Libellés

Affichage des articles dont le libellé est GAZETTE NATIONALE. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est GAZETTE NATIONALE. Afficher tous les articles

samedi 23 août 2025

L'AMÉLIORATION DE LA NAVIGATION SUR L'ADOUR AU PAYS BASQUE EN 1846

L'AMÉLIORATION DE LA NAVIGATION SUR L'ADOUR EN 1846.


En 1846, la Chambre des Pairs vote des crédits pour améliorer la navigation sur l'Adour.




pays basque autrefois navigation adour fleuve
LA BARRE A BAYONNE 
ALBUM DES 2 FRONTIERES 1852
PAR BLANCHE HENNEBUTTE



Voici ce que rapporta à ce sujet le quotidien la Gazette nationale ou le Moniteur universel, le 6 

mai 1846 :



"Chambre des Pairs. 

Présidence de M. le Duc de Broglie, Vice-Président.

Séance du 5 mai.



Sommaire. — Suite de la délibération sur le projet de loi relatif à la navigation intérieure. 



M. le Président.


Art. 19. Une somme de 1 200 000 fr. est affectée à l'amélioration de la navigation de l'Adour, depuis l'embouchure de la Midouze jusqu'à Bayonne. (Adopté.)


M. le baron Durrieu a la parole, avant que la chambre passe à l'art. 20.



PORTRAIT D'ANTOINE SIMON DURRIEU
BARON DURRIEU



M. le Général Baron Durrieu.


Je prie la chambre de vouloir bien me permettre de lire ce que j'ai à lui dire dans l'intérêt d'une contrée qui semble tenir peu de place dans les sollicitudes du Gouvernement, ou du moins dans celles de M. le ministre des travaux publics. Cependant, cette contrée a aussi de grands besoins, et peut, comme d'autres, rendre l'intérêt des avances et des dépenses que le trésor public ferait pour elle.


C'est pourquoi je viens demander à M. le ministre des travaux publics s'il accepte, sinon le mot de conditions, placé à la page 57 du rapport de la commission, et dont la portée pourrait gêner la responsabilité ministérielle ; je lui demande s'il veut accepter, du moins, le mot de recommandation pour l'un des 3 objets indiqués dans cette page.


Cet objet est la navigation du haut et du moyen Adour, qui prend sa source dans les Hautes-Pyrénées, et débouche dans la mer au-dessous de Bayonne.


Cette rivière, comme toutes les autres, reçoit dans son parcours plusieurs affluents ; elle en reçoit un, l'Arros, dans sa partie haute, tout près de Plaisance (Gers) ; et cette adjonction, qui augmente de beaucoup les eaux de l'Adour, indiquait qu'il convenait de comprendre l'Adour dans le partage des 81 400 000 fr. destinés par le projet de loi actuel à la navigation intérieure.



Et cependant, l'Adour et l'Arros ne sont mentionnés que pour mémoire dans ce projet de loi. On semble avoir perdu que l'Arros prend sa source tout près de ce plateau de Lannemezan, où l'on veut créer un grand réservoir pour y réunir les eaux de la Neste et les distribuer aux rivières voisines qui en ont plus ou moins besoin pour être rendues navigables dans leurs parties supérieures.



pays basque autrefois navigation adour fleuve
BORDS DE L'ARROS
65 TOURNAY



Eh bien, on devait s'attendre que l'Arros, affluent de l'Adour, et qui touche au point du grand réservoir, recevrait une part proportionnelle de ces eaux qu'on distribue exclusivement à la Haute-Garonne, à la rivière de la Baïse, à celle du Gers. Ces deux dernières rivières traversent le département du Gers, parallèlement et à peu de distance l'une de l'autre, ce qui ressemble à un double emploi, ou pour mieux dire une double faveur.



Ici, sans aucune pensée de jalousie pour les intérêts d'autrui, à la satisfaction desquels je veux bien concourir, parce que jamais le bonheur des autres ne diminue mon concours à l'ensemble des intérêts publics, je me permettrai de demander à M. le ministre des travaux publics pourquoi il a dédaigné, cette fois, et ajourné indéfiniment l'intérêt de l'Adour, rivière beaucoup plus considérable et plus importante que la Baïse et le Gers.



Je vois bien que je dois rappeler à M. le ministre que, dans son exposé des motifs présenté à la chambre des pairs, page 67, il est dit que "le Gers est privé d'eau une partie de l'année." Cela est vrai, on le savait : mais est-ce une raison suffisante de préférence pour le Gers, auquel il faudrait donc donner, non un supplément d'eau, mais une rivière toute entière, pour le rendre navigable depuis Auch, comme le propose la loi, et même plus haut comme des députés du Gers l'ont demandé ? L'entreprise de rendre le Gers navigable jusqu'à Auch sera bien difficile, sinon impossible : c'est ce qui me fait craindre qu'on ne dépense inutilement de l'eau et de l'argent pour cette entreprise.



pays basque autrefois navigation gers adour fleuve
LES BORDS DE L'ADOUR 
32 RISCLE



Je dois craindre qu'on ne finisse par employer à la navigation du Gers jusqu'à Auch la réserve des eaux de la Neste qu'on laisse espérer, sans l'assurer, à l'Arros et à l'Adour. C'est ce qui me fait persister à demander à M. le ministre si l'Adour peut réellement compter sur une allocation ultérieure et prochaine des eaux de la Neste et de l'argent nécessaire pour rendre cette rivière navigable, ainsi que l'Arros, qui doit profiter aussi de cette allocation.



