LE CHEMIN DE FER D'INTÉRÊT LOCAL D'URT À CAMBO EN 1883.
Les chemins de fer d'intérêt local ont été pour la première fois par une loi du 12 juillet 1865, qui avait en vue la création de lignes devant être construites et exploitées à bon marché.
GARE 64 CAMBO-LES-BAINS PAYS BASQUE D'ANTAN
D'après cette loi, les départements et les communes étaient autorisés à exécuter soit eux-mêmes, soit par voie de concession, avec le concours et sous le contrôle de l'Etat, des chemins de fer destinés principalement à relier aux grandes lignes les localités secondaires.
L'exposé des motifs de la loi indiquait clairement le but qu'on voulait atteindre : il s'agissait de créer en quelque sorte la vicinalité des chemins de fer. Une entière liberté était d'ailleurs laissée aux départements et aux communes pour le mode de construction des lignes et la largeur de la voie.
Cette loi n'a pas réalisé les espérances conçues par ses auteurs ; c'est ainsi qu'au 31 décembre 1870, la longueur livrée à l'exploitation n'était que de 268 kilomètres, celle en construction ou à construire, de 1 502 kilomètres.
Au 31 décembre 1880, la longueur totale concédée n'atteignait encore que 3 681 kilomètres, savoir : Longueur exploitée 2 189 kilomètres. En construction ou à construire 1 492 kilomètres.
GARE A CHÂTEAU CELHAYA 64 CAMBO-LES-BAINS PAYS BASQUE D'ANTAN
Voici ce que rapporta à ce sujet La Revue de Saint-Jean-de-Luz et des Stations Thermales et
Supplément au Rapport que nous avons publié dans notre Revue du 26 novembre.
Analyse de ce Rapport.
Eléments de prospérité de cette voie.
Dans nos deux derniers numéros, nous nous sommes faits les échos empressés et conscients d'une grande idée mise au jour par des esprits compétents et pratiques : c'est la construction du chemin de fer d'Urt à Cambo, se reliant au département des Landes par le pont que l'on doit incessamment jeter sur l'Adour. Cette question nous a paru tellement opportune, palpitante d'actualité et capitale, que nous éprouverons le besoin d'y revenir, bien résolus à ne faire le silence autour d'elle qu'après satisfaction complète de nos légitimes aspirations, car elle intéresse au plus haut point l'avenir de notre cher pays.
Déjà quelques spéculateurs clairvoyants, et à l'affût de placements rémunérateurs, ont été frappés de son importance au double point de vue des intérêts à desservir et des bénéfices à réaliser. En effet, dans deux articles successifs, exempts d'exagération, mais au contraire marqués au coin d'une prudente réserve, nous avons essayé d'énumérer, à la suite les unes des autres et dans leur ordre topographique, les localités ou les embranchements qui, sauf meilleur avis pourtant, devraient, selon nous, être desservies ; de grouper tous les commerces, toutes les industries s'exerçant au grand soleil ; les carrières à ciel ouvert de pierres, d'ardoises, de marbres, et celles à découvrir ; les mines à exploiter et celles à l'état latent trahies par des indices révélateurs ; les gisements présumés et ceux que des sondages ou la science de quelque géologue distingué saurait fixer encore ; enfin les produits abondants et variés du sol, les stations balnéaires, les foires, les marchés, les voyageurs, les touristes, tous ces multiples éléments qui contribuent d'une manière déterminante à la prospérité d'une ligne ferrée, sans faire entrer en ligne de compte la fièvre généreuse d'émulation, d'exploitations, de transactions et de mouvement qui pourra se produite et qui se produira certainement à la faveur de la vigoureuse impulsion d'initiatives générales et privées.
Bien que cette nomenclature puisse paraître significative, il ne faut pas croire que le dernier mot soit dit, car au fur et à mesure que l'on scrute les ressources du pays, le champ des découvertes s'agrandit. C'est ainsi que nous sommes amenés aujourd'hui à mettre en vue d'autres industries, ou timides, ou effacées, ou forcément dépendantes faute de débouchés directs, mais qui, toutes, sont susceptibles de grands développements si nous savons secouer notre torpeur et doter notre terre promise d'une de ces voies qui sont comme les ailes de la fortune et du progrès : nous voulons parler du chocolat, des jambons, du vin, des conserves, du schiste, des laines, du tabac, du vin, du miel, du charbon, des bois de fusain ou bourdaine, appelés vulgairement ici bois sanguin et du chardon.
Chocolat. — Parmi les chocolats estimés dont l'usage est universel en Europe, il en est un qu'on renomme entre tous : c'est celui de Bayonne. Loin de nous la pensée de vouloir diminuer, en quoi que ce soit, le réel mérite de notre chef-lieu, dont nous sommes si fiers, et qui fabrique supérieurement ; cependant nous devons à la vérité de dire qu'autant que lui Cambo, Hasparren, St.-Jean-de-Luz, Labastide-Clairence, Ustaritz et Espelette, ses tributaires, ont contribué à cette vogue, qui à juste titre va toujours croissant.
