samedi 17 février 2018

LES BASQUES EN AMÉRIQUE DU SUD EN 1883


LES BASQUES EN AMÉRIQUE DU SUD EN 1883.


Les Basques ont émigré par centaines de milliers en Amérique du Sud.

pays basque avant
EMIGRATION BASQUE
PAYS BASQUE D'ANTAN


Je vous ai parlé, à plusieurs reprises de l'émigration Basque, dans le monde entier, et en 

particulier, en Amérique, tant au Nord qu'au Sud.


Ce fut le cas pour les Messageries Maritimes, d'un drame en 1949, des Présidents d'Amérique 

du Sud issus de l'émigration  Basque, des agents d'émigration, des bergers Basques aux Usa, de 

l'émigration Basque aux Philippines, de l'émigration en 1857, de l'émigration Basque au 

Mexique en 1939, de l'émigration Basque en Argentine en 1911, de l'émigration Basque en 

1928 et de la réussite des Basques en Amérique en 1907.


Ce sujet de l'émigration Basque a alimenté la presse, au travers de très nombreux articles.


Voici ce qu'indiqua, par exemple,  le Journal des débats politiques et littéraires, dans son édition 

du 23 janvier 1883 :


"Les Basques dans l'Amérique du Sud.


On lit dans le Courrier des Etats-Unis

Il y a, dans l'Amérique du Sud et notamment à Buenos-Ayres, des échantillons de presque toutes les races de la terre. Il serait cependant fort difficile de les distinguer les unes des autres, car, à part certains signes conventionnels qui peuvent donner lieu à de nombreuses erreurs, elles se confondent toutes dans la même apparence extérieure. A Buenos-Ayres, comme partout ailleurs, il y a un grand niveau moral, qui est la jaquette, et tout le monde est égal devant le feutre. 


Il n'y a qu'une exception à cette loi générale, ce sont les Basques. 

pays basque autrefois
EMIGRATION BASQUE
PAYS BASQUE D'ANTAN

Quand on rencontre, dans la rue, un homme fortement charpenté, de taille souvent élevée, mais bien prise, les épaules effacées, la poitrine au vent, l'air franc et résolu, et qui foule le pavé de l'air de quelqu'un qui n'a rien à se reprocher, on peut dire hardiment : c'est un Basque.

 

S'il a des moustaches, c'est un Basque espagnol : s'il n'en a pas, c'est un compatriote, c'est un Basque français. 


Des nombreuses provinces du Nord et du Sud de notre pays, qui se trouvent représentées à Buenos-Ayres, et qui, presque toutes, sont confondues dans le même moule qui a unifié la nation française, et a fait, des différents types qui la composent, un tout parfaitement homogène, les Basques sont les seuls qui tranchent d'une façon à peu près complète sur toutes les autres, et ils représentent une des fractions qui ont le plus puissamment contribué à faire aimer le nom de la France et respecter son pavillon. 


argentina antes
EMIGRATION BASQUE ARGENTINE
PAYS BASQUE D'ANTAN

Il n'y a guère, en effet, que dans les contrées les plus reculées de la Basse-Bretagne qu'on pourrait encore retrouver les traditions, le culte des vieilles coutumes et la simplicité de mœurs qui caractérisent la race cantabrienne. 


Le Basque semble avoir hérité, de nos jours, des fortes qualités qui en ont fait, dés la plus haute antiquité, un peuple à part, contre lequel sont venues se briser toutes les ambitions, qui, depuis celle des Romains jusqu'à celle des rois de France et d'Espagne, ont essayé de le subjuguer. 


argentina antes
EMIGRATION BASQUE ARGENTINE
PAYS BASQUE D'ANTAN

Le Basque n'a, pour ainsi dire, pas d'histoire, comme tous les peuples heureux et le peu que l'on sait de ses origines fait depuis longtemps, le désespoir des savants. Les uns prétendent le faire remonter aux Phéniciens, venus dans les Pyrénées, 3 000 ans avant l'ère chrétienne, pour y exploiter les mines; d'autres en font un rameau du tronc finnois, et, par conséquent, le rattachent à la grande famille du Nord; eux mêmes poussent leur origine jusqu'au déluge, et reconnaissent pour premier auteur, Aïtor, échappé miraculeusement à la catastrophe générale. 


