mercredi 10 avril 2019

L'AFFAIRE PORTAGO AU PAYS BASQUE EN 1938 (première partie)


L'AFFAIRE DU MARQUIS PORTAGO EN 1938.


En février 1938, en pleine guerre civile espagnole, éclate au Pays Basque Nord "l'affaire Portago".


MARQUIS DE PORTAGO 1938



Police Magazine, dans son numéro de mars 1938 indiqua :

"Le marquis de Portago, était un agent nationaliste, chargé d'enlever des réfugiés 

gouvernementaux pour les transporter en Espagne nationaliste.

Parmi ceux que devait "kidnapper" Portago figurait un nommé Neila, chez qui une 

perquisition fit trouver quantité de bijoux et de billets de banque tachés de sang. 

Neila a été arrêté. Il aurait fait exécuter deux Français : le père mariste Aza et le journaliste 

Pierre Plessis."


ARRESTATION DE NEILA FEVRIERT 1938
PHOTO POLICE MAGAZINE


Voici ce que rapporta la presse locale, dans plusieurs éditions :


  • La Gazette de Bayonne, de Biarritz et du Pays basque, le 9 février 1938 :

"Arrêté hier à Saint-Jean-de-Luz, le marquis de Portago a été écroué à la prison de Bayonne sous l'inculpation de falsification de passeports.



Ce n’est pas sans une certaine émotion que l’on a appris, ce matin, dans Biarritz l’arrestation, survenue hier à Saint-jean-de-Luz, du marquis de Portago, habitué de notre station depuis de nombreuses années et fort répandu dans la colonie espagnole, où il compte de nombreuses relations. 



Le marquis de Portago venait d’Espagne, conduisant lui-même son auto. 



Il avait franchi la frontière sans difficulté et se dirigeait vers sa propriété de Biarritz, lorsque arrivé sur le pont de la Nivelle, à Saint-Jean-de-Luz, un barrage de policiers fit stopper la voiture. 



Aussitôt, le marquis de Portago fut prié de se rendre au commissariat où, bientôt arrivaient M. Ceugnard, commissaire divisionnaire, chef de la police de la frontière ; le commissaire Porte, d’Hendaye ; le commissaire Touret qui se joignaient à M. Mesnil, commissaire de police de Saint-Jean-de-Luz



Les policiers commencèrent aussitôt leur interrogatoire, arrêté à 14 heures et repris à 15 heures. 



Pendant ce temps, un sandwich, une carafe de bière et un caté avaient été portés d'un restaurant voisin pour permettre au marquis de se restaurer. 



Tout l’après-midi se passa ainsi, sans que le moindre renseignement ait été communiqué par les inspecteurs. 




Des perquisitions à Biarritz.



Vers 17 heures, une nouvelle voiture de la police amenait devant le commissariat de Saint-Jean-de-Luz, le commissaire Dedieu, qui avait entendu, durant la matinée et l’après-midi deux mystérieux témoins, à Bayonne



Enfin, à 17 h. 45 le marquis de Portago sortait du commissariat et se mettait au volant de sa voiture, tandis que le commissaire Porte s’asseyait à côté de lui. Bientôt l’auto démarrait, suivie de deux voitures de la police et prenait la direction de Biarritz



A la tombée de la nuit de vastes opérations et des perquisitions commencèrent aussitôt. 



Tandis qu’une équipe d’inspecteurs se rendait à la villa "Le Rêve", rue Lavigerie, où demeure le frère du marquis de Portago ; une autre équipe pénétrait dans la villa Le Pélican, propriété du marquis et de la marquise de Portago, actuellement en instance de divorce. 



Les opérations durent être fructueuses, car vers 20 heures, le marquis de Portago était conduit au Palais de justice de Bayonne, devant le juge d'instruction. 




A la "Villa Chagrin".