CHOCOLAT CAZENAVE BAYONNE PAYS BASQUE D'ANTAN
Jambons. — Il en est des jambons comme du chocolat, avec cette différence toutefois que Bayonne fabrique beaucoup de chocolat et ne fait pas de jambons. Ceci n'empêche pas que la réputation des jambons de Bayonne n'est plus à faire ; qu'elle a fait le tour du monde, et cela, comme toujours d'ailleurs, grâce à une heureuse application d'une figure de rhétorique permettant de saisir la partie pour le tout. Ce n'est certes pas un mal, et, jusqu'à ce que nous trouvions mieux, c'est dans l'ordre des choses : le ruisseau ne va-t-il pas à la rivière ? Toujours est-il que ce sont les produits réunis des communes que l'on sait, augmentées de celles du Béarn et des Landes, qui ont établi cette incontestable supériorité qui est loin d'être à son apogée, car aucune terre mieux que la nôtre ne se prête à l'élevage de la race porcine par la bonté et la variété des engrais ; ainsi elle abonde en pâturages, glands, châtaignes, maïs et pommes de terre.
Vins. — Au nom de cette liqueur tant chantée, qu'on aime tant, et qui, selon les cas, produit sur notre économie tant d'effets salutaires ou fâcheux, nous voyons d'ici poindre quelque ironique sourire trahissant cette question : Où est votre vin ? Cette interrogation n'a pour le moment rien d'insolite ; elle prouve que celui qui la fait n'ignore pas que l'oïdium et le phylloxéra sont venus nous visiter, hélas ! Mais est-il quelque chose d'éternel sur notre planète ? La machine terrestre est ronde ; elle tourne, et chaque chose arrive à son heure. Après l'orage vient le beau temps, c'est l'éternelle loi.
Il en sera de même pour la viticulture. Evidemment chez nous elle est en souffrance ; ce n'est qu'un fait accidentel. Les crûs nous restent, c'est le principal ; or ils sont excellents et exposés à souhait. Nous avons de plus le climat et la nature du sol favorables. Si de nouvelles relatons s'établissent, on n'hésitera pas à recourir, s'il le faut, à de nouveaux cépages ; encouragés par la perspective d'un écoulement facile et rémunérateur, les vignerons sauront prodiguer leurs sueurs et leurs soins, et ne reculeront pas devant la dépense pour l'application ingénieuse des moyens propres à combattre le fléau et à conjurer le mal. Vous verrez qu'alors nos vignobles, si bien assis au soleil, refleuriront de plus belle ; que les coteaux de Labastide-Clairence, d'Hasparren, d'Urt, de Mouguerre, de Lahonce et d'Urcuit, de Guiche, de Bardos, de Bidache, fourniront encore des vins désaltérants, clairs, colorés, sains, généreux, dont les rubis et le vermeil tenteront le palais des gourmets, et qui seront couronnés dans les concours agricoles. Interrogez à ce sujet M. Larapide d'Uhagon, si compétent dans la matière, et dont les vins comptent de si brillants succès dans les concours régionaux. Mieux que personne il vous en donnera des nouvelles.
Conserves. — On sait combien est répandu l'usage des conserves alimentaires, et les perfectionnements successifs apportés à ce genre de fabrication qui fait si bien la part de la classe nécessiteuse et de la gourmandise humaine. Outre qu'elle joint l'utile à l'agréable, cette industrie, quand elle s'exerce dans un milieu fécond, devient lucrative pour tout le monde ; c'est dire que les centres, pouvant y prétendre, ne devraient jamais négliger une semblable aubaine.
Malheureusement, il n'en est pas toujours ainsi. Que voulez-vous ? on n'y pense pas, on s'endort. C'est un tort immense, on doit toujours profiter des dons du bon Dieu. En voulez-vous une preuve entre mille ? la voici, nous la prenons tout près pour plus d'évidence. A une époque assez rapprochée de nous, dans une petite ville qui n'est pas loin, et qui se mire coquette et gracieuse dans la mer, la pêche du thon et de l'anchois était très abondante, tellement abondante que ces denrées étaient vendues à vil prix, et que parfois même on les poussait du pied pour les épandre sur la terre. Personne ne songeait à en tirer un parti quelconque. Mais un jour un homme vint ; il jeta autour de lui un regard étonné ; puis il sourit, mais d'un sourire de Marseillais tout fier de sa Cannebière. L'occasion est comme la fortune ; il faut la saisir au vol. Sans perdre une minute, cet homme se mit à l'oeuvre, éleva une fabrique, et fonda le marinage de l'anchois et du thon. Quand St.-Jean-de-Luz ouvrit ses grands yeux, M. Rivet avait fait sa fortune. Il a eu des successeurs, et tous ont su réaliser de jolis bénéfices.
L'exemple est probant ; puisse-t-il être contagieux ! A bon entendeur salut.
