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jeudi 24 novembre 2022

LE CHÂTEAU DE LARREA À ISPOURE EN BASSE-NAVARRE AU PAYS BASQUE AUTREFOIS

LE CHÂTEAU DE LARREA À ISPOURE.


Cela fait plusieurs mois que je vous présente divers châteaux du Pays Basque.

Aujourd'hui, c'est celui d'Ispoure, en Basse-Navarre.




pays basque autrefois basse-navarre armoirie
BLASON VILLE ISPOURE
BASSE-NAVARRE



Je vous ai déjà présenté les châteaux suivants : Urtubie (Urrugne), ArcanguesMaytie (Mauléon), 

BidacheHaïtze (Ustaritz), Beraün (Saint-Jean-de-Luz), Artigaux (Moncayolle), Lacarre

Irumberry (Saint-Jean-le-Vieux), Ahetzia (Ordiarp), Ruthie (Aussurucq), CherauteAhaxe

CharritteMenditte, Eliçabia (Trois-Villes), Elhorriaga (Ciboure).



Voici ce que rapporta au sujet du château de Larrea à Ispoure le Bulletin du Musée basque N°6 de 

1933 :



"Château de Larrea à Ispoure.



Il existe à Ispoure, non loin de la route conduisant de Saint-Jean-Pied-de-Port à Saint-Jean-le-Vieux, un groupe de bâtiments agricoles dont le principal attire l'attention. C'est une vaste construction carrée dont la façade, en pierres de taille, est percée de fenêtres à meneaux, tandis que les autres côtés présentent des ouvertures larges et nombreuses, comme n'en ont jamais, en Pays Basque, les maisons du peuple.



Deux angles sont flanqués d'une tour ; l'une qui a reçu depuis peu un revêtement de ciment, présente comme seul intérêt d'avoir encore des embrasures pour canons ; l'autre, en grès rouge du pays, donne une idée exacte de ce qu'étaient les ouvrages de défense au 16ème siècle. Elle est percée d'une fenêtre grillée, dont les barreaux, se terminent à la partie supérieure, en fleurs de lys. Enfin, on remarque, au-dessus de la porte d'entrée, les traces de l'ancien écusson martelé sans doute pendant la Révolution.



Ces caractéristiques dénotent une ancienne maison noble ayant encore grand air dans son délabrement.



pays basque autrefois basse-navarre château
CHÂTEAU DE LARREA ISPOURE
DESSIN BMB N°6 1933


Cette antique demeure a été, pendant des siècles, la résidence des Larrea, une des familles sans contredit des plus anciennes et peut-être même la plus ancienne de la Basse-Navarre, car on en trouve trace dès le 9ème siècle. Le 13 mars 839, le roi Iñigo Ximénéz fit don à Ignace et à son fils Garcia : "de la vallée à l'entrée de l'Alava, depuis la montagne de l'Arramendi jusqu'à la chaîne du Guipuzcoa, avec le château fort nommé Larrea, du droit de porter la bannière, ainsi que l'insigne de la chaudière réservé aux seuls ricombres".



Un peu plus tard ce même seigneur est mentionné comme investi des honorables fonctions de porte-étendard du roi, une des premières charges militaires qui conférait à ceux qui en étaient investis le privilège de pouvoir lever des troupes qui leur étaient personnelles. Il la conserva pendant longtemps.



A cette époque, les Larrea habitaient le Guipuzcoa qui faisait alors partie du royaume de Navarre. Quand et dans quelles conditions le quittèrent-ils pour s'établir en pays de Cize ? Il est assez difficile de répondre avec précision. Tout ce qu'on peut dire c'est qu'au 13ème siècle ils y occupaient une situation en vue.



L'un était, en 1294, gouverneur du château de Monferran, un autre évêque de Dax en 1302, un troisième commandeur de l'hôpital d'Apath, en 1467 ; enfin, à partir de l'année 1566, la charge de capitaine-châtelain de Saint-Jean-Pied-de-Port entra dans la famille qui la conserva, presque sans interruption, jusqu'à la veille de la Révolution.



Il n'est pas douteux qu'au commencement du 16ème siècle la maison Larrea était, avec Oger, une des premières du pays de Cize. En plus du domaine d'Ispoure, elle possédait la maison noble d'Eyharaldéa à Saint-Michel et des biens à Halsou et à Aincille dans la même région. Oger était apparenté à plusieurs bonnes familles de la Navarre et, en particulier, aux Irumberry. Il avait, en effet, épousé, en 1480, Jeanne d'Irumberry.



Lors de la séparation de la Haute et de la Basse-Navarre, Oger resta insensible aux offres alléchantes de Ferdinand le Catholique aux seigneurs Navarrais. Lui et ses successeurs continuèrent à être de fidèles serviteurs des Albret. On constate aussi, sans en avoir la raison, que leur nom prend une autre forme car, dans les pièces officielles ils sont désignés La Lanne tandis que, dans d'autres ils conservent leur nom de Larrea.