Cette navigation de l'Arros et de l'Adour intéresse les départements des Hautes-Pyrénées et des Landes, même la partie du Gers traversée par ces deux rivières, même la ville de Bayonne, qui n'a pensé jusqu'à présent qu'au bas Adour, comme si le haut Adour n'alimentait pas le bas, et comme si Bayonne n'avait pas intérêt à recevoir pour l'exportation maritime les produits du haut pays, et à faire remonter le plus haut possible les importations qu'elle reçoit de la mer, denrées coloniales, etc., etc.



Ces considérations avaient sans doute préoccupé M. le ministre des travaux publics lorsqu'il a présenté, le 12 mars 1845, son projet de loi sur la navigation intérieure. Je suis obligé de rappeler encore à M. le ministre qu'il a dit dans ce rapport, page 117 :


"Quant au canal latéral à l'Adour et l'Arros, les projets en sont terminés." Il avait donc fait étudier cette question, et d'une manière suffisante, puisque les projets en étaient terminés au commencement de 1845. Il appréciait donc, non pas seulement l'intérêt ordinaire, mais l'importance de cette navigation, qui se rattache d'ailleurs à des considérations militaires non moins importantes, puisqu'elle peut servir à l'approvisionnement de plusieurs objets nécessaires à une armée des Pyrénées occidentales. Le défaut de ce moyen de transport facile et peu coûteux des matières encombrantes s'est fait sentir plus d'une fois pendant les guerres d'Espagne, et M. le maréchal président du conseil pourrait en dire un mot, qui serait d'un plus grand poids que tout ce que j'ai dit et tout ce que je pourrais ajouter.



En terminant, je prie M. le ministre des travaux publics de vouloir bien prendre en grande considération les intérêts de la navigation de l'Adour, et de donner suite aux espérances qu'il a fait naître parmi les populations du département des Hautes-Pyrénées et du département des Landes. C'est avec une entière confiance que je remets entre ses mains les intérêts de ces populations.



pays basque autrefois fleuve
L'ADOUR AUTREFOIS


M. le Sous-Secrétaire d'Etat.



L'honorable préopinant qui descend de la tribune vient d'entretenir la chambre des intérêts de l'Arros et de l'Adour. Ces intérêts lui sont chers à juste titre, et ils n'ont pas échappé à l'attention du Gouvernement. J'ai fait observer à la commission, et je prends la liberté de faire observer à la chambre que le projet que nous avons l'honneur de vous présenter aujourd'hui est préparé non seulement dans la vue de satisfaire aux besoins du présent, mais encore dans la vue de pourvoir à ceux de l'avenir.



Le bassin de Lannemezan est disposé de telle manière que les eaux qu'on y emmagasinera pourront être un jour versées dans l'Arros, et par conséquent dans l'Adour. Si nous n'avons pas fait la part immédiate de l'Arros, c'est que les eaux que nous amenons aujourd'hui au bassin de Lannemezan, appartiennent au bassin de la Garonne, et qu'il nous a paru juste de les verser d'abord dans les rivières de ce bassin auxquelles elles appartiennent par les lois de la nature ; mais j'ai fait remarquer à la commission et je ferai remarquer à la chambre qu'il est très facile de construire, moyennant de faibles dépenses, un nouveau réservoir qui contiendrait des eaux abondantes qu'on pourra facilement verser dans le lit de l'Arros, et de là dans l'Adour dont l'Arros est un affluent.



Il n'est pas exact, d'ailleurs, de dire que le Gouvernement n'a pas montré de sympathie pour l'Adour, puisque, dès 1835, un fonds de 900 000 fr., a été demandé et obtenu pour commencer des travaux dans le bas de la rivière, et la loi actuelle que vous discutez contient un nouveau crédit pour continuer et achever ces travaux.



A l'égard du haut Adour, des projets sont à l'étude pour l'établissement d'un canal latéral, qui doit remplir à la fois les fonctions d'un canal de navigation et d'un canal d'irrigation.



Permettez-moi de vous faire remarquer, messieurs, que le projet de loi actuel a été présenté à la chambre des députés en 1845, à l'époque où l'on s'occupait encore des études du canal latéral au haut Adour. Le Gouvernement n'a pas le droit de solliciter des crédits pour des projets qui ne sont pas terminés, et qui n'ont pas subi des formalités des enquêtes. Nous ne pouvions donc pas comprendre le haut Adour dans le projet que vous discutez en ce moment. J'ai même vérifié si les pièces relatives au haut Adour n'étaient pas encore arrivées au ministère. Sans doute, les ingénieurs ont encore une dernière main à y mettre.



Quoi qu'il en soit, l'administration poursuit avec constance les études du canal latéral du haut Adour ; mais en attendant, le bas Adour n'est pas négligé, puisque, je le répète, le projet de loi en discussion contient un crédit de 1 200 000 fr. applicable à cette partie de la rivière.



pays basque autrefois fleuve
L'ADOUR AUTREFOIS


M. le Général Baron Durrieu.


Il est vrai que je n'ai pas distingué le haut Adour du bas Adour ; j'ai parlé du moyen Adour et du haut Adour.



M. le Sous-Secrétaire d'Etat.


Le Gouvernement poursuivra les études concernant le haut Adour ; il soumettra ces études à des enquêtes, et lorsque ses enquêtes seront terminées, il avisera au moyen d'exécuter des travaux dont l'utilité serait difficilement contestée.



M. le Président.


"Art.20. Sur les allocations mentionnées dans les articles précédents, et s'élevant à la somme de 75 millions, il est ouvert au ministre des travaux publics des crédits s'élevant, pour l'exercice 1846, à la somme de 6 500 000 fr., et pour l'exercice 1847, à celle de 12 500 000 fr. 


