1940, la FFR réussit à organiser un championnat par zone et la finale interzones est disputée, au stade de Colombes, le 21 mars 1943, entre l'Aviron Bayonnais et le SU Agen respectivement vainqueurs de leur zone.



Voici ce que rapporta à ce sujet le quotidien Le journal, dans son édition du lundi 22 mars 1943, 

sous la plume de Pierre Lorme :



"Au stade de Colombes, devant 25 000 spectateurs.


Après un match très coloré et indécis jusqu'à la fin l'Aviron Bayonnais a battu Agen et enlevé le titre de champion de France de rugby.

(De notre envoyé spécial Pierre Lorme, par téléphone.)



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STADE DE COLOMBES



Paris, 21 mars. — Cette finale qui s'est terminée par la victoire de Bayonne a tenu tous ce qu'elle promettait. Dans le décor à la fois imposant et familier du Parc des Princes, nous avons retrouvé l'ambiance d'autrefois, alerte et joyeuse, pimentée de la griserie de la fièvre légère des grands matches de rugby.



Le temps est doux, le soleil est chaud, le stade est tout bruissant des 25 000 spectateurs massés sur les gradins, et dans les tribunes. Sur la pelouse verte, les couleurs des maillots tranchent comme des fleurs des champs. Quand on voit sortir du souterrain, les Agenais aux maillots orange, côte- à côte avec les Bayonnais aux maillots bleu ciel et blanc une immense clameur s'élève au-dessus du stade à la vue des trente hommes qui vont s'employer pour la conquête du titre de champion de France.



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EQUIPE RUGBY SU AGEN 1943



Dans les tribunes, que de visages connus : autour du colonel Pascot de de ses invités d'honneur : MM. Abel Bonnard, Cathala, Bouffet et Bussières, on reconnaît tous les habitués des grands matches d'autrefois : la silhouette élégante et fine de Jauréguy, la carrure pachydermique de Jules Cadenat, le lorgnon doctoral de Louis Daudet se penche vers la face rondouillarde de René Crabos et, dans les gradins, tous les Basques et tous les Pyrénéens de Paris qui se sont assemblés pour applaudir aux exploits des enfants du pays en visite dans la capitale.



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RUGBYMAN ADOLPHE JAUREGUY


Au moment du coup d'envoi, il y a un instant de flottement, on cherche en vain l'arbitre, M. Barbe, qu'on savait fort capable de diriger avec maîtrise un match de cette importance, M. Barbe n'arrive pas ; l'heure avance ; il faut prendre une décision et c'est M. Rous, désigné pour remplir les fonctions de juge de touche, qui empoigne le sifflet et lâche les deux équipes sur le terrain. Renseignements pris M. Barbe, victime de la lenteur des moyens de transport, arriva cinq minutes après le coup d'envoi, mais trop tard, sa place était prise.




Agen domina largement par ses avants... Mais une contre-attaque bayonnaise fusa soudain... Et l'Aviron Bayonnais enleva de justesse le titre si envié.


Assistance-record, mais match peu fertile en belles phases de jeu. La supériorité des Basques en trois-quarts contrebalança la faiblesse de leur pack.




On craignit un instant que le match ne fût aussi terne que la finale zone non-occupée entre Montferrand, et Agen. Il n'en fut rien, les équipes ne cessèrent jamais d'essayer de jouer et malgré la vigoureuse empoignade des deux blocs d'avants, la partie fut de bout en bout colorée, rapide et passionnante dans ses péripéties.




Pendant toute la première mi-temps, Agen domina grâce à sa fameuse ligne d'avants, mais les attaquants ne surent pas exploiter à fond les occasions qui leur furent offertes. En seconde mi-temps les Bayonnais qui semblent mieux en souffle que leurs vis-à-vis, menèrent la danse ; les Basques, eux, ne laissèrent pas s'enfuir l'occasion ; elle se présenta sous la forme d'une contre-attaque menée par le demi de mêlée Dubalen et continuée par le centre Danger. Près des buts, le petit ailier Larre, reçut la balle et, prenant sa chance, avec une belle décision, s'en alla irrésistiblement jusqu'au delà de la ligne blanche. En vain, Agen tenta de réagir. La victoire souriait à ceux qui avaient su oser se livrer à fond. Les Basques étaient vainqueurs et remportaient à trente ans d'intervalle le même titre de champions que leurs aînés avaient cueilli avant l'autre guerre. Mais Agen est complètement lavé de la mauvaise impression qu'avait produit à Lyon son match contre Montferrand, et c'est très bien ainsi.




