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vendredi 8 mai 2026

LES COLLECTIONS DU MUSÉE BONNAT À BAYONNE EN LABOURD AU PAYS BASQUE EN 1925 (première partie)

LES COLLECTIONS DU MUSÉE BONNAT EN 1925.


Le musée Bonnat-Helleu est le musée des Beaux-Arts de la ville de Bayonne (Pyrénées-Atlantiques), comportant notamment un grand nombre d'oeuvres des peintres Léon Bonnat et Paul César Helleu.



pays basque labourd peintre musée bayonne
MUSEE BONNAT BAYONNE
PAYS BASQUE D'ANTAN


Le bâtiment a été construit à la fin du 19ème siècle par l'architecte Charles Planckaert membre 

de l'Institut.



Sa construction fit suite à l'incendie qui ravagea la mairie de Bayonne en décembre 1889, au 

cours duquel une grande partie des archives et des collections possédées par la ville furent 

détruites. Le bâtiment avait à l'origine une quadruple vocation : archives, bibliothèque, musée de 

peinture et muséum.



Inauguré en 1901, la première pierre avait été posée en 1896 par le maire Léo Pouzac.



Voici ce que rapportèrent à ce sujet Antonin Personnaz et Georges Bergès dans leur livre : "Le Musée de Bayonne. Collections Bonnat" (éditeur Henri Laurens).



Si le nom de Bonnat est connu du monde entier pour la valeur de ses oeuvres, par la qualité de ses modèles et l'universelle renommée du collectionneur, l'homme ne l'était vraiment que d'un nombre restreint d'amis qui surent le pénétrer et le comprendre. Chargé d'honneurs qui vinrent à lui attirés par la rectitude de sa vie, la loyauté de son caractère, Léon Bonnat, resté simple et modeste, cachait sous une apparente froideur, l'âme la plus haute, un coeur généreux et tendre. Puisse cette courte notice le faire mieux connaître et aimer.



pays basque autrefois peintre bayonne
PEINTRE LEON BONNAT
PAYS BASQUE D'ANTAN


Aperçu très sommaire de la vie de Léon Bonnat



Joseph-Florentin-Léon Bonnat, issu d'une excellente famille française, naquit à Bayonne le 20 juin 1833. Ses parents, ruinés par des spéculations malheureuses, partirent, en 1846, pour Madrid où M. Bonnat espérait rétablir sa fortune en fondant une librairie française. Le jeune Léon vint les y rejoindre. La lecture de la Vie des Peintres, de Vasari, et plus encore la vue des chefs-d'oeuvre du Prado où son père, homme cultivé, le menait souvent, exaltèrent son goût, déjà très vif, pour le dessin. Don José Madrazo, ancien élève de David, directeur de l'Académie de San Fernando, à qui il fut présenté, le fit entrer dans l'atelier de son fils Federico Madrazo "où il apprit à peindre". Les progrès furent rapides et l'lève peignait, à dix-sept ans, le Giotto gardant les chèvres (594 bis), les petits portraits en pied de son frère et de sa soeur (570-571). Le père de Bonnat, miné par le chagrin, mourait en août 1853 et son fils Léon se trouva, bien jeune, chef d'une famille dans une situation des plus précaire. Le retour à Bayonne s'imposait, mais avant de laisser l'étudiant s'engager plus avant dans la carrière incertaine de l'Art, on soumit à M. Romain Julien, artiste bayonnais, quelques-unes de ses oeuvres. En voyant les petits portraits cités plus haut et surtout un portrait au crayon noir de l'artiste par lui-même, M. Julien n'hésita pas à lui prédire un bel avenir. Sur l'avis de ce protecteur autorisé, le maire de Bayonne, M. Jules Labat, obtint de son conseil le vote, en faveur de Bonnat, d'une pension triennale de 1 500 francs. L'espoir renaissait en cette famille qui partit le 9 janvier 1854 pour Paris où Bonnat devenait l'élève de Léon Cogniet dont il devait, trente ans plus tard, faire le superbe portrait (Musée du Luxembourg).



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PEINTRE FEDERICO DE MADRAZO 1890







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PORTRAIT DE LEON COGNIET
PAR LEON BONNAT



Les années qui suivirent furent, comme les précédentes, dures à traverser. Mme Bonnat qui avait perdu trois de ses enfants parvenait, grâce à son énergie et sa foi, à faire vivre avec des ressources infimes, la maisonnée et parfaire l'éducation de ses deux plus jeunes enfants. Malgré une santé délicate, Léon, qui avait conquis l'estime de ses maîtres, quittait, tous les matins, le modeste logement de la Cité Gaillard, gagnait l'atelier de la rue de Lancry où il profitait pendant cinq heures de la pose des modèles, allait suivre les cours de perspective et d'anatomie à l'Ecole des Beaux-Arts où il revenait, après un frugal repas, assister au cours de dessin du soir. Le délicieux groupe de famille qu'il peignit à cette époque donne la mesure de ses progrès. Il présentait au jury du Salon de 1857 trois portraits qui y furent admis et la même année montait en loge pour le prix de Rome. Il n'obtint que le deuxième prix. Ecoutant les conseils de Robert-Fleury et de M. Julien, qui obtenait de la ville de Bayonne le renouvellement de sa pension triennale, Bonnat partait pour Rome le 20 janvier 1858, laissant sa famille accepter l'hospitalité d'un oncle établi à Pampelune.