Au 16ème siècle, Pedro de La Lanne eut, d'un mariage avec une demoiselle d'Apat, deux fils, Jean et Marc. Ce dernier devint archer à la compagnie de M. de Gramont et ce fut lui qui reçut, le 15 juin 1566, la charge de châtelain de Saint-Jean-Pied-de-Port.



Son frère aîné, Jean, qui continua la famille, est qualifié de seigneur de La Lanne d'Ispoure, gentilhomme ordinaire de la chambre, chambellan du roi de Navarre et son mestre de camp. Il était beau-frère de M. de Belsunce, châtelain de Mauléon.



Lors des guerres de religion il resta un des fidèles serviteurs de Jeanne d'Albret. Lorsque les Ligueurs menacèrent les états de cette reine, elle donna l'ordre à La Lanne de se tenir à Garris et de défendre cette ville qui était alors le siège de la Cour souveraine du royaume. Mais il faut croire que la mission qu'il recevait était assez difficile à remplir, car voici dans quels termes un écrit du temps décrit le château de Garris : "quelques masures d'un vieux château ruiné".



Avant que La Lanne ait eu le temps de mettre cette ruine en état de défense et de se ravitailler, il fut assiégé par les Ligueurs "accompagnés de la populace de Navarre et de Soule qu'ils avaient élevée par un beffroi général". Après deux jours de siège, il dût se rendre, sans avoir perdu un seul homme, tandis que les assiégeants comptaient trois hommes tués et plusieurs blessés. Fait prisonnier et envoyé au château de Tardets, La Lanne n'y resta pas longtemps et donna lieu à un échange contre le capitaine Jean d'Amorots qui était détenu dans les prisons de Pau.




Jean de La Lanne continua à être en faveur auprès de Jeanne d'Albret qui lui fit donation, le 19 Mars 1570, de la commanderie de Saint-Michel avec toutes ses appartenances. Il faut croire qu'il méritait cette faveur ; c'était du moins l'avis de Brantôme qui a écrit de lui :"C'était un bon et brave capitaine qui avait esté l'un des lieutenants de M. de Gramont en l'une des campagnes qu'il avait faites aux guerres estrangères."



Jean de La Lanne eut plusieurs frères qui eurent des fortunes diverses. L'un d'eux, qui écrivait son nom Lalanne, avait fait dans le Bordelais un brillant mariage et fut mis ainsi en relations avec la noblesse de ce pays. Un de ses petits-fils devint, sans doute aussi par son mariage, baron d'Uzeste et de Roaillan et un peu plus tard baron de Villandraut.



Dans la suite, plusieurs d'entre eux, pourvus de charges au Parlement de Guienne, s'y succédèrent de père en fils. Il y en eut aussi dans la marine où on compta un lieutenant-général de l'Amirauté pour le roi, et dans l'Administration avec le titre de "Directeur des affaires du roi en Guienne". Ces Lalanne ont complètement abandonné le pays et n'ont pas laissé de traces.



La branche aînée au contraire s'y est maintenue bien qu'elle ait fait peu parler d'elle postérieurement au 16ème siècle. On trouve cependant un de ses membres commandeur de la commanderie d'Irissarry, à en juger du moins par la belle inscription qu'on peut lire sur la porte de cet établissement et ainsi libellée : "En l'honneur et pour le service de l'ordre de Saint-Jean (de Jérusalem) en l'année 1607, le commandeur d'Irissarry, Don Martin de Larrea, fit cette maison et palais, depuis les fondations, ainsi que la maison et grange en face, réédifiant les moulins, les construisant de nouveau, plantant des pommiers et beaucoup d'autres oeuvres." Cette inscription est en espagnol.



Bien qu'on ne les connaisse pas, il est probable que les La Lanne durent continuer à rendre des services appréciés ; on en a la preuve dans l'érection de la seigneurie en baronnie au mois d'Octobre 1724, en faveur de "Pierre de Lalanne, châtelain de Saint-Jean-Pied-de-Port et capitaine des ports de Navarre."



La famille se continua jusqu'au 18ème siècle. En 1744, Jean-Valentin épousa Jeanne-Marie d'Arquié d'Ustaritz, mais il n'eut pas de postérité et, quand il mourut, avec lui disparut le dernier représentant de la famille sans contredit la plus ancienne de la Basse-Navarre.



Ses biens passèrent, par ventes successives, entre plusieurs mains. Un des derniers propriétaires de l'ancienne maison forte d'Ispoure fut M. Massal dont une fille épousa le docteur Barrié. Ce dernier ayant perdu ses trois enfants, testa en faveur de cousines germaines de sa mère, les demoiselles Laurent. Celles-ci récemment décédées, ont eu pour héritiers M. Robert de Beauchamps, ingénieur en chef du service maritime de Cherbourg et Madame Bustarret, de Toulouse, leurs neveu et nièce."