La circonscription qui nous intéresse est entourée de rivières poissonneuses ; l'Adour, l'Arran, la Nive et l'Ardanabie, où le saumon abonde, la sillonnent en tous sens. Pourquoi ne pas mariner le saumon ? Pourquoi ne pas faire pour ce délice des tables ce qui a lieu pour le thon ? Si, comme il est à craindre, aucun de nous n'ose lancer l'affaire, bien sûr, tôt ou tard, un autre étranger la tentera. Il aura raison, car, en même temps que le saumon, nos savoureux champignons, nos frais légumes, nos fruits embaumés et le gibier qui foisonne à deux pas de nous, en Espagne, attirant son attention, exciteront son initiative. Est-ce qu'en fait de conserves de gibier, les premiers essais n'ont pas été des coups de maître ? Est-ce que les hôtels de France de St.-Jean-de-Luz, et de St.-Martin de Cambo, n'en préparent pas ? Oui, certes ; pour leurs besoins seulement, il est vrai, mais ils les réussissent à merveille, à telle enseigne que, pour ce motif, les noms de ces traiteurs figurent en gros caractères sur les calepins du prince de Galles, du grand-duc Constantin et des sommités de la noblesse et de la finance. Lorsque le clairvoyant étranger aura pris lieu et place, qu'il sera maître de la situation, les regrets se feront jour, mais il ne sera plus temps.
PRINCE ALBERT-VICTOR DE CLARENCE PRINCE DE GALLES 1883
Schiste.— De même que le mouvement perpétuel, le génie de l'homme s'agite sans cesse ; toujours à l'affut des découvertes du moment, il flaire, pour s'en emparer aussitôt, celles qui lui paraissent les plus avantageuses. Ainsi, à propos des gisements de schiste que nous avons dit exister dans la contrée, plusieurs demandes nous sont déjà parvenues ; toutes ont pour objet de solliciter de plus amples renseignements. Dans l'impossibilité de préciser davantage, nous croyons ne pouvoir mieux faire que de conseiller aux intéressés de s'adresser au savant géologue M. l'abbé Richard, qui a studieusement exploré les terrains, et qui garde un certain secret. Tout ce que nous pouvons ajouter, c'est que, confiants dans sa parole, nous croyons que le schiste existe, et qu'il n'y aura qu'à le prendre pour l'expédier."
(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)
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LE CHEMIN DE FER D'INTÉRÊT LOCAL D'URT À CAMBO EN 1883.
Les chemins de fer d'intérêt local ont été pour la première fois par une loi du 12 juillet 1865, qui avait en vue la création de lignes devant être construites et exploitées à bon marché.
GARE 64 CAMBO-LES-BAINS PAYS BASQUE D'ANTAN
D'après cette loi, les départements et les communes étaient autorisés à exécuter soit eux-mêmes, soit par voie de concession, avec le concours et sous le contrôle de l'Etat, des chemins de fer destinés principalement à relier aux grandes lignes les localités secondaires.
L'exposé des motifs de la loi indiquait clairement le but qu'on voulait atteindre : il s'agissait de créer en quelque sorte la vicinalité des chemins de fer. Une entière liberté était d'ailleurs laissée aux départements et aux communes pour le mode de construction des lignes et la largeur de la voie.
Cette loi n'a pas réalisé les espérances conçues par ses auteurs ; c'est ainsi qu'au 31 décembre 1870, la longueur livrée à l'exploitation n'était que de 268 kilomètres, celle en construction ou à construire, de 1 502 kilomètres.
Au 31 décembre 1880, la longueur totale concédée n'atteignait encore que 3 681 kilomètres, savoir : Longueur exploitée 2 189 kilomètres. En construction ou à construire 1 492 kilomètres.
GARE A CHÂTEAU CELHAYA 64 CAMBO-LES-BAINS PAYS BASQUE D'ANTAN
Voici ce que rapporta à ce sujet La Revue de Saint-Jean-de-Luz et des Stations Thermales et
Supplément au Rapport que nous avons publié dans notre Revue du 26 novembre.
Analyse de ce Rapport.
Eléments de prospérité de cette voie.
Affluents. — Départements des Landes : Produits agricoles, résineux, corsiers liège, marnières. — L'Adour. — Le chemin de halage. — Le chemin de fer de Bayonne à Toulouse.
La gare d'Urt.
HÔTEL DES POSTES ET AVENUE DE LA GARE 64 URT PAYS BASQUE D'ANTAN
Urt : salines, tanneries, chantiers de construction, pêche, bois, vignobles, carrières de pierre et de marne, marchés, foires.
Affluents. — Urcuit, Lahonce : carrières de pierre, de plâtres, d'un côté ; de l'autre, une partie de Bardos, de Guiche et de Sames : espèces bovine et chevaline ; cerises de Guiche.
Le chemin de fer d'Urt à Cambo et de Cambo à St-Jean-Pied-de-Port aura, d'après nous, pour conséquence forcée l'établissement d'un tramway de Cambo à St-Jean-de-Luz et de Cambo à Ainhoa et au pont de Dancharienia et Espagne.
A la gare d'Urt descendront tous les voyageurs venant de Peyrehorade, de Pau et au-delà en amont, qui se rendront à Labastide, Hasparren, Cambo et cette partie du Pays Basque. Nous dirons plus : les touristes qui viendront de Peyrehorade, de Pau et d'Oloron, préféreront prendre cette voie pendant l'été pour aller à St-Jean-de-Luz s'il y a un service de voiture établi entre Cambo et St-Jean-de-Luz. La route est une des plus jolies du département. De Bayonne pour se rendre à Labastide et Hasparren, on prendra la gare d'Urt inévitablement.