Savoir : 

18° Adour. 1846 : 150 000 fr. 1847 : 300 000 fr. (Adopté)



"Art. 21. Les plans d'ensemble et les devis par masses des travaux compris dans la présente loi seront déposés aux archives de la chambre des députés et de la chambre des pairs." (Adopté).



"Art. 22. Il sera pourvu provisoirement, au moyen des ressources de la dette flottante, aux dépenses autorisées par la présente loi. Les avances du trésor seront définitivement couvertes par la consolidation des fonds de réserve de l'amortissement, qui deviendront libres après l'extinction des découverts des exercices de 1840 à 1845." (Adopté).



La chambre procède au scrutin sur l'ensemble de la loi.



Le dépouillement de ce scrutin donne le résultat suivant :


Nombre des votants : 132. Pour : 102. Contre : 30. (La chambre a adopté).



(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)




Merci ami(e) lecteur (lectrice) de m'avoir suivi dans cet article.

Plus de 7 200 autres articles vous attendent dans mon blog :

https://paysbasqueavant.blogspot.com/


N'hésitez pas à vous abonner à mon blog, à la page Facebook et à la chaîne YouTube, c'est gratuit !!!

samedi 16 décembre 2023

UN VOYAGE D'ALTESSES ROYALES DANS LES BASSES-PYRÉNÉES EN NOVEMBRE 1846

UN VOYAGE D'ALTESSES ROYALES DANS LES BASSES-PYRÉNÉES EN 1846.


En 1846, leurs Altesses Royales, le Duc et la Duchesse de Montpensier effectue un voyage dans les Basses-Pyrénées.




pays basque autrefois altesse royale duc montpensier
PORTRAIT D'ANTOINE D'ORLEANS DUC DE MONTPENSIER
PAR FEDERICO DE MADRAZO 1851



Voici ce que rapporta la Gazette nationale ou le Moniteur Universel, le 2 novembre 1846 :


"Intérieur. 

Paris, le 2 novembre. 


On écrit de Bayonne, le 28 octobre : 


Hier à quatre heures et demie LL. AA. RR. ont reçu successivement toutes les autorités civiles, militaires, judiciaires, ecclésiastiques, qui, à six heures et demie, ont été réunies de nouveau dans un dîner de quatre-vingts couverts, où l’on remarquait encore tous les officiers de la garde d’honneur, le consul d’Espagne et le doyen des consuls étrangers, etc. Avant le diner, M. le duc de Montpensier a fait inviter tous ses convives à monter dans ses appartements pour y jouir de l’effet d’un beau feu d’artifice tiré sur le glacis des fortifications. La pluie avait recommencé ; mais la foule n’a rien voulu perdre néanmoins du spectacle qui lui était offert. Des pelotons d’infanterie semés sur l’esplanade entourée d’arbres où les pièces d’artifice étaient disposées, liaient entre elles par de vigoureuses décharges les différentes parties du feu, qui, en dépit du mauvais temps, jetait encore d’admirables reflets sur les sombres profils des remparts. 



Pendant le dîner, Mme la duchesse de Montpensier avait à sa droite l’ambassadeur d’Espagne, à sa gauche M. le lieutenant général Harispe ; le prince avait près de lui M. le général duc d’Ahumada et M. de Arana. Les places les plus rapprochées de LL. AA. RR. étaient occupées par l’évêque de Bayonne, par le préfet des Basses-Pyrénées, par M. le capitaine général Urbistondo, par M. le général Barrenechea, par MM. Chégaray et Daguenet, députés du département. 


pays basque autrefois altesse royale duc montpensier
MARIE-AMELIE DE BOURBON DUCHESSE DE MONTPENSIER
Par Louis Hersent — http://collections.chateauversailles.fr/#399dd6b1-d90c-4ac3-83ff-817cde1fa911, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=32774659



Après le diner, le prince et la princesse ont fait le tour du salon en adressant successivement la parole à chacun des convives. A neuf heures, LL. AA. RR. se sont rendues au théâtre, où plusieurs loges avaient été disposées pour les recevoir, ainsi que leur suite. Leur entrée dans la salle a été le signal des plus vifs applaudissements, des acclamations les plus prolongées. La toile s’est levée, et un jeune artiste portant le costume traditionnel de Figaro, dont il allait un peu plus tard jouer le rôle, a chanté avec un élan qui a enlevé la salle entière, une cantate de circonstance dont les paroles élégantes, soutenues d’une musique gracieuse, ont plus d’une fois provoqué une explosion de bravos. 



Nous apprenons que de précieux souvenirs ont été envoyés au nom de LL. AA. RR. à M. de Linières, auteur des paroles, à M. Van Gèle, auteur de la musique de cette cantate, et à l’acteur qui l’a chantée avec verve et talent. 



M. le duc et Mme la duchesse de Montpensier se sont retirés à dix heures et demie, et les mêmes acclamations les ont accompagnés jusqu’à leur voiture. 