Quant à leur langue, c'est un casse-tête chinois pour tout profane né hors de la Terre de Labour ou du pays de Soule, et les philologues y découvrent toutes espèces d'origines depuis des racines hébraïques et sanscrites jusqu'à des radicaux carthaginois. 


pays basque 1900
EMIGRATION BASQUE
PAYS BASQUE D'ANTAN

Un fait certain, c'est que, placé entre le Celte et l'lbère, le Basque n'est ni l'un ni l'autre, pas plus qu'il n'est Slave ou Saxon; il n'appartient à aucune des grandes classifications de l'Europe, et, comme les plantes rares, il est, à lui seul, une espèce, une classe et un genre. Au milieu des échantillons de deux races, pour ainsi dire aborigènes, qui l'enserrent de toutes parts, il échappe aux caractères généraux de chacune d'elles, et reste indépendant de leurs particularités. 


Le Basque est lui. Il n'a passé de compromis avec personne; il est resté immobile au milieu de toutes les transformations, sans avoir rien laissé derrière lui de son caractère primitif ; il a subi tous les contacts, sans en être atteint, et il a résisté victorieusement aux diverses agglomérations galliques ou germaniques qui se sont formées dans son voisinage et ont menacé son existence. Comme les rocs de ses montagnes, il les avait précédées, il leur a survécu. 


Au milieu des races nouvelles qui se sont fondées, le Basque est demeuré ce qu'il était il y a deux mille ans, et, semblable au Breton, et plus que lui, peut-être, il se conserve debout comme le produit d'une sélection naturelle, et en vertu de cette loi immuable qui fait que, dans le combat pour l'existence, les espèces privilégiées seules résistent et survivent. 


Et c'est, en effet, une espèce privilégiée que celle à laquelle le Basque appartient. 


Au milieu de notre civilisation énervante et de l'atrophie générale dont nous sommes atteints, le Basque est un de rares échantillons chez lesquels il faudra bientôt aller chercher les qualités des races disparues. C'est lui qui est fort, dur à la fatigue, obstiné dans tout ce qu'il entreprend, et ce rude travailleur a gardé, avec la vieille simplicité des mœurs, cette grande vertu- des peuples enfants, l'hospitalité. 


argentina antes
EMIGRATION BASQUE ARGENTINE
PAYS BASQUE D'ANTAN

Du jour où l'on a renoncé à lui prendre ses montagnes, le Basque a cessé de s'immobiliser au milieu du courant, et il s'est franchement rallié aux nationalités qui ne voulaient plus l'aborder.


D'un côté des Pyrénées, il est allé à l'Espagne, avec ses fueros et ses privilèges, avec des garanties qui l'exemptaient de l'impôt, du service des armes, et qui lui assuraient les mêmes prérogatives que la noblesse, ce qui prouve assez à quel prix on estimait sa soumission. 


De l'autre, il s'est jeté dans les bras de la France. Il savait bien qu'il n'avait rien à craindre d'elle, et il n'a pas eu à s'en repentir. 


argentina 1907
EMIGRATION BASQUE ARGENTINE
PAYS BASQUE D'ANTAN

C'est ce jour-là qu'on eût pu dire longtemps avant Louis XIV : il n'y a plus de Pyrénées.


Aujourd'hui, il vit tranquillement dans le Labour, la Basse Navarre et le pays de Soule, soumis aux mêmes lois que nous, portant fièrement sa part du grand nom de la France, et il est certes un des enfants qui font le plus d'honneur à la grande famille française. 


Si les Basques se sont donnés à nous, ils n'ont pas oublié, cependant, leur vieille habitude de l'indépendance. Ils sont entrés dans une nouvelle famille, mais ils n'ont pas oublié l'ancienne, et se souviennent parfois, au coin du feu, de l'antique renom de leurs montagnes et de la journée de Roncevaux. 


argentina antes
EMIGRATION BASQUE ARGENTINE
PAYS BASQUE D'ANTAN

Demandez, en effet, à un Basque à quelle nationalité il appartient; il vous répondra fièrement : "Je suis Basque", comme au temps où ses ancêtres luttaient contre Roland. Mais dites-lui du mal de la France, et il vous prouvera immédiatement, si vous ne vous hâtez de mettre une distance convenable entre vous et lui, qu'il s'honore également d'être Français, et qu'on n'insulte pas impunément son pays devant lui. 