Arrivé à 21 heures, au palais de justice de Bayonne, dans une voiture de la police, le marquis de Portago a été aussitôt introduit dans le cabinet de M. Vannel, juge d’instruction, qui était assisté de son greffier, M. Belluchon. 



Une heure après, un mandat d’écrou avait été délivré contre Antonio Cabesa de Vaca, marquis de Portago, 49 ans ; à 22 heures, les portes de la prison se refermaient sur lui. 




Les motifs de l’inculpation.



Pour le moment, la seule inculpation portée contre le marquis de Portago est celle de falsification de passeport avec l’Espagne. Une seconde personne, M. Jesu Escorriaga, 38 ans, électricien, domicilié à Biarritz est également poursuivi pour le même motif. L’affaire va-t-elle par la suite se compliquer, les découvertes faites à la suite des perquisitions vont-elles apporter des révélations nouvelles, c'est ce que demain nous dira, et autour de quoi, jusqu’ici, la justice semble vouloir rester muette." 



  • La Gazette de Bayonne, de Biarritz et du Pays basque, le 10 février 1938 :


"L’Affaire Portago.



Que va révéler l’examen des deux flacons et celui du contenu des malles saisies hier à Biarritz ?... 



Nous avons bien spécifié qu’il s’agit de deux tubes contenant chacun un liquide ; on ne sait pas s’ils contiennent des microbes, mais c’est en tous cas, du poison. 



Un de ces tubes est déjà à Paris ;  l’autre va être expédié aujourd’hui. Nous aurons très rapidement, les résultats de l'analyse. Mais il y a également du chloroforme. 



Voici ce qui paraît découler exactement de toute l’affaire : les faux passeports délivrés par le marquis de Portago servait à passer en France ces substances vénéneuses qui étaient destinées à quelles personnes ? 



C’est un secret qui est et doit être absolument bien gardé. En tout cas elles ne sont pas très nombreuses, car nous croyons savoir que pour le moment la police détient une seule liste sur laquelle trois personnes sont inscrites. 



Les inculpés ont choisi leurs défenseurs. Le marquis de Portago sera assisté par Me Mettetal et Me Pierre Laxague ; Escorriaga par Me Lamarque, tandis que Martin s’est assuré Me de Sèze. Seul, Arana n’a pas voulu de défenseur. 



Cet après-midi à 2 heures et demie le marquis de Portago et Escoriaza vont de nouveau se rendre au Palais de justice pour y être entendus par M. Bannel, juge d’instruction. Les malles aux dimensions importantes n’ont pas été ouvertes hier soir, peut-être le seront-elles au cours de cet après-midi.



Le marquis de Portago a déposé hier soir une requête dans laquelle  il a demandé à ce que, lors de ses promenades entre la maison d’arrêt et le Palais de Justice, on ne lui mette pas les menottes ; il donnait sa parole qu'il n essayerait rien pour se sauver. Sa demande a été acceptée et aujourd’hui ses mains seront libres. 



Seul le marquis parle français ; les trois autres, exclusivement espagnol. 



Pendant que ces deux co-détenus vont comparaître devant le juge d'instruction, l’actif commissaire divisionnaire M. Ceugnard et ses collaborateurs vont se rendre à Anglet où ils vont se livrer à une nouvelle perquisition. 




Nouvel interrogatoire.



A 14 h. 35, la voiture cellulaire arrive devant le Palais de Justice. Peu de monde devant la porte. En descendent, escortés de gendarmes, le marquis de Portago, en premier, revêtu d’un ample pardessus beige foncé, coiffé d'un chapeau mou. En montant les marches il porte la main à sa figure pour se dérober à un photographe qui est dans un coin. Il n’a pas de menottes. Il est suivi de Escorriaza, nu-tête, revêtu d’un imperméable. 



A 15 h. 40, ils sont introduits dans le cabinet de M. Bannel. A l’heure où nous mettons sous presse, l'interrogatoire continue."



Merci ami lecteur (lectrice) de m'avoir suivi dans ce 1801ème article.


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