La gare d'Etchecolou d'Urt.
ROUTE DU PORT ET DE LA GARE 64 URT PAYS BASQUE D'ANTAN
Etchecolou : tuileries, poteries, carrière de marne, bois.
Affluents. — Une portion de Bardos, Guiche, Sames, Bidache (carrières de pierres), tissanderies à Bardos d'un côté ; de l'autre, Briscous, salines, bois, vignobles, carrières de marne ; route départementale de Bayonne à Oloron desservant ces communes.
La station de la Ferrerie.
Subordonnée aux mines de fer qui pourront s'y trouver, et qui doivent exister si les raisons que nous avons données dans notre dernier numéro ont un fondement quelconque. Presque tout le long de cette route on rencontre des fontaines d'eau ferrugineuse bien accusée.
Gare de Labastide Clairence.
Labastide Clairence : fabriques de berrets, tricots ; banc d'ardoises, celles ci à juger par la superficie du sol ; bancs de schiste, vignobles, vin renommé, marchés, foires.
Affluents. — Pessarou : tanneries, clouteries. — Orègue, le bois de Mixe qui en fait partie : châtaignes renommées. — Arraute, Charritte, Amorots-Succos, Béguios, le bois de Mixe (ces communes, pour se rendre à Bayonne, la distance étant plus courte, préféreront prendre la gare de Labastide que celle de St-Palais) : produits agricoles ; vins de Béguios, Amorots-Succos.
Affluents. — Isturitz, St.-Martin-d'Arberoue : carrière de marbre. — St.-Esteben, Méharin,Hélette pour une partie, Armendarits, relié par un chemin d'intérêt commun : produits agricoles, première fertilité, vins recherchés.
Gare de Hasparren.
Hasparren : tanneries, cordonneries, — sandaleries, saboterie, vin renommé, terres de première qualité, marché des plus considérables du département.
Affluents. — Bonloc : tanneries. — Mendionde, Macaye, la belle commune de Hélette (grands marchés à Hélette) : pâturage, bétail de premier ordre. — Urcuray : tanneries.
Gare de Cambo (thermes).
GARE ET THERMES CAMBO-LES-BAINS PAYS BASQUE D'ANTAN
Affluents. — Larressore, petit séminaire. — Ustaritz : couvent des Filles de la Croix. — Halsou, Jatxou : produits agricoles, pêche, fabriques de makilas ou bâtons basques, insuffisantes souvent pour satisfaire aux nombreuses demandes qui sont faites.
Autres affluents. — Espelette, grands marchés, commerce avec l'Espagne. — Souraïde, Itsatsou : mines à explorer, cerises d'Itsatsou. — Louhossoa, kaolin. — Ainhoa : mines de fer. — St.-Pée : riches vallées, marché.
Autre affluent appelé à donner une grande importance. — L'Espagne : vin de Navarre, grand commerce. — Tous les transports à faire en amont du chemin de fer du Midi aboutiront à la gare de Cambo.
GARE DE 64 CAMBO-LES-BAINS PAYS BASQUE D'ANTAN
Routes.
Route départementale traversant la gare d'Etchecolou. — Chemin de grande communication de Garris à Urt, et de St.-Jean-de-Luz à Bardos, ce dernier longeant la voie ferrée presque dans tout son parcours. — Cambo : route départementale de Bayonne à St.-Jean-Pied-de-Port. — Hasparren : route nationale de Bayonne à St.-Jean-Pied-de-Port.
Rivières.
L'Adour, la Nive, l'Aran, la Joyeuse, l'Arberoue, l'Ardanabie, autour du réseau. — L'Ihouri à Orègue. — De nombreux moulins sur ces quatre dernières rivières, ni navigables ni flottables. Nous faisons observer que la Joyeuse était autrefois navigable jusqu'à Labastide-Clairence. Un pont jeté sur la Joyeuse porte encore aujourd'hui le nom de "pont du port" ; et, d'après des études qui ont été faites, cette petit rivière serait rendue encore navigable par la suppression des moulins bâtis le long de son cours, cause qui a arrêté la navigation.
Les coteaux, dans un grand nombre de communes traversées par la voie, sont cultivés en vignoble, et partout le vin est très bon. — Cette culture prendrait un très grand développement avec les moyens de transport faciles et économiques que leur procurera le chemin de fer."
A suivre...