(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)



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lundi 29 août 2022

UN CRIME À ISPOURE EN BASSE-NAVARRE AU PAYS BASQUE EN NOVEMBRE 1946

UN CRIME À ISPOURE EN 1946.


En 1946, un crime secoue les 678 habitants du village d'Ispoure, en Basse-Navarre.




pays basque autrefois basse-navarre faits divers crime
GEORGETTE BIDANDA ET SA SOEUR ESTELLE
ISPOURE 1946



Voici ce que rapporta l'hebdomadaire Qui ?, le 5 décembre 1946, sous la plume de Jean-Pierre 

Dupont (reportage photo A. Ocaña) :



" Après quatre heures d'interrogatoire, Georgette Bidanda avoue : 'j'ai tué mon mari".


Bayonne (de notre corresp. particul.) 



Le mardi 26 novembre vers midi, la pluie tombait sur le pays basque.



Une pluie fine, pénétrante, noyait le paysage, abolissait l’horizon. Les montagnes toutes proches semblaient invisibles.



Un vannier, la tête abritée tant bien que mal par un vieux sac, se dirigeait vers les bois de Tellagoria, entre Saint-Jean-Pied-de-Port et Saint-Jean-le-Vieux.



A peine avait-il franchi le rideau des premiers arbres qu’il s’arrêta, terrifié. Devant lui était couché un cadavre, un cadavre aux cheveux blancs, la bouche ouverte et tordue. Il portait au front plusieurs blessures. La pluie avait lavé le sang.



Le mort était connu dans le quartier. Il s’appelait Michel Irroumé, âgé de 70 ans demeurant à 500 mètres de là, maison Etcheverria.



C’est en 1943 que Michel Irroumé, alors âgé de 67 ans, avait épousé Georgette Bidanda, dont les 19 printemps avaient déjà connu quelques orages.



Jolie fille, saine, solide, elle était fort appréciée des jeunes gens du pays. Mais le vieillard n’était point un parti négligeable. Comme beaucoup de Basques, il avait émigré dans sa jeunesse en Amérique du Sud. Il avait beaucoup travaillé, beaucoup économisé. Il était propriétaire d’une maison, dont le style relativement moderne et assez laid donnait dans le village une impression de richesse. Il avait des terres, des titres de rente. On le disait' plusieurs fois millionnaire.



En somme, si l’on ne devait espérer d’un tel ménage une réalisation du bonheur parfait, du moins y avait-il pour l’un et pour l’autre des époux, des éléments de satisfaction. Le vieillard jouissait de la jeunesse de sa femme, elle de la fortune de son mari.



Malheureusement il apparut très vite que tous deux avaient fait un marché de dupes.



Trompé, il l’était avant le mariage. Il le fut bien davantage après. Mais sans doute l’eût-il supporté, si elle lui avait montré quelque gentillesse.



Elle n’en eut pas souci, car elle était furieuse contre lui. D’une avarice sordide, il vivait misérablement, comme un pauvre. Elle était obligée de travailler. Son travail, si près de la frontière, c’était facile. Il s’agissait de contrebande. Elle était née en Espagne, à Valcarlos. Sa jeune sœur Estelle, âgée de 17 ans, passait souvent la ligne idéale que gardent les pacifiques douaniers.



Le vieillard qui était encore robuste avait depuis quelques mois dégringolé la pente. Cela promettait à la jeune madame Irroumé un proche avenir brillant. Elle paraissait heureuse et s’offrait des escapades à Biarritz avec son amant préféré.



Aussitôt informés de la mort du vieux, les gendarmes de Saint-Jean-Pied-de-Port se rendirent dans sa maison. L’adjudant-chef Pintel accompagné de l’adjudant Barrier interrogèrent la jeune et joyeuse veuve.



La conversation ne fut point aisée. Elle dura quatre heures. La découverte d’un marteau taché de sang, des traces de sang dans la chambre facilitèrent les aveux.



Et voici les circonstances du drame telles qu’elle les raconta.



Michel Irroumé se sentait vieillir ; il n’était pas heureux chez lui, peut-être avait-il quelques inquiétudes (on murmure qu’elle avait essayé de l’empoisonner, on l’a vu il y a quelques jours avec des plaies au visage). Il décida de se retirer dans un hospice tout proche, à Ispoure.



Lundi, vers midi, il en discutait avec sa femme, pendant que la jeune Estelle était allée chercher de l’eau à la fontaine.



Sa malle était prête. Elle tentait de le faire revenir sur sa décision, il s’obstinait.



Elle alla chercher un marteau dans le vestibule, il était penché sur son lit.


— J’irai à Ispoure, répétait-il. 

