Armes : D'or à un lion de gueules tenant de sa patte dextre un dard un peu péri en barre, la pointe en haut du même, parti d'azur à la fleur de lys d'or.
Ce pays n'a pas d'armoiries particulières. Pour établir le pennon des écus basques, on a attribué au Labourd les armes d'Urrugne.
Bien qu'aucuns document ou témoignage ne permettent de l'affirmer, il peut y avoir un rapport entre ce lion et l'emblème des anciens vicomtes du Labourd.
La plupart des familles, en effet, qui sont issues de Loup 1er, duc d'Aquitaine et roi des Vascons, ont un lion dans leurs armes : le lion, qui primitivement était léopardé, devint rampant vers le XVe siècle.
Les comtés et provinces de cette région de la France ont souvent un lion dans leurs armoiries. Je n'en donnerai pour exemples que la Guyenne, les comtés d'Armagnac, de Fezensac et de Bigorre ; mais surtout, la maison du Sault de Hasparren, issue des anciens vicomtes de Labourd, portait d'or au lion de gueules.
Quant à la fleur de lys, elle semble symboliser l'annexion du Pays de Labourd par Charles VII, roi de France en 1451, et peut avoir été une concession royale. C'est là une simple hypothèse, le blason d'Ustaritz n'ayant probablement pas une si grande ancienneté, il s'agirait plutôt d'un signe de fidélité au roi. Ainsi, l'écu du Labourd rappellerait d'une part la domination des vicomtes qui ont gouverné le pays, d'autre part celle des rois de France.
Ni le pays de Soule, ni la ville de Mauléon ne paraissent avoir eu d'armoiries particulières, et on ne les trouve pas enregistrées dans d'Hozier.
Louvan Géliot, dans son Indice Armorial, dit que le seigneur de Mauléon porte de gueules au lion d'or.
Par extension, les armes de cette maison sont devenues celles de la vicomté de Soule, puis de la ville. Aujourd'hui la commune de Mauléon a adopté ces armes en souvenir de ses anciens seigneurs, et de même le lion de Mauléon a été choisi, à très juste titre, pour représenter l'ancienne vicomté de Soule dans le pennon basque.
Le sceau équestre d'Auger de Mauléon, vicomte de Soule, représente ce chevalier armé de toutes pièces. Son écu est chargé d'un lion. Le caparaçon du cheval porte également des lions.
Le Pays d'Arberoue.
Armes : de Navarre (Genestet de Chairac, op. cit.), voy. Ci-dessus p. 245.
Bayonne.
On rencontre plusieurs variétés du blason bayonnais, qui peuvent cependant se ramener à deux types principaux :
2° une tour posée au bord d'une rivière et accompagnée de deux lions, de deux arbres et d'une fleur de lys.
BAÏONNETTE
I° La baïonnette (Fig.). Sous prétexte que la baïonnette fut, dit-on, inventée à Bayonne, et comme cette ville n'avait pas fait enregistrer ses armoiries, d'Hozier lui attribua d'office un écu de sable à une baïonnette d'argent mise en pal la poignée d'or, la point en bas (XIII, 961 ; Bibl. Nat., Estampes, P. C. 19, fol. 130)
Ces armes, non traditionnelles, ont été reproduites, par Lemau de la Jaisse (1736), l'abbé de la Porte (1765), Guilbert (1844), Borel d'Hauterive (1855), Guirault de St-Fargeau (1847), Van Driesten (1889), Traversier (1843), Dubarat-Daranatz (1910), etc.
Peu renseigné, Malte-Brun transforma la baïonnette en poignard.
II°. Dans les blasons du second type, attribués à Bayonne, on voit une tour accostée de deux lions brochant sur le fût de deux arbres, la tour soutenue d'une rivière et surmontée d'une fleur de lys.
L'origine de ces armes bayonnaises se trouve dans des documents du XIVe siècle :
1° — Un sceau de 1351, où l'on voit la cathédrale de Notre-Dame entourée d'une enceinte fortifiée (remparts de Bayonne). Au revers : un léopard (anglais) brochant sur trois chênes ;
2° — Une clef de voûte de la cathédrale, composée avec les meubles des deux faces du précédent sceau ; cette sculpture représente une construction (château ou cathédrale) accostée de deux arbres, et de deux léopards passant au pied des arbres soutenues d'ondes (l'Adour).
