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dimanche 3 mai 2026

LE NAUFRAGE D'UN NAVIRE DE L'ÉMIGRATION BASQUE LA "LÉOPOLDINA-ROSA" EN SEPTEMBRE 1842 (deuxième et dernière partie)

LE NAUFRAGE DE LA "LÉOPOLDINA-ROSA" EN SEPTEMBRE 1842.


Lors de ce naufrage, plus de 230 personnes, la plupart originaires des Basses-Pyrénées périssent.




émigration basque naufrage uruguay

CARTE DU LIEU DU NAUFRAGE DE LA "LEOPOLDINA-ROSA"
4 OCTOBRE 1842




Voici ce que rapporta à ce sujet l'hebdomadaire L'Echo des Vallées, le 29 septembre 1842 :



"Naufrage de la Léopoldina-Rosa.

Demande de mise en jugement de l'équipage.


... Permettez-moi, Monsieur le Ministre, de vous signaler particulièrement le passage suivant de cette lettre : 


Montévidéo, le 8 juillet 1842.


"Je vous épargnerai les détails de notre catastrophe, les journaux que je joins à la présente vous en diront assez. Le capitaine fut jeté sur la plage vivant ; il expira peu de temps après du froid et des contusions qu'il avait reçues à bord pendant seize ou dix-huit heures que nous y sommes restés. L'équipage s'est très mal, horriblement mal conduit ; à part trois ou quatre, ils nous avaient abandonnés avant dix heures du matin, et par là tout moyen de sauvetage devenait impossible ; le lieutenant Montalivet, le maître d'hôtel Théodore et un novice sont restés jusqu'à quatre ou cinq heures de l'après-midi. Le second capitaine avait jugé à propos de suivre son équipage, après avoir promis au capitaine de le sauver ; en vain le capitaine l'appelait-il, il nageait vers la plage comme un poisson, et de là chemina vers des maisons éloignées de plus d'une lieue de la côte. Le capitaine et moi restâmes jusqu'à dix heures de la nuit, ainsi que plusieurs passagers, hommes et femmes réfugiés sur la dunette qui s'était séparée du navire, flottant et continuellement submergés par les vagues, et nous heurtés par les débris ; je dois la vie aux soins d'un homme du pays, qui me lança son lazo pour m'aider à arriver à terre, car j'étais complètement nu, et il me déposa près du feu ; j'avais le corps tout meurtri et j'étais presque sans connaissance." 



emigracion vasca uruguay
MONTEVIDEO URUGUAY 1889

L'accord qui règne entre cette relation et celle qui a été déjà publiée dans les journaux de la capitale ne laisse aucun doute sur la réalité des faits qui s'y trouvent. Il en résulte évidemment, en ce qui touche le navire proprement dit, que sa perte n'a été causée que par la violence des éléments, car il a fait assez preuve de solidité en résistant sur un rocher pendant dix-huit heures, à la fureur des vagues ; d'ailleurs, que pouvaient l'expérience et l'habileté reconnues du capitaine contre l'une de ces terribles tempêtes du Sud-Est, qui, à cette époque de l'année, convulsent ces parages et surtout contre les courants perfides qui, dans ces circonstances, y trompent les navigateurs les plus expérimentés ? Le capitaine Frappaz a fait assez en prolongeant pendant trois jours cette lutte opiniâtre durant laquelle il n'a pu déterminer la vraie position de son navire par aucune observation astronomique ! Ce drossage sur les rochers de Castillos était donc un malheur contre lequel l'homme ne pouvait rien ! 



emigracion vasca barco
BATEAU DE L'EMIGRATION
PAYS BASQUE D'ANTAN

Mais il est loin d'en être ainsi à l'égard de la perte des passagers, puisqu'il est avéré qu'il n'a tenu qu'à l'équipage de les sauver tous. En effet, il est certain que les dix-huit heures qui se sont écoulées depuis le moment où le navire a touché sur les rochers, jusqu'à celui où il s'est entièrement brisé, étaient, surtout à la petite distance qui le séparait de terre, plus que suffisantes pour sauver au moins tous les passagers, si les ordres du capitaine, si ses prières même, relativement à l'établissement d'un va-et-vient eussent été écoutés. Ce moyen de sauvetage, aussi simple qu'efficace, était indubitablement praticable en temps opportun ; et la facilité avec laquelle l'équipage et notamment le second capitaine se sont sauvés à la nage, douze heures avant la destruction complète du navire, donne à leur conduite un caractère si odieux que j'hésite à le qualifier. En présence de ces faits je supplie de nouveau Votre Excellence d'accueillir favorablement ma demande. Ce n'est pas à moi qu'il appartient de démontrer combien la marine du commerce est intéressée à ce qu'un grand et salutaire exemple soit fait en cette occasion ; je dirai seulement qu'il semble que l'honneur de cette marine s'y trouve engagé, jusqu'à un certain point, surtout aux yeux des étrangers, car le navire la Léopoldina-Rosa était étranger, et il avait été confié, avec l'autorisation de Votre Excellence, à l'équipage français qui l'a abandonné ! 