— Non tu n’iras pas. 

— Oui, j’irai.

 — Je t’empêcherai bien d’y aller. 



Et elle frappa du marteau, quatre fois, la tête du vieillard. Celui-ci tomba au pied de son lit. Il n’était pas mort. Il parla...



Et voici la dernière conversation, telle que la raconte le seul témoin :


— Je te demande pardon, dit-elle. 

— J’ai froid, répondit-il, mets-moi sous les couvertures.



Elle souleva le corps du vieillard, le borda dans son lit.


— Je te demande pardon, reprit-elle. 



Et lui : 


— Pourquoi as-tu fait ça ? 

— parce que tu me rendais malheureuse.

— Et pourquoi te rendais-je malheureuse ?

— parce que tu ne me donnais pas d'argent.

— Il fallait me le dire, je ne le savais pas. Je te demande pardon...



Après ce dialogue touchant et peut-être imaginaire, il mourut.



A ce moment survint la jeune Estelle. Malgré ses dix-sept ans, c’est une gamine qui n’a pas froid aux yeux. Elle aida sa sœur à dissimuler le cadavre dans la maison. Et toutes deux s’en furent au marché de Saint-Jean-Pied-de-Port.



On les vit plaisanter, faire des achats. Pendant ce temps, un métayer qui venait chercher la malle du vieux pour la porter à Ispoure frappait vainement à la porte.



Le soir elles se retrouvèrent en une funèbre veillée. Des plans s’échafaudaient dans leurs jolies têtes. A trois heures du matin, elles enveloppèrent d’un veston la tête du mort et lui passèrent une corde sous le bras. Elles le firent descendre dans le raide escalier, franchirent la clôture. Puis hâlant sur la corde, le traînant à travers les prés sur un parcours de 500 mètres (les chaussures d’Irroumé étaient usées par le frottement), elles arrivèrent jusqu’au bois de Tellagoria. Epuisées, elles l’abandonnèrent.



Cette route sinistre, elles l’ont refaite, mercredi, en présence des magistrats du Parquet de Bayonne, M. Deleris, juge d’instruction, M. Lespiaux, substitut, du Dr Bardaste, médecin-légiste.



Silencieux, les regards chargés de colère, une centaine de villageois s'étaient assemblés. Pas un cri, pas un geste au passage des criminelles.



pays basque autrefois basse-navarre faits divers crime
GEORGETTE BIDANDA ISPOURE 1946



Celles-ci paraissaient calmes, détachées. La jeune Estelle dit à sa sœur, qui évite les photographes :


— Pourquoi te caches-tu ? 



Bientôt le vieux char à bœufs des laboureurs venait chercher le corps de Michel Irroumé. Le curé du village récitait la prière des morts. Et le maître de la maison Etcheverria était ramené chez lui.



Les magistrats poursuivirent leurs interrogatoires. L’amant de Georgette Irroumé est sans doute hors de cause. L’amour ne semble pas jouer un grand rôle dans cette affaire.



En quittant Etcheverria pour se rendre à la maison d’arrêt de Bayonne elle a recommandé que l’on prenne soin de divers objets précieux, notamment de petites cuillères d’argent.



Elle n’a pas encore compris que, par son geste, elle a tout perdu. Elle n’héritera rien. La loi est formelle.



Sans doute elle a été affolée en pensant que le départ de son mari à l’hospice allait faire s'écrouler l’échafaudage doré qu’avec de la patience, de la pauvreté, du mensonge et du dégoût elle s était construit.



Il est fort possible et même probable que sa crainte était vaine.



Demain, elle comprendra tout cela. Un habile avocat attendrira peut-être le jury sur le sort de cet être jeune, livré aux répugnants caprices d’un vieillard.



Mais le châtiment elle le trouvera en elle-même. Car c’est elle-même, aux coups de son marteau sanglant, qui a brisé le bel échafaudage."



(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)





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jeudi 21 avril 2022

LE PRÉSIDENT URUGUAYEN JEAN CAMPISTEGUY OXCOBY AVAIT SES ORIGINES À ISPOURE EN BASSE-NAVARRE AU PAYS BASQUE

JEAN CAMPISTEGUY OXCOBY PRÉSIDENT DE L'URUGUAY AUX ORIGINES BASQUES.


Juan Campisteguy Oxcoby, né le 7 septembre 1859 et mort le 4 septembre 1937, d'origine Bas-Navarraise, est le 25ème Président de l'Uruguay, de mars 1927 à mars 1931.




emigration basque uruguay
JUAN CAMPISTEGUY OXCOBY 1917
PRESIDENT DE L'URUGUAY 1927-1931



Voici ce que rapporta à ce sujet la presse locale et régionale dans plusieurs éditions :



  • La Dépêche, le 28 août 1930 :

"M. Campisteguy Président de l'Uruguay.