Aujourd’hui, par un beau soleil d’automne, a eu lieu une fête toute populaire offerte par la ville à LL. AA. RR., une joute de barques sur l’Adour. Le prince et la princesse, pour y assister, se sont rendus en canot à bord du Voyageur, bateau à vapeur de l’Etat, chargé de remorquer les bâtiments du commerce qui entrent dans le port de Bayonne. Entre la citadelle et les Allées-Marines, promenade qu’envierait à Bayonne la plus belle des capitales, l’Adour a la largeur d’un grand fleuve ; c’est là que la course a eu lieu. Sur un signal donné par un canon de la citadelle, les barques devaient s’élancer dans le sens du courant, tourner un grand bateau amarré sur ses ancres à une distance assez éloignée, et revenir au point de départ. Deux prix étaient donnés par la ville ; M. le duc de Montpensier en a ajouté un troisième. Une foule immense, répandue sur les Allées-Marines, prenait à la lutte un intérêt passionné. LL. AA. RR. étaient debout sur le pont du Voyageur pavoisé, où l’on avait placé une excellente musique de cavalerie. Cette multitude de barques courant le long du quai et chargées de spectateurs, les pavillons flottants des barques rivales, la blancheur éclatante des costumes des rameurs, tout contribuait à donner à cette course un entrain et un air de fête qui ont vivement intéressé LL. AA. RR. Ces courses ont duré jusqu’à quatre heures. La marée montante, qui se fait sentir jusque dans Bayonne, en augmentant les difficultés, ajoutait par là même à l’imprévu et partant à l’émotion de la lutte. 



LL. AA. RR. ont débarqué aux Allées mêmes, et sont montées en voiture pour aller visiter Biarritz. Le dîner de LL. AA. RR. a eu lieu à six heures et demie. On remarquait parmi les invités le commissaire de la marine, le directeur du port, le commandant du Voyageur, les autorités de Saint-Esprit, ce point du département des Landes qui fait presque partie de Bayonne, dont il n’est séparé que par un peu de bois. Après le diner, le prince et la princesse ont bien voulu entendre des chœurs chantés sans accompagnement par des soldats, selon la méthode qui a formé à Paris les élèves de l’Orphéon. Ces chants, exécutés avec une rondeur et un ensemble merveilleux, ont produit un grand effet. 



A neuf heures, LL. AA. RR. se sont rendues au bal qui leur était offert par la ville dans la salle du théâtre. Cette salle avait été admirablement disposée ou pour mieux dire transformée. Toutes les loges étaient remplies d’une foule élégante et choisie ; mais dans le parquet les dames seules avaient d’abord été admises, et aucun homme ne devait y entrer avant l'arrivée de M. le duc et de Mme la duchesse de Montpensier. Plus de 2 000 personnes assistaient à ce bal. Tous les regards se portaient sur la jeune princesse, entièrement vêtue de blanc, avec une exquise simplicité, magnifiquement relevée d’ailleurs par une parure de diamants d’une rare beauté, et tous admiraient le charme du regard et du sourire, l’élégance de la tournure, la distinction de toute la personne. 



S. A. R. a dansé la première contredanse avec le maire, les suivantes avec M. le duc d’Ahumada, le général Ratteler, le sous-préfet de Bayonne, le commandant de la garde d’honneur, un capitaine d’artillerie. Le prince, de son côté, a ouvert le bal avec la fille du maire, et a dansé successivement avec Mme Ernest Leroy et avec Mme Chégaray. 




aristocrate noble espagnol militaire guardia civil
FRANCISCO JAVIER GIRON Y EZPELETA
DUC D'AHUMADA 1846



LL. AA. RR. sc sont retirées à onze heures, accueillies à leur sortie par les mêmes acclamations qui avaient salué leur arrivée ; elles emporteront de cette admirable fête un souvenir qui ne s’effacera pas. Elle a dignement terminé une réception où rien n’a manqué de ce que peut ajouter à un programme habilement rempli l’enthousiasme d’une population ingénieuse. De leur côté, le prince et la princesse ont voulu se mettre de moitié dans la fête, en y conviant tous les pauvres par de larges aumônes. 



LL. AA. RR. doivent quitter Bayonne demain matin pour se rendre à Pau."



(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)




Merci ami(e) lecteur (lectrice) de m'avoir suivi dans cet article.

Plus de 6 900 autres articles vous attendent dans mon blog :

https://paysbasqueavant.blogspot.com/


N'hésitez pas à vous abonner à mon blog, à la page Facebook et à la chaîne YouTube, c'est gratuit !!!

jeudi 2 novembre 2023

LES "PROVINCES VASCONGADES" ET LE ROYAUME DE NAVARRE EN 1808 (deuxième partie)

LES "PROVINCES VASCONGADAS" ET LE ROYAUME DE NAVARRE EN 1808.


Les "provinces Vascongades" désignent trois territoires du Pays Basque Sud : l'Alava, la Biscaye et le Guipuscoa.




pais vasco antes vascongadas provincias navarra
PROVINCES VASCONGADES ILLUSTREES
PAYS BASQUE D'ANTAN



Voici ce que rapporta à ce sujet le quotidien la Gazette Nationale ou Le Moniteur Universel, le 7 

octobre 1808 :



"... La proximité de la mer n’a pu manquer d’inspirer de bonne heure le goût de la navigation et de la pêche à un peuple aussi industrieux que les Guipouscoans, et, nous voyons, en effet, qu’ils fréquentaient les bancs de Terre-Neuve pendant les seizième et dix-septième siècles. Plusieurs édits de Philippe II ordonnèrent aux commandants des vaisseaux guipouscoans, se rendant à la pêche de Terre-Neuve, de porter des armes et des munitions de guerre, pour réprimer les Rochellois, qui commettaient des pillages dans les pêcheries espagnoles de ces parages. Le nom même de bacallao, qui, en espagnol, désigne la morue, est basque. Aujourd'hui, cette pêche est tombée, ainsi que celle de la baleine ; mais les Guipouscoans font sur leurs côtes une pêche considérable de thons, de sardines, de raies, de merluches, etc. Ils vendent le poisson frais, salé ou mariné à leurs voisins d’Alava et de Navarre ; une grande partie passe en Aragon et dans la Castille, et se consomme à Saragosse, à Valladolid et à Madrid. Les rivières de Guipouscoa sont aussi fort poissonneuses ; celles qui se rendent dans la mer abondent en saumon, moules et huitres.