(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)
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Voyez-vous cette petite demi-sang qui arrive tout de suite après les grandes écuries, dans le steeple-chase engagé entre les localités qui veulent avoir un article dans ce journal à la mode ? Voilà ce qu'est que d'être montée, dans ce sport d'un nouveau genre, par un gentleman dont la hardiesse et l'habileté se rient des obstacles. Sans même prendre le temps d'ajuster ses étriers, sans s'occuper de la surcharge d'un office public qui devait gêner singulièrement la liberté de son allure, il est parti comme une flèche au premier signal, et, prenant résolument la corde, ne l'a plus quittée jusqu'au poteau. Ustaritz, Espelette, nos plus proches voisins, se recueillent sans doute et prendront leur revanche en m'adressant des notices qui me permettent de les immortaliser ; mais, en attendant, Labastide-Clairence arrive première et aura les honneurs de cette journée. J'étais loin de m'y attendre, comme je ne soupçonnais guère, je le dis à ma grande confusion, tout ce que le passé de ce joli chef-lieu de canton a de romanesque et d'intéressant. Je suppose bien que ses habitants connaissent tout cela sur le bout de leur doigt ; mais je serais bien surpris s'il en était de même de la grande majorité de mes lecteurs et si, malgré tout le respect que je leur dois, mon ignorance ne se trouvait pas au contraire en nombreuse compagnie parmi eux.
Labastide-Clairence est à 46 kilom. de St-Jean-de-Luz, et à 25 de Bayonne par la route départementale n°3, qui, par parenthèse, est actuellement dans un état déplorable, au grand détriment de tout le pays qu'elle traverse, notamment des importantes salines de Briscous, dont cet état de choses enraye l'exploitation au moment même où la découverte de nouvelles mines de sel gemme allait lui donner une plus grande extension, et aussi au sérieux préjudice de l'Etat, qui ne tire pas de cette source abondante de revenus tout ce qu'elle pourrait lui donner. Mais nous avons promis de ne pas insister sur les critiques, quelque fondées qu'elles puissent être : passons ! Si vous êtes étranger, cher lecteur, et que vous partiez de Bayonne pour aller à Labastide-Clairence, vous ferez bien de prendre par Mousserole et de vous arrêter, en passant, à la croix de Mouguerre ; il y a là un magnifique panorama dont j'ai déjà eu l'occasion de vous parler, et qui vaut la peine qu'on fasse un petit détour. Et puis vous aurez le plaisir de voir, au bout du plateau, le bourg de Mouguerre, si fièrement campé autour de sa vieille église et coulant ses maisons blanches et coquettes jusqu'au bord de la route que vous devez rejoindre. Au retour vous reviendrez naturellement par Saint-Pierre-d'Irube, car ce serait dommage de ne pas suivre dans toute sa longueur ce délicieux village, propre, gai, aéré, élégant même, dont la succession de fraîches demeures, de maisons de campagne et de villas vous ramène, sans que vous y songiez, jusqu'aux portes de Bayonne.
Mais si je continue, nous n'arriverons jamais à Labastide, et nous n'aurons pas le temps de remonter doucement, pour gagner cette petite ville, le joli vallon où la Joyeuse, descendant gaiment comme le veut son nom, des hauteurs de Bonloc et d'Ayherre, promène ses eaux limpides pour aller les porter à l'Adour entre Guiche et Urt.
C'est sur l'un des coteaux de la rive droite de cette mignonne rivière que Labastide-Clairence fut construite tout d'une pièce en 1314 et 1315. Il y avait à ce sujet une légende qui courait autrefois dans le pays et, qui, de tous points invraisemblable, n'avait guère que le mérite contestable de donner une apparence de réalité à certain droit odieux prêté par la tradition aux seigneurs féodaux. Je préfère de beaucoup la version suivante, extraite par notre obligeant correspondant d'un petit manuscrit fort ancien qu'il a entre les mains et dont il veut bien nous offrir la primeur. Ce manuscrit raconte que, vers l'an 1300, environ 800 habitants de Rabastens-en-Bigorre (autrement Labastide-de-Bigorre) quittèrent leur pays par suite d'une guerre civile qui avait éclaté, à propos de la succession de la principauté dudit Rabastens, entre les enfants du dernier seigneur. Sa fille Claire, l'aînée, entendait succéder à son père en vertu de son droit de primogéniture, qui conservait toute sa force dans les pays du royaume de Navarre, la loi salique n'y étant pas en vigueur ; mais son frère cadet prétendait l'exclure, et avait levé des troupes pour appuyer ses prétentions par la force. La population se divisa en deux camps, et chacun des prétendants eut ses partisans qui prirent part à la lutte engagée entre eux. Le sort des armes ne fut pas favorable à Claire, qui se vit forcée, après plusieurs combats malheureux, de se réfugier dans le château de Rabastens, accompagnée d'un petit nombre de fidèles. Elle parvint à s'en échapper avec eux, à la faveur d'une nuit sombre suivie d'un épais brouillard, et à gagner les terres de Navarre pour se mettre sous la protection de son parent Louis-le-Hutin. Le roi voulut d'abord l'établir, avec ceux de ses partisans qui avaient quitté Rabastens pour la rejoindre, au midi de la Basse-Navarre et au pied de la montagne de Baïgoura, vers Irissarry et Ossès ; mais les habitants de cette contrée parlant basque, tandis que la langue des fugitifs étant le gascon, ne voulurent pas les souffrir dans leur voisinage. Alors le roi les fit passer dans la forêt de Mixe, dépendant de la Basse-Navarre, et leur y bâtit une ville qu'on nomma Labastide-Clairence, pour rappeler à la fois le nom de leur pays d'origine, Labastide-de-Bigorre, et celle de Claire, la fondatrice. Cette ville, où l'on parle encore gascon bien qu'elle soit au milieu de localités où la langue basque est restée en usage, est située à l'extrême limite de la Basse-Navarre : Hasparren,Urt, Briscous et Bardos, qui l'entourent, appartiennent au Labourd.