Un Basque d'origine et un grand ami de la France.



Paris, 27 août — Une dépêche de Montevideo, que nous avons publiée, annonçait la remise de la grand croix de la Légion d'honneur au président de la République, M. Campisteguy, et ce fut M. Velten, ministre de France, qui avait été chargé par le gouvernement français et par le président de la République de cette mission.



Aucune distinction honorifique ne pouvait être plus agréable au chef d'Etat de l'Uruguay, car M. Campisteguy a du sang français dans les les veines, de par ses ancêtres : il est Basque d'origine. Il y a quelques lointaines années, un Campisteguv quittait son village natal qui s'abritait à l'ombre pyrénéenne, franchissait la mare aux harengs et allait s'installer aux environs de Montevideo, où il faisait souche. Et c'est un de ses descendants qui, aujourd'hui, préside aux destinées de cet état sud-américain.



M. Campisteguv, qui, bien qu'ayant largement dépassé la soixantaine, espère bien — sa présidence achevée — venir, respirer l'air natal : il veut revoir la terre où ont grandi les siens et où ils ont joué, eux aussi, à la pelote basque, car il est demeuré un pratiquant fervent du noble jeu. Le président a deux fils qui partagent son amour pour la "doulce France" et qui, virtuoses de la pelote, sont aussi des champions du rugby.



M. Campisteguv entretient avec nos compatriotes qui vivent en Uruguay les plus cordiaux rapports et il est heureux de parler avec eux en français ; et quand, il v a quelques semaines, nos joueurs se rendirent à Monteviedo, il tint à les recevoir et à se faire même auprès de leur capitaine le plus obligeant des cicérone.



Le gouvernement français a été particulièrement inspiré en appelant à la plus haute dignité de la Légion d'honneur ce Basque d'origine qui s'emploie avec tant de coeur à resserrer encore si possible les liens d'affectueuse amitié qui unit son pays d'hier à son pays d'aujourd'hui.



Mais la terre basque peut se vanter d'avoir donné le jour à une famille dont l'hériter est actuellement, lui aussi, le président d'une République Sud-américaine : M. Irigoven, pour la deuxième fois, dirige les destinées de l'Argentine. Malgré son grand âge — il approche de 80 ans — il est demeuré étonnamment jeune d'allures et de caractère et il se plaît à déclarer que cette étonnante verdeur de corps et d'esprit il la doit à ce sang basque qui coule dans ses veines.



Et ainsi cette petite province française, qui s'enorgueillit d'avoir déjà donné au monde tant d'illustrations, peut revendiquer, à juste titre, comme ses fils et le président lrigoyen et le président Campisteguy."




emigration basque president uruguay
JUAN CAMPISTEGUY OXCOBY
PRESIDENT URUGUAY



  • la Gazette de Bayonne, de Biarritz et du Pays basque, le 13 octobre 1930 :


"Hommage des Basques de l’Uruguay à leur président. 



Nous lisons dans la Petite Gironde :

La Petite Gironde a signalé que le président Campistéguy avait l’intention de se rendre au Pays Basque l’été prochain et principalement à Saint-Jean-Pied-de-Port, pour inaugurer un fronton construit par souscription publique. 



Effectivement, peu de temps auparavant, M. Oyenart, de Suhescun, de retour de Montevideo, avait remis au maire d’Ispoure une somme de 15 000 francs destinée à l'érection de ce fronton. C’est, en effet, de la commune d'Ispoure qu’était parti le père du président actuel de l’Uruguay.



M. Oyhenart annonça que le président Campisteguy comptait entreprendre un voyage en Europe dans le cours de l’été 1931, et qu'il avait bien voulu accepter, en principe, d'inaugurer ce fronton. 



L’initiative de cette souscription faite au sein de la Société Euskal-Herria de Montevideo revient à M. et Mme Francisco Donagaray, originaires d’Ahaxe et Larceveau, à qui nous sommes heureux d’adresser nos plus chaleureuses félicitations. La Société Euskal-Herria a manifesté le désir de voir le président retenu à Saint-Jean-Pied-de-Port pendant quelques jours, où des fêtes traditionnelles pourraient être organisées en son honneur. 



Il est hors de doute que tout d’abord la jolie commune d'Ispoure voudra organiser une de ces mascarades basques dont elle a le secret lorsque jeunes et vieux (zahar gazteak, comme on le dit) se groupent pour organiser des fêtes comme certaines "karossa" qui sont restées légendaires.



Avec les excellents danseurs et les musiciens dont Ispoure peut être fière ce sera suffisant pour une bonne journée, mais certainement tous les Basques voudront se joindre à cette manifestation de sympathie, et il faut espérer que plusieurs journées de fêtes basques pourront être organisées. 