Le commerce des Guipouscoans était déjà très étendu au treizième siècle ; les principaux articles de leur négoce étaient alors le fer, le cidre et le vin. C'est le 29 août 1350 que se donna la bataille navale entre l'escadre guipouscoanne et biscayenne et celle d'Angleterre ; la première fut défaite, et perdit vingt-six vaisseaux de guerre. Rymer a publié une convention, en date de 1482, conclue entre l'Angleterre et la Guipouscoa, en vertu de laquelle la paix devait subsister entre les deux parties contractantes pendant dix années. En 1348, les Guipouscoans établirent à Bruges une Bourse pour le commerce de leur nation ; ce qui prouve quelle en était alors l'étendue. C'est à cet esprit de commerce et de navigation lointaine, qui caractérise les naturels de cette province, que l'on doit la découverte qu'ils firent des îles Canaries en 1393 ; et celle des îles Philippines et Mariannes en 1565.



Les villes et bourgs de Guipouscoa sont, en général, élégamment bâtis, les rues droites et bien pavées, les maison commodes, et en pierres ou en briques ; les bourgs tant soit peu peuplées sont éclairés la nuit ; Tolosa et Saint-Sébastien sont avec des réverbères semblables à ceux de Paris. Les églises sont en général belles ; et les routes, malgré l'inégalité et l'élévation du terrain, excellentes et nombreuses. Tout, en un mot, respire dans ce pays, l'aisance et le bonheur. L'on dirait que la nature a placé les trois provinces à côté de la malheureuse Vieille-Castille, comme pour faire au gouvernement de celle-ci un reproche constant des institutions funestes qui tiennent ses habitants dans l'état d'indigence et d'abjection où ils sont réduits.



La ville de Saint-Sébastien, la plus grande de cette province, est située au 14e deg. 32 mn. de longitude du méridien de l'île de Fer, et au 43e deg. 19 mn. de latitude. Elle est sur l'Océan Cantabrique qui, en se partageant en deux bras, en fait une presqu'île ; de sorte que de loin, on prendrait la ville pour un amas d'édifices flottant dans la mer. 



Le terrain sur lequel Saint-Sébastien est bâti est un sable mouvant ; c'est pourquoi on n'a jamais de la boue dans les rues, même après les plus fortes pluies.



Les maisons de la ville ne sont pas très hautes, on en compte de 600 à 700 dans l'intérieur, formant vingt-une rues ; les faubourgs en contiennent un plus grand nombre.



Saint-Sébastien est place forte, mais ses fortifications sont très défectueuses : aussi, lors de la dernière guerre, la ville se rendit aux Français sans leur opposer la moindre résistance.



pais vasco antes vascongadas provincias navarra
SAINT-SEBASTIEN GUIPUSCOA 1837
PAYS BASQUE D'ANTAN






Cette ville contient deux paroisses, et une troisième dans les faubourgs ; deux couvents de moines, trois de religieuses, et un hôpital.



Saint-Sébastien a toujours été une ville très commerçante ; c'est dans son sein que se forma la compagnie de Caracas, fondue aujourd'hui dans celle des Philippines. Le commerce de laine, jadis considérable, est actuellement réduit à rien.



Au dénombrement des fabriques de Saint-Sébastien que nous avons déjà donné, nous ajouterons des tanneries établies dans le faubourg Saint-Martin.



Cette ville est le lieu de résidence du commandant-général de Guipouscoa. Le corrégidor de la province y réside aussi pendant trois ans sur douze.



Tolosa est la commune la plus peuplée de Guipuscoa après Saint-Sébastien ; ce n'est qu'un bourg, nom que l'on donne en Espagne à toutes les communes qui n'ont pas obtenu du roi le tire de ville, sans aucun égard à leur population ; en sorte que Madrid même n'a que le titre de bourg. Tolosa est située au centre de la Guipouscoa. Nous avons dit que les rues en sont très bien pavées, et mieux éclairées que celles des plus populeuses capitales.



pais vasco antes guipuzcoa
TABLEAU DE TOLOSA
PAR OÑATIVIA GREGORIO


La population de Tolosa s'élève à 4 100 habitants, dont 2 562 dans l'intérieur de la ville, et le reste dans les faubourgs. La plupart d'entr'eux s'adonnent à l'agriculture, et récoltent année commune 5 200 fanègues de froment, 7 300 de maïs et 1 400 de châtaignes. Nous avons déjà parlé des nombreuses manufactures de ce bourg industrieux.



Vergara a une population de 4 000 âmes, et un collège qui s'était rendu célèbre, mais qui a beaucoup déchu de son ancienne splendeur. Au reste, c'est le sort de tous les établissements d'enseignement public en Espagne. Si quelqu'un s'élève dans le commencement au-dessus du médiocre, on a grand soin de l'abaisser bientôt au niveau de tous les autres.



Les lois qui régissent la province de Guipouscoa ont été recueillies et imprimées en un volume in-folio à Tolosa, en 1696. En 1758, on y a ajouté un supplément des lois postérieures à cette époque. 



pais vasco antes vascongadas provincias navarra
BLASON DU GUIPUSCOA 
PAYS BASQUE D'ANTAN



Les assemblées de la province se célèbrent tous les ans dans les dix-huit villes prescrites par les fueros, et durent six jours. Il y a une assemblée générale où l’on élit quatre députés généraux qui doivent avoir domicile, l’un à Saint-Sébastien, le second à Tolosa, le troisième à Azpeytia, et le dernier à Azcoytia. Le député de la ville où réside le corrégidor, a le droit d’assembler la députation ordinaire ; celle-ci est formée par quatre personnes, qui sont ce député, son adjoint et deux municipaux de la même ville. L’extraordinaire, qui s’assemble par convocation spéciale pour des affaires d'une grande importance, et régulièrement dans les mois de décembre et de juillet, se compose des quatre députés généraux ou de leurs substituts, en cas d’absence ou de maladie.



