HISTORIQUE DES MINES DE BAÏGORRY EN 1880.
La vallée de Baïgorry possède des mines de fer sphatique, et une mine de cuivre dont l'exploitation remonte à une haute antiquité.
Voici ce que rapporta M. Reboul, ingénieur aux mines de Baïgorry, en 1880 :
"... Gisement de galène d'Apharain-Erréca.
Le vallon d'Apharain-Erréca est situé à 7 kilomètres N.-E. de Banca.
D'après Diétrich, l'on aurait trouvé dans ce vallon et dans des décombres des morceaux de galène massive pesant 30 livres ; l'on aurait, en outre, vu les traces d'une ancienne galerie.
Ayant à plusieurs reprises visité ce vallon et ceux environnants, j'ai seulement pu observer la trace d'une ancienne galerie, sans pouvoir me rendre compte si ce travail avait été poussé sur une veine de galène du de cuivre.
De plus, un habitant du pays me remit un morceau de galène qu'il me dit avoir trouvé dans ce vallon d'Apharain-Erréca en faisant des fouilles. M'étant rendu sur les lieux, je ne pus constater aucune trace de filon ni veine.
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§ 3. — Observations sur les travaux faits, par les anciens, pour retrouver, au-delà des dérangements, les divers filons ou veines, par eux exploités, et coupés par ces dérangements.
En décrivant les travaux faits sur les filons ou veines de cuivre constituant le 1er groupe des gisements cuprifères, nous avons dit :
1° Que le filon des 3 Rois était coupé par celui de Sainte-Marie ;
2° Que le filon de Sainte-Marthe avait butté au S.-E. contre une veine apparente, dirigée sur 4 heures 5/8 avait coupé toute apparence du filon.
3° Que le filon de Saint-Michel avait aussi été coupé par une veine apparente dirigée sur 4 heures 5/8.
4° Que les filons de Saint-Louis étaient coupés au nord par celui de Sainte-Marie.
5° Que les filons de Sainte-Elisabeth étaient coupés au sud des travaux par un banc d'ardoise tombant obliquement.
Nous allons donner maintenant un résumé des travaux faits par les anciens, pour retrouver au-delà des dérangements, les filons coupés par ceux-ci, et nous ferons suivre ce résumé par quelques observations démontrant que ces travaux de recherches ont été insuffisants ou inutiles.
Filons des Trois-Rois. — Travaux de recherches.
Ces travaux, qui ont été faits au niveau de la rivière (rien n'a été fait au niveau de la galerie 19 ou au-dessous), sont les suivants :
a. — Continuation de la galerie 2 sur 180 mètres de longueur, de q en q".
b. — Petite traverse q"r, poussée à l'extrémité de la galerie 2 perpendiculairement à la direction du filon sur une longueur de 10 à 12 mètres ;
c. — Traverse 8, poussée dans le filon Sainte-Marie à l'ouest de la galerie 2 et sur une longueur de 20 à 25 mètres.
d. — Traverses 6, 7 et 9.
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Observations sur les travaux de recherches du filon des Trois-Rois.
De toutes les directions que l'on peut donner à une galerie de recherche, celle parallèle au filon croisé ne doit jamais être adoptée, car les deux parties du croisé étant généralement parallèles, une semblable galerie n'aboutirait jamais. Or, c'est cette direction à peu près parallèle aux veines que l'on a donné à la galerie principale de recherche q q'q", et cela sur une longueur de 180 mètres environ. Il ne faut donc point être surpris qu'une semblable recherche n'ait pas abouti.
Quant à la traverse q"r, elle est, d'un côté, trop peu avancée, et de l'autre trop distante du point d'interception du filon (180 mètres). Cette traverse aurait-elle été continuée jusqu'au point r', c'est-à-dire sur 330 mètres de longueur, qu'elle ne serait point une preuve concluante ; car dans cet intervalle, de 180 ou 200 mètres, un autre dérangement peut subsister et rejeter les filons et veines, soit à l'est du point r', soit à l'ouest de qq".
La traverse 8, la seule des recherches faites à l'ouest de la galerie 2, est trop peu avancée.
Enfin, quant aux recherches faites par les parties extrêmes des traverses 6, 7 et 9, l'on voit que, malheureusement, elles ont eu lieu suivant une direction parallèle aux veines.
En résumé :
1° Aucune recherche n'a exploré le terrain au-delà du croiseur et à l'ouest de q q'q".
2° Les parties comprises au-delà de Sainte-Marie, entre les lignes KK' — MM' et DU' —NN', sur une longueur de 80 mètres, n'ont point non plus été explorées.