émigration basque naufrage uruguay
LISTE DE PASSAGERES ET DE PASSAGERS SURVIVANT.E.S
DU NAUFRAGE DU LEOPOLDINA-ROSA



Je ne sais pas, Monsieur le Ministre, si la loi écrite me permet de vous demander comme je le fais au nom des armateurs du navire et des familles des nombreuses victimes de ce naufrage, la mise en jugement de ces hommes. Le sentiment qui me guide trouvera, j'en suis sûr, écho dans le cœur de Votre Excellence. J'ai pensé aussi que si le gouvernement français honore et récompense les marins étrangers qui se sont distingués en disputant à la fureur des flots, les personnes et les propriétés de quelques-uns de nos compatriotes, il doit y avoir un châtiment au moins moral, pour les marins français qui, au mépris de leurs devoirs les plus sacrés, compromettent, par une conduite toute opposée, l'honneur du corps auquel ils appartiennent. 



La démarche que je fais auprès de Votre Excellence est autorisée d'abord par un sentiment d'humanité et ensuite par l'intervention que j'ai eue à Bayonne dans l'armement de la Léopoldina-Rosa en vertu d'une mission de surveillance et de sollicitude dégagée de tout intérêt matériel pour moi. J'ai accepté cette mission de la part de ses armateurs en m'associant à leur idée bienfaisante, et je continue de l'accomplir en ce moment. Il existe au bureau de la marine à Bayonne des preuves authentiques du soin que j'ai apporté dans cette affaire, car je me suis empressé de me mettre en rapport avec l'autorité maritime.  



Je prie Votre Excellence d'agréer l'assurance de mon profond respect, 

Alfred-Gustave Bellemare.



(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)



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vendredi 3 avril 2026

LE NAUFRAGE D'UN NAVIRE DE L'ÉMIGRATION BASQUE "LA LÉOPOLDINA-ROSA" EN SEPTEMBRE 1842 (première partie)

LE NAUFRAGE DE LA "LÉOPOLDINA-ROSA" EN SEPTEMBRE 1842.


Lors de ce naufrage, plus de 230 personnes, la plupart originaires des Basses-Pyrénées périssent.



émigration basque naufrage uruguay
CARTE DU LIEU DU NAUFRAGE DE LA "LEOPOLDINA-ROSA"
4 OCTOBRE 1842



Voici ce que rapporta à ce sujet l'hebdomadaire L'Echo des Vallées, le 29 septembre 1842 :



"Naufrage de la Léopoldina-Rosa.

Demande de mise en jugement de l'équipage.



Nous ne reproduisons pas ici les détails que tous les journaux ont déjà publiés sur cette déplorable catastrophe. Nous nous contenterons de faire connaître à nos lecteurs une pétition qui vient d'être adressée à M. le Ministre de la Marine pour obtenir que l'équipage de ce malheureux navire soit mis en jugement. On y trouvera d'ailleurs l'extrait d'une lettre qui vient d'être reçue de Montévidéo du médecin de l'expédition. Elle revêt un certain caractère d'authenticité et mérite le plus vif intérêt. Ces nouveaux détails nous confirment entièrement dans l'opinion que nous avions déjà formée en lisant la première relation, à l'égard de la véritable cause de la perte des passagers ; et il nous en coûte de le dire, elle est en tout conforme à celle qui se trouve exprimée dans la pétition. Nous souhaiterions beaucoup pour la satisfaction des équipages de la marine marchande que celui de la Léopoldina-Rosa pût alléger la terrible accusation qui pèse sur lui. Nous le désirerions aussi pour la localité d'où il a été tiré, et qui, voisine de Bayonne, fournit ordinairement des marins si bons et si vaillants ! Les Basques se sont toujours montrés jaloux de la réputation maritime qu'ils ont si justement acquise, et ils s'en montreront encore plus dignes en s'associant à nous pour flétrir, comme on doit le faire, une conduite que rien ne semble pouvoir justifier. 

emigracion vasca uruguay
MONTEVIDEO URUGUAY 1889


Nous louons beaucoup la pensée nationale et humanitaire qui a présidé à la rédaction de cette pétition. Il serait en effet déplorable que l'insubordination et la lâcheté restassent impunies, surtout après avoir eu des résultats si funestes et si douloureux pour le pays. Outre que cette impunité serait du plus pernicieux exemple, elle augmenterait le douloureux sentiment qu'on éprouve en lisant les détails de ce naufrage ; car chacun s'y trouve profondément blessé dans ses sentiments d'humanité ; c'est en vain que l'on y cherche cette consolation qu'offrent souvent les grandes catastrophes, et qui consiste dans l'impuissance où l'homme se voit de leur résister ; impuissance dont le sentiment nous révèle la supériorité des décrets de la Providence et la nécessité de nous y soumettre sans murmurer. Mais ici la Providence avait laissé à l'homme une chance et des moyens de salut ! Anathème sur ceux qui, en cette occasion, ont outragé toutes les lois divines et humaines !... 


emigracion vasca barco
BATEAU DE L'EMIGRATION
PAYS BASQUE D'ANTAN

Nous faisons donc des vœux pour que M. le Ministre de la Marine puisse accéder à la demande qui lui est adressée. Cette réparation semble être due aux mânes des victimes de ce naufrage. Et nous, qui sommes entourés ici de familles qu'il plonge dans le deuil, nous pouvons assurer que cette marque de sollicitude sera reçue avec reconnaissance et enthousiasme. — Nous invitons tous nos collègues de la presse à se joindre à nous pour appuyer cette demande, puisqu'il s'y agit d'un intérêt général. 