La Navarre espagnole demande déjà à y participer et il est probable que le président Campistéguy sera l’une des premières personnalités reçues par le comité Basque Amérique qui vient d’être fondé sur l’initiative de M. Hirigoyen, maire de Biarritz. 



Nous ne pouvons que nous réjouir à la pensée de ces manifestations et saluer à notre tour le président qui, fidèle à ses origines, fut pendant la tourmente un grand francophile ; nous nous inclinons devant ses qualités de travail, sa droiture. Son intelligence qui lui ont permis d’arriver au poste suprême de son pays d’adoption. 



Nous remercions la Société Euskal-Herria, de Montevideo, d’avoir su provoquer un aussi beau mouvement et nous adressons nos félicitations toutes particulières à Mme et M. Donagaray, qui ont bien voulu recueillir les souscriptions. 



Voici la liste des souscriptions : 

Ont donné 20 pesos : MM. Francisco Donagaray, Oyhenart, Bildosteguy, Catalina, Oxalde, Grus et Supervielle. 



Ont donné 10 pesos : MM. Léonis Marizcurrena, Sarrabère, Bernardo Donagaray, Juan Donagaray, Bartaburu, Aphasorho, Harambure, Bidegaray, Bidegain, Catalina, Larralde, Algazat, Toyos, Irigoin, Darrieumerlou, Garra, commandant d’Hestraux, Haramburu, Tissier, Tafernaberry, Moles-Noblia, Antonio Harambure, Ormaechea, Aiscar, Aguerre, Tristan, Jean Aguerre, Etchebarne, Gelos. 



Ont donné 5 pesos : MM. Yosserme Urrutia, Vasconcellos, Soler, San Martin, Aramburu, Bidart, Julio Aguerre, Debrocque, Bicain, Suquilde, Pedro Harambure, Harriet, Sarasola, Argul, Enrico Bartaburu, Tiarburu, Santos, Salaverry, Carriquiry, Campos, Eguiluz, La Torre, Frantchez, Curutchague, Bidart, Visconti, Clariget, Tafernaberry, Marizcurena, Bidart, Lamarque, Guillaume Inciarte, Haltv, Iraizos, Otamendi, Deroteo, Barnetchegaray. 



A donné 3 pesos : M. Rethen. 



Ont donné 2 pesos : MM. Vilar, Poncile, Pealy, Arambel, Iharour, Urruty, Apezarena, Sabaleta.



Soit au total 657 pesos 50. Francs : 14 832.90. 



MM. Donagaray, Oyhenart et Bidegain ont versé 7 pesos 60 pour arrondir la somme à 15 000 francs."



(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)




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mardi 22 mars 2022

UN CRIME À ISPOURE EN BASSE-NAVARRE AU PAYS BASQUE EN OCTOBRE 1854

UN CRIME À ISPOURE EN 1854.


En octobre 1854, un crime odieux secoue le village d'Ispoure, en Basse-Navarre, village comptant alors environ 580 habitants.



ISPOURE 1932
BASSE-NAVARRE D'ANTAN






Voici ce que rapporta à ce sujet le journal Le Droit, le 11 février 1855 :



"Juridiction criminelle.



Cour d’Assises des Basses-Pyrénées (Pau). Présidence de M. Delaman.


Audience du 7 février. (Corresp. particulière du Droit, Journal des Tribunaux.)



Meurtre suivi de vol. 



L’intérêt qu’offrait cette affaire, et que la présence de M. le procureur général, M. de Moulon, sur le siège du ministère public, semblait augmenter encore, s’est tout à coup affaiblie par des aveux que l’accusé s’est décidé à faire presque au moment de l’audience.



C’est, comme toujours, du pays basque que viennent les grands crimes dont la Cour d’assises des Basses-Pyrénées a trop souvent à s’occuper. On dirait que ces bandes nomades de bohémiens, qui habitent constamment ces contrées, communiquent parfois aux populations voisines leurs coupables instincts.



Le 10 octobre dernier, Elissondo d’Ironléguy allait allait faire ses adieux à une de ses sœurs demeurant à Ispoure, qui devait le lendemain partir pour Montevideo. Huit heures avaient sonné à l’église d’Ascarat, lorsqu’il arriva dans un quartier connu sous le nom de Chokoa. Ces lieux sauvages et solitaires, favorables au crime, ont été déjà, dit-on, le théâtre de quatre assassinats. Elissondo aperçut un homme gisant à terre, sans mouvement. Il le crut ivre, et continua sa route. Le lendemain, en repassant au même endroit, il reconnut cet homme, toujours étendu dans la même position. Hélas ! ce n’était qu’un cadavre ! La justice, aussitôt avertie, constata que le malheureux qui avait péri se nommait Duhalde. Il avait reçu à la tête deux coups de bâton, et sur le corps onze coups de couteau. Son cœur avait été percé de part en part.