Lorsque Bayonne n'est plus sous la domination anglaise, les léopards deviennent d'abord des lions léopardés ; puis des lions rampants ; les constructions compliquées se réduisent à une tour, les ondes subsistent, une fleur de lys est ajoutée plus tard. On a dit que c'était une concession de Charles VII ou de Louis XI, mais aucun document ne le prouve.
ARMOIRIE BAYONNE PAYS BASQUE D'ANTAN
Ce blason a souvent varié.
1re Variante (1650).
On trouve au XVIIe siècle un document qui a été plusieurs fois reproduit ; il s'agit des armes qui illustrent une vie de saint Léon, premier évêque de Bayonne, conservée à la Bibliothèque de la ville (voy. p. suivante).
Sous le premier Empire, voici ce qu'il est devenu :
D'azur à la tour crénelée de quatre pièces d'argent ouverte, ajourée, maçonnée de sable, accompagnée de deux pins arrachés d'or à un dextre, l'autre à senestre et de deux lions contrerampants d'argent, brochant sur le fût des pins, franc quartier des villes de second ordre brochant au neuvième de l'écu, qui est à dextre d'azur chargé d'une N d'or, surmontée d'une étoile rayonnante du même. (H. Simon, Armorial de l'Empire.)
Ce blason donne lieu à trois critiques :
1° — L'émail du champ doit être certainement de gueules.
2° — Les arbres sont des chênes. La proximité des Landes a amené cette confusion. (Voir le sceau de 1351.)
3° — Il n'est pas question d'ondes.
ARMOIRIE BAYONNE PAYS BASQUE D'ANTAN
Le blason reproduit ci-dessus a eu des partisans, entre autres Genestet de Chairac qui le décrit ainsi :
De gueules à la tour d'or posée sur une mer d'argent accostée de deux lions d'or brochant sur le fût de deux pins de sinople, la tour sommée d'une fleur de lys d'or.
Ce sont, avec quelques détails sans importance (les arbres sont des chênes), les armes que la ville a reprises récemment. Nous arrivons ainsi au type des armoiries officielles actuelles qui ont été fixées par une délibération du Conseil Municipal, en date du 3 Août 1919.
De gueules à la tour crénelée et talutée d'or, ouverte ajourée et maçonnée de sable, posée sur une mer au naturel, ondée d'or et de sable ; accostée de deux lions d'or, rampants, affrontés, lampassés, brochant sur le fût de deux chênes au naturel, englantés d'or et surmontée d'une fleur de lys d'or.
Devise : Nunquam polluta.
ARMOIRIE BAYONNE PAYS BASQUE D'ANTAN
2e Variante.
Au XVIIIe siècle les armes sont les suivantes :
Un écu de gueules à la tour crénelée soutenue d'ondes au naturel, au chef d'azur chargé d'une fleur de lys d'or.
Comme supports et non plus dans l'écu : deux lions brochant sur le fût de deux arbres posés en pal derrière les lions.
Devise : Nunquam polluta.
Les documents sur lesquels se rencontrent ces armes sont un jeton d'argent de 1738 et un sceau-cachet apposé sur un brevet de sergent de quartier daté de Bayonne le 24 juillet 1747 (collection de l'auteur).
Ce même sceau a été décrit par Paul Raymond (op. cit. n° 781, H 51), sceau ovale 25 millim. sur 23, cire rouge, plaqué sur un certificat en faveur des Carmes, daté de Bayonne, le 5 mai 1752. Sur une terrasse : écu ovale, de gueules au donjon crénelé, sus un chef d'azur chargé d'une fleur de lys ; supporté de deux lions sommés d'un pin. Devise : Nunquam polluta.
Au XIXe siècle les armes de Bayonne étaient donc :
De gueules à la tour crénelée d'or ouverte, ajourée et maçonnée de sable, posée sur une mer d'argent, accostée de deux chênes de sinople et de deux lions d'or affrontés, brochant sur le fût des arbres, au chef d'azur, chargé d'une fleur de lys d'or (H. Tausin. Devises des villes de France).
Ce sont les armes que voulaient conserver M. Yturbide et M. le chanoine Daranatz."
A suivre...
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