Nous ne pouvons terminer sans payer ici un tribut bien mérité à la mémoire du brave et infortuné capitaine Frappaz ; marin habile et expérimenté, homme distingué sous beaucoup de rapports très précieux dans la société, il est mort à son poste victime de son dévouement ! il lègue à ses frères de la marine un noble souvenir ! mais sa famille reste plongée dans la douleur et dans le dénuement le plus absolu. MM. les armateurs et surtout MM. les capitaines au long cours ne resteront pas indifférents à une si grande infortune, puisqu'elle est principalement le résultat d'une conduite dont le corps auquel ils appartiennent s'énorgueillira toujours. Ils allégeront cette infortune, nous en sommes certains, car le doute ici serait une injure ; il semble même qu'un noble esprit de corps leur en fait un devoir. C'est dans cette certitude que nous prenons des mesures pour que ces lignes arrivent à la connaissance de chacun d'eux. Leur offrande, quelle qu'elle soit, sera considérée autant comme une preuve de leur sympathie pour la noble conduite du capitaine que comme une marque de bienfaisance. Il nous paraît qu'une souscription, qui serait ouverte dans chacun de nos ports de mer les plus étroitement liés avec la rivière de la Plata, serait une œuvre belle et bonne à entreprendre. Nous savons déjà qu'on en ouvre une à Bayonne, chez M. le Consul de l'Uruguay ; à Bordeaux, chez MM. Bechet père et fils, banquiers ; Delmetre, Tournay, courtiers maritimes ; Merilhou et C°. Au Havre, chez M. Moulinié et chez MM. Delaroche, Delessert et Cie A Saint-Malo, chez M. Fontan. A Cette, chez MM. Bencker et Comp. A Marseille, chez MM. Fournier frères. A Nantes, chez MM. J. et V. Lauriol. A Paris chez M. J. Linard, négociant, place des Victoires, n° 12, et chez MM. Guérin-Seris et Compie, rue Basse-Porte St-Denis, n° 8.— Les produits de cette souscription devront être remis à M. Rougemont de Lowemberg, banquier, à Paris.



Nous espérons que ce généreux exemple sera suivi dans tous les autres ports de France ; et nous supplions encore nos collègues de la presse de se joindre à nous pour recommander cette œuvre de justice et de bienfaisance.

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Bagnères-de-Bigorre, le 25 septembre 1842.


Monsieur le Ministre, 

J'ai l'honneur de m'adresser à Votre Excellence pour appeler instamment son attention sur les détails que je viens de recevoir de Montevideo relativement au naufrage de la Léopoldina-Rosa ; d'après ce rapport, il n'est plus permis de douter que la perte des deux cent trente-une personnes qui ont succombé dans ce désastre ne doive être attribuée principalement à l'insubordination de l'équipage de ce navire et au criminel abandon où il l'a laissé au moment du danger. Je viens demander aussi à Votre Excellence, en vertu des motifs ci-après exposés, qu'il soit fait une justice prompte et surtout exemplaire de la conduite de cet équipage qui, par un tel mépris de ses devoirs, a seul consommé cette perte si déplorable.



Dans une affaire aussi grave et aussi délicate que celle-ci, puisqu'il s'agit de mettre au ban du monde maritime (en attendant un autre châtiment, s'il y a lieu dans cette circonstance), ces hommes si indignes du titre de marins français, l'autorité des faits doit seule être invoquée ; je demande donc à Votre Excellence la permission de lui présenter la lettre que je reçois à l'instant de Montévidéo de M. le docteur Duchesnois, médecin de l'expédition. Cette lettre a un caractère solennel, car cet homme généreux et dévoué est resté à son poste auprès du capitaine pendant les dix-huit heures qu'a duré la cruelle agonie du navire et des nombreux passagers qu'il abritait encore..."



A suivre...




(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)



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jeudi 16 novembre 2023

UN REPAS DE DEUIL À IRISSARRY EN BASSE-NAVARRE AU PAYS BASQUE EN 1842

UN REPAS DE DEUIL À IRISSARRY EN 1842.


De nombreuses traditions concernant les rites funéraires ont été conservées, en Pays Basque Nord, en particulier en Basse-Navarre.  



pays basque autrefois mort funérailles traditions repas
DEPART POUR L'ENTERREMENT DE JACQUES LE TANNEUR
PAYS BASQUE D'ANTAN




Voici ce que rapporta à ce sujet le quotidien La Patrie, le 5 septembre 1842 :



"Variétés. 