La clameur publique désigna bientôt le coupable. Près de la victime se trouvaient un bâton brisé qui lui avait appartenu et un parapluie qui n’était pas à elle, et qui paraissait avoir été oublié par le meurtrier. Ce parapluie était celui de l’accusé Pierre Bidart. Ce jeune homme, fort et vigoureux, exerçait la profession de contrebandier. Il aimait le jeu et le plaisir, et n’avait pas toujours beaucoup d’argent. Il avait passé la journée du 9 octobre avec Duhalde, et avait pu s’apercevoir que celui-ci portait sur lui tout son or, car il se disposait à partir pour Montevideo. Duhalde exerçait, dit-on, l’industrie d’espion de la douane, ce qui le rendait odieux à tous ceux dont la contrebande était l’unique ressource. Il venait de subit une peine pour attentat contre les mœurs, et des témoins rapportent que la veille de sa mort il montrait de l’argent à une jeune fille pour tenter sa vertu.



Lorsqu’on découvrit le cadavre, la bourse avait disparu.



Diverses circonstances habilement recueillies par l’information s’élevaient contre l’accusé pour démentir ses dénégations et démontrer sa culpabilité. Son bâton de néflier entouré d’un cercle de cuivre s’adaptait parfaitement aux blessures ; le parapluie oublié était le sien ; il avait été enfin suivi par l’œil des témoins sur la route où devait succomber l’homme qu’il accompagnait.



VUE GENERALE D'ISPOURE BASSE-NAVARRE
PAYS BASQUE D'ANTAN


Pressé par l’évidence, Bidart a fini par avouer qu’il était l’auteur de la mort de Duhalde. Une querelle s’était élevée entre eux : son adversaire plus fort et plus grand que lui l’avait menacé de son terrible bâton : alors n’écoutant que le sentiment de sa propre conservation et la colère qui l’animait, il s’était armé du couteau et avait frappé. Puis il avait achevé son ennemi avec le bâton et s’était éloigné sans avoir le courage ni la pensée de dépouiller sa victime.



Ce système de défense est énergiquement soutenu par Me salles, ancien bâtonnier, qui a fait poser la question de provocation.



M. le procureur générai de Moulon, après avoir rappelé, dans un langage noble et saisissant, les odieux détails du crime déféré au jury, réclame un verdict qui serve d’exemple aux populations et qui mette un terme aux attentats trop fréquents dans ces contrées.



Après des répliques animées, et le résumé de M. le président, le jury rapporte un verdict qui déclare Bidart coupable de meurtre et qui admet en sa faveur les circonstances atténuantes.



Bidart est condamné à vingt ans de travaux forcés."



(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)




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dimanche 27 février 2022

FAUSTIN BENTABERRY MUSICIEN BASQUE D'ISPOURE EN BASSE-NAVARRE

FAUSTIN BENTABERRY MUSICIEN BASQUE.


Faustin Bentaberry, né à Ispoure (Basse-Navarre) le 15 août 1865 et mort à Antignac (Haute-Garonne) le 21 février 1936, est un musicien, danseur et chorégraphe Basque.





pays basque basse-navarre musicien
MUSICIEN FAUSTIN BENTABERRY D'ISPOURE
PAYS BASQUE D'ANTAN



Voici ce que rapporta à ce sujet la Gazette de Bayonne, de Biarritz et du Pays basque, le 17 mars 

1936, sous la plume de Charles Fouladoux :



"Bentaberry musicien navarrais



A l'heure où, un peu partout en France, sous l'influence des nombreuses sociétés régionalistes, on assiste à une renaissance des vieilles traditions, des vieilles danses, des vieux chants, du folklore un instant oublié, nous avons le devoir de rendre hommage à ceux qui, il y a déjà des années, furent les défenseurs et les conservateurs des choses du passé. Ils avaient compris la grandeur du patrimoine artistique, littéraire et musical laissé par nos ancêtres, et s’étaient attachés à sa sauvegarde. Appartenant à toutes les professions : médecins, prêtres, instituteurs, parfois ouvriers ou artisans, ils ont protégé le trésor du passé, et fait revivre, avec toute sa grâce, l'art d’autrefois, créateur des plus belles légendes, des plus belles chansons, des plus beaux monuments.



C’est d'un de ceux-là que nous voulons parler aujourd'hui : Faustin Bentaberry, décédé à Ispoure ces jours-ci et que M. Ybarnégaray appela le "mainteneur des traditions basques".



Mainteneur des traditions basques. Nul, plus que le populaire Faustin ne méritait ce titre. Il passa toute sa vie à aimer la musique euskarienne, et tira de l’oubli les vieux airs de danses bas-navarraises qu'il remit en honneur. 