Grâces soient rendues aux deux équipes qui ont su démontrer devant un immense public que le rugby sport viril, peut être violent sans être méchant, et l'acharnement de ses adeptes n'exclut pas la loyauté et le fair-play.




Les Agenais et les Bayonnais ont donné une grande joie à tous les spectateurs du Parc des Princes.
Après le match, M. Abel Bonnard sut l'exprimer en termes parfaitement choisis : "Cette adorable journée de printemps, dit-il, ne marque pas seulement le renouveau de la nature, elle marque aussi le renouveau de la jeunesse française".




La partie.




Dès le début, c'est une série de mêlées. L'Aviron Bayonnais se fait pénaliser pour incorrection. Bonnet, d'Agen, tente le but et le manque de très peu, le ballon frappant la barre et revenant ensuite en jeu !




Les bleu et blanc réagissent avec vigueur ; une belle percée de Dauger échoue sur les buts agenais. Les Basques dominent un instant ; seul un coup franc permet à Agen de se donner de l'air.



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PHOTO DE JEAN DAUGER FINALE RUGBY 1943
AVIRON BAYONNAIS OMNISPORTS



Le jeu revient au centre. On note de part et d'autre des maladresses nombreuses, dues évidemment à l'énervement. Par ailleurs les défenses veillent ; et quiconque tente de s'échapper est impitoyablement mis à terre. Dans l'ensemble, les Bayonnais font preuve de plus de variété et de perçant dans leurs offensives, mais ils sont dominés assez largement en avants.




Bruneteau, d'Agen, se distingue par une belle percée individuelle, à laquelle répond aussitôt une contre attaque de Dauger, qui se montre vraiment très brillant.




Les mises en mêlée sont l'objet de pénalisations nombreuses, les talonneurs levant le pied prématurément. Le jeu est sec, mais non point violent. On sent que rien n'est laissé au hasard, et que les deux camps désirent farouchement la victoire.




Encore une percée de Bruneteau, décidément infatigable. Bayonne se dégage par un coup franc suivi d'un second. La mi-temps est alors sifflée au centre du terrain. Le jeu a été jusqu'ici très égal, et l'on ne saurait dire vraiment qui mérite le plus de l'emporter.




Seconde Mi-Temps.




La seconde mi temps voit immédiatement les Basques se montrer très menaçants. Sur touche à un mètre de la ligne de but agenaise, le trois-quart aile Celhay est projeté en ligne de but in extremis.



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MAURICE CELHAY ET L'EQUIPE DE RUGBY DE L'AVIRON BAYONNAIS
DEVANT VESTIAIRE PARC DES PRINCES 
21 MARS 1943




Maintenant les avants du Sud-Ouest prennent le commandement des opérations et remontent par touches successives. L'Aviron ne sort plus de ses cinquante mètres et ne se dégage qu'à la suite de coups francs répétés. Le Bayonnais Labèque rate le but de peu, et Zabaletta tente en vain un drop-goal.




Calbet, capitaine d'Agen, est blessé. Il boîte bas : on doit l'emporter sur la touche. Bien que jouant à 14, les Agenais prennent le meilleur. Cependant le jeu se porte dans les 22 mètres agenais ; et c'est alors le coup de théâtre. Le Basque Dauger perce, passe à Celhay, qui repasse à Larré. Ce dernier, prenant Guiral de vitesse, va marquer un essai qui n'est pas transformé. Bayonne : 3 - Agent : 0.




Agen joue son va-tout, mais la fin arrivera sans changement, Bayonne est champion de France."



A suivre...



(Source : Wikipédia et gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)











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