Sous le titre de Moeurs Basques, le journal le Phare des Pyrénées nous transmet les détails suivants qu’il extrait d’une de ses correspondances :



"Les usages et les mœurs du pays basque ont un caractère particulier, comme la langue, comme les sites de cette province ; c’est un peuple à part qui conserve habitudes sociales dont l’origine se perd dans la nuit des temps. Notre civilisation ne s’infiltre que goutte à goutte et par les extrémités dans cette race à part, qui a conservé l’énergie, les vices et les vertus d’une époque qui n’est plus. Je veux vous donner un exemple d’une des coutumes étranges qui le distinguent, et dont j’ai été en quelque sorte le témoin il y a quelque temps ; tous les détails sont d’une exactitude rigoureuse.



pays basque autrefois mort funérailles traditions repas
DEUIL AU PAYS BASQUE AUTREFOIS


"J’herborisais le long de la chaîne des Pyrénées. Lorsque je parvins au village d’Irisarry (village situé sur la route de Bayonne à St-Jean-Pied-de Port, à dix-huit kilomètres de ce dernier), une jeune femme de cette localité, appartenant à une des meilleures maisons de l’endroit, venait de mourir ; il s’agissait de la cérémonie des funérailles. Comme elle devait se faire d’une manière proportionnée à l’importance de la famille de la défunte, trois cents personnes furent conviées. Vous eussiez vu arriver tout ce monde au jour fixé, par tous les sentiers qui aboutissent à Irisarry ; les femmes, la tête ensevelie sous d’épaisses mantes noires, et les hommes enveloppés de leurs sombres manteaux. Cependant la maison mortuaire était livrée à la plus grande activité ; il s’agissait du festin qui suit l’enterrement. Tout le voisinage avait été mis à contribution pour se procurer les tables, les chaises, les couverts, les plats, enfin tout l’attirail nécessaire à un immense repas.


pays basque autrefois mort funérailles traditions repas
DEUIL
PAYS BASQUE D'ANTAN

A peine le corps enlevé, tout prit un aspect nouveau pour recevoir dignement les assistants ; la chambre même où était morte la jeune femme fut transformée en lieu de festin,, car il faut que tout le monde s’asseye. Vingt serviteurs, guidés par le mari, ont fait les honneurs du repas. Voici littéralement ce qui a été consommé à cette occasion :

1 Veau,

4 Moutons, 

50 Kilog. de viande de boucherie, 

80 Poulets, 

12 Conques de froment (à 2 conques et demi par hectolitre.)

2 Barriques de vin de 280 litres chacune. 



pays basque autrefois mort funérailles traditions repas
DEUIL A GUETHARY
PAYS BASQUE AUTREFOIS


Enfin les choses se passèrent comme il arrive ordinairement en pareille circonstance.



Aux pleurs, aux lamentations, au recueillement, succédèrent le tumulte et les accents de la joie. Souvent plus d’un convive s’enivre. La tristesse fuit en toute hâte un logis où l’on sait si bien s’arranger de la vie. Il advient parfois que, la gaîté s’animant, on arrange, le verre à la main, un prochain et un nouveau mariage. Le soir, chacun regagne son toit en éveillant les échos voisins par le cri basque, heureux quand le bâton conserve ce jour une modération inaccoutumée.



pays basque autrefois mort funérailles traditions repas
CAPE DE DEUIL
PAYS BASQUE D'ANTAN



Assez souvent les curés invités à ces repas de funérailles s’y rendent dans l’espoir de commander par leur présence une certaine réserve ; d’autres tonnent contre cet usage sans pouvoir l'empêcher ; car lorsque certaines coutumes sont attachées aux mœurs d’un peuple par la rouille des siècles, la raison seule est impuissante pour les faire disparaître, il lui faut l’aide des lumières et de la civilisation."



(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)






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mardi 12 septembre 2023

LES BALEINES AU PAYS BASQUE DE 1842 À 1902

LES BALEINES AU PAYS BASQUE AUTREFOIS.


C'est au début du 20ème siècle qu'a été tuée, au Pays Basque, la dernière baleine en chaloupe.


pays basque autrefois chasse baleine
BLASON DE LA VILLE DE BIARRITZ
PAYS BASQUE D'ANTAN




Voici ce que rapporta la presse au sujet des baleines aperçues ou chassées au Pays Basque, entre 

1842 et 1902 :



  • La Presse, le 17 février 1842 :

"Basses-pyrénées

Bayonne, 11 février. — Les baleines qui, depuis plus de trois cents ans, avaient abandonné le golfe de Gascogne, viennent d'y reparaître. Ce fait est presque journellement constaté depuis huit jours par les pêcheurs de la côte compris entre Biarritz et le Socoa. Cet événement est l'objet de tous les entretiens. Les marins basques ont toujours eu la réputation d'être au nombre des meilleurs baleiniers."



pays basque autrefois chasse baleine
CHASSE A LA BALEINE
PAYS BASQUE D'ANTAN



  • Le Constitutionnel, le 24 janvier 1854 :

"Les pêcheurs basques, jadis si renommés pour leurs exploits lointains à la pêche de la baleine, viennent de pouvoir se livrer à cette pêche en vue de Saint-Sébastien, le 17 de ce mois. 