Petit-fils d’un fameux ménétrier de la Madeleine, il naquit le 16 août 1869, dans une famille où l’amour de la musique était porté a un tel point que son père, quelques instants avant sa mort, demandait à entendre une dernière fois les sauts basques. Son parrain, Faustin Claverie, violoniste de talent, lui communiqua sans doute aussi un peu de sa science musicale. Dès sa quatorzième année, Faustin Bentaberry travaillant à la forge paternelle, démontra que l’hérédité n’était pas un vain mot. Il obtint une clarinette — la première qui fit son apparition dans le canton, apprit seul à en jouer, et fit ses débuts comme ménétrier. Il participa à toutes les noces, à toutes les fêtes locales, devint rapidement le plus connu des musiciens du pays, et son talent fut fort apprécié. 



S'intéressant à la musique basque, il recueillit de très vieux airs locaux conservés par son grand-père, et oubliés sans doute depuis longtemps. Il les arrangea et se mit à les jouer. Il en garda également quelques autres, qui jusqu'à ce jour sont demeurés inédits, et sont les plus intéressants de la Basse-Navarre. 



Ayant appris avec son grand-père les pas basques d'autrefois, il créa alors son école de danses locales d'Ispoure, qui obtint un très vif succès et fut fréquentée, pendant cinquante ans, par toute la jeunesse de la région. Un instant délaissés, les sauts basques redevinrent grâce à lui plus populaires que jamais. Tout dernièrement encore, les élèves de cette école toujours florissante, étaient admirés aux fêtes de Saint-Jean-Pied-de-Port



Avant la guerre, Edmond Rostand le fit appeler plusieurs fois dans sa propriété d'Arnaga, à Cambo. La grande artiste Sarah Bernhard, au cours d'un séjour chez l’auteur de "L'Aiglon" s'intéressa vivement à la musique basque de Faustin. 



Sous le patronage du Musée Basque F. Bentaberry et ses danseurs furent applaudis à Paris, à Londres, à San Sébastian, à Barcelone, à Vergara, à Agen, à Biarritz, à Bayonne



Dans la région, dès qu'il paraissait sur une place, avec sa clarinette, les jeunes gens faisaient cercle. Tandis que, gravement, les yeux mi-clos, il jouait, ses élèves tournaient autour de lui, traçant la trame compliquée des sauts basques. 



Le 15 février 1935, le ministre de l'Education Nationale nommait notre ami officier d'Académie, pour services rendus à l'Art Régional. Cette récompense de toute une vie vouée à la musique basque et aux danses locales suscita de nombreux articles — tous élogieux et enthousiastes — dans les journaux locaux et régionaux. 



En 1934, Faustin dut subir une très grave opération. Après quelques mois de traitement, il put reprendre sa clarinette et conduire à nouveau les danseurs à travers nos rues. Pour les fêtes de Pentecôte 1934, il fut de tous les défilés, et on put espérer un instant qu’il avait vaincu le mal. Mais celui-ci revint, et deux ou trois alertes se produisirent. Faustin n’en continua pas moins à suivre toutes les fêtes, oubliant un instant, quand il jouait, l'implacable maladie. Au début de l'année encore, le 6 janvier, il se fît conduire en auto au garage Cadiou, et joua durant tout le bal organisé à l’occasion de la foire de Saint-Jean-Pied-de-Port. 



Le 26 janvier, survint brutalement la mort de son fils Jean-Jules. Terrassé par l’affreux événement, vaincu, Faustin passa des heures atroces. Mais, dans un sursaut de courage, il tint, malgré les conseils des siens, à accompagner son enfant jusqu'au cimetière. Ce fut sa dernière sortie. Très rapidement, le mal empira, et le 21 février, le plus célèbre des ménétriers basques, le rénovateur des danses bas-navarraises, mourait à 66 ans. 



Tous les danseurs, ses élèves, la Société Musicale, la Lyre de Saint-Jean-Pied-de-Port et les koblaris basques l’accompagnèrent à sa dernière demeure, avec la foule de toute la région. 






pays basque basse-navarre musique
LA LYRE ST-JEAN-PIED-DE-PORT 1899
PAYS BASQUE D'ANTAN



Sur sa demande expresse, son fils ainé coucha avec lui dans le cercueil sa clarinette, qu’il voulut emporter dans la tombe. Il la serre contre son bras, du même geste familier dont il la tenait pendant les pauses ou les défilés. C'est avec elle qu'il a traversé une dernière fois son cher Ispoure que sa musique n’animera plus, avant d’aller dormir sur la colline, dans le petit cimetière qui domine le village. 



Il repose là, le vieux musicien qui faisait danser les sauts basques, et les fit revivre. Et dorénavant, quand sur toutes les places retentira l'air traditionnel, il semblera à tous ceux qui l’ont connu que sa haute silhouette est là, qu’il vient écouter encore les "Lapurtar Motchak" et que Faustin l’enchanteur est revenu près de nous, pour mener la danse de ses élèves et de ses continuateurs."



(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)





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