PORTRAIT DU ROI LOUIS X DIT "LE HUTIN"
Le roi Louis-le-Hutin fit bâtir la ville sur un plan régulier et en forme de croix, avec deux grandes rues, six carrefours, et au milieu de la rue principale une place carrée dont toutes les maisons sont à arceaux. Il fit construire à ses frais l'église, qui était la plus belle de la Basse-Navarre, et anoblit cent maisons ; il avantagea aussi la nouvelle ville d'un port à bateaux sur la Joyeuse, qui donna son nom au pont du Port, mais devint plus tard impraticable par suite de la construction de moulins. Indépendamment de ce port, le roi favorisa Labastide d'un marché par quinzaine et de deux foires de quinze jours chacune, l'une en mai et l'autre à la Saint-Martin. Ces foires et marchés furent des plus florissants jusqu'au commencement du XVIIIe siècle, et conservèrent plus tard une certaine activité ; on y venait de Bayonne, d'Oloron, d'Orthez, de Pau, et même de plus loin. Toutes les maisons étaient percées à boutique, et les arceaux se louaient fort cher aux marchands étrangers. Attirée par l'important trafic qui se faisait à Labastide, une colonie de juifs portugais s'y était établie dans des conditions de stabilité telles, qu'elle avait un médecin et un apothicaire Israélites, une synagogue qui était, croit-on, dans la maison Abraham, à côté du couvent des Soeurs de la Croix, et un cimetière particulier qui existe toujours à côté du cimetière actuel. En outre de la maison Abraham, il y a aussi à Labastide les maisons de Jacob, de David, de Juda, etc., qui sont des témoins encore debout de cette période de l'histoire de la ville. Beaucoup des familles israélites de Bayonne, presque toutes peut-être, ont eu des ancêtres à Labastide.
Le commerce important qui se faisait dans cette ville et y attirait, comme nous venons de le voir, de nombreux étrangers, et sans doute le souvenir traditionnel des circonstances dans lesquelles elle avait été fondée, avaient animé les habitants primitifs d'un grand esprit de tolérance. Aussi vécurent-ils en bonne intelligence, non seulement avec les israélites, mais encore avec les protestants de Sauveterre, d'Orthez, etc., qui vinrent s'y fixer pour leur négoce. Cette localité put donc traverser paisiblement la douloureuse époque des guerres de religion qui accumula tant de désastres et de ruines dans le Midi de la France. Cet esprit de tolérance réciproque chez les habitants de croyances différentes était poussé si loin, que les catholiques et les protestants célébraient alternativement leur culte dans l'église de la ville, comme cela se voit d'ailleurs encore de nos jours en d'autres lieux, notamment en Allemagne et même en Alsace. Jean de Lissarrague, natif de Briscous et curé de Labastide-Clairence, alla même un peut trop loin dans cette voie conciliante, en faisant une traduction basque du Nouveau-Testament à l'usage des protestans, ouvrage aujourd'hui fort rare, imprimé à La Rochelle en 1591. La date, le lieu d'impression et la dédicace à Jeanne d'Albret donnent déjà à penser sur l'orthodoxie de cette publication ; mais la préface d'un manuscrit de 1740 de Jean Haraneder, curé de Saint-Jean-de-Luz, qui traduisit le Nouveau-Testament pour les catholiques par ordre de l'évêque de Bayonne, traduction publiée en partie seulement de nos jours, accuse formellement Jean Leiçarraga, prêtre ou curé de Briscous, d'avoir abandonné la religion catholique pour embrasser celle de Calvin.
Quoi qu'il en soit des véritables doctrines de Lissarrague, on peut dire que son livre est, après celui de Bernard d'Etchepare, curé de Saint-Michel-le-Vieux, imprimé à Bordeaux en 1545, le plus ancien monument de la langue basque, et c'est à ce titre que j'en ai parlé ici un peu longuement.
LIVRE LINGUAE VASCONUM PRIMITIAE DE BERNARD D'ETCHEPARE
Labastide-Clairence était le siège d'un archiprêtré de l'ordre observé entre les membres du clergé du diocèse de Bayonne dans le synode tenu en 1577. Cette ville a d'ailleurs sonné naissance à deux évêques du nom de Diharce, l'oncle et le neveu, qui ont successivement occupé le siège de Tarbes de 1577 à 1648, et dont le dernier surtout joua un rôle important : il fut notamment conseiller d'Etat et député aux Etats-Généraux en 1614.