"Ce matin vers neuf heures, dit une lettre de cette ville, trois baleineaux furent signalés à l'entrée de la Suricola (fausse baie située à la droite du port). La ville tout entière courut sur les remparts, afin d'assister au curieux et intéressant combat qui allait être livré aux géans des mers par nos hardis pêcheurs.


Bientôt trois chaloupes, montées par douze intrépides marins, se sont présentées et ont cerné les baleines. Pendant deux heures, la population entière a joui d'un émouvant spectacle ; les puissans cétacés ont été poursuivis, attaqués, évités et harponnés ; successivement on les voyait paraître à la surface de la mer, lançant par leurs évents d'énormes jets de sang et d'eau, agiter leur terrible queue, dont le contact aurait brisé les frêles embarcations de leurs ennemis, puis s'enfoncer dans les profondeurs de la mer, en formant un immense remous dans lequel on aurait dit qu'elles voulaient engloutir les hardis marins. A l'aide d'une habile manœuvre, et en filant les forts câbles attachés aux harpons fichés dans leurs corps, les baleines furent, sans prévoir le piège qui leur était tendu, remorquées jusque dans la rade de Saint-Sébastien, où elles furent échouées et achevées. Sur trois baleineaux signalés, deux ont été capturés, le troisième a échappé."


Cet hiver, ajoute le Messager de Bayonne, plusieurs baleines ont successivement été signalées sur nos côtes : à Cap-Breton, à Biarritz, à Saint-Jean-de-Luz, à Saint-Sébastien et à Bilbao."



  • La Gazette Nationale ou le Moniteur Universel, le 2 août 1874 :

"Le Courrier de Bayonne rapporte que dans l'après-midi d'avant-hier, plusieurs étrangers observaient du haut de la côte des Basques, à Biarritz, une masse noire qui flottait près du rivage. C’était une baleine, un cachalot ou cétacé quelconque, plein de vie, qui, après plusieurs allées et venues, s’est échoué, près du gracieux cottage de lady Bruce. Le nommé Greciet, boucher, s’est trouvé le premier sur les lieux, et, usant de ses droits de premier occupant, s’empressa d’attacher une corde à sa queue, afin de ne pas la voir enlever par un coup de mer. Le monstre marin mesure de 8 à 9 mètres de longueur."



  • Le Figaro, le 6 août 1874 :

"... Heureusement, la mer s'est chargée de venir en aide au directeur du Casino. Elle vient de fournir aux baigneurs de Biarritz un spectacle et un but d'excursion. 


Une jeune baleine est venue échouer sur la côte des Basques. Une baleine qui mesure huit mètres cinquante, rien que cela. 


Ayant essayé en vain de la remonter, — on a attelé huit bœufs devant sans pouvoir y réussir, — on l'a solidement amarrée dans le sable où elle est visible tous les jours. 


Naturellement, il y a foule. 


Tous les Basques des environs, sous prétexte à expliquer la baleine, l'exploitent à qui mieux mieux. Il pleut des gros sous autour de ce poisson mort. Les femmes en font le tour avec une curiosité toute particulière. 


— Et dire, s'est écriée l'une d'elles, que c'est avec cela qu'on fait les corsets !"



pays basque autrefois chasse baleine
CHASSE A LA BALEINE
PAYS BASQUE D'ANTAN



  • Gil Blas, le 14 novembre 1881 :

"On sait que, depuis fort longtemps, les baleines font, au moment de l'hiver, leur apparition sur la côte basque franco-espagnole qui s'étend de Bayonne à Santander.


Il y a quelques jours, une immense baleine, de 25 à 30 mètres de longueur, pénétra majestueusement dans la Bidassoa jusqu'au pont international du chemin de fer d'Irun-Hendaye.


Elle redescendit la rivière après s'être bien nourrie de poissons, poursuivie de près par les barques des pêcheurs des deux nations.


Comme la marée descendait, la baleine se trouva traquée et échoua sur un banc de sable, dans une profondeur de six mètres d'eau, du côté de la côte espagnole, près de Fontarabie.


Alors commença un véritable combat naval ; les douaniers, gendarmes pêcheurs, chasseurs, et amateurs espagnols et français, ouvrirent sur le monstre marin un feu très nourri.


Ce curieux combat était suivi par une immense foule échelonnée sur les deux rives, et bien que les balles sifflassent sur les rivages, il n'y eut aucun malheur à déplorer.


Comme la fusillade ne faisait rien sur la baleine, les marins de la canonnière française stationnée sur la Bidassoa pour la surveillance des pêcheurs voulurent l'abattre à coups de canon ; mais la crainte de violer les eaux les retint.