A Rome, son ami Chapu le conduisit au Vatican où Bonnat admira les fresques de Raphaël ; mais, franchissant la porte de la chapelle Sixtine, il fut ébloui par la puissance du génie de Michel-Ange. Le jeune homme reprit à Rome la vie laborieuse de Paris, faisant de nombreuses copies des grands maîtres italiens et peignant, d'après le modèle vivant, à l'Académie de France, faveur à laquelle lui donnait droit son second grand prix. A part le chagrin d'être séparé des siens et malgré la piètre budget qui, tous frais payés, lui laissait trente ou trente-sept sous pour sa nourriture quotidienne. Bonnat vivait heureux à Rome soutenu par de beaux rêves de gloire et la contemplation des chefs-d'oeuvre qui l'entouraient. Il y avait peint trois grandes toiles qui lui valurent des récompenses aux Salons de Paris ; des portraits et quelques tableaux de chevalet.



Rentré à Paris en 1861, Bonnat ambitionnait une première médaille pour son Martyre de Saint-André. Elle lui fut votée par la section des peintres de l'Institut et l'Institut, toutes sections réunies, la donna à un autre. Bonnat se livre à ce sujet, dans sa correspondance intime, à de curieuses réflexions, sur le favoritisme dont il était l'ennemi. Son nom commençait à être connu et Baudry lui disait : "Vous marchez à la tête de la génération qui vient après la nôtre ; vous devez avoir des travaux." Mais les commandes n'arrivaient pas  et l'artiste " à bout de ressources, vivant au jour le jour, rongeait son frein se sentant plein de force et d'envie de peindre". A ces soucis, venait s'ajouter la grave maladie dont son frère Paul, qui préparait Normale, devait bientôt mourir.



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TABLEAU MARTYRE DE SAINT-ANDRE
PAR LEON BONNAT



Bonnat reçut enfin de la ville de Paris la commande du Saint Vincent-de-Paul qu'il exposa en 1866. En ce temps d'art maladif, l'oeil du public s'accommodait mal de cette peinture réaliste et forte de Bonnat que pourtant soutenait la critique d'avant-garde, ayant à sa tête Théophile Gautier. Mis sur les rangs pour la médaille d'honneur, notre artiste obtint au premier tour : 49 voix contre 38 à Carpeaux et 23 à Corot. Puis les voix s'éparpillèrent sans résultat.



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TABLEAU SAINT VINCENT DE PAUL ET LE GALERIEN
PAR LEON BONNAT


L'espace dont je dispose ne permettrait même pas une sèche nomenclature de l'oeuvre entière du maître qui, à ce moment, avait déjà peint le chef-d'oeuvre qu'est le portrait de Robert-Fleury (Musée du Luxembourg) et celui de sa soeur. Léon Bonnat commençait enfin à recueillir le fruit de ses travaux. L'Exposition Universelle de 1867 lui valut la Croix, et L'Assomption peinte pour l'église Saint-André de Bayonne la médaille d'honneur au Salon de 1869.



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PORTRAIT DE JOSEPH NICOLAS ROBERT-FLEURY
PAR LEON BONNAT



Après cette période classique, s'affirmait la forte et indéniable personnalité de Bonnat dans son Christ (1874), le superbe portrait de Mme Pasca (1875) (Musée du Luxembourg), celui de Thiers (1877) qui consacra sa réputation de portraitiste, suivi de ceux de M. de Montalivet (1878), de Victor Hugo (1879) et le beau portrait de Coigniet, son maître (1881) (Musée du Luxembourg), Renan (1892), l'admirable et expressif portrait de la mère de l'artiste (1893), de J. Bertrand (1897) etc. etc.



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LE CHRIST
PAR LEON BONNAT


Enfin, ayant dépassé sa 80e année, le maître peignait encore d'une main ferme, de nombreuses effigies, parmi lesquelles : le portrait frappant du maître Widor et — le dernier de sa carrière, à 89 ans — celui, si vivant et si vrai, de Me Maurice Champetier de Ribes (1922)."



A suivre...




(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)








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