Quel dommage de ne pouvoir donner qu'en courant un aperçu de tout ce que contiennent d'intéressant les notes qui m'ont été fournies ! Il y aurait encore beaucoup à dire, en effet, sur Labastide, si je n'étais pas condamné à perpétuité à brusquer la fin de mes articles. il faut bien pourtant que j'exprime, avant de terminer, un regret qui sera certainement partagé par tous les enfants de Labastide-Clairence. Cette ville avait autrefois deux très importantes industries, la bonneterie et la clouterie : la première occupait plus de mille ouvriers quand les filatures mécaniques ne l'avaient pas détrônée. Si les habitants, s'inspirant de leurs véritables intérêts et des avantages que lui donnait une nombreuse population ouvrière formée de longue main à ce genre de travail, étaient résolument entrés dans la voie que leur ouvrait ce nouveau mode de fabrication, ils auraient non seulement conservé mais même considérablement développé leur clientèle, au grand profit de la ville et de toute la contrée. Malheureusement il n'en a pas été ainsi, et Labastide-Clairence, qui comptait, il n'y a pas bien longtemps, près de trois mille âmes, est descendue aujourd'hui au dessous de quinze cents. Je souhaite de tout mon coeur à cette petite ville, si intéressante à plus d'un titre, quelque heureuse circonstance qui vienne lui rendre bientôt son ancienne prospérité."
(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)
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LE CHEMIN DE FER D'INTÉRÊT LOCAL D'URT À CAMBO EN 1883.
Les chemins de fer d'intérêt local ont été pour la première fois par une loi du 12 juillet 1865, qui avait en vue la création de lignes devant être construites et exploitées à bon marché.
GARE 64 CAMBO-LES-BAINS PAYS BASQUE D'ANTAN
D'après cette loi, les départements et les communes étaient autorisés à exécuter soit eux-mêmes, soit par voie de concession, avec le concours et sous le contrôle de l'Etat, des chemins de fer destinés principalement à relier aux grandes lignes les localités secondaires.
L'exposé des motifs de la loi indiquait clairement le but qu'on voulait atteindre : il s'agissait de créer en quelque sorte la vicinalité des chemins de fer. Une entière liberté était d'ailleurs laissée aux départements et aux communes pour le mode de construction des lignes et la largeur de la voie.
Cette loi n'a pas réalisé les espérances conçues par ses auteurs ; c'est ainsi qu'au 31 décembre 1870, la longueur livrée à l'exploitation n'était que de 268 kilomètres, celle en construction ou à construire, de 1 502 kilomètres.
Au 31 décembre 1880, la longueur totale concédée n'atteignait encore que 3 681 kilomètres, savoir : Longueur exploitée 2 189 kilomètres. En construction ou à construire 1 492 kilomètres.
GARE A CHÂTEAU CELHAYA 64 CAMBO-LES-BAINS PAYS BASQUE D'ANTAN
Voici ce que rapporta à ce sujet La Revue de Saint-Jean-de-Luz et des Stations Thermales et
Nous avons fondé notre revue certainement pour faire connaître, aimer, apprécier notre pays, afin d'y attirer et d'y retenir les baigneurs, les touristes et les étrangers avides, dans les beaux jours, de pittoresque, de grand air et de plaisirs ; mais aussi et surtout pour étudier ses besoins, ses aspirations, et signaler à tous les intéressés les améliorations qui s'imposent et les progrès essentiels à réaliser pour rendre notre arrondissement plus florissant et plus prospère.
Dans cet ordre d'idées, nous poursuivons en ce moment trois objectifs principaux qui nous tiennent au coeur, que nous défendrons mordicus, et que nous mettrons en lumière jusqu'à satisfaction complète de nos voeux si légitimes, si plein d'avantages immédiats et de promesses pour l'avenir.
Ces trois objectifs, les voici :
1° L'achèvement de la route d'Espagne à St-Jean-de-Luz par le col de Vera, rectifiée de manière à ménager l'établissement d'un tramway qui deviendrait, à courte échéance, une source de richesses pour les riverains et la contrée.
2° La pose d'une passerelle sur la petite barre de St-Jean-de-Luz.
La passerelle s'impose à tous les points de vue ; elle abrégerait singulièrement les distances, faciliterait les communications entre citadins limitrophes, donnerait pleine satisfaction aux nombreux promeneurs qui, à la saison des bains, la réclament à hauts cris, favoriserait les bons et vieux marins qui se livrent à la pêche, et aiderait puissamment à l'oeuvre éminemment humanitaire du sauvetage des naufragés.
3° La construction d'un autre tramway entre Urt et Cambo. Nous avons déjà traité ce sujet dans nos précédents numéros, et nous avons eu occasion de dire que la réalisation d'Urt semblable projet serait un évènement considérable et capital qui donnerait à l'exploitation des terres et aux industries multiples de nos communes un essor prodigieux, aujourd'hui surtout que la question du port d'Urt est un fait accompli. Tel était en premier lieu notre avis.
Mais pourquoi, au lieu d'un tramway, ne prôneriez-vous pas un chemin de fer ? nous ont judicieusement fait observer des hommes spéciaux et capables connaissant parfaitement la région, ses ressources et ses richesses. Nous avouons que nos prétentions étaient plus modestes, et qu'ils ont mieux vu que nous. Ces hommes ont raison. Il est certain, pour eux comme pour nous, qu'une compagnie particulière n'hésitera pas à donner suite à ce projet quand elle se sera rendu bien compte des avantages immenses qu'offrira cette voie nouvelle.