Les recherches faites ne prouvent donc pas que l'on ne puisse retrouver, au-delà du croiseur Sainte-Marie, le filon des 3 Rois et les veines partantes.
En parcourant la galerie 3 des Romains, l'on observe des anciens travaux v, v', v", v'", entièrement remblayés ; ces travaux me font supposer que la veine cotée D a pu être exploitée à l'est de la galerie 2. Celte veine D se continue-t-elle jusqu'à la rencontre du filon Sainte-Marie, en ? Cela peut-être et il serait utile de le constater ; car dans l'affirmative l'on pourrait, avec bien des probabilités, admettre que cette veine n'est autre chose que le filon de Berg-op-Zoom rejeté par celui de Sainte-Marie (ce rejet serait de 150 mètres).
L'on doit remarquer, d'ailleurs, que cette veine D et le filon de Berg-op-Zoom ont même direction (dans les travaux en activité de la galerie Muthuon, la direction du filon de Berg-op-Zoom est sur 4 heures), même inclinaison, et qu'ils contiennent la même matière de minerai, mélange de cuivre gris et pyriteux.
Si cette hypothèse est vraie, l'on en déduit comme conséquences :
a. — Que la veine I ne serait autre chose que le rejet de la veine M.
b. — Que la veine F, ou celle dirigée sur 9 heures 6/8 (nous ne savons si ces deux n'en font qu'une), serait rejetée en V V'.
c. — Que la branche principale du filon des 3 Rois, celle exploitée par la galerie 2, serait rejetée en RR'.
N'ayant point de données positives sur les inclinaisons des différents filons et veines aux points d'interception par Sainte-Marie, nous ne pouvons dire si la partie de notre hypothèse, celle concernant le rejet du filon des 3 Rois et des veines F et M, se trouve confirmée par les principes.
Mais, en ce qui concerne la veine D dont l'inclinaison au N.-O. est la même que celle du filon de Berg-op-Zoom aux puits 0 et R, le principe de Schmidt confirme le rejet dans le sens indiqué.
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Filon de Sainte-Marthe. — Travaux de recherches.
Nous avons vu que le filon de Sainte-Marthe, exploité, par les galeries de niveau 2 et 11, jusqu'à 60 mètres au-dessous de la rivière, rencontra dans chacune de ces galeries et à environ 250 mètres d'avancement, une veine apparente dirigée sur 4 heures 5/8 qui coupa toute apparence du filon.
Les travaux de recherche ont consisté :
Dans la galerie 2, en une traverse qui suivit en direction et vers l'est cette veine apparente sur une longueur de 20 toises.
Et dans la galerie 11 en une galerie de 25 toises dirigée aussi vers l'est et dans la veine apparente.
Observations sur les travaux de recherches du filon de Sainte-Marthe.
Ces travaux de recherches nous paraissent tout à fait inutiles. En effet, l'inclinaison de la veine apparente ou faille qui a coupé le filon, étant au sud, celle du filon, avant la rencontre de la faille, étant au nord-est, le rejet doit être à l'ouest, en AY par exemple ; et nous avons vu qu'aucune recherche n'a été faite dans cette direction.
Filons de Saint-Michel. —Travaux de recherches.
Observations sur ces travaux de recherches. — Le filon principal de Saint-Michel, dirigé sur 8 heures et incliné au N.-E., a butté contre une veine apparente ou faille (probablement la même qui a limité au sud les travaux de Sainte-Marthe), dirigée sur 4 heures 5/8. Le seul travail de recherche, entrepris pour retrouver ce filon, consiste en une petite traverse poussée dans le dérangement et vers l'est ; tandis que d'après l'inclinaison du filon et de la faille le rejet a dû avoir lieu vers l'ouest.
Filons de Saint-Louis. — Travaux des recherches.
Ces filons sont coupés par celui de Sainte-Marie au Nord. Ils n'ont été exploités que sur la rive gauche de la rivière.
En examinant les plans l'on voit que les recherches ont été faites par les galeries 7 et 10. Ces galeries qui paraissent avoir été poussées dans le toit du filon Sainte-Marie sont situées à l'est des points de rencontre de celui-ci et du filon de Saint-Louis. Or, quand même ceux-ci seraient rejetés vers l'est, il est plus que probable que les recherches ainsi poussées dans le toit du croiseur ne pouvaient atteindre le but. De plus rien ne nous prouve que le rejet n'ait pas eu lieu vers l'ouest et comme aucun travail n'a été fait de ce côté, l'on est en droit de conclure que les recherches faites pour rencontrer les filons de Saint-Louis au-delà du croiseur Sainte-Marie ont été insuffisantes.
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