Les alcaldes ordinaires de la province sont au nombre de 74 ; ils jugent les affaires contentieuses en première instance, et l'on interjette appel de leurs jugements devant le corrégidor. La province nomme aussi tous les ans un alcalde de sacas, qui a soin d'empêcher l'introduction des marchandises de contrebande, et cette charge est une des plus considérées du pays. 



Le corrégidor, qui presque toujours est membre du conseil de Navarre, et qui réside tour à tour dans les communes de Tolosa, Saint-Sébastien, Azpeytia et Azcoytia, l'espace de trois ans dans chacune, est juge dans les matières civiles et criminelles ; il prononce sur les causes qui sont portées en appel devant son tribunal. Il préside les assemblées générales et particulières de la province, mais sans donner sa voix ; il a aussi la haute police administrative ; l’exercice de sa charge dure six ans. 



La Guipouscoa a, dans tous les temps, fait elle-même ses lois. Le premier recueil des lois de cette province fut sanctionné par Jean 1er, en 1379. Henri IV approuva, en 1469 et 1470, les ordonnances de Guipouscoa de ces mêmes années. Mais ce ne fut qu'en 1583, que le licencié Gomez de Puerta, corrégidor de Guipouscoa, avec le licencié Armendia, le docteur Zarauz, et autres alcaldes et députés, rédigèrent un recueil complet des lois de cette province."



A suivre... 




(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)




Merci ami(e) lecteur (lectrice) de m'avoir suivi dans cet article.

Plus de 6 800 autres articles vous attendent dans mon blog :

https://paysbasqueavant.blogspot.com/


N'hésitez pas à vous abonner à mon blog, à la page Facebook et à la chaîne YouTube, c'est gratuit !!!

lundi 2 octobre 2023

LES "PROVINCES VASCONGADES" ET LE ROYAUME DE NAVARRE EN 1808 (première partie)

LES "PROVINCES VASCONGADAS" ET LE ROYAUME DE NAVARRE EN 1808.


Les "provinces Vascongades" désignent trois territoires du Pays Basque Sud : l'Alava, la Biscaye et le Guipuscoa.




pais vasco antes vascongadas provincias
PROVINCES VASCONGADES ILLUSTREES
PAYS BASQUE D'ANTAN



Voici ce que rapporta à ce sujet le quotidien la Gazette Nationale ou Le Moniteur Universel, le 7 

octobre 1808 :



"Mélanges. — Voyages. 

Détails géographiques et statistiques sur les trois provinces dites Vascongades, savoir, de la Guipouscoa, de la Biscaye et de l'Alava, ainsi que sur le royaume de Navarre. 

(Extrait des Annales des Voyages. ) 



Ces quatre provinces se ressemblent par plusieurs traits ; leurs habitants parlent une même langue qui diffère non seulement de l’espagnol, mais de tous les idiomes anciens et modernes d’Europe ; elles sont limitrophes, et formées en grande partie par les Pyrénées. 



Le sol de ces provinces est extrêmement montueux : Guipouscoa surtout peut être regardée comme une montagne non interrompue. Le Jaitzquibel s’étend depuis le cap Higuer jusqu‘au port du Passage ; parmi les monts qui séparent cette province de la Navarre, on distingue l’Aralar et l’Alzania ; la voie militaire des Romains traversait ce dernier ; et le nom du premier, par sa ressemblance avec celui d’Ararath, où la Genèse dit s'être arrêtée l’arche de Noé, a donné lieu à de ridicules dissertations, où l’on a prétendu prouver que la langue basque remonte à l'époque du déluge. 



L'étendue de Guipouscoa est fort peu considérable ; sa plus grande longueur est de quinze lieues du nord au sud, et de neuf de l’est à l’ouest. La côte de cette province s’étend l'espace de neuf lieues ; on y trouve les ports de Fontarabie, Passage, Saint-Sébastien, Orio, Zarauz, Guetaria, Zumaya, Deva et Motrico. 



La Guipouscoa est divisée en vingt partidos, trois alcaldias, quatre unions, et vingt-huit bourgs séparés. (Le district d’Ognate, quoique enclavé dans cette province, n’en dépend point.) Il faut remarquer que les bourgs ou villes qui donnent leur nom à un partido ou district n’en sont pas le chef-lieu ; car la constitution de Guipouscoa veut que toutes les communes de cette province soient parfaitement égales, de sorte que le titre de capitale que quelques auteurs donnent à Tolosa ne peut lui convenir. 



Le climat de Guipouscoa est doux et tempéré ; et, quoiqu'elle soit plus septentrionale qu’Alava, elle est moins froide en hiver, et les chaleurs de l'été sont bien plus supportables que dans cette dernière province. On doit cette douce température aux vents de mer qui rafraîchissent l’atmosphère en été, et l'échauffent en hiver. Les pluies sont très fréquentes et les orages violent, surtout en décembre et Janvier, époque où la foudre tombe plus souvent que dans la saison des chaleurs. L’humidité et la chaleur douce de l'atmosphère entretiennent dans la Guipouscoa une verdure éternelle ; les vallées et les coteaux y rappellent les jardins d'Alcinoüs. 