On télégraphia aux arsenaux de Bayonne et Saint-Jean-de-Luz, pour avoir des harpons et autres engins pour la pêche de la baleine ; malheureusement, la marée, commençant à monter, emporta la baleine, qui, malgré ses blessures, s'en alla majestueusement en haute mer, saluée par une fusillade des mieux nourries."



pays basque autrefois chasse baleine
ECHOUAGE DE BALEINE
PAYS BASQUE D'ANTAN



  • La Petite Gironde, le 2 novembre 1884 :

"Basses-Pyrénées,

On écrit de Biarritz qu'une baleine énorme est venue à deux cents mètres de la côte des Basques. Elle paraissait blessée. Il est donc probable qu'elle viendra s’échouer sur les côtes.



pays basque autrefois chasse baleine
ECHOUAGE DE BALEINE
PAYS BASQUE D'ANTAN



  • La Lanterne, le 24 mai 1901 :

"Baleines sur la Côte Basque.


Il y a environ une quinzaine de jours, une jeune baleine, d'environ six mètres de longueur, vint s'échouer dans le port très peu profond de Saint-Sébastien. Le fait était assez curieux, ces cétacés n'apparaissent que très rarement dans ces parages méridionaux.


Mais voici que le fait vient de se répéter. On annonce de Saint-Sébastien que ces jours-ci une baleine d'assez forte taille fut aperçue à l'entrée du petit port de Zarauz, à quelques kilomètres de Saint-Sébastien. Le cétacé se présenta à la marée haute, près d'Orio. Cinq barques de pêcheurs se mirent aussitôt à la mer pour lui donner la chasse. Les barques cernèrent la baleine et les pêcheurs lui lancèrent plusieurs harpons avec bonheur, car une heure après elle avait succombé et était remorquée dans le port de Saint-Sébastien et traînée sur une rampe du quai. La bête a une longueur de douze mètres et une circonférence de dix mètres."



pays basque autrefois chasse baleine
BALEINE 1863
PAYS BASQUE D'ANTAN



  • La Gazette de France, le 11 novembre 1902 :

"Une baleine capturée.


Saint-Sébastien, 9 novembre. 

— Le bruit s’étant répandu qu’on venait de découvrir une baleine près du port, les pêcheurs de Saint-Sébastien s’embarquèrent, armés de harpons et réussirent à découvrir le cétacé. Ils le blessèrent à plusieurs reprises et le firent échouer sur les rochers. Les embarcations des pêcheurs font la garde autour de leur capture en attendant que la marée permette de faire entrer la baleine dans le port."



(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)


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vendredi 28 juillet 2023

LA RÉUNION DES COMMUNES D'ARBOUET ET DE SUSSAUTE EN BASSE-NAVARRE AU PAYS BASQUE EN 1842

LA RÉUNION DES COMMUNES D'ARBOUET ET DE SUSSAUTE EN 1842.


La commune d'Arbouet-Sussaute, en Basse-Navarre, a été créée le 4 juin 1842 par la réunion des communes d'Arbouet et de Sussaute.




pays basque autrefois basse-navarre église
EGLISE D'ARBOUET 1909
PAYS BASQUE D'ANTAN




Voici ce que rapporta à ce sujet la Gazette Nationale ou le Moniteur Universel, dans plusieurs éditions :


  • le 25 mars 1842 :



"... — Messieurs, les autorités administratives et les conseils électifs du département des Basses-Pyrenées ont proposé la réunion administrative des communes de Sussaute et d’Arbouet, canton de Saint-Palais, arrondissement de Mauléon



Cette réunion, quoique repoussée par la commune d’Arbouet, la plus considérable des deux localités que le projet concerne, sera cependant favorable aux intérêts des deux populations ; car, dans leur état actuel, elles ont des charges considérables qui s’allégeront de toutes les économies obtenues par la suppression de la municipalité de Sussaute. 



Il suffit, du reste, d’énoncer le chiffre de la population et des revenus des deux communes, pour démontrer toute la convenance de l’opération. 



Arbouet renferme 317 habitants, mais ses revenus ne se montent qu’à 57 fr. ; Sussaute n’a que 237 habitants et 41 fr. de revenus ordinaires. 



Sous le rapport topographique, la réunion n’est pas moins convenable, les deux territoires étant contigus sur une grande étendue et les deux chefs-lieux fort rapprochés. 



Nous ne doutons pas, en conséquence, que vous accorderez votre approbation à la mesure législative dont le Roi nous a chargés de vous présenter le projet, et dont je vais avoir l’honneur de vous donner lecture. 



Projet de Loi.


Art. 1er. Les communes d’Arbouet et de Sussaute, canton de Saint-Palais, arrondissement de Mauléon, département des Basses-Pyrénées, sont réunies en une seule dont le chef-lieu est fixé à Arbouet et qui prendra le nom d’Arbouet-Sussaute. 


Art. 2. Ces communes continueront à jouir séparément, comme sections de commune, des droits d’usage et autres qui pourraient leur appartenir, sans pouvoir se dispenser de contribuer en commun aux charges municipales. 



Les autres conditions de la réunion prononcée seront, s’il y a lieu, ultérieurement déterminées par une ordonnance du Roi. 