Ce dont le Basque s'honora surtout, c'est d'être lui. Il sait qu'il a la poitrine large, les épaules carrées et les bras solides, et la conscience de sa force fait qu'il dédaigne les exercices qui ne demandent pas des preuves de vigueur dont il est habitué à se glorifier. Non seulement il est fort, mais il est brave et n'a pas besoin qu'on lui fasse une réputation. Deux mille ans avant notre ère, les Romains, ces grands connaisseurs avaient déjà dit de lui : 


Cantaber indoctus juga ferre nostra. 


Il n'a pas dégénéré, et il est inutile qu'on le qualifie. Il s'appelle, lui-même, escualdanac, et ce nom signifie homme vaillant. Quant à ses fastes, il est superflu de les évoquer : ils sont aussi héroïques qu'obscurs ; il a lutté contre César et contre Charlemagne. 



Où? Quand et comment? On l'ignore. Ce qu'on sait, c'est qu'il n'a pas été entamé par les deux plus grands conquérants de la terre, et, que ses montagnes sont restées aussi vierges du cothurne du vainqueur des Gaules que de la sandale de l'empereur d'Occident. Cela suffit pour faire une renommée. 


Ce qu'il y a de curieux chez le Basque, et ce qui en fait véritablement un peuple à part dans le monde, c'est la facilité avec laquelle il s'adapte à tous les milieux, sans rien perdre, pour cela, de son cachet originel. 


Ce peuple, qui a résisté, pied à pied, à toutes les invasions; qui est, pour ainsi dire, vierge de tous les contacts, et qui semble si fort enraciné au sol natal, s'expatrie avec une facilité extraordinaire, et son génie national semble le pousser instinctivement vers les pays de race latine, avec lesquels il n'a cependant, à en croire les savants, qu'une lointaine similitude d'origine. 


Le Basque n'est pas plus tôt arrivé sur ses rives, qu'il s'identifie avec la nation qui lui donne l'hospitalité, et, partout où les autres dépérissent ou échouent, lui, grâce à son organisation privilégiée, s'acclimate et prospère. 


argentina antes
EMIGRATION BASQUE
PAYS BASQUE D'ANTAN

Il apporte partout ses habitudes de travail, sa persévérance à toute épreuve, et la robuste confiance en lui-même , qui ne l'abandonne jamais. Mais il transporte également avec lui, comme le philosophe antique, une parcelle du sol natal. Il pactise avec sa nouvelle patrie, mais il n'oublie pas l'ancienne, la vraie, et il lui faudra toujours le béret pyrénéen, la large ceinture de cuir et la pelota et la barre, avec lesquelles il pourra prouver la différence qu'il y a entre les fils des Cantabres et les habitants dégénérés des grandes villes. 


Ces Français ont l'énergie, la vigueur et l'ineffable bonté des vieilles races, qui ont su se conserver à l'état d'enfance, et c'est sur eux principalement et sur leur génie d'assimilation que la France compte pour faire prévaloir dans l'Amérique du Sud son influence et assurer sa prépondérance, car sous le béret du travailleur, comme sous la redingote du négociant, elle n'a pas de fils plus dévoués.

uruguay antes
EMIGRATION BASQUE EN URUGUAY
PAYS BASQUE D'ANTAN

Ils n'ont pas à envier à d'autres provinces, plus riches et plus fertiles, leur prospérité apparente. Ils ont, eux, la véritable prospérité, qui consiste dans le courage et la ténacité, et ils constitueront bientôt un des rares pays, en Europe, où il faudra aller chercher des choses depuis longtemps disparues ailleurs : l'hospitalité, la franchise, la pureté des moeurs, et cette fraternité véritable, la seule, la vraie, qu'on appelle la solidarité."




Merci ami lecteur (lectrice) de m'avoir suivi dans ce 942ème article.


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