C'est à ces avantages du climat que les habitants doivent la santé robuste dont ils jouissent, et la longévité dont les Guipouscoans offrent tant d'exemples. Il n’est pas rare de voir des vieillards de quatre-vingt-dix ans, et même des centenaires qui arrivent à ces confins reculés de la vie, sans éprouver ni la caducité, ni ces symptômes qui ailleurs rendent la vieillesse un objet de dégoût et de compassion. Les Guipouscoans sont d’un caractère ouvert et gai, qui contraste avec la morne et froide gravité des Castillans ; ils aiment les jeux qui exigent de l'adresse et de la force ; leurs femmes même y excellent quelquefois, et l’on en trouve qui rivalisent avec les hommes à lancer la paume. D’autres femmes font le métier de bateliers, et rament aussi bien que les hommes les plus vigoureux. 



Les traits des Guipouscoannes sont en général réguliers ; leur teint annonce la vigueur, mais elles manquent de cette mollesse, compagne des grâces. L'habillement des femmes du peuple est un jupon de bayetu ou de calmande avec des raies de différentes couleurs, une espèce de spencer ou casaque, le plus souvent de toile peinte ; au lieu de souliers, elles portent une sorte de sandales en cuir qu’on nomme abarcas. Voici l'habillement des hommes : culotte blanche de toile ou de drap de Ségovie, des abarcas en cuir comme celles des femmes, bonnet de drap, dont la forme varie dans les différents villages, une sorte de carmagnole rouge, et capote de drap. Les propriétaires de la portion de terre exigée par la loi pour avoir voix aux assemblées des communes, s’y rendent en habits français, de drap noir, et en bas de soie blancs ; ce costume est de rigueur. 



pais vasco antes mujer guipuzcoa
FEMME DE LA BASSE GUIPUSCOA
PAYS BASQUE D'ANTAN



Les Guipouscoans aiment beaucoup la danse, et surtout celle nommée zorcicos, qui leur est propre. Un autre amusement qu’ils goûtent avec passion, c’est la joute des jeunes taureaux (novillos) , et chaque village ne manque jamais de célébrer les jours consacrés au saint son patron, par cette fête. 


euskal herria lehen dantza aurresku vascongadas gipuzkoa
DANSE AURRESKU
PROVINCES VASCONGADES




La Guipouscoa produit des grains et des fruits de toute espèce, mais en bien moindre quantité qu’il n’en faudrait aux habitants pour se nourrir : encore n'arrachent-ils à la terre une mince récolte qu'à force de travaux inouïs. Le sol est si montueux, qu’il faut ensemencer non seulement le peu de plaines et de vallées qu'il y a dans la province, mais même des coteaux élevés, d’une pente très rapide et presque perpendiculaire. Les hommes s’attachent avec des cordes pour grimper sur des rochers inaccessibles, afin d'y trouver un peu de terre ; ce ne sont pas des animaux qui labourent, ce sont des hommes qui pour cela se servent d’un instrument de fer qu'ils appellent laya. Ils engraissent soigneusement les terres avec du fumier, de la chaux, du sable que la mer a couvert, des matières laissées à sec par la marée, et de la marne. Cependant, malgré l’attention soutenue des Guipouscoans pour la culture, le sol de la Guipouscoa est loin de pouvoir suffire à leurs besoins. 



Des forêts toujours vertes, des rochers à pic, des vallées délicieuses, un grand nombre de ruisseaux qui serpentent dans tous les sens, des torrents qui se précipitent des monts avec fracas, la mer qu’on découvre de presque toutes les éminences, le bruit des marteaux et des enclumes, des forges et des usines situées dans les parages les plus agrestes, et que la nature semblait avoir destinés au séjour des ours, donnent à la Guipouscoa l’aspect le plus pittoresque qu’on puisse imaginer. Dans les montagnes, le gibier est assez abondant, spécialement les oiseaux de passage ; on y rencontre aussi des cerfs, des chevreuils et des ours, mais il n’y  a point de lapins. 



La rente de la terre ne s’élève pas au-dessus de deux pour cent, encore faut-il en défalquer les frais d'entretien de l’habitation du colon, qui sont à la charge du propriétaire. Les terres sont très sous divisées dans cette province ; et ce morcellement, qui deviendrait très funeste dans un pays de plaine à grande culture, est ici très avantageux, parce que les travaux de la campagne ne peuvent être exécutés qu’à force de bras.



La Guipouscoa tire une partie des grains dont elle a besoin d’Alava et de Navarre ; le reste lui vient d'outre-mer. Elle achète ses vins aux Navarrois, son huile aux Andalous, et un grand nombre de boeufs gras qu’elle consomme aux Français. L'état florissant de ses mines de fer, de ses manufactures et de son commerce, fait que, dans un pays si maltraité par la nature tout se trouve en abondance et à bon marché. 



Les usines de Guipouscoa donnent tous les ans cent mille quintaux de fer d’excellente qualité. On en comptait quatre-vingt-quatorze en activité il y a quelques années ; ce nombre s’accroît sans cesse , et elles acquièrent chaque jour de nouveaux perfectionnements. Tout ce fer ne s’exporte pas ; une grande partie est manufacturée dans le pays, où l’on fabrique des clous, des fers à cheval, des serrures, etc."



A suivre...


(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)


Merci ami(e) lecteur (lectrice) de m'avoir suivi dans cet article.

Plus de 7 100 autres articles vous attendent dans mon blog :

https://paysbasqueavant.blogspot.com/


N'hésitez pas à vous abonner à mon blog, à la page Facebook et à la chaîne YouTube, c'est gratuit !!!

samedi 11 décembre 2021

LA COMMUNE D'ESTÉRENCUBY EN BASSE-NAVARRE AU PAYS BASQUE EN 1842

ESTÉRENCUBY EN 1842.