M. Le Président. La chambre donne acte à M. le ministre de l’intérieur de la présentation des projets de loi qui viennent d’être déposés, ordonne qu’ils seront imprimés, distribués et renvoyés à la commission chargée d’examiner les projets de loi d’intérêt local."



pays basque autrefois basse-navarre église
EGLISE D'ARBOUET 1908
PAYS BASQUE D'ANTAN





  • "Le 31 mars 1842 :

... M. le rapporteur continue : La commune d’Arbouet, canton de Saint-Palais, arrondissement de Mauléon (Basses-Pyrénées), renferme 317 habitants, mais ses revenus ne se montent qu’à 57 fr. 


La commune de Sussaute, même canton, a une population de 237 habitants, et ses revenus ordinaires ne s’élèvent qu’à 41 fr. 79 c. 


Les deux territoires de ces communes sont contigus sur une grande étendue et les deux chefs-lieux sont fort rapprochés. 


Il a paru utile aux autorités administratives et aux conseils électifs du département de demander la réunion de ces deux communes en une seule, dont le chef-lieu serait à Arbouet.


Mais cette commune s’oppose à cette réunion par le motif qu’elle possède plus de ressources que la commune de Sussaute, et que, dans tous les cas, si la réunion ne lui est pas nuisible, elle ne lui est pas profitable. 


Sussaute consent à la réunion, sous la condition que les deux communes auront un prêtre pour les desservir. 


Comme vous le voyez, messieurs, il n’y a de résistance sérieuse de la part d’aucune des deux communes intéressées. 


Votre commission a examiné le mérite de la proposition qui vous est faite, et elle est demeurée convaincue que c’est un acte de bonne administration que d’opérer la réunion des deux communes. 


Les charges considérables qui pèsent sur elles s’allégeront de toutes les économies obtenues par la suppression de la municipalité de Sussaute. 


Sous le rapport topographique, la réunion ne présente pas de moindres avantages, et la distance qui sépare les deux chefs-lieux n’est que de trois kilomètres, et après la réunion le périmètre deviendra plus régulier. 


La nouvelle commune d’Arbouet-Sussaute présentera un territoire de 1 544 hectares 32 centiares, et une population de 551 habitants, ayant une église dans chaque section. 


Cette commune offrira plus de facilité pour une bonne organisation municipale, et, comme nous avons eu l’honneur de vous le dire, les dépenses d’administration seront sensiblement diminuées. 


Votre commission a donc l’honneur de vous proposer d’adopter le projet de loi qui tend à opérer la réunion en une seule des deux communes d’Arbouet et de Sussaute."



  • le 1er mai 1842 :

"5e Projet, 

Tendant à réunir les communes de Sussaute et d’Arbouet (Basses-Pyrénées). 


Messieurs, la commune de Sussaute n’a que 237 habitants et 42 fr. de revenus ordinaires ; celle d’Arbouet possède une population, faible aussi, 317 âmes, et un revenu à peu près semblable, 57 fr. Quand on considère le montant des dépenses auxquelles ces communes sont obligées de faire face, on trouve que leur situation financière est également gênée. Elles ont donc un intérêt évident à unir leur existence pour diminuer les charges communes. L’administration municipale ne peut que gagner à cette réunion. 


La disposition des lieux est aussi en faveur du projet. Car les deux territoires, qui se touchent suivant une longue étendue, semblent les deux moitiés d’un même tout, et Arbouet, choisi pour chef-lieu de la nouvelle commune, occupe une position assez centrale, au milieu du polygone entier. Enfin, les deux villages d’Arbouet et de Sussaute ne sont qu’à 3 kilomètres l’un de l’autre. 


La réunion des deux communes produira un ensemble offrant un territoire de 1 454 hectares, une population de 554 habitants, et un revenu d’environ 100 fr. ; chaque section aura son église. 


Tous les conseils administratifs et toutes les autorités ont reconnu les avantages de la mesure ; la commune de Sussaute y a donné son adhésion ; ainsi, une décision législative n’est devenue nécessaire que parce que le conseil municipal d’Arbouet a repoussé la proposition, sous prétexte que cette commune possède plus de ressources que Sussaute, et que, dans tous les cas, si la réunion ne lui est pas nuisible, elle ne lui est pas profitable. 


Ce motif a été rejeté, comme insignifiant, par les conseils d’arrondissement et de département ; ce que nous avons dit plus haut de la situation financière comparée des deux communes démontre qu’il est mal fondé. 


En conséquence, nous avons l’honneur de vous proposer l’adoption du projet de loi."





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samedi 11 décembre 2021

LA COMMUNE D'ESTÉRENCUBY EN BASSE-NAVARRE AU PAYS BASQUE EN 1842

ESTÉRENCUBY EN 1842.


La commune d'Estérençuby, en Basse-Navarre, a été créée le 11 juin 1842.




esternzubi baxe nafarra
UNE PENSEE D'ESTERENCUBY BASSE-NAVARRE


Voici ce que rapporta à ce sujet la Gazette nationale ou le Moniteur universel, dans plusieurs 

éditions :

  • le 1er juin 1842 :



"Adition à sa séance du vendredi 27 mai.