D'abord, en se plaçant à un point de vue de haute économie sociale, il est évident que ce chemin de fer unira les Basses-Pyrénées et les Landes dans la partie la plus riche, la plus fertile peut-être, et même sans contredit la plus industrielle et la plus pittoresque des deux départements.
La distance d'Urt à Cambo est de 25 kilomètres seulement. En suivant le bords toujours verts de la riante Joyeuse on a toujours la plaine. Or voici ensuite les richesses du sol et les industries qui s'épanouissent sur tout ce parcours.
Tâchons de procéder avec ordre ; pour cela, partons du commencement, c'est-à-dire des Landes, puisque désormais l'infranchissable barrière est aplanie, qu'un pont monumental va dompter le grand fleuve, liant ainsi deux rives opposées et deux départements amis et voisins.
Ce sont d'abord St-Vincent, St-Martin, St-Laurent, Biarrotte, et les communes avoisinant l'Adour, avec leurs marchés, leurs plaines fertiles et leurs inépuisables tourbières.
Viennent après, suivant l'itinéraire tracé : Urt, avec ses salines, riches, thérapeutiques et abondantes ; ses bois, sa pêche, ses tanneries, ses chantiers de construction ; ses tuileries, où pourront converger les chênes équarris ou en grume, les sels fameux et les plâtres estimés de Briscous, d'Urcuit et de Lahonce.
Etchecolou, où, par la route départementale de Bayonne à Oloron, aboutiront naturellement Bidache,Bardos, Sames, Guiche et d'autres communes basques rapprochées, avec leurs moëllons de silex, leur pierre concassée et de taille, leur marne friable ou fécondante, leur chaux, leurs espèces bovine et chevaline et leurs produits agricoles.
Une petite ville qui tire son nom de la modeste hutte qui fut celle de sainte Claire, une fière et sainte héroïne, allez ! Labastide de Clairence, qui possède des fabriques de berrets, de tricots appréciés, des gisements de schiste découverts par l'abbé Richard des mines de fer s'il faut en croire la tradition et si les noms signifient quelque chose car on y voit encore une grande maison en ruines qu'on appelle la Ferrerie. On peut faire entrer en ligne de compte aussi les industries qui pourraient y prendre naissance à la faveur de nombreuses chutes d'eau. Il faut croire que cette localité renferme des éléments de fortune, attendu qu'à une époque qui n'est pas éloignée les israélites, gens pratiques par excellence, qui ont le tact des affaires et l'esprit commercial infiniment développé, y établirent une colonie ; mais ils ne purent s'y maintenir, faute de voies de communication et partant de débouchés. Leur cimetière, entretenu par les soins de coreligionnaires, subsiste encore, et l'on y relira longtemps les noms de Judas, de David, de Jacob et d'Iscariote, etc.
Lucou, quartier bien situé, formant embranchement : il commande à la ronde, à cheval sur la route de grande communication n° 22, allant d'Urt à St-Jean-de-Luz, il rayonne sur Ayherre et Isturitz, et se trouve relié à St-Martin-d'Arberoue, à Méharin, à Armendaritz et à Iholdy par un chemin d'intérêt commun. Ces divers points verseraient dans son sein, pour être transportés : qui, ses marrègues, sorte de tissus de laine très chauds, imperméables et d'une solidité à toute épreuve ; qui, ses marbres unis, bien veinés et dits brèche ; tous, les produits de leur intelligence et de leurs terres.
Hasparren, centre important et laborieux où se tiennent les plus grands marchés de la région, et où se traitent des affaires considérables ; Hasparren qui prime par ses tanneries, sa cordonnerie, ses fabriques de sandales, et dont le sol est d'une fertilité remarquable. A ce centre, viendront déverser à l'envi : Bonlocq, Urcuray, leurs cuirs nourris et recherchés et leurs plantureuses récoltes ; Mendionde, Macaye, dont les pâturages défient ceux de la Suisse, le plus bétail du pays.
Louhossoa et Itsassou, qui ne sont pas non plus à dédaigner. Le premier arrivera avec son jet continu de précieux kaolin ; le second peut-être avec des mines de fer et de cuivre qu'on dit exister dans son sein.
GARE DE 64 CAMBO-LES-BAINS PAYS BASQUE D'ANTAN
Cambo enfin ! Cambo tête de ligne, mirage éblouissant, et qui apparaît comme une riche agrafe unissant les extrémités d'une magnifique ceinture, puisque la voie proposée prendra fin là où commencera, pour le rayon déshérité que nous venons de parcourir, celle de St-Jean-Pied-de-Port. A Cambo viendront aboutir, pour se répandre dans les grands, dans les petits centres et au loin, des richesses et des ressources inexplorées et inconnues, et les minerais divers que lancera l'Espagne en France par Ainhoa. Les fertiles communes de Larressore, Espelette, Jatsou, Halsou et Ustaritz apporteront aussi les produits de leur sol et de la pêche sur la Nive."
A suivre...
(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)
Merci ami(e) lecteur (lectrice) de m'avoir suivi dans cet article.
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