La commune d'Estérençuby, en Basse-Navarre, a été créée le 11 juin 1842.




esternzubi baxe nafarra
UNE PENSEE D'ESTERENCUBY BASSE-NAVARRE


Voici ce que rapporta à ce sujet la Gazette nationale ou le Moniteur universel, dans plusieurs 

éditions :

  • le 1er juin 1842 :



"Adition à sa séance du vendredi 27 mai.



Rapport  fait par M. Garnon sur un projet de loi tendant à ériger en commune les hameaux d’Esterencuby, d'Esterenguibel et Pagalcette ; canton de Saint-Jean-Pied-de-Port, arrondissement de Mauléon, département des Basses-Pyrénées. 



Messieurs, il existe dans les montagnes des Pyrénées, vers la frontière d'Espagne, trois hameaux portant les noms d’Esterencuby, d’Esterenguibel et de Pagalcette. 



Fondés par des pasteurs qui, des communes voisines, amenaient leurs troupeaux dans les pâturages dépendant du pays de Cize, ces hameaux ont vu leur population s’accroître et leur prospérité se développer ; une église y a été construite, et, dans ces derniers temps, une succursale leur a été accordée ; enfin les habitants ont établi une maison d’école à laquelle est attaché un instituteur. 



Le territoire occupé par ces trois hameaux contient 4 000 hectares, et présente un périmètre régulier ; il est peuplé de 835 habitants, et dépend de neuf communes, faisant toutes partie du canton de Saint-Jean-Pied-de-Port, arrondissement de Mauléon (Basses-Pyrénées) : ce sont les communes d’Ahaxe, Aincille, Alciette-Bascassan, Bustince, Caro, Lecumberry, Mendive, Saint-Jean-le-Vieux et Saint-Michel. 



Chaque famille de colons, sans distinction du territoire qu’elle occupe, n’a pas cessé d’être comptée dans la commune dont elle est originaire, et d’en dépendre soit pour l’état civil, soit pour les impôts, de telle sorte que, par suite de cet enchevêtrement bizarre, des maisons et des terrains contigus appartiennent à des communes différentes, et qui ne se touchent pas même entre elles. 



Esterencubv, point central du territoire de ces hameaux, est éloigné de 7 à 8 kilomètres des diverses communes dont il est ci-dessus question, et pendant l’hiver les neiges rendent les communications impraticables. 



Ces diverses circonstances ont déterminé les autorités administratives des Basses-Pyrénées à former de ces trois hameaux une nouvelle commune, dont Esterencuby serait le chef-lieu. 



Cette distraction ne causerait que très peu de dommage aux communes dont ces hameaux dépendent, et présenterait de grands avantages sous le rapport de l’administration de leurs intérêts et de leur police. 



Des neuf communes intéressées, trois seulement ont fait opposition au projet ; les considérations qu’elles font valoir ont leur source dans l’exagération de l’intérêt de localité. 



Du reste, le conseil d’arrondissement de Mauléon, le directeur des contributions directes, le géomètre en chef du cadastre, le conseil général, le préfet des Basses-Pyrénées et la commission syndicale chargée d’administrer les revenus communaux de l’ancien pays de Cize, ont donné leur adhésion au projet de loi ; en conséquence, votre commission a l'honneur de vous en proposer l’adoption."




basse-navarre esterencuby
ARMOIRIE D'ESTRENCUBY BASSE-NAVARRE



  • le 8 juin 1842 :

"Rapport de M. le vicomte Pernety, sur les projets de loi relatifs à un changement de circonscriptions territoriales dans le département des Basses-Pyrénées.



Projet tendant à former une commune nouvelle sous le nom d’Estérencuby, canton de Saint-Jean-Pied-de-Port (Basses-Pyrénées). 



Messieurs, les trois hameaux d’Estérencuby, Estérenguibel et Pagalcette possèdent, indivis, un territoire d’environ 4 000 hectares, peuplé de 635 habitants, et dépendant de neuf communes. 



Ce sont des agrégations de familles de pasteurs qui conduisaient leurs troupeaux dans les pâturages communs de la région désignée sous le nom de Cize. Chaque famille, quel que soit le territoire qu’elle occupe, compte encore dans la commune dont elle est originaire, et en ressort pour l’état civil, les impôts, etc. ; de telle sorte que des maisons et des terrains contigus appartiennent à des communes différentes, dont elles sont très éloignées, et avec lesquelles, durant l’hiver, elles ne peuvent souvent pas communiquer. 



Il est impossible d’y établir une administration et une police régulières. Un tel état de choses ne saurait durer ; aussi les agents du cadastre et des contributions, les conseils d’arrondissement et le conseil général, le sous-préfet et le préfet sont-ils d’accord pour demander l’érection de la nouvelle commune d’Estérencuby qui possède déjà un presbytère, une succursale et une école pourvue d’un instituteur. 



Trois des neufs conseils municipaux ont seuls formé une opposition tenant à des habitudes contractées ou à des craintes mal fondées d’éprouver quelque préjudice dans leurs droits de pâture. 



Nous espérons, messieurs, que cette faible opposition, que vous apprécierez, ne saurait vous empêcher de donner votre adhésion au projet de loi qui réserve au surplus les droits d’usage respectifs."



Le 11 juin 1842, la commune d'Estérençuby est constituée.



(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)




 



Merci ami(e) lecteur (lectrice) de m'avoir suivi dans cet article.

Plus de 7 100 autres articles vous attendent dans mon blog :

https://paysbasqueavant.blogspot.com/


N'hésitez pas à vous abonner à mon blog, à la page Facebook et à la chaîne YouTube, c'est gratuit !!!