Rapport  fait par M. Garnon sur un projet de loi tendant à ériger en commune les hameaux d’Esterencuby, d'Esterenguibel et Pagalcette ; canton de Saint-Jean-Pied-de-Port, arrondissement de Mauléon, département des Basses-Pyrénées. 



Messieurs, il existe dans les montagnes des Pyrénées, vers la frontière d'Espagne, trois hameaux portant les noms d’Esterencuby, d’Esterenguibel et de Pagalcette. 



Fondés par des pasteurs qui, des communes voisines, amenaient leurs troupeaux dans les pâturages dépendant du pays de Cize, ces hameaux ont vu leur population s’accroître et leur prospérité se développer ; une église y a été construite, et, dans ces derniers temps, une succursale leur a été accordée ; enfin les habitants ont établi une maison d’école à laquelle est attaché un instituteur. 



Le territoire occupé par ces trois hameaux contient 4 000 hectares, et présente un périmètre régulier ; il est peuplé de 835 habitants, et dépend de neuf communes, faisant toutes partie du canton de Saint-Jean-Pied-de-Port, arrondissement de Mauléon (Basses-Pyrénées) : ce sont les communes d’Ahaxe, Aincille, Alciette-Bascassan, Bustince, Caro, Lecumberry, Mendive, Saint-Jean-le-Vieux et Saint-Michel. 



Chaque famille de colons, sans distinction du territoire qu’elle occupe, n’a pas cessé d’être comptée dans la commune dont elle est originaire, et d’en dépendre soit pour l’état civil, soit pour les impôts, de telle sorte que, par suite de cet enchevêtrement bizarre, des maisons et des terrains contigus appartiennent à des communes différentes, et qui ne se touchent pas même entre elles. 



Esterencubv, point central du territoire de ces hameaux, est éloigné de 7 à 8 kilomètres des diverses communes dont il est ci-dessus question, et pendant l’hiver les neiges rendent les communications impraticables. 



Ces diverses circonstances ont déterminé les autorités administratives des Basses-Pyrénées à former de ces trois hameaux une nouvelle commune, dont Esterencuby serait le chef-lieu. 



Cette distraction ne causerait que très peu de dommage aux communes dont ces hameaux dépendent, et présenterait de grands avantages sous le rapport de l’administration de leurs intérêts et de leur police. 



Des neuf communes intéressées, trois seulement ont fait opposition au projet ; les considérations qu’elles font valoir ont leur source dans l’exagération de l’intérêt de localité. 



Du reste, le conseil d’arrondissement de Mauléon, le directeur des contributions directes, le géomètre en chef du cadastre, le conseil général, le préfet des Basses-Pyrénées et la commission syndicale chargée d’administrer les revenus communaux de l’ancien pays de Cize, ont donné leur adhésion au projet de loi ; en conséquence, votre commission a l'honneur de vous en proposer l’adoption."




basse-navarre esterencuby
ARMOIRIE D'ESTRENCUBY BASSE-NAVARRE



  • le 8 juin 1842 :

"Rapport de M. le vicomte Pernety, sur les projets de loi relatifs à un changement de circonscriptions territoriales dans le département des Basses-Pyrénées.



Projet tendant à former une commune nouvelle sous le nom d’Estérencuby, canton de Saint-Jean-Pied-de-Port (Basses-Pyrénées). 



Messieurs, les trois hameaux d’Estérencuby, Estérenguibel et Pagalcette possèdent, indivis, un territoire d’environ 4 000 hectares, peuplé de 635 habitants, et dépendant de neuf communes. 



Ce sont des agrégations de familles de pasteurs qui conduisaient leurs troupeaux dans les pâturages communs de la région désignée sous le nom de Cize. Chaque famille, quel que soit le territoire qu’elle occupe, compte encore dans la commune dont elle est originaire, et en ressort pour l’état civil, les impôts, etc. ; de telle sorte que des maisons et des terrains contigus appartiennent à des communes différentes, dont elles sont très éloignées, et avec lesquelles, durant l’hiver, elles ne peuvent souvent pas communiquer. 



Il est impossible d’y établir une administration et une police régulières. Un tel état de choses ne saurait durer ; aussi les agents du cadastre et des contributions, les conseils d’arrondissement et le conseil général, le sous-préfet et le préfet sont-ils d’accord pour demander l’érection de la nouvelle commune d’Estérencuby qui possède déjà un presbytère, une succursale et une école pourvue d’un instituteur. 



Trois des neufs conseils municipaux ont seuls formé une opposition tenant à des habitudes contractées ou à des craintes mal fondées d’éprouver quelque préjudice dans leurs droits de pâture. 



Nous espérons, messieurs, que cette faible opposition, que vous apprécierez, ne saurait vous empêcher de donner votre adhésion au projet de loi qui réserve au surplus les droits d’usage respectifs."



Le 11 juin 1842, la commune d'Estérençuby est constituée.



(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)




 



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